Acheter et Accueillir son cheval chez soi

Acheter son cheval et l'accueillir chez soi : ce qu'il faut savoir avant de se lancer !

Qui n'a pas rêvé d'avoir son propre cheval, de s'en occuper et de se lever le Dimanche matin en sachant qu'il est là, à coté de la maison, comme l'un des meilleurs amis de la famille ?

Vos enfants vous en ont peut-être parlé ? A moins que ce ne soit votre propre rêve de gosse ? Un  rêve très accessible, à condition d'en maîtriser les règles. Si la joie est au rendez-vous de ceux qui osent, nous connaissons hélas bon nombre de gens qui payent les pots cassés d'une mésaventure dans laquelle ils se sont fait rouler (l'achat), avant d'avoir été peu ou pas informés et de subir jour après jour des contraintes devenus couteuses en temps et en argent : Achat, Frais à envisager, Matériel à avoir, les risques et les avantages, les inconvénients et les contreparties agréables, tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer dans la grande aventure des chevaux !

Nous démarrons cet article à ce jour, Mercredi 27 Mars 2013, et nous vous invitons à le suivre à votre rythme et au fur et à mesure des informations que nous allons ajouter dans ce billet qui doit être utile à tous !

Quelles sont les questions qui doivent précéder le projet :

  1. Quelle est ma motivation pour avoir mon propre cheval et m'en occuper
  2. La question du sauvetage des chevaux de l'abattoir
  3. Combien ça coute (achat et entretien)
  4. Combien de temps ça prend
  5. Que faut-il avoir chez soi (matériel et structures) pour s'en occuper
  6. Comment faire (achat et gestion du cheval au quotidien)
  7. Quels sont les grandes joies et les gros soucis à prévoir
  8. Les erreurs à éviter

Nous vous proposons de répondre point par point à toutes ces questions, ce qui va être long, mais vous permettre, nous l'espérons, de mieux vous positionner par rapport à votre projet !

1°) Ma motivation, mon projet :

Acheter un cheval part souvent d'une très bonne intention : plus d'autonomie, avoir son compagnon à soi que personne ne vient déranger ou monter, voire sauver un animal de l'abattoir et se faire plaisir en famille font parties des principales raisons qui nous poussent à nous lancer dans la grande aventure. Entretenir soi-même son cheval est souvent perçu d'une part comme une chance, d'autre part comme une économie. Qu'en est-il exactement ?

Il est vrai que si vous avez un peu d'expérience et que vous achetez votre propre cheval, vous gagnerez immédiatement le droit absolu de vous en occuper seul (c'est à dire que personne n'y touche ou ne le monte), d'en profiter seul, et de prendre les décisions qui le concerne seul. Qui n'a pas été horriblement déçu, dans le centre équestre d'à coté, de voir partir son poney préféré, vendu, ou pour son dernier voyage ? Qui n'a pas bondi en voyant son cheval prêté en demi-pension, monté par n'importe qui d'irrespectueux ? Qui n'a pas pleuré en voyant partir d'honnêtes serviteurs à la boucherie ? Qui n'aurait pas envie de se lever le dimanche matin et d'aller soigner son compagnon ?

Si il est vrai que grâce à votre projet vous serez seul maître à bord de votre cheval, vous ne pourrez pas sauver la terre entière de l'affreuse boucherie ! Il faut aussi savoir que sauver un cheval de la boucherie est sans doute honorable, mais parfois pas toujours souhaitable.Soyons plus précis :

Décider seul veut dire aussi assumer à 100% la responsabilité de son cheval : soins, alimentation, espace vital, exercice, vétérinaire, chirurgie éventuelle, assurances, risques d'accidents, relations avec les voisins, stockage du foin, de la paille et du reste, achat du matériel nécessaire, gestion des intempéries et j'en passe. Décider seul ne veut pas dire seulement prendre des décisions, mais les assumer. Vous devez, au coeur de votre projet, intégrer la notion de temps (un cheval vit plus de 30 ans), la notion d'argent, la notion de disponibilité (votre emploi du temps, quoiqu'il se passe). Si vous vous sentez prêts, nous pouvons passer au chapître 2. Si vous n'êtes pas 100% disponible, ce n'est vraiment pas un crime, il existe des solutions adaptées à tous les cas de figure à condition de le savoir !

2°) La question des chevaux destinés à l'abattoir :

Certains chevaux terminent à l'abattoir et tant que l'être humain mangera de la viande, ça risque de durer ! Il n'est pas plus injuste de tuer un cheval qu'une vache ou un lapin : ils ont la même envie de vivre et leurs souffrances sont les mêmes. Il peut être (très) injuste de faire abattre un cheval parce qu'il est vieux et qu'il ne sert plus à rien. Il peut être affreux de voir certains profiter de leur compagnon, puis de s'en débarasser parce qu'ils ne veulent pas assumer sa "retraite".Faut-il pour autant l'assumer à leur place ? Un cheval à la retraite coute plus cher qu'on ne le croit et la prise en charge des frais vétérinaire peut être un casse-tête.

