Blog

Chevaux : une histoire d'argent ?

Le cheval, une histoire d'argent ?

Une ballade sous la neige ! Romantique ???? Pas toujours.

Quelle horreur ce titre ! Et pourtant ......

Si j'aborde ce sujet récurrent et diabolique, c'est parce que la problématique de l'argent va conduire de trop nombreux amoureux du cheval à 2 façons de faire, elles mêmes pas anodines :

1°) Acheter un cheval pas cher

2°) L'installer chez soi (ou à coté, chez le voisin)

Parlons en.

PREMIERE PARTIE : COMMENT CA SE PASSE DANS LA VRAIE VIE

Je vais commencer par une petite histoire tout à fait vraie et répétitive, un peu provocatrice, vous n'allez pas aimer : je la date pour la rendre plus réaliste, mais elle m'a été racontée tant de fois que ça n'a pas d'importance.

Elle vous parait longue ? Non, prenez le temps de la lire et d'y reconnaitre un scénario qui ne vous est peut-être pas étranger.

Hivers 2012

Anne Marie monte dans un centre équestre, une heure par semaine et ses parents n'ont pas les moyens de faire mieux (c'est cher et je les comprends tout à fait, ils ont 3 petits). Deux fois déjà elle vient de voir les copines faire des activités auxquelles elle n'a pas le droit et elle ne peut pas non plus se payer le stage de galop 1 et 2.

En famille, tout le monde dit que les galops, ça ne sert que pour le concours et que le concours on s'en fout.

Pas si simple. On en reparlera. Anne Marie adhère à ce discours et renonce à avoir les quelques privilèges qui accompagnent l'équitation : une jolie tenue, un joli casque, une veste, de belles bottes, etc... Maman l'habille chez Décathlon où chacun sait que les affaires sont aux normes et efficaces.

Bref, sous peine de passer pour une bourgeoise snob, Anne Marie continue de rêver en fermant son bec. Certes l'ambiance concours ou stage est un peu "riche"' et pas toujours "cool", mais le reste, elle apprécierait sans oser le dire.

Février 2013

Vacances scolaires. La monitrice propose un stage. Le père de la petite répond qu'elle n'a pas besoin de ces conneries là. Fin de l'épisode

D'ailleurs on parle de changer de centre équestre. Celui-là est cher. Il y a un petit centre à 5 km, qui ne paye pas de mine et bien moins cher. On y fait de l'équitation d'extérieur sur de jolis chevaux plus rustiques.

On va voir le moniteur : il est sympa et pense aussi que le concours n'est pas une obligation pour être heureux à cheval. Il propose d'ailleurs de ne pas s'embêter avec les galops, lui il propose les galops d'extérieur.

On adhère tous ! Et voilà la famille dans ses nouveaux quartiers. Les prix sont moins chers et on passe d'un cout moyen de 21 euros la leçon (ou reprise) à 16 par carte de 10 leçons.

L'ambiance n'est pas snob du tout. Anne Marie doit hélas tout de même refuser le stage de galop d'extérieur 1 et 2, raisons identiques : l'argent, raison invoquée : les galops, ça ne sert à rien.

Mars/Avril ........Décembre 2013

Anne Marie monte une fois par semaine et s'est habituée à se voir refuser chaque stage. Les petits chevaux rustiques sont bien sympas, mais on ne fait pas grand chose, sauter 70 cm, quelques incurvations ...... des troncs d'arbres et de bonnes ballades. Papa et maman refusent les randonnées : trop cher (une journée = 90 euros, rien d'anormal)

Février 2013

Un an s'est écoulé. Anne Marie est amoureuse d'un très joli double poney pie chocolat. Le moniteur a trouvé, hélas, une charmante cliente qui l'achète et paye une pension. Anne Marie est dégoutée.

Depuis maintenant 2 ans, elle ne fait qu'encaisser des petites frustrations. Oh, à chaque fois une bonne discussion permet de se rassurer : on a parfaitement raison de fuir le système d'argent qui entoure le monde du cheval, les galops, les stages, le concours ..... Mais Anne Marie ne rêve pas de succès en concours, elle rêve de se faire plaisir et le plaisir dans le monde du cheval ne peut s'inscrire que dans une logique d'argent : on paye des services ..... Pas d'argent, pas de service .......

Mars 2013

Anne Marie rentre en pleurs de sa reprise. Le moniteur lui a répété qu'elle ne progressait pas. Elle ne monte que des chevaux médiocres (ce qui est normal quand le niveau ne peut pas progresser car certains cap ne peuvent être passés qu'avec des stages) et ne peut même pas se payer de randonnée.

Sa mère est émue.

Et si on lui offrait un petit poney pas cher ? Avec l'argent des cours que l'on économisen Anne Marie pourrait avoir sa selle et son filet et faire ce qu'elle aime : se ballader !

Car tout le monde est d'accord : ce qui est merveilleux à cheval, c'est de se ballader (nous y reviendrons) !

Anne Marie saute de joie, débarasse la table et range même sa chambre !

Toute la famille part faire "le bon coin" pour commencer à chercher le candidat idéal : jeune, mignon, gentil, sans papier (ça ne sert à rien les papiers, sauf à couter plus cher)

Avril 2013

DImanche, temps extra, lumière exceptionnelle.

Ce petit nounours (c'est son surnom car poulain il avait une toison exceptionnelle) était certainement fait pour elle.

Anne Marie a rencontré déjà 2 ou 3 super chevaux, mais à 1700 euros ou plus, il vaut mieux qu'elle arrête de s'enthousiasmer pour eux. Elle craque donc pour Nounours.

Nounours : Origine Non Connue (ONC en langage cheval), 5 ans, petit (135 au garrot), mais ce n'est pas grave, mignon, l'oeil vif. Sa propriétaire le longe avant de le seller et d'installer Anne Marie, elle l'accompagne et elles font "le tour de l'étang". Un bon galop et Anne Marie est ravie. Nounours va bien.

Papa le trouve super aussi : 1.500 euros, c'est le moins cher. On discute un peu : il faut qu'il soit vendu avec des fers et le matériel (selle, filet) pour 100 euros de plus (Anne Marie sait qu'il est inutile de rêver d'aller chercher une selle chez un marchand).

Donc, pour 1.600 euros, Nounours sera livré  (autre négociation car Anne Marie n'a pas de van) 12 km plus loin dans le pré de leur voisin qui leur prête pour 15 euros par mois, à charge pour eux de refaire les clotures.

Les clotures, ça lui connait au père d'Anne Marie : il est bucheron, l'habitude des taches physiques.

Anne Marie parle déjà d'eau et de grains. Mais non : un cheval, ça mange dabord de l'herbe. Pour l'eau, on va recruter comme tout le monde une vieille baignoire.

Mai 2013

C'est l'oeuf au riz (oeuphorie) !

Anne Marie monte nounours le dimanche et a arrêté ses cours. Papa est super content car le cheval sera remboursé en peu de temps. Il a monté une cloture barbelé 4 fils grâce à un ami agriculteur qui a replanté tout ça au tracteur. Maman a dégoté une baignoire et tout le monde se relaie pour la remplir avec des seaux d'eau ou des jerricanes.

Nounours dévore son pré. Après questionnement au propriétaire du terrain, le pré mesure 5000 m², un demi hectare. VU comme il était beau, il va nourrir impeccablement son locataire.

Les 4 premières semaines se passent bien.

Anne Marie rale un peu : la selle est vraiment très inconfortable. Mais bon, on ne peut pas tout avoir.

Juin 2013

Nounours ne veut plus partir en ballade. Mer...e !

C'est simple, passé les 100 premiers mètres, il fait demi tour ou se met debout (se cabre).

Anne Marie descend, fait 200 mètres à pieds, remonte et ça repart. Ouf.

Juillet 2013

Nounours a dévoré son pré ! Reste rien .....

Le père d'Anne Marie est clair : un cheval mange de l'herbe ! donc pas de complément !

Nounours se sauve, une fois, deux fois, 10 fois, file chez les voisins qui ont une charmante jument, casse sa cloture et se blesse.

300 euros de vétérinaire (il a fallu suturer sur 15 cm, remettre les vaccins à jour). Le vétérinaire fait remarquer que le cheval n'a plus que 3 fers et les pieds en mauvais état. Il faut faire venir le maréchal ferrant 95 euros. Le vétérinaire a posé la question qui fache : le vermifuge (c'est que nounours n'est pas bien beau, le poil frippé, il a perdu des kilos), et hop, un pack vermifuge annuel pour 78 euros.

Pour la cloture, on l'a réparée, mais le vétérinaire insiste : les barbelés, c'est dangereux (et couteux quand il faut le faire venir). Il faut passer à l'électrique.

Maman cache les factures à Papa. Mais pour la cloture, il adhère, tout le monde va à la coopérative agricole et on prend :

un piquet tous les 5 mètres, soit 40 piquets, soit 120 euros, plus le fil (on prend le moins large, 37 euros les 200 mètres, 2 bobines pour faire 2 à 3 rangs). Nounours se voit entrouré d'une très jolie clôture électrique 2 rangées (de fil). Zut, on a oublié la batterie : 130 euros + 25 euros la recharge qui dure 6 mois......

Bref, pour .... 380 euros et 20 euros d'accessoires on a bouclé nounours .....

Août 2013

Tout le monde prépare les vacances. 15 jours chez la grand-mère en Bretagne
Mais qui va s'occuper de Nounours ?

Le voisin accepte de lui mettre de l'eau et de "surveiller"

Anne Marie ne dit rien. Elle est déjà tombée 7 ou 8 fois et sa mère l'emmène chez le médecin sans rien dire au père. C'est que nounours n'a guère envie de travailler. Il est seul. Anne Marie est allée chez son ancien moniteur pour lui demander des conseils. Il a été clair, c'est une mauvaise idée, elle aurait du lui en parler avant, il lui aurait trouvé un bon cheval, etc.... bref, aucun conseil miracle pour la sortir de là.

Les vacances

Anne Marie remplit la baignoire, range ses affaires bien proprement (son père lui a fait remarqué que sa selle puait dans la buanderie).

Nounours ne lui manque pas : elle en a un peu peur. Elle est seule, et ce qu'elle voulait, ce n'est en aucun cas être seule et monter un cheval pas heureux d'être là avec une vieille selle pourrie et un survêtement rapé.

Depuis 3 jours qu'elle  fait de la bronzette en Bretagne, Anne Marie pense à autre chose : elle vient de faire la connaissance de Killian, 16 ans .....

Le voisin appelle : Nounours a tout démoli, absolument tout : les piquets sont cassés, puis il este maigre tout de même .... il propose de l'installer avec les vaches du voisin. Tout le monde s'en contente. Anne Marie s'en fout : elle drague !

Septembre 2013

Anne Marie reprend la route de l'école, passe son temps sur skype avec Killian et maman doit gérer les petits frères.

C'est sans compter sur nounours.

