NOS AMIS LES CHEVAUX

Nos Amis les chevaux : Trouver son compagnon, en prendre soin et construire une relation saine et durable !

Beaucoup d'informations ont été éditées sous forme de billets dans notre "BLog" et voilà : ça prend plein de place, donc nous regroupons le tout dans une page d'accès pratique que nous vous invitons à consulter, commenter et completer en nous soumettant vos idées ou vos demandes !

Le principe est simple et non prétentieux : regrouper et mettre, gratuitement à disposition de tous le plus d'informations pratiques, faciles, basiques, mais essentielles pour se faire plaisir, éviter les accidents et avoir des rapports harmonieux !

Elue photo de l'année dans nos coeurs, l'incroyable bisou de Katie à une vache tout aussi ravie de faire connaissance.....

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Avoir son cheval : Compagnon ou cheval utile, éthique et bien-être

Avoir son cheval à soi : Le monter ou non, comment le rendre heureux, avons nous le droit de l'utiliser et comment ? Et la compétition ?

Autant de questions essentielles au développement de sa relation avec un cheval : une relation que nous souhaitons souvent durable, agréable (courtoise), et même efficace (si nous avons un objectif quel qu'il soit). Mais voilà, la réalité est complexe, les objectifs différents, les vraies histoires heureuses moins courantes qu'on le voudrait, il existe donc des questions essentielles à se poser pour réaliser au mieux ce que nous avions imaginé au début, quite parfois à changer son fusil d'épaule : il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis !

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Soraya, notre Comtoise, une déjà très belle histoire d'amour...

 

D'abord je vais vous raconter une histoire commune, les noms et situations ont été assez modifiées pour que tout ceci reste anonyme. Cette histoire est vraie, il n'y a pas de coupable, seulement peut être des gens qui n'ont pas eu les informations suffisantes :

Monsieur Robert DUPONT achète en 2005 une paire de magnifiques juments comtoises d'attelage. Elles sont agées de 8 ans et 5 ans, la seconde est la fille de la première et elles sont bien dressées, sortant de chez un professionnel réputé. Robert achète également une jolie "calèche" pour emmener toute la famille en ballade aux beaux jours. Il prend quelques leçons, dispose d'un grand pré de 3 hectares avec abri et eau courante, le tout bien clôturé. Les juments arrivents en Juin et tout se passe pour le mieux. La famille est motivée et les juments sont régulièrement sorties, tout le monde est d'accord pour se lever le dimanche matin, que ce soit pour nourrir ou pour atteler !

L'Idylle dure environ 4 mois.

En Octobre, il pleuviote, il fait froid, l'attelage est rangé, les 2 comtoises sont au pré et on va vérifier l'eau et le foin 1 jour sur 2. Les rapports sont distants. L'hivers est froid, on ne se presse pas à la maison pour aller voir et mettre son imperméable ou sa doudoune.

AU printemps et aux premières chaleurs, Robert se dit qu'il va atteler. Sur conseil des professionnels, il prend tout de même la précaution de tourner en longe les juments avant d'atteler. Mais déjà, il aura fallu les attraper et s'y mettre à 3 : elles étaient en paix et libres et pas vraiment pressées de retrouver le chemin du travail. Néanmoins la première séance se passe à peu près bien, malgré quelques écarts et surtout un passage au galop un peu stressant.

En Mai, fais ce qu'il te plait : Robert organise une ballade en famille. Les rapports avec les 2 juments ne sont pas très simples : il faut être 2 pour les attraper et elles ne sont pas très dociles. Mais bon... Hélas, après 2 à 3 kilomètres, une grosse moissonneuse arrive en face, un fossé à droite, un écart et la calèche "verse". L'accident a été très rapide car les arbres cachaient la difficulté qui n'a pas pu être anticipée. Robert a 3 cotes cassées, les enfants n'ont rien, l'Epouse a eu peur et est pleine de reproches. On redresse, on rentre, on s'engueule et les juments vont au pré. Robert ayant (très) mal, il ne se passe plus rien. Les juments vivent de façon autonome. Les enfants ne vont plus les voir (ils ont leurs propres occupations), Robert est seul désormais à vérifier l'eau et le foin que l'agriculteur dépose au tracteur quand il en manque.

L'hivers arrive, Robert guérit, et un jour de Février, il rentre dans son pré et se fait charger par la plus agée des Comtoises. Il ressort encore plus vite qu'il n'est rentré. A partir de ce jour là, il n'a pas pu une seule fois approcher les juments. Sa dernière tentative a failli tourner au drame, la jument l'a encerclé avant de l'agresser. Robert a passé les barbelés dans l'urgence, à peine blessé, très dégouté. Il a rappelé les professionnels qui ont racheté les juments et ont traité le problème (le comment pourra faire l'objet d'un long chapitre).