Si vous voulez sauver un cheval vieux, maigre, malade, réfléchissez au fait que vous encouragez le système de ceux qui se disent qu'ils trouveront toujours un "pigeon" pour entretenir un cheval dont ils ne veulent plus. En clair vous allez assumer les responsabilités de quelqu'un d'autre. Sachez aussi que le coup du "cheval qui part à la boucherie" est un grand classique des vendeurs pour vous refiler un cheval inutilisable et invendable.

Si malgré tout vous vous sentez l'âme d"'un sauveur, il existe des associations dont c'est le métier et qui ont les moyens de s'en occuper (un cheval à la retraite n'est pas toujours simple à gérer). Réfléchissez donc avant de vous engager sur cette voie difficile qui demande du temps, de l'argent et des compétences.

Quant à sauver un cheval qui part à la boucherie sans raison (jeune, en bonne santé, etc..) : sachez lire entre les lignes, aucun professionnel n'envoie sans raison un cheval à la boucherie ! Ou de façon très très rare pour une raison fort simple : c'est la plus mauvaise façon de le vendre et ça génère une perte financière (un très gros cheval n'est pas racheté plus de 700 euros par les bouchers, il vaut toujours mieux le vendre 1.000 euros comme cheval de promenade). Que se passe-t-il vraiment ? Vous allez taper dans la catégories des invendables :

  • Chevaux présentant un handicap ou un vice ou une maladie grave (par exemple emphysème pulmonaire)
  • Chevaux au comportement difficile (par exemple qui tape au boxe ou agresse tous ceux qui vont dans son pré)
  • Chevaux non montables pour raisons de caractère et/ou de difficultés physiques avérées (par exemple boiterie chronique dès qu'il travaille, ou cheval se cabrant sans raison)
  • Chevaux sans papiers et à l'origine douteuse
  • Chevaux malades et ayant tendance à la récidive (par exemple ayant une tendance aux coliques)
  • Chevaux accumulant plusieurs des difficultés citées ci-dessus

Le gentil cheval qui part à l'abattoir sans raison est vraiment très rare, réfléchissez bien. Tous ces cas de figure sont hélas très délicats à gérer, et vous allez perdre argent, énergie et bonne volonté pour sauver l'insauvable alors qu'il y a tant d'animaux non problématiques qui pourraient bénéficier d'une vie heureuse partagée. Il n'est pas interdit de sacrifier son projet sur l'autel de son amour universel des animaux, mais d'une certaine façon vous donnez raison aux irresponsables à qui vous fournissez une bonne raison de continuer ainsi.

Par expérience, je sais aussi que cette aventure se termine souvent pas très bien : les frais vétérinaires sont monstrueux et/ou le cheval en question est ingérable, les "sauveurs" y perdent argent et moral et pour finir les professionnels malhonnêtes ricanent. Faites comme vous le voulez, mais agissez en personne consciente et prévenue.

3°) Combien ça coute : l'achat et l'entretien ?

       A l'Achat

Le prix d'un cheval va de la gratuité absolue (mais attention, qu'avez vous à ce prix là ?) à des sommes exhorbitantes. Néanmoins, rien n'est gratuit et il existe une fourchette de prix raisonnables :

En prenant pour exemple les annonces qui paraissent sur "le bon coin", vous allez, en moyenne, trouver les fourchettes suivantes :

  • De 0 à 1.000 euros : chevaux âgés, en difficultés, non montables, ou au contraire, poulains et pouliches de moins de 12 mois à élever et dresser
  • De 1.000 à 2.000 euros : de tout, mais de bons chevaux de promenade, de randonnée, d'âge moyen.
  • Au delà de 2.000 euros : tous les chevaux destinés au sport et à la compétition et/ou ayant des papiers/origines laissant supposer une carrière sportive.

Bien entendu ces chiffres sont très simplifiés et seulement destinés à vous aider à lire entre les lignes. Si vous achetez par l'intermédiaire d'un professionnel (comme votre centre équestre par exemple), les références seront différentes (souvent plus chères).