Ceci dit, il est superbe : le voisin qui a les vaches l'a nourri grassement et il est rond, fier, beau poil. Le voisin propose de le garder en pension pour 120 euros par mois.

Vu l'état du pré familial, tout le monde accepte avec soulagement.

Mais le père est faché : ça ne sert à rien de payer si on ne fait rien avec ce cheval.

Anne Marie propose de faire un petit TREC dans le village d'à coté la semaine prochaine, ça ferait sortie familiale. Elle espère que Killian qui est originaire du coin viendra la voir !

Elle ne l'avait pas remonté depuis avant les vacances. Elle le monte et il "l'emballe" ..... bref, après avoir été "rentrée de force" et à toute vitesse à la maison, elle redescend inquiète et démotivée. On en discute en famille. Le paysan du coin qui s'y connait un peu dit qu'il faut le détendre avant, le longer.

Octobre 2013

Anne Marie est super contente : depuis qu'elle le longe, Nounours est plus coopératif.

Le TREC ne s'est pas fait, mais le suivant, à 20 km, est préparé avec soin. Sa voisine va lui emmener nounours en Van (elle ne lui prend que 50 euros pour sa journée).

Pour la tenue, heureusement que Killian n'est pas là, c'est la honte.

Une semaine avant Anne Marie s'aperçoit qu'elle ne peut pas engager le cheval. Il n'a pas de papiers et elle n'a pas sa license. C'est son ancien moniteur qui finalement lui donne un coup de main : il déclare la license (36 euros), fait la déclaration du cheval sans papier au niveau club (15 euros), puis fait un engagement club (25 euros). Ces formes d'engagements où les chevaux sans papiers sont tolérés restent possibles mais doivent passer par les clubs car elles sont faites pour pouvoir faire débuter les cavaliers modestes sur des chevaux modestes.

Papa commence à raler sérieusement que cette histoire de concours ce n'était pas du tout prévu.

Anne Marie s'accroche : c'est que Killian est là ! Nounours est longé, travaillé et le concours se passe bien ! Yesssss : Anne Marie finit quatrième ! Elle gagne une paire de chaussette avev une plaque en bois qu'elle affiche fièrement dans sa chambre. La famille est super heureuse !

Mauvaise nouvelle : le travail n'a pas réussi à nounours, il est blessé au garrot sous la selle.

Novembre 2013

Nounours est immontable, il souffre d'une salle blessure au garrot. C'est à nouveau l'ancien moniteur qui est questionné (il est sympa car ce n'est plus sa cliente). Il incrimine immédiatement la selle " monter avec un tabouret pareil " commente-t-il .....

Non, pas question d'acheter une autre selle .... commente immédiatement papa.

Anne Marie s'en fait prêter une. Ouuufff ! C'est le cousin de Killian qui a une selle assez moche et vieille, mais il parait que c'était une bonne.

Anne Marie entend parler en rêvant des selles Macel ou Antares ou Delgrange .... à 3000, 4000, voir plus ..... Plus tard quand elle sera grande .....

Anne Marie voudrait préparer le TREC de Grandvilliers le lac, à 70 km, c'est ouvert aux clubs et donc aux chevaux sans papier. Mais la voisine du Van ne peut pas y passer son dimanche .... ils louent des vans à la coopérative agricole : 80 euros par jour pour un van une place et demi. Reste que papa accepte de louer ET de tracter ..... on a bien une boule, mais la voiture est vieille.

Décembre 2013

Le 5 Décembre, après avoir vaincu tous les obstacles, Anne Marie est deuxième pour son second TREC. Fine heureuse, debout sur le podium. Certes il ls'agit du classement club, le classement des chevaux avec papiers n'est pas regroupé (licenses amateurs). Oh que c'est compliqué. Peu importe ....

C'est que nounours a fait du chemin : il est beau, guéri, entrainé ! Mais il n'a pas de papiers. Il ne pourra donc pas aller plus loin. Peu importe puisqu'on l'aime.

L'hiver arrive, le voisin le garde toujours en pension mais demande 140 euros sur la période hivernale à cause du surcroit de consommation de foin et de complément (maïs, orge trempé)

Papa fait les comptes .... mieu vaut la jouer discrète. C'est que cette histoire de concours, ce n'était pas prévu. Anne Marie travaille moins bien à l'école et il commence à en avoir mare que la famille vive au rythme de nounours.

Pour Noël Anne Marie réclame une tenue de cheval. Maman file chez Décathlon. Pour 80 euros elle réussité à avoir une culotte pour le TREC, des boots, des chaps et la grand-mère achète un casque correct pour 65 euros.

Anne Marie rêve d'un GPA à 400 euros .... Mais non, ce n'est pas justifié, d'ailleurs ils n'ont rien de plus. Peu importe les migraines qu'elle développe sous un casque qui pour ce prix là n'est pas hyper légé et aéré.

31 Décembre 2013

Nounours a couté plus de 1.800 euros d'entretien et frais divers. Et pourtant la situation n'est pas ni luxueuse, ni très satisfaisante.

Anne Marie sait qu'elle ne pourra pas aller plus loin en TREC avec nounours. Mais inutile de prononcer l'imprononçable : il faudrait le revendre pour acheter mieux. Son moniteur le lui a bien dit. Retour à la case départ ....

Janvier 2014

ANne Marie a honte, mais il fait froid et elle ne monte pas

Février 2014

Rupture définitive (il y en a eu de nombreuses) avec Killian ... Anne Marie n'a pas le moral, elle ne monte pas

Mars 2014

Un nouveau départ avec Arthur, dit "bad boy", Anne Marie est amoureuse, elle ne monte pas

Papa hurle : elle a un cheval qui coute et dont elle ne se sert pas. ses notes sont médiocres.

Anne Marie ne rêve pas : sa vieille selle et son casque pourri ..... son cheval sans papiers. Pas cool, elle l'aime bien mais bon ... puis, nounours a très mauvais caractère, il la mord et la dépose régulièrement quand il croise le cochon du voisin. Le dire ? Impossible, papa va se facher.

Avril 2014

Papa hurle encore, Nounours a fait des coliques (enfermé trop longtemps pendant la période de gel) : 370 euros de vétérinaire ... Puis le maréchal ferrant qui insiste : faut le ferrer plus souvent, tous les 3/4 mois, ça ne va pas ! Le voisin qui a Nounours en pension n'a pas que ça à faire, il dit à Anne Marie qu'elle doit s'en occuper à présent qu'il fait moins mauvais.

Mai 2014

20°C, plus aucune excuse. ANne Marie, la mort dans l'âme, prend sa selle pour aller sortir nounours.

Merde, les souris ont bouffé le tapis (remisé pour cause de mauvaises odeurs dans le fond du garage). Tanpis.

Anne Marie rentre dans le boxe de nounours : il lui montre ses fesses et fait le difficile pour accepter le licol. Bref, après pourparlers on y arrive .... Dument sellé et longé, c'est avec un peu d'angoisse qu'Anne Marie met le pied à l'étrier. Seule (le voisin n'est pas là).

Notez bien qu'elle ne perd pas de temps, nounours part au galop et elle retombe en se fracassant la tête contre la grosse pierre de l'écurie. Pompiers ..... nounours enfermé aussi tôt ..... traumatisme cranien .....

"Faut le vendre cette saloperie" commente sobrement papa .....

"Tu vas pas lui vendre son cheval alors qu'elle est à l'hopital" répond maman ....

"Y'en a que pour le cheval d'Anne Marie" commentent les petits frères à qui on a refusé des cours d'équitation ....

"Faut trouver une solution" synthétise papa ....

Juin 2014

Anne Marie, la mort dans l'âme (mais soulagée) fait l'annonce sur le bon coin : nounours, 6 ans, super gentil, gagnant en Trec, 2.500 euros.

Première semaine : 12 appels, il a des papiers ? Non, Ah désolé, on cherche un cheval pour faire du TREC (soit avec des papiers)

Seconde semaine, baisse du prix, même topo

Troisième semaine, à 1.900 euros (ça a assez duré cette histoire commente papa), 2 essais, Anne Marie prend soin de longer Nounours et d'accompagner les acheteurs potentiels avec la jument de sa voisine. Mais non, ils ont moins chers et tentent de négocier le prix.

Juillet 2014

Nounours a pris un caractère épouvantable au boxe, ANne Marie rentre avec la fourche et ne monte plus du tout Nounours.

Son moniteur lui dit qu'il a un copain qui chercher des chevaux sans papiers pour leur centre équestre. Mais il lui en donne 500 euros.

Papa accepte. C'est un soulagement pour toute la famille. Pour ce prix là il vient le chercher en camion.

Août 2014

Les vacances ..... C'est libérée et légère que la famille part en Bretagne ... Nounours ne fera pas ch..r le monde.

L'affaire a couté plus de 4.000 euros sur moins de 2 ans.

Anne Marie est écoeurée, mais à son âge, on s'occupe plus des garçons que des chevaux.

Septembre 2014

Faut-il reprendre les cours en centre équestre ? C'est sur la pointe des pieds que Anne Marie pose le sujet sur la table. Elle rêve ...

  • de concours
  • de succès
  • de plaisir
  • de jolies tenues chics
  • de bonnes selles
  • d'un cheval qui la rende heureuse
  • le tout en parfaite sécurité ...

Combien ça coute, quelles ont été les erreurs commises et comment y arriver ...

Cette histoire vous semble exagérée : TOUT EST VRAI ! Les ingrédients ont été associés sans trop de détail pour gagner du temps, mais tout est vrai. Les chiffres, les mésaventures, la douleur, mais aussi le succès et les rêves.

Si nous allons vous en parler, en détail, en vous montrant du doigt les erreurs évitables, ce n'est pas pour vous dire que le cheval coute cher et qu'il faut renoncer, c'est pour vous dire comment : à budget égal, voir inférieur, REUSSIR !

 

 

SECONDE PARTIE : LE COUT DU REVE, COMMENT ETRE AUTONOME

Est-il possible de se débrouiller pour pas cher ?

Oui, sans doute .... nous allons voir comment et analyser la situation, car cette pauvre histoire qui vous parait abracadarbante ne  l'est hélas pas et j'ai vu tant de fois de type de scénarios plus ou moins heureux ou malheureux ....

Je ne souhaite pas non plus faire l'éloge des centres équestres et des professionnels qui abusent parfois.

Il doit bien y avoir entre les deux une sorte d'équilibre ....

I have a dream .....

 

 Cheval d'endurance au galop, l'endurance est une discipline qui n'exige pas de diplomes, mais les places se gagnent au mérite et il n'est pas gratuit ni en moyens, ni en travail ....

Ces mots, désormais célèbres (Martin Luther King) parlent bien de ce qui nous anime : le rêve ... alors penser que l'on va se contenter de médiocrité parce que mieux, c'est snob, c'est un raccourci que nous utilisons pour nous motiver à accepter parfois des solutions qui n'en sont pas.