Fin d'une histoire qui avait tout pour être belle !

Elle nous permet de poser les questions essentielles :

  1. Le cheval doit-il ou veut-il travailler ?
  2. Quel est son comportement de base dans la nature ?
  3. Quel est son comportement avec l'homme au quotidien ?
  4. Comment avoir une relation durable, agréable et efficace avec son cheval ?
  5. Comment positionner son objectif avec le respect de l'animal ?
  6. Les limites éthiques de la compétition ?
  7. Comment résoudre le problème de Robert ?

Cet article promet d'être long : l'écriture commence à ce jour Mercredi 8 Mai 2013, suivez le au fur et à mesure... Vos réactions sont les bienvenues

I Le cheval doit-il ou veut-il travailler ?

Cette question est prématurée car située en premier, et pourtant fondamentale car elle conditionne à elle seule nos droits et devoirs vis à vis du cheval.

Il y a ce que vous pensez, il y a la réalité économique, et celle du cheval, et enfin le compromis que l'on peut trouver à travers tout ça.

Le cheval, tout comme vous, veut être heureux : entendez le bonheur à sa façon :

  • Manger et Boire à satiété ce qu'il aime
  • Respirer
  • Bouger (nécessaire et vital pour son bon fonctionnement, notamment digestif)
  • Voire des amis chevaux si possible
  • Ne pas souffrir ni physiquement ni d'aucune façon
  • Ne pas être soumis à un stress qui est égal à une forme de souffrance
  • Se reproduire quand il y est poussé

Voilà et la liste est vraiment close dans son cerveau de mammifère. Le reste en découle. Nos grandes histoires de ferrure ou pas, de mors ou pas, sont des variables.

Le cheval ne doit pas travailler ! C'est un fait, il doit vivre. Certaines associations luttent pour que le cheval devienne un animal de compagnie, ce qui nous retirerait toute légitimité de le faire travailler. Mais que croyez vous qu'il va se passer sur un plan économique si on interdit aux propriétaires et éleveurs et professionnels de faire quoi que ce soit ? Le cheval va, à 90¨% disparaitre (et les emplois qui vont avec). Et pas seulement le cheval, mais tout un esprit de vie rurale et simple dans un équilibre avec la nature. Ou chacun participe, à sa façon. C'est donc plus une question d'équilibre et de respect que d'absolu strict.

Savez vous que les terres agricoles disparaissent ? Si le cheval n'a plus aucun intérêt économique, il ne sera plus mis au monde ni élevé.

Le cheval peut donc travailler ! C'est un plus pour sa survie et pour l'équilibre entre l'être humain et la terre. Un équilibre bien compromis, il faut le dire...Lidéal serait donc un cheval heureux au travail, et C'EST POSSIBLE et SOUHAITABLE ! De croire qu'un cheval qui travaille est malheureux est une idiotie sans nom quand on les connait. Et de croire qu'un cheval dans le fond du jardin tout seul à ne rien faire est heureux est tout à fait imbécile. Ce sont les CONDITIONS qui vont faire l'état de bonheur ou de malheur dudit cheval. C'est ce que nous allons étudier.

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Poésie de Vannand - Brillante jument de compétition - et Soraya - Adorable Comtoise d'attelage

Ensembles au paddock, en liberté

 

II Le comportement de base du cheval dans la nature :

Le cheval est un mammifère herbivore non ruminant et grégaire.

Entendez par là qu'il se reproduit comme l'être humain et alaite ses petits, qu'il vit au sein d'un troupeau constitué d'un groupe de juments et d'un étalon, ainsi que des petits non matures sur le plan sexuel. Il fait jusqu'à 80 kilomètres par jour pour avaler jusqu'à 60 kilos d'herbe ou de graminées diverses. Il boit de 20 à 40 litres d'eau par jour.

Etant une proie et non un prédateur, il reste craintif et maintient un système d'alerte assez sophistiqué avec une aptitude à la fuite rapide (et donc une capacité à prendre un galop intense le cas échéant). Devant parfois aller loin pour manger, il peut parcourir de grandes distances à des allures plus lentes (pas alterné de trot) pour trouver des territoires plus propices à sa survie.

A la tête du troupeau, la jument alpha sécurise le trajet et veille "au grain", une hiérarchie stricte ordonne le troupeau, mais cette hiérarchie est périodiquement remise en question. Chacun doit être certain, pour sa paix personnelle, que la jument alpha est fiable et forte. Le cheval est donc doué d'un certain sens de la compétition à rapprocher de son besoin grégaire.