Sachez donc lire entre les lignes et évitez les économies qui n'en sont pas comme l'achat très peu cher d'un vieux cheval que vous ne pourrez plus utiliser dans 2 ou 3 ans. Quoiqu'on vous dise certains paramètres vont couter cher :

  • Un cheval "entier" (c'est à dire un mâle non castré) est plus difficile à gérer, et une castration coute cher, pouvant aussi provoquer des problèmes de santé - Préférez donc un hongre ou une jument (un hongre est un cheval castré)
  • Un poulain ou une pouliche va vous couter en élevage ce qu'il ne vous coute pas à l'achat, et en plus, vous n'êtes pas du tout certain que ce sera un cheval beau et agréable une fois adulte. Vous devrez en plus vous occuper du débourrage et du dressage.
  • Un cheval est rarement utilisable au-delà de 20 ans (ou bien en se limitant beaucoup). Lorsque vous achetez un cheval de 15 ans, il vous reste statistiquement 5 ans pour en profiter pleinement.
  • La règle "A vieux cavalier jeune cheval et A jeune cavalier vieux cheval" ne doit pas être un argument de vente pour vous refiler n'importe quoi.
  • On n'achète pas un cheval boiteux ou malade ou maigre. SI le vendeur vous explique que ce n'est rien, repassez donc dans 1 semaine sans prévenir et voyez ce qu'il reste du "rien".
  • Attention à l'âge présumé des chevaux sans papiers. On peut vous refiler un cheval de 20 ans pour un cheval de 15 ans. A vous la retraite....
  • Une poulinière pleine n'est pas égale à 2 chevaux, mais à une jument qui va peut-être faire un poulain qu'il faudra soigner et élever.
  • Enfin, redoutez la soi-disant bonne affaire réservée aux initiés : le super cheval qui n'a pas eu de chance et qui est tombé chez le vilain monsieur... La plupart du temps, les bonnes affaires partent à un prix normal. Les affaires en or sont souvent assorties d'un problème à résoudre et elles sont réservées à des professionnels ayant du temps et des compétences.

Et même les professionnels y perdent souvent leur latin.... Cet article ne traite pas du prix des chevaux en général. Nous pourrons "bloguer" à ce sujet ultérieurement.

       A quoi ressemble l'annonce "normale" :

Vend cheval hongre âgé de 9 ans, monté, Selle-Français, passe partout et gentil, a fait des concours club - 2.000 euros

Ou

Vend jument de 12 ans, bonne randonneuse, 1.200 euros (avec photo)

Ou

Vend double-poney de 7 ans, ONC (origine non connue),  gentil avec les enfants, monté en promenade, 1.500 euros

      A quoi ressemble l'annonce attrape-sauveur :

Vend très gentille jument, idéale pour tenir compagnie, 500 euros (puis, plus bas en très petites lignes, 18 ans)

Prête ou Cède poney gentil mais (très) craintif qui a été battu et cherche un foyer plein d'amour

        Comment se présente l'annonce "menteuse" :

Vend cheval gentil et bon coup de saut, 8 ans, pleins papiers, 1.500 euros

Ou

Jument pur-sang arabe plein papier, 5 ans, débourrée, grand-mère par Persik, 2.000 euros

Ces chevaux seraient de vraies bonnes affaires. La plupart du temps ces annonces flatteuses et idéales nous font sauter sur notre téléphone et tomber sur une personne charmante qui nous répond qu'il ou elle est déjà vendu (forcément...), mais qu'il y en a encore 2 autres à acquérir. Et là, c'est souvent moins flatteur ou bien plus cher. Le cheval gentil de 8 ans à 1.500 euros voit son prix doublé et la jument ressemble désormais à une pouliche au même prix. Pas de chance ! A fuir aussi, toutes les annonces très flatteuses pour lesquelles le prix indiqué est "à partir de". Ce sont les annonces professionnelles qui proposent leur plus beau produit au prix du produit le meilleur marché.

En conclusion, soyez vigilant. Il n'y a rien à dire sur la façon de faire des professionnels qui font de la vente, si ce n'est qu'ils sont tenus de vous faire un contrat dans lequel l'usage du cheval ainsi ses capacités sont stipulés. Une inadéquation dans les 2 ans qui suivent peut vous autoriser à rendre le cheval, vous faire rembourser le prix du cheval ainsi que les frais engendrés. Attention donc au contrat signé qui dirait tout le contraire de ce que vous a raconté le vendeur verbalement (par exemple un contrat pour un "cheval de compagnie" alors qu'il vous a venté les qualités de celui-ci en compétition d'endurance). Il existe dans toutes les professions des gens honnêtes et d'autres qui le sont moins.

Certains "vendeurs" utilisent encore une autre technique, redoutable avec les enfants : ils laisse l'enfant s'attacher au cheval, lui faisant monter quelques fois à discrétion (c'est à dire souvent et gratuitement). Il le complimente sur sa bonne entente avec ledit cheval, n'hésitant pas à flatter son égo en lui expliquant que ce cheval n'est pourtant pas facile. Puis vient le jour de la mauvaise nouvelle : il doit le vendre, s'en séparer. Devinez ce qui risque de se passer ? C'est souvent ainsi que partent à des prix franchement haut dessus de la réalité commerciale des chevaux qui n'ont pourtant rien d'exceptionnels.