La part de rêve

De trop nombreux cavaliers ou apprentis cavaliers rêvent et n'osent pas le dire. Ils ne rêvent pas de snobisme ou d'esbrouffe, mais ils rêvent de réussir et d'être heureux à cheval. ALors ils masquent leurs rêves inaccessibles sous des critiques qui ne sont pas fausses, mais qui ne font que masquer leur dépit :

  • Un beau centre équestre est snob
  • Le concours c'est prout prout
  • Les papiers pour le cheval ça ne sert à rien
  • L'essentiel c'est de pouvoir se ballader
  • Etc....

Dans les faits, tout le monde préfère un beau cheval à une mocheté, un beau centre bien équipé à un truc tout vaseux ou le manège est si petit qu'on ne peut pas faire 3 foulées de galop, une très jolie selle bien confortable à un tabouret infame et blessant et je n'ai jamais vu quelqu'un qui n'était pas fier de réussir en compétition .....

Et lorsqu'on ne rêve que de bonne ballade, croyez moi, c'est mieux avec un bon cheval et une bonne selle. Enfin, quel que soit le secteur (concours, randonnée, ballade du dimanche, trec, endurance ou je ne sais quoi), mauvais chevaux et mauvais matériel ne permettent pas d'accéder au rêve, mais aux accidents et à la frustration.

Attention donc à toute démarche de compromis qui ressemble à de la compromission et pour finir reprenons ces mots importants : on a rien sans rien.

Acheter un cheval : avec ou sans papier, chez un pro ou non, le bon coin

Un cheval coute environ 2.400 euros à son éleveur à l'âge de 3 ans. Je ne vais pas revenir sur un article précédent (voir plus bas dans la liste des billets du blog), mais lorsque un éleveur a bossé pour élever, il ne va pas brader sans raison. Alors pourquoi certains chevaux sont-ils moins chers ?

  1. Parce qu'ils n'ont pas de papiers (cause principale) et qu'ils ont été élevés par des particuliers qui ont faire reproduire leur jument. La qualité est variable, mais ces chevaux ne bénéficient pas,en général, d'une génétique correcte (la plupart des croisements sont médiocres)
  2. Parce qu'ils ont mauvais caractère (cause fréquence, leur propriétaire précédent n'en faisait plus façon)
  3. Parce qu'ils sont physiquement limités par l'âge ou leurs capacités intrinsèques (autre cause fréquente qui intègre les chevaux de concours vieillissant ou les réformes de course)

 Voilà quelques règles à ne pas oublier :

  1. Un cheval pas cher n'est JAMAIS pas cher alors qu'il est parfait.
  2. Un professionnel doit TOUJOURS se faire payer son travail.
  3. Les non professionnels vous arnaquent souvent en toute BONNE FOI (sans savoir qu'ils vous refilent un os)
  4. Les professionnels sont souvent cadrés par la loi et elle est sévère.

Acheter un cheval sur le bon coin à la petite semaine et pas cher, c'est possible : à condition d'être compétent. Un minimum ...

Acheter un cheval sans papier ou avec quelques défauts sous prétexte qu'on a le rêve modeste, pourquoi pas, faut-il encore en être certain. Souvent, cette renonciation au rêve est plutôt la conséquence d'une limite financière que l'on chercher à argumenter.

Enfin, savez vous combien coute la remise au boulot d'un cheval dit de réforme ?

La plupart du temps, entre son achat et le jour "J" ou il est opérationnel, modestement, en petits concours, il s'est écoulé plus de 10.000 euros .... (pension, travail, véto, osthéopathe, etc...)

Il serais le plus souvent mieux de s'avouer ses objectifs réels et de savoir ce qu'il en coute: ce que nous allons calculer ensemble (sujet que j'ai appris à maîtriser hélas)

Le cheval dit de demi-trait (soit à peine plus lourd que le cheval de selle) est très courant dans les chevaux proposés à un prix modique, ils sont aussi gentils ou pas gentils que les autres, mais plus lourds à la monte, moins confortables et parfois avec une bouche dure ou des manières à peine "relou" dues à leur génétique (historiquement ils ont du poids) : assurez vous que ce n'est pas le cas !

Lire la suite

Survivre ! A la rentrée et plus tard ...... : LE SYSTEME

 

LE SYSTEME : un art de vivre, mais pas seulement.

Survivre ? Une évidence ! Non, nos pays occidentaux qui sont habitués à crouler sous les bienfaits industriels sont remis en cause par la crise mondiale qui sévit !

  • Nous mangions à notre faim : ce n'est plus le cas pour tous
  • Nous arrivions à payer nos taxes et impots : c'est désormais difficile
  • Nos crédits étaient payés par notre évolution : finitos !

En 2010 est paru un décret : l'état a le droit de prélever sur nos comptes, librement ..... et interdire tout mouvement, tout retrait, tout transfert. Pourquoi l'état a-t-il fait passer un tel décret ? Pour la gloire, certainement pas. Allez vous-même chercher le détail sur google. Ce sera mieux, plus complet, plus motivant car vous découvrirez le reste. Les banques sont cuites, aspirées par la spirale infernale de la machine à billet. L'état est bouffé par le surendettement et ne peut pas faire faillite (mais entrer en défaut, soit continuer à vous prélever, mais ne plus payer les services, en résumé)

En bref : Pour reprendre CHarles SANNAT : nous risquons la crise la plus grave pour nous, celle ou les structures existent encore assez pour nous piller sans rien nous reverser.

A la petite ferme, nous avons eu le temps de créer un modèle et d'en tester les limites. Une vie agricole saine permet de nourrir un grand nombre de personnes avec une petite surface. quelques poules, 2 chèvres et leur mâle, un potager, quelques fruitiers et pas mal de pommes de terre. Les surplus de lait ou d'aliment nourrissent le cochon qui apportera la viande de la famille et tout le monde mange avec très peu d'nvestissement.

Comptez :

  • 2 ou 3 poules pour 1 coq, le tout pour une famille de 6 personnes
  • 2 chèvres et leur mâle, à traire, les petits mâles sont consommés (si, c'est bon le chevreau)
  • 1 cochonnet une fois par an, nourri avec les reste (en boxe ou petite dépendance)
  • 1 potager pour faire 75% de sucres lents : pommes de terre par exemple (200 m² par famille)
  • 1 potager pour les 25% restant : voir nos articles sur le potager (100 m² par famille)
  • Plusieurs fruitiers simples : pommiers, abricotiers, cerisiers, pruniers, etc..... (1 par famille)
  • Pour les accros à la traite : une vache jersiaise (petite) inséminée chaque année, elle vous fournira le lait, le beurre et le fromage pour 3 à 4 familles. Elle fait entre 5 et 12 litres de lait par jour sans supplémentation en ensilage ou farine de céréales.

Mais attention : une vache demande 1 hectare à l'année. au minimum. Le reste (chèvres, potagers, etc..) tient sur 1000 m² en tout, mais peut suffire à 6 personnes. Avec 3 hectares répartis ainsi, 15 familles peuvent s'étalbir durablement.

Et pour nourrir ce petit monde vous allez me dire ?

Pensez aux relations avec les producteurs de céréales (agriculteurs locaux) et à défaut d'argent, pratiquez le troc. Tout le monde a besoin de services qu'il ne produit pas. Avec un paquet de 20 kilos de blé vous produisez de quoi nourrir 4 poulets pendant 1 mois sans complément, mais 2 mois si vous valorisez vos déchets et 3 mois si vous y ajoutez une surface de grignotage (le parcours). Vos chèvres doivent se contenter d'une certaine rusticité (herbe et végétaux à volonté), ainsi que votre vache jersiaise potentielle (sauf en période de vélage pour les grosses productrices de lait).

Pour les légumes, produisez vos graines et consultez l'association kokopelli éventuellement pour savoir comment faire. D'une année sur l'autre, la sélection des meilleurs produits ainsi que les échanges vous permettront d'avoir tous les légumes voulus.

Alors la survie : vous trouverez de nombreux sites survivalistes (attention aux excès qui finiraient par vous faire acheter des armes à feu et prévoir un siège ....) pas mal de recettes pour vivre simplement :

  • Fours solaires (super efficace)
  • machine à laver le linge manuelle et facile avec un vieux vélo
  • récupération et purification de l'eau
  • Energie libre ou presque
  • Etc...

Sans blague, il y a vraiment moyen, sans excès, de bien vivre, en travaillant moins et en ayant du coup bien moins de taxes à payer et bien moins de crédits à la consommation qui nous plombent et nous rendent dépendants. Mais il faut, d'une façon ou d'une autre, faire quelque chose pour se nourrir (l'assistanat a ses limites) et accepter de vivre ensemble (partager, échanger, faire ensemble).

N'oubliez pas : même Robinson avait son Vendredi .....

Lire la suite

Acheter et Accueillir son cheval chez soi

Acheter son cheval et l'accueillir chez soi : ce qu'il faut savoir avant de se lancer !

Qui n'a pas rêvé d'avoir son propre cheval, de s'en occuper et de se lever le Dimanche matin en sachant qu'il est là, à coté de la maison, comme l'un des meilleurs amis de la famille ?

Vos enfants vous en ont peut-être parlé ? A moins que ce ne soit votre propre rêve de gosse ? Un  rêve très accessible, à condition d'en maîtriser les règles. Si la joie est au rendez-vous de ceux qui osent, nous connaissons hélas bon nombre de gens qui payent les pots cassés d'une mésaventure dans laquelle ils se sont fait rouler (l'achat), avant d'avoir été peu ou pas informés et de subir jour après jour des contraintes devenus couteuses en temps et en argent : Achat, Frais à envisager, Matériel à avoir, les risques et les avantages, les inconvénients et les contreparties agréables, tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer dans la grande aventure des chevaux !

Nous démarrons cet article à ce jour, Mercredi 27 Mars 2013, et nous vous invitons à le suivre à votre rythme et au fur et à mesure des informations que nous allons ajouter dans ce billet qui doit être utile à tous !

Quelles sont les questions qui doivent précéder le projet :

  1. Quelle est ma motivation pour avoir mon propre cheval et m'en occuper
  2. La question du sauvetage des chevaux de l'abattoir
  3. Combien ça coute (achat et entretien)
  4. Combien de temps ça prend
  5. Que faut-il avoir chez soi (matériel et structures) pour s'en occuper
  6. Comment faire (achat et gestion du cheval au quotidien)
  7. Quels sont les grandes joies et les gros soucis à prévoir
  8. Les erreurs à éviter

Nous vous proposons de répondre point par point à toutes ces questions, ce qui va être long, mais vous permettre, nous l'espérons, de mieux vous positionner par rapport à votre projet !

1°) Ma motivation, mon projet :

Acheter un cheval part souvent d'une très bonne intention : plus d'autonomie, avoir son compagnon à soi que personne ne vient déranger ou monter, voire sauver un animal de l'abattoir et se faire plaisir en famille font parties des principales raisons qui nous poussent à nous lancer dans la grande aventure. Entretenir soi-même son cheval est souvent perçu d'une part comme une chance, d'autre part comme une économie. Qu'en est-il exactement ?