       B Le coût d'entretien

L'entretien d'un cheval peut avoir un coût très variable : qualité des installations ou du travail chez un professionnel ou dans un centre équestre (ou une pension), qualité des prestations chez un privé qui vous fait une petite place, coût des matières premières et des investissements chez vous. Les prix que nous allons vous donner sont indicatifs à l'heure d'aujourd'hui. Ils seront peut être faux demain. Dans l'attente, ils constituent une référence.

Ce sont des prix à la "campagne". Il va de soi qu'un cheval à Genève ou Paris coute plus cher qu'à Trifouillis les oies....

  • Centre équestre avec 1 leçon par semaine : 370 euros par mois environ
  • Demi-pension (votre cheval est partagé avec 1 autre cavalier) : souvent plus de 200 euros par mois
  • Cheval dit "au pair" (monté par les élèves durant les leçons ) : très variable, mais cette formule qui était gratuite ne l'est plus
  • Cheval "au travail" chez un professionnel qui va le sortir en concours : 450 euros par mois environ
  • Cheval en pension chez un privé qui dispose d'une carrière, de paddocks et d'un rond de longe : 240 à 270 euros par mois
  • Pension dite au pré : 100 euros par mois
  • Pension au paddock : 150 euros par mois

Considérez tous ces tarifs comme des moyennes provinciales. Ils n'ont rien de choquant et souvent frisent la non rentabilité car les professionnels doivent rendre la TVA, payer des charges, etc... Un particulier qui vous loue un bout de pré gagne souvent mieux sa vie qu'un pro qui vous fait une pension et doit lui-même payer ses structures.

Si vous optez pour le "tout à la maison", ce n'est pas gratuit pour autant. Si vous voulez que votre cheval soit nourri à 100% par un pré, comptez 2 Ha par cheval. En dessous, il risque de ravager la surface et vous finirez par le nourrir dans le pré avec du foin qu'il aura fallu acheter à coté. Un Ha se loue à l'amiable environ 40 euros par mois l'Ha. Sachez aussi qu'un cheval devra être complémenté au pré si il a une activité sportive.

Un cheval qui travaille va manger de 2 à 6 kilos de compléments par jour. Le prix est d'environ 12 à 14 euros le sac de 25 kilos. Si nous faisons une moyenne de ces éléments et que nous ramenons cette moyenne au mois, ça donne environ 65 euros par mois.

Si vous optez pour une formule sans surface, avec un boxe ou un paddock et du foin, un cheval consomme environ 15 kilos par jour, soit, au cours du jour, pour 45 euros de foin par mois.

Rajoutez l'eau (40 litres par jour), la paille (20 euros la botte) et les quelques bricoles qui trainent pour faire un total de coût mensuel "à la maison" oscillant entre 80 et 120 euros par mois, voire 150 pour un cheval qui fait de la compétition.

Si vous êtes "fauché" et que vous comptez loger votre cheval dans le petit bout de pré attenant à votre grange avec le foin de votre voisin agriculteur, sachez quand même que vous ne ferez pas mieux que 2 grosses bottes de foin par mois, soit 40 euros au strict minimum. Il vous restera tout le reste (maréchalerie, vétérinaire, soins courants). Pour des raisons que nous expliquerons plus tard, nous sommes très méfiants concernant la formule botte de foin dans la grange d'à coté.

Les frais annexes obligatoires :

  • Le maréchal ferrant, 4 fois par an : 4 * 50 euros au minimum, soit environ 15 euros par mois
  • Le vermifuge, 4 fois par an, 20 euros à chaque fois chez le vétérinaire, soit environ 6 à 8 euros par mois
  • Les vaccins, environ 5 euros par mois,
  • Les petits et gros soucis : pas de limite ! Une grosse colique peut couter plusieurs milliers d'euros de façon imprévisible !

Il est nécessaire de compter dans son budget une "réserve" pour les coups durs. Ce que vous n'aurez pas dépensé, vous en disposerez plus tard pour acheter du matériel qui ne manquera pas - de vous manquer -

4°) Combien de temps ça prend ?

Avoir son cheval à soi prend plus de temps que de se payer 1 à 2 leçons par semaine. Dit comme ça, c'est évident, dans la réalité, il faut ajouter le chapitre cheval à celui de la maison, des enfants, du travail, etc...

Avoir son cheval chez soi, prend encore plus de temps que d'avoir son cheval simplement à soi...

       La première formule : mon cheval chez un pro !

C'est la plus "facile", pendant mes absence, Monsieur cheval est géré à 100% et lorsque je suis là, je ne fais pas les corvées (nettoyage par exemple), en plus de tous ces avantages je ne suis pas contrainte 7 jours sur 7 de me libérer 2 ou 3 fois par jour pour vérifier qu'il a à boire et à manger ou faire un soin supplémentaire.