Il est vrai que si vous avez un peu d'expérience et que vous achetez votre propre cheval, vous gagnerez immédiatement le droit absolu de vous en occuper seul (c'est à dire que personne n'y touche ou ne le monte), d'en profiter seul, et de prendre les décisions qui le concerne seul. Qui n'a pas été horriblement déçu, dans le centre équestre d'à coté, de voir partir son poney préféré, vendu, ou pour son dernier voyage ? Qui n'a pas bondi en voyant son cheval prêté en demi-pension, monté par n'importe qui d'irrespectueux ? Qui n'a pas pleuré en voyant partir d'honnêtes serviteurs à la boucherie ? Qui n'aurait pas envie de se lever le dimanche matin et d'aller soigner son compagnon ?

Si il est vrai que grâce à votre projet vous serez seul maître à bord de votre cheval, vous ne pourrez pas sauver la terre entière de l'affreuse boucherie ! Il faut aussi savoir que sauver un cheval de la boucherie est sans doute honorable, mais parfois pas toujours souhaitable.Soyons plus précis :

Décider seul veut dire aussi assumer à 100% la responsabilité de son cheval : soins, alimentation, espace vital, exercice, vétérinaire, chirurgie éventuelle, assurances, risques d'accidents, relations avec les voisins, stockage du foin, de la paille et du reste, achat du matériel nécessaire, gestion des intempéries et j'en passe. Décider seul ne veut pas dire seulement prendre des décisions, mais les assumer. Vous devez, au coeur de votre projet, intégrer la notion de temps (un cheval vit plus de 30 ans), la notion d'argent, la notion de disponibilité (votre emploi du temps, quoiqu'il se passe). Si vous vous sentez prêts, nous pouvons passer au chapître 2. Si vous n'êtes pas 100% disponible, ce n'est vraiment pas un crime, il existe des solutions adaptées à tous les cas de figure à condition de le savoir !

2°) La question des chevaux destinés à l'abattoir :

Certains chevaux terminent à l'abattoir et tant que l'être humain mangera de la viande, ça risque de durer ! Il n'est pas plus injuste de tuer un cheval qu'une vache ou un lapin : ils ont la même envie de vivre et leurs souffrances sont les mêmes. Il peut être (très) injuste de faire abattre un cheval parce qu'il est vieux et qu'il ne sert plus à rien. Il peut être affreux de voir certains profiter de leur compagnon, puis de s'en débarasser parce qu'ils ne veulent pas assumer sa "retraite".Faut-il pour autant l'assumer à leur place ? Un cheval à la retraite coute plus cher qu'on ne le croit et la prise en charge des frais vétérinaire peut être un casse-tête.

Si vous voulez sauver un cheval vieux, maigre, malade, réfléchissez au fait que vous encouragez le système de ceux qui se disent qu'ils trouveront toujours un "pigeon" pour entretenir un cheval dont ils ne veulent plus. En clair vous allez assumer les responsabilités de quelqu'un d'autre. Sachez aussi que le coup du "cheval qui part à la boucherie" est un grand classique des vendeurs pour vous refiler un cheval inutilisable et invendable.

Si malgré tout vous vous sentez l'âme d"'un sauveur, il existe des associations dont c'est le métier et qui ont les moyens de s'en occuper (un cheval à la retraite n'est pas toujours simple à gérer). Réfléchissez donc avant de vous engager sur cette voie difficile qui demande du temps, de l'argent et des compétences.

Quant à sauver un cheval qui part à la boucherie sans raison (jeune, en bonne santé, etc..) : sachez lire entre les lignes, aucun professionnel n'envoie sans raison un cheval à la boucherie ! Ou de façon très très rare pour une raison fort simple : c'est la plus mauvaise façon de le vendre et ça génère une perte financière (un très gros cheval n'est pas racheté plus de 700 euros par les bouchers, il vaut toujours mieux le vendre 1.000 euros comme cheval de promenade). Que se passe-t-il vraiment ? Vous allez taper dans la catégories des invendables :

  • Chevaux présentant un handicap ou un vice ou une maladie grave (par exemple emphysème pulmonaire)
  • Chevaux au comportement difficile (par exemple qui tape au boxe ou agresse tous ceux qui vont dans son pré)
  • Chevaux non montables pour raisons de caractère et/ou de difficultés physiques avérées (par exemple boiterie chronique dès qu'il travaille, ou cheval se cabrant sans raison)
  • Chevaux sans papiers et à l'origine douteuse
  • Chevaux malades et ayant tendance à la récidive (par exemple ayant une tendance aux coliques)
  • Chevaux accumulant plusieurs des difficultés citées ci-dessus

Le gentil cheval qui part à l'abattoir sans raison est vraiment très rare, réfléchissez bien. Tous ces cas de figure sont hélas très délicats à gérer, et vous allez perdre argent, énergie et bonne volonté pour sauver l'insauvable alors qu'il y a tant d'animaux non problématiques qui pourraient bénéficier d'une vie heureuse partagée. Il n'est pas interdit de sacrifier son projet sur l'autel de son amour universel des animaux, mais d'une certaine façon vous donnez raison aux irresponsables à qui vous fournissez une bonne raison de continuer ainsi.

Par expérience, je sais aussi que cette aventure se termine souvent pas très bien : les frais vétérinaires sont monstrueux et/ou le cheval en question est ingérable, les "sauveurs" y perdent argent et moral et pour finir les professionnels malhonnêtes ricanent. Faites comme vous le voulez, mais agissez en personne consciente et prévenue.

3°) Combien ça coute : l'achat et l'entretien ?

       A l'Achat

Le prix d'un cheval va de la gratuité absolue (mais attention, qu'avez vous à ce prix là ?) à des sommes exhorbitantes. Néanmoins, rien n'est gratuit et il existe une fourchette de prix raisonnables :

En prenant pour exemple les annonces qui paraissent sur "le bon coin", vous allez, en moyenne, trouver les fourchettes suivantes :

  • De 0 à 1.000 euros : chevaux âgés, en difficultés, non montables, ou au contraire, poulains et pouliches de moins de 12 mois à élever et dresser
  • De 1.000 à 2.000 euros : de tout, mais de bons chevaux de promenade, de randonnée, d'âge moyen.
  • Au delà de 2.000 euros : tous les chevaux destinés au sport et à la compétition et/ou ayant des papiers/origines laissant supposer une carrière sportive.

Bien entendu ces chiffres sont très simplifiés et seulement destinés à vous aider à lire entre les lignes. Si vous achetez par l'intermédiaire d'un professionnel (comme votre centre équestre par exemple), les références seront différentes (souvent plus chères).

Sachez donc lire entre les lignes et évitez les économies qui n'en sont pas comme l'achat très peu cher d'un vieux cheval que vous ne pourrez plus utiliser dans 2 ou 3 ans. Quoiqu'on vous dise certains paramètres vont couter cher :

  • Un cheval "entier" (c'est à dire un mâle non castré) est plus difficile à gérer, et une castration coute cher, pouvant aussi provoquer des problèmes de santé - Préférez donc un hongre ou une jument (un hongre est un cheval castré)
  • Un poulain ou une pouliche va vous couter en élevage ce qu'il ne vous coute pas à l'achat, et en plus, vous n'êtes pas du tout certain que ce sera un cheval beau et agréable une fois adulte. Vous devrez en plus vous occuper du débourrage et du dressage.
  • Un cheval est rarement utilisable au-delà de 20 ans (ou bien en se limitant beaucoup). Lorsque vous achetez un cheval de 15 ans, il vous reste statistiquement 5 ans pour en profiter pleinement.
  • La règle "A vieux cavalier jeune cheval et A jeune cavalier vieux cheval" ne doit pas être un argument de vente pour vous refiler n'importe quoi.
  • On n'achète pas un cheval boiteux ou malade ou maigre. SI le vendeur vous explique que ce n'est rien, repassez donc dans 1 semaine sans prévenir et voyez ce qu'il reste du "rien".
  • Attention à l'âge présumé des chevaux sans papiers. On peut vous refiler un cheval de 20 ans pour un cheval de 15 ans. A vous la retraite....
  • Une poulinière pleine n'est pas égale à 2 chevaux, mais à une jument qui va peut-être faire un poulain qu'il faudra soigner et élever.
  • Enfin, redoutez la soi-disant bonne affaire réservée aux initiés : le super cheval qui n'a pas eu de chance et qui est tombé chez le vilain monsieur... La plupart du temps, les bonnes affaires partent à un prix normal. Les affaires en or sont souvent assorties d'un problème à résoudre et elles sont réservées à des professionnels ayant du temps et des compétences.

Et même les professionnels y perdent souvent leur latin.... Cet article ne traite pas du prix des chevaux en général. Nous pourrons "bloguer" à ce sujet ultérieurement.

       A quoi ressemble l'annonce "normale" :

Vend cheval hongre âgé de 9 ans, monté, Selle-Français, passe partout et gentil, a fait des concours club - 2.000 euros

Ou

Vend jument de 12 ans, bonne randonneuse, 1.200 euros (avec photo)

Ou

Vend double-poney de 7 ans, ONC (origine non connue),  gentil avec les enfants, monté en promenade, 1.500 euros

      A quoi ressemble l'annonce attrape-sauveur :

Vend très gentille jument, idéale pour tenir compagnie, 500 euros (puis, plus bas en très petites lignes, 18 ans)

Prête ou Cède poney gentil mais (très) craintif qui a été battu et cherche un foyer plein d'amour

        Comment se présente l'annonce "menteuse" :

Vend cheval gentil et bon coup de saut, 8 ans, pleins papiers, 1.500 euros

Ou

Jument pur-sang arabe plein papier, 5 ans, débourrée, grand-mère par Persik, 2.000 euros

Ces chevaux seraient de vraies bonnes affaires. La plupart du temps ces annonces flatteuses et idéales nous font sauter sur notre téléphone et tomber sur une personne charmante qui nous répond qu'il ou elle est déjà vendu (forcément...), mais qu'il y en a encore 2 autres à acquérir. Et là, c'est souvent moins flatteur ou bien plus cher. Le cheval gentil de 8 ans à 1.500 euros voit son prix doublé et la jument ressemble désormais à une pouliche au même prix. Pas de chance ! A fuir aussi, toutes les annonces très flatteuses pour lesquelles le prix indiqué est "à partir de". Ce sont les annonces professionnelles qui proposent leur plus beau produit au prix du produit le meilleur marché.

En conclusion, soyez vigilant. Il n'y a rien à dire sur la façon de faire des professionnels qui font de la vente, si ce n'est qu'ils sont tenus de vous faire un contrat dans lequel l'usage du cheval ainsi ses capacités sont stipulés. Une inadéquation dans les 2 ans qui suivent peut vous autoriser à rendre le cheval, vous faire rembourser le prix du cheval ainsi que les frais engendrés. Attention donc au contrat signé qui dirait tout le contraire de ce que vous a raconté le vendeur verbalement (par exemple un contrat pour un "cheval de compagnie" alors qu'il vous a venté les qualités de celui-ci en compétition d'endurance). Il existe dans toutes les professions des gens honnêtes et d'autres qui le sont moins.