Vous allez me dire que rien n'est une corvée, mais ça se discute dans le temps.... Quant à la disponibilité 7 jours sur 7, croyez moi, il vaut mieux y réfléchir AVANT;

Donc il ne me reste qu'à bichonner mon cheval, ce qui est très confortable, mais néanmoins assez obligatoire vu que j'ai pris l'obligation de 'en occuper... Un cheval qui sort en compétition a besoin d'une dizaine d'heure de travail par semaine (variable bien entendu), sans compter le temps passé à soigner, panser, faire les sabots, etc.... C'est déjà un GROS temps de loisirs. Un cheval qui n'est utilisé que pour la promenade peut se contenter de 2 à 3 ballades par semaine, à condition que quelqu'un le fasse sortir chaque jour hors de son boxe.

Bien que la plus couteuse, cette formule vous permet de profiter pleinement de votre cheval sans qu'il ne devienne une contrainte absolue.

       La formule intermédiaire : mon cheval en pension chez un privé

Moins onéreuse que la première formule '(d'environ 100 euros au pré à 250 euros au boxe + paddock, mais ce n'est qu'une indication), cette formule vous permet d'échapper à la contrainte permanente (c'est à dire 365 jours sur 365). Elle ne vous dispense pas de faire l'effort de venir vous occuper de votre cheval, surtout si c'est une formule pré et que votre compagnon n'est que très peu surveillé.

        La formule la plus "intime" : mon cheval à la maison

Un mot, un seul : du temps et de la motivation - C'est tous les jours sans exception et la moindre de vos absences doit être organisée. Les vacances d'été sont un casse-tête car il vous faut trouver une personne fiable ET compétente....

Le minimum, c'est 2 fois par jour, souvent 15 à 30 minutes auxquelles il faut ajouter le temps imparti à vos ballades ou à votre entrainement. Mais la vraie contrainte n'est pas qu'une question de temps, mais aussi une question de disponibilité dans votre tête.

La chose est 100% répétitive, vous ne pouvez pas du tout y couper et vous allez en plus profiter des conditions connexes qui n'arrangent rien :

  • Les horaires hivernaux et la nuit qui se couche tôt
  • Le froid glacial et le gel, l'humidité absolue
  • La chaleur estivale et la sècheresse
  • Les autres secteurs de votre vie (travail, enfant, maison, compagnon) qui ne disparaissent pas
  • Les vêtements, qu'il faut changer (on ne va pas au travail comme on va au fond du pré...)

Comme ça, ça fait un peu rabat-joie, mais croyez en notre expérience, il vaut mieux en parler avant ! Nous connaissons tous des gens qui ont craqué et quand ils ont les moyens de mettre en pension, c'est bien, mais quand ils n'ont pas les moyens, c'est plus difficile et ça se finit parfois par la revente du cheval.

5°) Quel matériel faut-il avoir et quelles structures ? Pour quel prix ?

Si vous comptez aller en "pension", il ne vous faut, au début, qu'une selle et un filet, un licol, une longe et rapidement vous vous dresserez la liste des équipements (cheval et cavalier) obligatoires (casque) ou complémentaire (grande longe, protections).

La liste des équipements est sans fin et les prix très variables. Si vous voulez une selle de qualité correcte, comptez 500 euros, voire 700 pour un cuir convenable. Les filets sont de qualité très variables et les très petits prix doivent être très entretenus pour durer un peu. Un budget total de 900 euros est vite atteint sans faire de folies. Le casque est un investissement primordial, mais un casque aux normes n'est pas automatiquement cher.

Si vous comptez vous installer chez vous, structures et matériel peuvent prendre une place fondamentale. Un professionnel a des milliers d'euros de matériel (à commencer par un très bonne selle), mais bien des équipements ne sont achetés qu'une seue fois et servent à tout le monde.

Prévoyez donc pour le petit équipement :

  • Selle et 2 tapis de selle (1 au lavage + 1 disponible)
  • Filet (mors simple brisé en général)
  • Licol (+ 1 de rechange en cas de casse)
  • Longe (idem)
  • Couverture pour temps très froid
  • protections de travail (guêtres, ou bandages de polo, cloches)
  • protections de boxe ou de voyage (bandages de repos, 4 + leurs cotons, protections de voyage (pas indispensable))
  • Grande longe (pour longer le cheval)
  • Petite pharmacie de base (désinfectant, pommade anti-allergique, compresses, 1 vermifuge en stock)

Prévoyez du petit matériel ou stock pour l'écurie :

  • Désinfectant pour les structures (de Type Crésyl)
  • Balais, fourche, raclette
  • Stock de foin, granulés, paille (ou autre substrat pour le boxe si boxe)
  • Plusieurs seaux pour l 'eau

Prévoyez enfin vos structures :