Certains "vendeurs" utilisent encore une autre technique, redoutable avec les enfants : ils laisse l'enfant s'attacher au cheval, lui faisant monter quelques fois à discrétion (c'est à dire souvent et gratuitement). Il le complimente sur sa bonne entente avec ledit cheval, n'hésitant pas à flatter son égo en lui expliquant que ce cheval n'est pourtant pas facile. Puis vient le jour de la mauvaise nouvelle : il doit le vendre, s'en séparer. Devinez ce qui risque de se passer ? C'est souvent ainsi que partent à des prix franchement haut dessus de la réalité commerciale des chevaux qui n'ont pourtant rien d'exceptionnels.

       B Le coût d'entretien

L'entretien d'un cheval peut avoir un coût très variable : qualité des installations ou du travail chez un professionnel ou dans un centre équestre (ou une pension), qualité des prestations chez un privé qui vous fait une petite place, coût des matières premières et des investissements chez vous. Les prix que nous allons vous donner sont indicatifs à l'heure d'aujourd'hui. Ils seront peut être faux demain. Dans l'attente, ils constituent une référence.

Ce sont des prix à la "campagne". Il va de soi qu'un cheval à Genève ou Paris coute plus cher qu'à Trifouillis les oies....

  • Centre équestre avec 1 leçon par semaine : 370 euros par mois environ
  • Demi-pension (votre cheval est partagé avec 1 autre cavalier) : souvent plus de 200 euros par mois
  • Cheval dit "au pair" (monté par les élèves durant les leçons ) : très variable, mais cette formule qui était gratuite ne l'est plus
  • Cheval "au travail" chez un professionnel qui va le sortir en concours : 450 euros par mois environ
  • Cheval en pension chez un privé qui dispose d'une carrière, de paddocks et d'un rond de longe : 240 à 270 euros par mois
  • Pension dite au pré : 100 euros par mois
  • Pension au paddock : 150 euros par mois

Considérez tous ces tarifs comme des moyennes provinciales. Ils n'ont rien de choquant et souvent frisent la non rentabilité car les professionnels doivent rendre la TVA, payer des charges, etc... Un particulier qui vous loue un bout de pré gagne souvent mieux sa vie qu'un pro qui vous fait une pension et doit lui-même payer ses structures.

Si vous optez pour le "tout à la maison", ce n'est pas gratuit pour autant. Si vous voulez que votre cheval soit nourri à 100% par un pré, comptez 2 Ha par cheval. En dessous, il risque de ravager la surface et vous finirez par le nourrir dans le pré avec du foin qu'il aura fallu acheter à coté. Un Ha se loue à l'amiable environ 40 euros par mois l'Ha. Sachez aussi qu'un cheval devra être complémenté au pré si il a une activité sportive.

Un cheval qui travaille va manger de 2 à 6 kilos de compléments par jour. Le prix est d'environ 12 à 14 euros le sac de 25 kilos. Si nous faisons une moyenne de ces éléments et que nous ramenons cette moyenne au mois, ça donne environ 65 euros par mois.

Si vous optez pour une formule sans surface, avec un boxe ou un paddock et du foin, un cheval consomme environ 15 kilos par jour, soit, au cours du jour, pour 45 euros de foin par mois.

Rajoutez l'eau (40 litres par jour), la paille (20 euros la botte) et les quelques bricoles qui trainent pour faire un total de coût mensuel "à la maison" oscillant entre 80 et 120 euros par mois, voire 150 pour un cheval qui fait de la compétition.

Si vous êtes "fauché" et que vous comptez loger votre cheval dans le petit bout de pré attenant à votre grange avec le foin de votre voisin agriculteur, sachez quand même que vous ne ferez pas mieux que 2 grosses bottes de foin par mois, soit 40 euros au strict minimum. Il vous restera tout le reste (maréchalerie, vétérinaire, soins courants). Pour des raisons que nous expliquerons plus tard, nous sommes très méfiants concernant la formule botte de foin dans la grange d'à coté.

Les frais annexes obligatoires :

  • Le maréchal ferrant, 4 fois par an : 4 * 50 euros au minimum, soit environ 15 euros par mois
  • Le vermifuge, 4 fois par an, 20 euros à chaque fois chez le vétérinaire, soit environ 6 à 8 euros par mois
  • Les vaccins, environ 5 euros par mois,
  • Les petits et gros soucis : pas de limite ! Une grosse colique peut couter plusieurs milliers d'euros de façon imprévisible !

Il est nécessaire de compter dans son budget une "réserve" pour les coups durs. Ce que vous n'aurez pas dépensé, vous en disposerez plus tard pour acheter du matériel qui ne manquera pas - de vous manquer -

4°) Combien de temps ça prend ?

Avoir son cheval à soi prend plus de temps que de se payer 1 à 2 leçons par semaine. Dit comme ça, c'est évident, dans la réalité, il faut ajouter le chapitre cheval à celui de la maison, des enfants, du travail, etc...

Avoir son cheval chez soi, prend encore plus de temps que d'avoir son cheval simplement à soi...

       La première formule : mon cheval chez un pro !

C'est la plus "facile", pendant mes absence, Monsieur cheval est géré à 100% et lorsque je suis là, je ne fais pas les corvées (nettoyage par exemple), en plus de tous ces avantages je ne suis pas contrainte 7 jours sur 7 de me libérer 2 ou 3 fois par jour pour vérifier qu'il a à boire et à manger ou faire un soin supplémentaire.

Vous allez me dire que rien n'est une corvée, mais ça se discute dans le temps.... Quant à la disponibilité 7 jours sur 7, croyez moi, il vaut mieux y réfléchir AVANT;

Donc il ne me reste qu'à bichonner mon cheval, ce qui est très confortable, mais néanmoins assez obligatoire vu que j'ai pris l'obligation de 'en occuper... Un cheval qui sort en compétition a besoin d'une dizaine d'heure de travail par semaine (variable bien entendu), sans compter le temps passé à soigner, panser, faire les sabots, etc.... C'est déjà un GROS temps de loisirs. Un cheval qui n'est utilisé que pour la promenade peut se contenter de 2 à 3 ballades par semaine, à condition que quelqu'un le fasse sortir chaque jour hors de son boxe.

Bien que la plus couteuse, cette formule vous permet de profiter pleinement de votre cheval sans qu'il ne devienne une contrainte absolue.

       La formule intermédiaire : mon cheval en pension chez un privé

Moins onéreuse que la première formule '(d'environ 100 euros au pré à 250 euros au boxe + paddock, mais ce n'est qu'une indication), cette formule vous permet d'échapper à la contrainte permanente (c'est à dire 365 jours sur 365). Elle ne vous dispense pas de faire l'effort de venir vous occuper de votre cheval, surtout si c'est une formule pré et que votre compagnon n'est que très peu surveillé.

        La formule la plus "intime" : mon cheval à la maison

Un mot, un seul : du temps et de la motivation - C'est tous les jours sans exception et la moindre de vos absences doit être organisée. Les vacances d'été sont un casse-tête car il vous faut trouver une personne fiable ET compétente....

Le minimum, c'est 2 fois par jour, souvent 15 à 30 minutes auxquelles il faut ajouter le temps imparti à vos ballades ou à votre entrainement. Mais la vraie contrainte n'est pas qu'une question de temps, mais aussi une question de disponibilité dans votre tête.

La chose est 100% répétitive, vous ne pouvez pas du tout y couper et vous allez en plus profiter des conditions connexes qui n'arrangent rien :

  • Les horaires hivernaux et la nuit qui se couche tôt
  • Le froid glacial et le gel, l'humidité absolue
  • La chaleur estivale et la sècheresse
  • Les autres secteurs de votre vie (travail, enfant, maison, compagnon) qui ne disparaissent pas
  • Les vêtements, qu'il faut changer (on ne va pas au travail comme on va au fond du pré...)

Comme ça, ça fait un peu rabat-joie, mais croyez en notre expérience, il vaut mieux en parler avant ! Nous connaissons tous des gens qui ont craqué et quand ils ont les moyens de mettre en pension, c'est bien, mais quand ils n'ont pas les moyens, c'est plus difficile et ça se finit parfois par la revente du cheval.

5°) Quel matériel faut-il avoir et quelles structures ? Pour quel prix ?

Si vous comptez aller en "pension", il ne vous faut, au début, qu'une selle et un filet, un licol, une longe et rapidement vous vous dresserez la liste des équipements (cheval et cavalier) obligatoires (casque) ou complémentaire (grande longe, protections).

La liste des équipements est sans fin et les prix très variables. Si vous voulez une selle de qualité correcte, comptez 500 euros, voire 700 pour un cuir convenable. Les filets sont de qualité très variables et les très petits prix doivent être très entretenus pour durer un peu. Un budget total de 900 euros est vite atteint sans faire de folies. Le casque est un investissement primordial, mais un casque aux normes n'est pas automatiquement cher.

Si vous comptez vous installer chez vous, structures et matériel peuvent prendre une place fondamentale. Un professionnel a des milliers d'euros de matériel (à commencer par un très bonne selle), mais bien des équipements ne sont achetés qu'une seue fois et servent à tout le monde.

Prévoyez donc pour le petit équipement :

  • Selle et 2 tapis de selle (1 au lavage + 1 disponible)
  • Filet (mors simple brisé en général)
  • Licol (+ 1 de rechange en cas de casse)
  • Longe (idem)
  • Couverture pour temps très froid
  • protections de travail (guêtres, ou bandages de polo, cloches)
  • protections de boxe ou de voyage (bandages de repos, 4 + leurs cotons, protections de voyage (pas indispensable))
  • Grande longe (pour longer le cheval)
  • Petite pharmacie de base (désinfectant, pommade anti-allergique, compresses, 1 vermifuge en stock)

Prévoyez du petit matériel ou stock pour l'écurie :

  • Désinfectant pour les structures (de Type Crésyl)
  • Balais, fourche, raclette
  • Stock de foin, granulés, paille (ou autre substrat pour le boxe si boxe)
  • Plusieurs seaux pour l 'eau

Prévoyez enfin vos structures :

  • Un abri pour le foin, la paille
  • Un coffre étanche pour le grain (sinon les rats vont s'en charger)
  • Une arrivée d'eau à proximité et un abreuvoir assez grand pour ne pas devoir être rempli tous les jours (en paddock, une formule de plusieurs centaines de litres est nécessaire à cause du gel en hiver)
  • De la lumière pour y voir clair à la mauvaise saison
  • 2 Ha de pré par cheval si vous organisez votre formule pré
  • 1000 m² de paddock si votre cheval est alimenté à 100%
  • 1000 m² de paddock + 1 ha pour une formule intermédiaire
  • Le boxe est facultatif, mais en cas de problème on est content de l'avoir ( on peut aménager un 3 x 3 sous une grange)
  • Un rond de longe constitue une base de travail essentielle (budget 2.000 euros au minimum en kit métallique)
  • Une carrière est un gros plus (budget 15.000 euros à ce jour pour un fait soi-même de 60 x 30)
  • Un manège est un luxe apréciable (budget à discrétion)
  • Un van (de 3 à plus de 10.000 euros), pratique pour emmener Monsieur cheval, pas obligatoire
  • L'accès à des structures extérieures (chez d'autres propriétaires) est un service qui se paye en général, le prix est très variable.