  • Un abri pour le foin, la paille
  • Un coffre étanche pour le grain (sinon les rats vont s'en charger)
  • Une arrivée d'eau à proximité et un abreuvoir assez grand pour ne pas devoir être rempli tous les jours (en paddock, une formule de plusieurs centaines de litres est nécessaire à cause du gel en hiver)
  • De la lumière pour y voir clair à la mauvaise saison
  • 2 Ha de pré par cheval si vous organisez votre formule pré
  • 1000 m² de paddock si votre cheval est alimenté à 100%
  • 1000 m² de paddock + 1 ha pour une formule intermédiaire
  • Le boxe est facultatif, mais en cas de problème on est content de l'avoir ( on peut aménager un 3 x 3 sous une grange)
  • Un rond de longe constitue une base de travail essentielle (budget 2.000 euros au minimum en kit métallique)
  • Une carrière est un gros plus (budget 15.000 euros à ce jour pour un fait soi-même de 60 x 30)
  • Un manège est un luxe apréciable (budget à discrétion)
  • Un van (de 3 à plus de 10.000 euros), pratique pour emmener Monsieur cheval, pas obligatoire
  • L'accès à des structures extérieures (chez d'autres propriétaires) est un service qui se paye en général, le prix est très variable.

Toutes ces données sont très facultatives et elles sont plutôt offertes à titre indicatif. Dans les faits nous connaissons des gens qui ont un bout de grange, un bout de terrain et un vieux cheval heureux à l'intérieur. Le tout est de s'en occuper et de répondre à ses besoins. Si vous ne montez pas, le budget selle est économisé bien entendu. Notez qu'un boxe en kit (marques très connues sur le web) n'est pas cher du tout en regard du matériel utilisé si vous deviez vous le procurer. Un boxe est soumis à autorisation de travaux et la mairie est en  général regardante sur l'implantation des boxes au coeur d'un village.

6°) Comment s'y prendre ?

Depuis l'achat jusqu'à l'arrivée et les soins quotidiens, la découverte ne manque pas de vous surprendre ! Nous n'évoquerons que très peu l'arrivée du cheval en pension (ce n'est pas vous qui le gérez), sauf pour la partie contractuelle.

L'achat :

On achète aujoud'hui un cheval pour un usage qui doit être spécifié par le professionnel qui le vend (cette règle ne vaut pas chez un particulier). Ce contrat de vente vous protège, pendant 2 ans, d'une arnaque. Le contrat stipule les éléments suivants :

  • Date
  • Acheteur et Vendeur (avec adresses)
  • Nom du cheval, âge et sexe + race éventuelle (par exemple, Tainbus, Hongre âgé de 4 ans, PSA)
  • Ses "coordonnées", c'est à dire n° SIRE, puce, origines, date de naissance.
  • Si il n'a pas d'origines connues, il doit être spécifié ONC sur le contrat de vente. Il doit néanmoins être pucé et référencé au SIRE et avoir un "document d'accompagnement" qui le suit partout dans ses déplacements.
  • Il doit être pucé et vacciné (obligatoire), ces mentions figurent sur le livret signalétique (autre nom pour document d'accompagnement)
  • Usage : Ballade, Randonnée, CSO (telle performance attendue), concours complet, dressage, etc.. (chaque discipline possible avec la performance ou niveau du cheval si il en a), reproduction, monté ou non monté
  • Déclaration éventuelle des vices rédhibitoires (emphysème pulmonaire, tic à l'air etc..) et des particularités

Si il est avéré que vous vous êtes fait "avoir", le vendeur doit vous reprendre le cheval (ou vous l'échanger), et éventuellement vous rembourser les frais engagés (cette clause n'est jamais appliquée). Ne soyez pas malhonnête et ne rendez pas un cheval qui ne vous plait plus.

La visite d'achat peut être accompagnée d'une visite vétérinaire. Mais ce n'est pas indispensable grâce à la loi des 2 ans. Par contre c'est souhaitable chez un particulier (qui n'offre pas les mêmes garanties), surtout si vous n'y connaissez rien. Les très mauvaises affaires se font surtout entre particuliers n'y connaissant rien des 2 cotés.

Veillez surtout à écouter votre bon-sens : le cheval doit être poli et bien élevé, se laisser emmener en main avec un simple licol et une longe, donner ses 4 pieds, son poil est raisonnablement brillant, il n'est ni maigre ni boiteux ni blessé, si il est destiné à la monte, vous devez l'essayer avant l'achat.

L'achat comprend ou non la livraison, mais ne négligez pas ce détail car si vous habitez loin, vous n'allez pas le porter sur votre dos. Peut-être avez vous un van ou un camion ? Une fourgonette ou une bétaillère ne feront pas l'affaire en général.

La signature du chèque doit donner lieu à la remise des documents officiels de vente des haras nationaux (échange de la carte de propriété). Ce transfert est gratuit sur internet, sinon il coute une dizaine d'Euros pour avoir une carte papier. Cette procédure administrative est obligatoire.

Le choix d'une pension :

Quelle que soit votre option choisie, l'important est de clarifier vos besoins, les tarifs, ce que vous avez exactement pour ce prix là.

Une pension sérieuse vous fera signer plusieurs contrats :

  • 1 contrat de pension stipulant les droits et les devoirs de chacun
  • 1 contrat autorisant le gérant des lieux à soigner votre cheval en cas d'urgence et en attendant le vétérinaire
  • 1 contrat autorisant le gérant à transporter par ses soins votre cheval

Nous vous conseillons de partir d'un constat commun de bonne santé apparente de votre cheval. En cas de problème ce constat vous permettra d'établir les responsabilités de chacun.

Vous trouverez presque dans tous les contrats des clauses qui risquent de vous surprendre comme le type  (et la quantité) d'alimentation ou de détention. Vous n'irez donc pas vous plaindre si votre cheval maigrit à l'entrainement alors que vous avez refusé de payer pour qu'il reçoive le moindre granulé.

La plupart du temps c'est une question de dialogue et d'entente. Voyez exactement ce à quoi vous avez le droit (place dans la sellerie, place en boxe ou non, installations disponibles ou non, heures d'accès autorisées, accès à la douche, etc...)

Le cas spécifique de la pension au pré :

Ce type de pension est très peu onéreux (comptez 100 euros/mois), mais il n'y a en général aucune installation sophistiquée (manège, carrière). A ce prix vous pouvez bénéficier d'une sellerie commune, d'une douche pour les chevaux et de soins si nécessaire. Certains agriculteurs proposent un simple pré pour 70,- euros par mois.

1 chose est fondamentale : l'équipement du pré et la qualité de l'herbe. L'agriculteur ou le propriétaire doit absolument vous garantir qu'il complètera au foin si l'herbe devient rare ! Le pré doit avoir une réserve d'eau disponible et propre (sans être non plus maniaque) et ses clôtures devraient ne pas comporter le moindre fil de fer barbelé !!! 1 barbelé = 1 blessure potentielle. L'usage des barbelés est interdit pas les 3/4 des compagnies d'assurance. La clôture idéale est électrique avec une double clôture de fils non barbelés ou bien mieux une haie. Fuyez comme la peste les installations trop approximatives.

En cas de différent - La Justice :

C'est d'abord très dommage d'en arriver là, ça veut dire qu'on a soi-même raté quelque chose dans l'observation et le dialogue. Sachez que la jurisprudence favorise aujourd'hui le "bon sens" en terme de pension, mais la stricte application de la loi pour le transport et les soins. La justice est plus sévère avec les professionnels (sensés connaître leur métier) qu'avec les simples associations de propriétaires ou les particuliers.

La clause la plus courante trouvée dans les contrats stipule que le gérant devra prendre soin du cheval en "bon père de famille". Avec cette formule tout est dit car il est très difficile de tout légiférer : chaque cas est particulier.

Soyez donc vigilant, c'est le premier rempart contre les ennuis. La qualité de votre choix de départ (observation, questions posées) constituera une partie du succès à l'arrivée. N'écoutez surtout pas les habituelles langues de vipères qui hantent les pensions ! Nombreux sont les propriétaires capricieux qui changent de pension tous les ans et qui, après une période "tout nouveau tout beau" trouvent finalement tout moche... N'écoutez que votre coeur et votre bon-sens.

7°) Les grandes joies et les gros soucis

Un cheval, c'est toujours une joie, c'est aussi toujours une source d'inquiétude. Le nier, c'est aller au devant de graves ennuis.

      Les joies d'abord :

  • Se lever le dimanche matin, aller en pyjama lui donner son foin et son grain potentiel, ou enfiler son jean et aller se faire une promenade avec lui dans les bois, quelle joie !
  • Tisser dans le temps un lien intime et fort, se sentir uni à son cheval, mieux qu'un ami, un membre de sa famille de coeur, être en mesure de dire qu'on le connait, ne jamais en avoir peur, savoir à la seconde près ce qu'il va faire, comment il va réagir, et l'accepter comme il est, quelle joie !
  • Le caresser au soleil en admirant son profil, en profitant de la douceur de son poil soyeux, en respirant l'air qui est le sien et en sentant sa douce odeur de cheval, quel bonheur !
  • COmpter sur lui, et partir en randonnée, à l'aventure, savoir qu'il est un partenaire fiable et attentif, comme c'est bon et rassurant !
  • Se sentir responsable et savoir qu'on sera toujours là pour lui, comme c'est motivant !
  • Gagner en compétition ou tout simplement participer à l'émulation générale, l'entrainer toute la semaine et sentir que l'on se rapproche de l'objectif, c'est tout simplement géant !
  • Soigner sa retraite et aimer son cheval comme on aime un grand-parent : c'est formidable
  • Mieux encore et le meilleur pour la fin : voir naître un petit poulain et le regarder s'éveiller, lui enfiler son premier licol et avoir envie de le serrer dans ses bras : Presque aussi bien qu'un bébé !