Toutes ces données sont très facultatives et elles sont plutôt offertes à titre indicatif. Dans les faits nous connaissons des gens qui ont un bout de grange, un bout de terrain et un vieux cheval heureux à l'intérieur. Le tout est de s'en occuper et de répondre à ses besoins. Si vous ne montez pas, le budget selle est économisé bien entendu. Notez qu'un boxe en kit (marques très connues sur le web) n'est pas cher du tout en regard du matériel utilisé si vous deviez vous le procurer. Un boxe est soumis à autorisation de travaux et la mairie est en  général regardante sur l'implantation des boxes au coeur d'un village.

6°) Comment s'y prendre ?

Depuis l'achat jusqu'à l'arrivée et les soins quotidiens, la découverte ne manque pas de vous surprendre ! Nous n'évoquerons que très peu l'arrivée du cheval en pension (ce n'est pas vous qui le gérez), sauf pour la partie contractuelle.

L'achat :

On achète aujoud'hui un cheval pour un usage qui doit être spécifié par le professionnel qui le vend (cette règle ne vaut pas chez un particulier). Ce contrat de vente vous protège, pendant 2 ans, d'une arnaque. Le contrat stipule les éléments suivants :

  • Date
  • Acheteur et Vendeur (avec adresses)
  • Nom du cheval, âge et sexe + race éventuelle (par exemple, Tainbus, Hongre âgé de 4 ans, PSA)
  • Ses "coordonnées", c'est à dire n° SIRE, puce, origines, date de naissance.
  • Si il n'a pas d'origines connues, il doit être spécifié ONC sur le contrat de vente. Il doit néanmoins être pucé et référencé au SIRE et avoir un "document d'accompagnement" qui le suit partout dans ses déplacements.
  • Il doit être pucé et vacciné (obligatoire), ces mentions figurent sur le livret signalétique (autre nom pour document d'accompagnement)
  • Usage : Ballade, Randonnée, CSO (telle performance attendue), concours complet, dressage, etc.. (chaque discipline possible avec la performance ou niveau du cheval si il en a), reproduction, monté ou non monté
  • Déclaration éventuelle des vices rédhibitoires (emphysème pulmonaire, tic à l'air etc..) et des particularités

Si il est avéré que vous vous êtes fait "avoir", le vendeur doit vous reprendre le cheval (ou vous l'échanger), et éventuellement vous rembourser les frais engagés (cette clause n'est jamais appliquée). Ne soyez pas malhonnête et ne rendez pas un cheval qui ne vous plait plus.

La visite d'achat peut être accompagnée d'une visite vétérinaire. Mais ce n'est pas indispensable grâce à la loi des 2 ans. Par contre c'est souhaitable chez un particulier (qui n'offre pas les mêmes garanties), surtout si vous n'y connaissez rien. Les très mauvaises affaires se font surtout entre particuliers n'y connaissant rien des 2 cotés.

Veillez surtout à écouter votre bon-sens : le cheval doit être poli et bien élevé, se laisser emmener en main avec un simple licol et une longe, donner ses 4 pieds, son poil est raisonnablement brillant, il n'est ni maigre ni boiteux ni blessé, si il est destiné à la monte, vous devez l'essayer avant l'achat.

L'achat comprend ou non la livraison, mais ne négligez pas ce détail car si vous habitez loin, vous n'allez pas le porter sur votre dos. Peut-être avez vous un van ou un camion ? Une fourgonette ou une bétaillère ne feront pas l'affaire en général.

La signature du chèque doit donner lieu à la remise des documents officiels de vente des haras nationaux (échange de la carte de propriété). Ce transfert est gratuit sur internet, sinon il coute une dizaine d'Euros pour avoir une carte papier. Cette procédure administrative est obligatoire.

Le choix d'une pension :

Quelle que soit votre option choisie, l'important est de clarifier vos besoins, les tarifs, ce que vous avez exactement pour ce prix là.

Une pension sérieuse vous fera signer plusieurs contrats :

  • 1 contrat de pension stipulant les droits et les devoirs de chacun
  • 1 contrat autorisant le gérant des lieux à soigner votre cheval en cas d'urgence et en attendant le vétérinaire
  • 1 contrat autorisant le gérant à transporter par ses soins votre cheval

Nous vous conseillons de partir d'un constat commun de bonne santé apparente de votre cheval. En cas de problème ce constat vous permettra d'établir les responsabilités de chacun.

Vous trouverez presque dans tous les contrats des clauses qui risquent de vous surprendre comme le type  (et la quantité) d'alimentation ou de détention. Vous n'irez donc pas vous plaindre si votre cheval maigrit à l'entrainement alors que vous avez refusé de payer pour qu'il reçoive le moindre granulé.

La plupart du temps c'est une question de dialogue et d'entente. Voyez exactement ce à quoi vous avez le droit (place dans la sellerie, place en boxe ou non, installations disponibles ou non, heures d'accès autorisées, accès à la douche, etc...)

Le cas spécifique de la pension au pré :

Ce type de pension est très peu onéreux (comptez 100 euros/mois), mais il n'y a en général aucune installation sophistiquée (manège, carrière). A ce prix vous pouvez bénéficier d'une sellerie commune, d'une douche pour les chevaux et de soins si nécessaire. Certains agriculteurs proposent un simple pré pour 70,- euros par mois.

1 chose est fondamentale : l'équipement du pré et la qualité de l'herbe. L'agriculteur ou le propriétaire doit absolument vous garantir qu'il complètera au foin si l'herbe devient rare ! Le pré doit avoir une réserve d'eau disponible et propre (sans être non plus maniaque) et ses clôtures devraient ne pas comporter le moindre fil de fer barbelé !!! 1 barbelé = 1 blessure potentielle. L'usage des barbelés est interdit pas les 3/4 des compagnies d'assurance. La clôture idéale est électrique avec une double clôture de fils non barbelés ou bien mieux une haie. Fuyez comme la peste les installations trop approximatives.

En cas de différent - La Justice :

C'est d'abord très dommage d'en arriver là, ça veut dire qu'on a soi-même raté quelque chose dans l'observation et le dialogue. Sachez que la jurisprudence favorise aujourd'hui le "bon sens" en terme de pension, mais la stricte application de la loi pour le transport et les soins. La justice est plus sévère avec les professionnels (sensés connaître leur métier) qu'avec les simples associations de propriétaires ou les particuliers.

La clause la plus courante trouvée dans les contrats stipule que le gérant devra prendre soin du cheval en "bon père de famille". Avec cette formule tout est dit car il est très difficile de tout légiférer : chaque cas est particulier.

Soyez donc vigilant, c'est le premier rempart contre les ennuis. La qualité de votre choix de départ (observation, questions posées) constituera une partie du succès à l'arrivée. N'écoutez surtout pas les habituelles langues de vipères qui hantent les pensions ! Nombreux sont les propriétaires capricieux qui changent de pension tous les ans et qui, après une période "tout nouveau tout beau" trouvent finalement tout moche... N'écoutez que votre coeur et votre bon-sens.

7°) Les grandes joies et les gros soucis

Un cheval, c'est toujours une joie, c'est aussi toujours une source d'inquiétude. Le nier, c'est aller au devant de graves ennuis.

      Les joies d'abord :

  • Se lever le dimanche matin, aller en pyjama lui donner son foin et son grain potentiel, ou enfiler son jean et aller se faire une promenade avec lui dans les bois, quelle joie !
  • Tisser dans le temps un lien intime et fort, se sentir uni à son cheval, mieux qu'un ami, un membre de sa famille de coeur, être en mesure de dire qu'on le connait, ne jamais en avoir peur, savoir à la seconde près ce qu'il va faire, comment il va réagir, et l'accepter comme il est, quelle joie !
  • Le caresser au soleil en admirant son profil, en profitant de la douceur de son poil soyeux, en respirant l'air qui est le sien et en sentant sa douce odeur de cheval, quel bonheur !
  • COmpter sur lui, et partir en randonnée, à l'aventure, savoir qu'il est un partenaire fiable et attentif, comme c'est bon et rassurant !
  • Se sentir responsable et savoir qu'on sera toujours là pour lui, comme c'est motivant !
  • Gagner en compétition ou tout simplement participer à l'émulation générale, l'entrainer toute la semaine et sentir que l'on se rapproche de l'objectif, c'est tout simplement géant !
  • Soigner sa retraite et aimer son cheval comme on aime un grand-parent : c'est formidable
  • Mieux encore et le meilleur pour la fin : voir naître un petit poulain et le regarder s'éveiller, lui enfiler son premier licol et avoir envie de le serrer dans ses bras : Presque aussi bien qu'un bébé !

       Mais les peines aussi ou les contraintes :

Un cheval, ce n'est pas que joie - pas plus qu'aucune aventure humaine

  • Quand il pleut des cordes et qu'il faut quand même s'en occuper
  • Quand on a pas de sous et qu'il faut acheter à manger pour lui
  • Quand l'hiver dure depuis 5 mois et qu'on est vraiment très démotivé
  • Quand il fait des coliques et qu'on ne sait pas si on va le sauver et qu'on se paye en plus une note vétérinaire monstrueuse
  • Quand il a pris peur et qu'il a démoli les clôtures
  • Quand il s'est blessé en randonnée et que nos vacances se sont stoppées là
  • Quand le Maréchal ferrant nous dit qu'il a vraiment de mauvais pieds
  • Quand son boxe est sale et qu'il  faut tout nettoyer, mais que le voisin râle que notre tas de fumier, il sent mauvais
  • Quand on prépare une compétition et qu'il se tord le boulet 15 jours avant
  • Quand il a décidé le contraire de ce que nous avions décidé (et finalement on ne sait plus qui décide)
  • Quand il nous fait croire qu'on est devenu un très mauvais cavalier (ou le contraire, ça rend prétentieux)
  • Quand notre petite famille nous explique qu'il y en a mare d'être bloqués à cause du cheval ou de tout faire pour lui
  • Quand notre compagnon ou notre compagne nous explique que nous dépensons trop d'argent ou de temps pour lui notre cheval

Et la liste est longue.... 

8°) Les erreurs à éviter

  • Faire des économies qui n'en sont pas..., comme par exemple :
  • Le maréchal ferrant, vous allez me dire que vous ne le montez pas ou que très rarement, mais savez vous que ses pieds poussent qomme vos ongles ? Il faut donc lui faire des pieds nets au moins 4 fois par an ! Si vous ne le ferrez pas et que vous montez souvent, il va avoir mal, avant de ne plus pouvoir du tout sortir. Si vous ne vous occupez pas du tout de ses pieds, il va être handicapé, puis handicapé à vie.
  • Acheter pas cher un cheval vieux (pré-retraité) et/ou malade : comme une voiture, vous allez dépenser au garage (chez le vétérinaire) ce que vous ne dépensez pas à l'achat, le tout sans même pouvoir en profiter !!! Sachez qu'un cheval qui a une histoire de souffrance n'est pas toujours facile à vivre. L'accueillir pour le "sauver" n'est pas destiné à tout le monde. En tous cas il ne s'agit pas du tout d'une économie.
  • Lésiner sur le foin ou les aliments en général : Sur le moment, ça fait des économies. Quand votre cheval aura perdu du poid et le moral, la marche arrière sera longue ! Il arrive que les séquelles soient irréversibles. Faites donc attention aux prés qui ne sont pas toujours "gras" toute l'année.
  • Prendre un cheval qui vit dehors et le coincer dans un boxe plein de paille fraiche : il va se jeter sur ce petit menu improvisé et peut être vous faire de jolies coliques. Il peut en mourir.
  • Prendre un cheval au boxe et le mettre dans un pré bien vert du jour au lendemain : il va se jeter sur l'herbe et risque de mourir suite à une crise de fourbure majeure. Habituez le progressivement à l'herbe - 1 h/jour - 2 h/jour - 1/2 jour avant de passer à la journée complète.
  • Prendre un cheval encore peu connu et partir seul en ballade sans dire quoi à qui : et si vous tombez ?
  • Acheter un jeune cheval à peine débourré alors que c'est votre première expérience. Ca risque d'être difficile.
  • Laisser votre cheval dans un enclos plein d'objets potentiellement coupants et autres détritus, ou bien entouré de barbelés : les chevaux n'ont pas leur pareil pour "tomber" sur un truc blessant ! Faites le ménage avant d'installer votre compagnon (idem dans un grange)
  • Partir en randonnée avec des gens que vous connaissez peu à cheval : faites un essai sur une grande ballade, il est fréquent que tous n'aient pas du tout la même vision du rythme d'une randonnée, de ce qui est acceptable ou pas.
  • Attention aussi à qui vous prêtez votre cheval : est-il ou elle assez respectueux ?

La liste ne s'arrête pas là, mais nous ne voudrions pas vous décourager ! Un seul mot : Attention à lui et attentino à vous !

 

 

 

 

 

 

 

Le monde du "Bio" : Quel rapport qualité (de vie) / prix ?

Manger bio, vivre bio, qulle qualité de vie à quel prix ?

Suivez l'écriture de cet article dans les jours à venir et tenez nous au courant de vos réaction ou de vos informations !

Panorama général sur la production bio en France en 2011 (source agencebio.org)

Fin 2011, 23 135 exploitations agricoles étaient engagées en agriculture biologique, soit une augmentation de 12,3% par rapport à 2010 (2 531 exploitation supplémentaires). Les exploitations « bio » représentaient 4,5% des exploitations agricoles en France.

La superficie en mode de production biologique était de 975 141 ha, dont 699 300 ha certifiés biologiques et 275 841 ha en conversion (28% du total). Les surfaces conduites en bio représentaient fin 2011 plus de 3,5% de la surface agricole de France.

Entre 1995 et 2010, la surface cultivée s'est à peu près multpliée par 7 - Le marché du Bio est donc en plein développement, suivant un mouvement qui ne s'est pas démenti depûis les 15 dernières années.

 La commercialisation et la consommation des produits bio (source identique)

Avec 3,75 milliards d’euros TTC de chiffre d’affaires en 2011 (contre 2,1 milliards d’euros en 2007), la consommation de produits bio à domicile a atteint 2,3% du marché alimentaire total (contre 1,3% en 2007).

Le marché s’est élevé à 3,91 milliards d’euros en intégrant les achats par la restauration collective (158 millions d'euros).

L'augmentation de la production bio française permet de renforcer les approvisionnements en France : les "importations" au sens large sont estimées à 32% en valeur en 2011, et sont plus ou moins développées selon les secteurs de produits.

Nous reparlerons par la suite du cas particulier de l'importation, ainsi que des différentes normes et ce qu'elles impliquent. Mais le premier élément de conclusion est assurément le développement incroyable du "bio" et de ce qu'il implique : la recherche d'une vraie qualité de vie, du manger sain, du vivre propre et des valeurs culturelles qui se cachent derrière. Reste à savoir ce que "l'industrie du bio" nous réserve !

Quelles sont les différents pants de notre recherche ?

  • Comment fonctionne le monde du bio, quelles sont les différentes normes (vous allez être surpris de leurs motivations ?
  • Que souhaitons nous acheter lorsque nous nous rendons dans un magasin bio (et quelles sont les attrapes-clients du bio ?
  • Que voulons nous vraiment, les conséquences sur la vie courante, vivre bio, est-ce que ça s'achète ?
  • Les points forts du bio, en quoi le bio est-il irremplaçable ?
  • Les limites du bio, l'industrie se rachète-t-elle une conduite ou non ? Y a-t-il un vrai bio ?
  • En conclusion, faut-il acheter bio, faut-il tenter le tout bio ? et les achats citoyens ?

1°) Le monde du bio : ce que nous voulons et les normes proposées

       Que veulent les clients qui achètent du bio ?

Le bio s'illustre principalement par l'achat de denrées alimentaires, à partir de là, d'autres produits de consommation courante se sont greffés : soins cosmétiques, soins tout court, parfumerie, puis produits domestiques divers et variés et enfin produits rservés au jardin et à la maison, produits alimentaires  réservés aux animaux, etc.. Au point que le monde du bio a développé aujourd'hui ses propres griffes, lignes, circuits de distribution, et même ses rayons dans les hypermarchés traditionnels.

L'acheteur associe le bio a une certaine qualité de vie et à une certaine qualité tout court : le produit bio est censé être sain, de bonne qualité, exempt de substances nocives que ce soit dans sa fabrication ou dans sa composition (par exemple le café décaféiné ne doit pas être obtenu à partir de solvants qui décomposent la caféine, mais par un processus d'extraction le plus naturel possible).

Si nous résumons, dans l'esprit des gens, bio = naturel et sain, puis de qualité.

Ce qui n'est pas exact, le bio correspond à des normes qui ne signifient pas que tout ce qui est proposé en bio est "de qualité". Cet engouement pour le bio (qui nous semble au global positif, puisqu'il consiste à réclamer du sain, naturel et de qualité) rejoint le phénomène des "locavores", soit ceux qui préfèrent acheter local chaque fois que c'est possible : oeufs chez l'agriculteur du coin, boeuf en barquette chez l'éleveur du village et légumes chez le maraicher d'à coté.

C'est bien, car l'économie locale est préservée, c'est souvent meilleur quand c'est "élevé" proprement et de manière non intensive, mais n'allez pas croire que c'est bio parce que ça sort de chez votre voisin. La vache d'à coté peut avoir été bombardée d'antibiotiques et les légumes du maraicher ont pu être recouverts de pesticides. Les plus gros consommateurs de pesticides et autres produits de traitement sont souvent les particuliers qui suivent le discours commercial des vendeurs de jardinerie et achètent, par sécurité, 3 ou 4 traitements pour leur petit potager :

  • Les limaces
  • Les champignons
  • Les insectes du sous-sol ou les larves
  • Les engrais

No Comment......

Donc, nous ne voulons plus de l'image d'une culture intensive qui fournit des produits dénaturés sur une terre usagée et renflouée à grands coups d'engrais diaboliques qui finissent dans les nappes phréatiques.

Sauf que ce n'est plus toujours comme ça : les agriculteurs font souvent du "raisonné", n'aiment pas épuiser leurs terres et si nous n'avions pas créé l'agriculture performante qui alimente nos tables, bien des gens seraient restés sur un régime alimentaire d'avant guerre.

Ne croyez pas que nous défendions l'industrie agro-alimentaire : nous la détestons la plupart du temps, mais reconnaissons ce qu'elle a fait de bien avant de tomber dans un excès que les professionnels regrettent presque tous.

Aujourd'hui les agriculteurs dépendent de l'état à hauteur de 60% (leurs subventions représentent en moyenne 60% de leur chiffre d'affaires), hélas ils doivent donc rigoureusement obéir aux règles dictées, sinon ils se font sucrer leurs subventions et sont conduits à la faillite.

L'état lui-même dépend de Bruxelle et Bruxelle dépend de "grosses légumes" (pas bio celles là) qui gèrent le monde par groupes de pression....

Personne ne veut mal faire, mais tout le monde veut tirer son épingle du jeu. Le bio est un nouveau marché qui va devoir, lui aussi, s'inscrire au sein de règles économiques dictées par des hommes de pouvoir.

       Quelles sont les différentes normes actuelles qui régissent le monde du bio

A - L'étiquetage des produits biologiques :

L'étiquetage des produits biologiques permet d'assurer au consommateur que le produit respecte les règles de la production et de la transformation biologiques.

Le respect des règles générales d’étiquetage s’impose.

Mais la spécificité du mode de production biologique exige également le respect des mentions spécifiques minimum suivantes :

  • La mention "biologique" ou "bio",
  • Le numéro d’agrément de l’organisme certificateur.

 Les logos bio (européen et AB) indiquent que les produits sont 100% bio ou contiennent au moins 95% de produits agricoles bio dans le cas des produits transformés, si la part restante n’est pas disponible en bio et est expressément autorisée.

B - La marque AB

 Les logos bio (européen et AB) indiquent que les produits sont 100% bio ou contiennent au moins 95% de produits agricoles bio dans le cas des produits transformés, si la part restante n’est pas disponible en bio et est expressément autorisée

Propriété exclusive du ministère français en charge de l’agriculture qui en définit les règles d’usage, la marque AB garantit à la fois :

  • un aliment composé à 100% d’ingrédients issus du mode de production biologique ou au moins 95% de produits agricoles biologiques dans le cas des produits transformés, si la part restante n’est pas disponible en bio et est expressément autorisée. Le mode de production biologique mettant en œuvre des pratiques agronomiques et d’élevage respectueuses des équilibres naturels, de l’environnement et du bien-être animal,
  • le respect de la réglementation en vigueur en France,
  • une certification placée sous le contrôle d’un organisme agréé par les pouvoirs publics, répondant à des critères d’indépendance, d’impartialité, de compétence et d’efficacité tels que définis par la norme européenne EN 45011.

D'après le baromètre CSA/Agence Bio 2012, 93% des Français connaissent la marque AB et 80% des consommateurs l'utilisent comme repère lors de l'achat de produits biologiques.

C - Le logo Bio Européen

logoeuropeenpantoneab.jpgLe logo européen "agriculture biologique" , encore appelé "Eurofeuille", a pour objet d’aider les consommateurs à repérer les produits biologiques. Sa présence sur l’étiquetage assure le respect du règlement sur l'agriculture biologique de l'Union européenne. 
 