       Mais les peines aussi ou les contraintes :

Un cheval, ce n'est pas que joie - pas plus qu'aucune aventure humaine

  • Quand il pleut des cordes et qu'il faut quand même s'en occuper
  • Quand on a pas de sous et qu'il faut acheter à manger pour lui
  • Quand l'hiver dure depuis 5 mois et qu'on est vraiment très démotivé
  • Quand il fait des coliques et qu'on ne sait pas si on va le sauver et qu'on se paye en plus une note vétérinaire monstrueuse
  • Quand il a pris peur et qu'il a démoli les clôtures
  • Quand il s'est blessé en randonnée et que nos vacances se sont stoppées là
  • Quand le Maréchal ferrant nous dit qu'il a vraiment de mauvais pieds
  • Quand son boxe est sale et qu'il  faut tout nettoyer, mais que le voisin râle que notre tas de fumier, il sent mauvais
  • Quand on prépare une compétition et qu'il se tord le boulet 15 jours avant
  • Quand il a décidé le contraire de ce que nous avions décidé (et finalement on ne sait plus qui décide)
  • Quand il nous fait croire qu'on est devenu un très mauvais cavalier (ou le contraire, ça rend prétentieux)
  • Quand notre petite famille nous explique qu'il y en a mare d'être bloqués à cause du cheval ou de tout faire pour lui
  • Quand notre compagnon ou notre compagne nous explique que nous dépensons trop d'argent ou de temps pour lui notre cheval

Et la liste est longue.... 

8°) Les erreurs à éviter

  • Faire des économies qui n'en sont pas..., comme par exemple :
  • Le maréchal ferrant, vous allez me dire que vous ne le montez pas ou que très rarement, mais savez vous que ses pieds poussent qomme vos ongles ? Il faut donc lui faire des pieds nets au moins 4 fois par an ! Si vous ne le ferrez pas et que vous montez souvent, il va avoir mal, avant de ne plus pouvoir du tout sortir. Si vous ne vous occupez pas du tout de ses pieds, il va être handicapé, puis handicapé à vie.
  • Acheter pas cher un cheval vieux (pré-retraité) et/ou malade : comme une voiture, vous allez dépenser au garage (chez le vétérinaire) ce que vous ne dépensez pas à l'achat, le tout sans même pouvoir en profiter !!! Sachez qu'un cheval qui a une histoire de souffrance n'est pas toujours facile à vivre. L'accueillir pour le "sauver" n'est pas destiné à tout le monde. En tous cas il ne s'agit pas du tout d'une économie.
  • Lésiner sur le foin ou les aliments en général : Sur le moment, ça fait des économies. Quand votre cheval aura perdu du poid et le moral, la marche arrière sera longue ! Il arrive que les séquelles soient irréversibles. Faites donc attention aux prés qui ne sont pas toujours "gras" toute l'année.
  • Prendre un cheval qui vit dehors et le coincer dans un boxe plein de paille fraiche : il va se jeter sur ce petit menu improvisé et peut être vous faire de jolies coliques. Il peut en mourir.
  • Prendre un cheval au boxe et le mettre dans un pré bien vert du jour au lendemain : il va se jeter sur l'herbe et risque de mourir suite à une crise de fourbure majeure. Habituez le progressivement à l'herbe - 1 h/jour - 2 h/jour - 1/2 jour avant de passer à la journée complète.
  • Prendre un cheval encore peu connu et partir seul en ballade sans dire quoi à qui : et si vous tombez ?
  • Acheter un jeune cheval à peine débourré alors que c'est votre première expérience. Ca risque d'être difficile.
  • Laisser votre cheval dans un enclos plein d'objets potentiellement coupants et autres détritus, ou bien entouré de barbelés : les chevaux n'ont pas leur pareil pour "tomber" sur un truc blessant ! Faites le ménage avant d'installer votre compagnon (idem dans un grange)
  • Partir en randonnée avec des gens que vous connaissez peu à cheval : faites un essai sur une grande ballade, il est fréquent que tous n'aient pas du tout la même vision du rythme d'une randonnée, de ce qui est acceptable ou pas.
  • Attention aussi à qui vous prêtez votre cheval : est-il ou elle assez respectueux ?

La liste ne s'arrête pas là, mais nous ne voudrions pas vous décourager ! Un seul mot : Attention à lui et attentino à vous !

 

 

 

 

 

 

 

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