Le logo européen  peut être appliqué sur les produits qui : 
 

  • contiennent 100% d’ingrédients issus du mode de production biologique ou au moins 95% de produits agricoles biologiques dans le cas des produits transformés, si la part restante n’est pas disponible en bio et est expressément autorisée, 
  • sont conformes aux règles du système officiel de contrôle et certification, 
  • portent le nom du producteur, du préparateur ou du distributeur et le numéro d’agrément de l'organisme de  certification. 

Ce logo est devenu obligatoire le 1er juillet 2010 sur les étiquetages des produits alimentaires préemballés. Il est facultatif pour les produits importés.

 Dans tous les cas où il est utilisé, doivent figurer à proximité :

  • l'indication du lieu de production des matières premières agricoles composant le produit sous la forme : «Agriculture UE», «Agriculture non UE» ou "Agriculture UE/non UE", avec la possibilité de mentionner le pays1,
  • le numéro de code de l'organisme certificateur.

 Les logos nationaux et privés peuvent être utilisés en complément.

Il est possible de remplacer l’indication "UE" ou "non UE" par le nom d’un pays lorsqu’au moins 98% en poids des matières premières agricoles proviennent de celui-ci

       Que nous promet exactement le bio ?

  1. Des produits de meilleur qualité que leur équivalent en non bio et suivant un cahier des charges rigoureux
  2. Des produits plus chers car le cahier des charges augmente le prix de revient
  3. Des produits moins diversifiés car tout n'a pas été produit en bio (et tout n'est pas productible en bio)
  4. Des produits qui suivent des règles dépendant en France de la France, eu Europe de l'Europe, dans chaque pays du pays en question.

2°) Que voulons nous acheter et que nous propose-t-on ?

Nous partons acheter de la qualité, produite par l'image d'un producteur sympathique et respectueux de son environnement. C'est un peu le monde des Bisounours.

Notre rayon bio est peuplé de jolis packaging "nature" de couleurs plus sobres, parfois fabriqués en recyclé, le tout évoquant une nature plus proche. Les couleurs sont souvent le vert (la nature), l'ocre (la terre) le bleu (l'eau). Les objets sont souvent de couleur naturelle (le bois de couleur bois) et l'emballage des conserves est plus luxueux (pas mal de conserves en verre et non pas en métal). Beaucoup de distribution à l'ancienne dans des sachets de papier kraft.

Nous voilà donc dans un environnement commercial attirant, apaisant, rassurant et très tentant. On y achète des cerises sèches bourrées de vitamine C, du pain bio aux céréales (graines entières) et du shampoing bio dans une jolie bouteille au logo sobre.

  • Nous venions pour être rassuré - c'est fait
  • Nous venions chercher une autre vie - c'est fait, à coup de cures de cerises sèches et de jus de carotte
  • Nous venons pour mieux protéger notre famille, - c'est fait grâce au shampoing, aux conserves, au lait de chèvre et au pain croustillant.

Le bio nous satisfait car il nous propose pas seulement de meilleurs produits, mais une autre vie, ce qu'il convient de mesurer avec moins d'enthousiasme car vous aurez très vite dépensé 3 fois votre budget et qui plus est cette vie là serait pratiquemetn interdite aux gens modestes. Il convient donc de prendre le meilleur du bio sans tomber dans tous ses pièges commerciaux.

Le bio est plus cher, c'est naturel car il faut bien "payer" le cahier des charges. Mais comment vivre bio sans y laisser ses économies ?

Car vivre "bio" ne s'achète pas, entendez par là que vivre sainement ne consiste pas à faire ses courses dans un marché bio - en aucune façon

Vivre bio, c'est :

  • D'abord ce que vous souhaitez y mettre (librement)
  • Vivre sainement en bougeant son corps (sport ou mouvement)
  • Eviter les excès de  toutes sortes (depuis la TV, jusqu'au Web, en passant par les jeux vidéos, la boisson, la bouffe, le canapé)
  • Manger sainement (pas trop de viande, pas trop de quoi que ce soit, un peu de tout, pas trop de boissons alcoolisées)
  • Un esprit sain dans un corps sain, soit avoir une vie équilibrée dans laquelle vous ne "pétez pas les plombs" tous les 3 jours à cause du stress, du travail, des gosses, etc...
  • Vivre en équilibre avec le monde, apprendre à viser une certaine joie de vivre et savoir renoncer aux pièges du commerce pour gagner en tranquilité

Cette liste ne peut être ni juste ni complète, c'est une sorte de synthèse des principaux courants actuels.

Si vous nous suivez, vous venez de comprendre que vivre bio ne consiste d'ailleurs pas à aller faire ses courses, mais à ancrer un nouvel art de vivre. La charte du bio a d'ailleurs ses propres pièges et il convient de ne pas chasser les sorcières en évacuant tous les produits non bio, vous auriez tort.

3°) Les points forts du bio : une charte irremplaçable

Le bio est la réponse du berger à la bergère ! Nous en avions  ras le bol de la pollution et des tomates bleues, le bio nous offre des tomates qui sentent bon et nous promet un air pur pour nos vaches. Et il a raison !

Grâce au bio, l'agriculture intensive qui voit ses clients regarder ailleurs se pose les bonnes questions. Lorsque le consommateur lève la tête de son assiette, les industriels revoient leur copie.

La charte du bio consitue donc un véritable retour à des valeurs saines qui étaient en train de s'enfuir.

Le consommer local et le bio sont des acteurs irremplaçables. Leur simple présence dans l'esprit des consommateurs exerce une saine pression dans l'esprit des producteurs qui veulent avant tout garder leurs clients ou se développer.

4°) Les limites du bio

Le bio est, en France, hyper contrôlé. Presque Idem eu Europe, à l'étranger, ça nous laisse dubitatif dans les pays à forte corruption.

  • Donc la tomate française bio a toutes ses chances.
  • Le beurre de karité "bio" d'Afrique est peut être plus sujet à caution.

       Il s'agit de la limite humaine

La seconde limite est environnementale : Comment faire du bio dans un monde sale ? La nappe phréatique est polluée, les parcelles d'à coté sont envahies de pesticides (ltransportés par l'eau de pluie) et de traitements qui volent plus ou moins quand on les répend, l'usine d'à coté est classé Seveso et il parait qu'elle serait polluante.... Je ne vous parle pas du refroidissement de certaines centrales nucléaires....

       Il s'agit de la limite du monde actuel

Le produit bio est mieux contrôlé, mais il n'est pas parfait. Il est incitatif et c'est déjà très bien !

L'autre limite du bio est dans la protection contre les prédateurs, insectes et autres maladies. Les traitements naturels sont parfois limités dans leurs actions et il y a des prédations contre lesquelles nous sommes heureux de disposer d'un arsenal chimique en attendant d'avoir étudié une meilleure solution.

Prenons l'exemple des toxines  mycosiques (autrement dit de la toxicité de certains micro-champignons), comme l'ergot de seigle qui a tué des milliers de gens pendant des centaines d'années avant que l'on ne trouve de quoi stopper sa progression.

Faire du bio ne doit pas nous conduire à faire de l'arriéré ! Nous devons rester prudent et factuels vis à vis d'un monde qui n'est pas celui des Bisounours. 

       Restons modernes

L'autre piège qui guette le bio est l'apropriation de ce dernier par l'industrie agro-alimentaire ! Car la productivité industrielle et la notion de profit se marient très très mal avec l'extensif et le propre du bio. A surveiller donc, mais ne laissons pas les maniaques du profit financier grignoter nos petits acquis.

       Restons vigilants sur nos acquis

Comment se prémunir de ces risques ou limites ? Y-a-t-il un vrai bio ?

Il semblerait que la solution bio soit tout de même d'acheter en local et chez des petits producteurs certifiés. Nous conservons notre méfiance par rapport aux industriels qui cherchent aujourdhui à marier Bio et Profit, certe ils respectent le cahier des charges, mais que se passe-t-il en amont face à de tels acteurs du pouvoir ?

Maintenant le vrai bio, vous l'avez compris, est aussi une adhésion à une qualité de vie dans laquelle l'acteur principal est votre conduite générale.

Vivre bio n'est pas seulement acheter en local et bio, c'est un mode de pensée, un mode d'interaction au monde environnant, une véritable philosophie de vie.

Nous visons trop souvent l'argent, et nos solutions consistent trop souvent à acheter, et si nous visions le bonheur d'une vie simple et saine ?

       Le prix du bio

Les denrées bio coutent plus cher que les denrées non bio. Et ce n'est pas anormal, car les moyens sont différents et la production est restreinte. Pa de quoi bondir sur le droit au bio etc.. Si vous voulez du bio pas cher, soit au prix du discount, vous finirez sans doute par de l'arnaque industrielle soit des produits qui jouent avec la charte, mais de quelle façon ?

La vraie question à se poser est aussi celle des habitudes : nous perdons souvent de l'argent dans le choix de nos achats : les plats cuisinés coutent cher et en général tout ce qui restreint le temps de cuisine coute plus cher que ce qui demande de la préparation. La viande n'est pas nécessaire tous les jours pour notre santé, sauf exception, etc...

Attention donc aux viandes trop bon marché, aux produits discount, ils ne sont pas tous respectueux de l'environnement !

5°) En conclusion, faut-il tenter le "tout bio"

D'abord est-ce possible ? Sans doute non !

Le bio est limité pour le moment. Et il vaut mieux adopter un mode bio raisonnable que rien du tout. Acheter 100 % Bio n'est pas toujours possible.

Certains gestes ne sont pas esttampillés bio mais sont pourtant très importants, comme d'acheter des peintures sans solvants par exemple.

L'achat bio suit donc une réflexion personnelle autant qu'un cahier des charges.

Et si aujourd'hui vous avez acheté votre baguette au supermarché parce que vous n'aviez pas le temps de faire mieux, ce n'est pas un drame. La bonne question à se poser est "pourquoi en suis-je arrivé à ne plus avoir même le temps de faire mes courses au calme ?"

Réflechissez donc, ça compte autant que d'acheter !

Ne sautez pas non plus sur tous les produits "bons pour la santé". De vous payer des jus de carotte ne va pas arranger votre santé si vous continuez à stresser comme un malade. Enfin le soja, bio ou pas, reste du soja...

Le monde du bio devrait être un monde de remise en question et de réflexion sur soi et les autres. Acheter sa viande de boeuf à coté de chez soi obéit à une logique qui est celle d'une communauté de vie. Et c'est  très important. Car le "bio" n'a pas pour valeurs un simple cahier des charges, fut-il respectable et constructif.

Le bio c'est aussi :

  • Une certaine solidarité
  • Une vie saine
  • Le goût de la mesure
  • Le respect de l'environnement pour de vrai
  • Un renoncement à l'argent comme unique maître
  • La volonté de  redevenir un acteur intelligent du monde

et bien d'autres choses....

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×