Les éléments du troupeau ne sont sécurisés qu'au sein de celui-ci ! Isolés, ils seraient la proie des prédateurs. A leur maturité sexuelle, les petits sont chassés et vont fonder d'autres troupeaux.

Presque toute votre relation avec le cheval va se mettre en place  à partir de ces éléments finalement simple à comprendre ! Les grands principes de l'éthologie sont TOUS basés sur l'étude du comportement du cheval dans son milieu naturel.

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Jument "Alpha" et sa copine au pré

 

III Le comportement du cheval avec l'homme au quotidien

Ce comportement doit et fera tout pour se rapprocher du naturel !

Le cheval :

  • Doit manger et boire à sa faim, en permanence et par petites quantités. Il a peu de céréales très énergétiques dans la nature. Il consomme beaucoup de graminés.
  • Il n'est jamais seul. La solitude lui est source de stress, d'un certain malheur
  • Il a besoin d'un leader fort et affirmé pour s'en remettre à lui sur la onduite à tenir, faute d'un leader fort, il reprend lui-même le leadership.
  • Il est vite effrayé et l'homme qui le conduit doit anticiper les sources de craintes. Une frayeur se termine vite en galop rapide, parfois non contrôlé.
  • Il joue à se faire peur pour mettre à jour ses programmes de fuite face à d'éventuels prédateurs.
  • Nourri convenablement, il ne cherche pas à "faire des kilomètres" et peut devenir assez "plonplon".
  • Privé, il est capable de casser des clôtures pour s'occuper lui-même de trouver ce qui lui manque (compagnie, eau, à manger)
  • Trop nourri et supplémenté en céréales, coincé dans un espace étroit, il devient obèse. S'il est seul, il devient grincheux. Dans tous les cas, il devient insupportable, et risque de tomber malade (autre article à faire)
  • Abandonné à lui-même il est malheureux (la solitude l'effraie, ne l'oubliez pas), même si il a à boire et à manger. Dans ce cas, c'est l'homme qui devient son compagnon et DOIT lui rendre des visites suffisantes et multiplier les occasions de contact.
  • Abandonné avec un autre compagnon cheval : ils tissent un lien fort et se passent bien vite de l'homme ! C'est dans ce cas précis qu'ils vont adopter un comportement d'isolement et de fuite par rapport à l'homme si il ne conserve pas un contact fréquent et sur de lui.

Vous avez probablement déjà deviné une bonne partie des sources de l'accident regrettable qui est arrivé à Robert ! Il nous est facile d'établir, par simple déduction (et l'expérience) les règles de base d'une relation au moins correcte, voire agréable :

  • Un homme (ou une femme, bien entendu) qui est un Leader pour son cheval.
  • Comme tout leader, il veille sur son bien-être et répond à tous ses besoins vitaux, le cheval ne manque donc de rien et n'est pas soumis à la souffrance physique ou morale
  • Comme tout leader il sera remis en question de temps en temps par son cheval car celui-ci s'assure qu'il est toujours en mesure d'assurer sa sécurité. La fermeté est donc complémentaire à la bienveillance.
  • L'homme assure de la compagnie à son cheval : celle d'un autre cheval ou équidé, ou la sienne propre. En aucun cas il ne le laisse seul.
  • L'homme veille à ce que son cheval puisse bouger à sa guise aux 3 allures.
  • Un rapport courtois est basé sur une bonne santé physique et psychique de l'homme et du cheval. Fermeté n'est pas égal à violence, Nourrir n'est pas égal à gaver et la vie commune ne se transforme pas en leçon d'antropomorphisme (c'est à dire confondre ses besoins émotionnels ou physiologiques humains avec ceux de son compagnon cheval).

Malgré tout il existe des points communs : le cheval n'apprécie pas les intempéries, il peut prendre des coups de soleil, il doit pouvoir s'en abriter, il craint les piqures d'insectes, il lui arrive d'être gai ou triste, d'avoir envie ou pas, d'avoir mal à la tête ou au ventre.... Il a des défauts et l'homme aussi, il s'agit donc là aussi de trouver un équilibre en tolérance/capacité/opportunisme.

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Illiade de Garrigues - Jument Akhal Téké de Pur- Sang - Après sa première endurance de 60 kilomètres, visiblement détendue et en forme

IV Construire une relation durable, efficace et agréable avec son cheval

Nous venons de voir les bases comportementales, mais un livre (que nous allons écrire) complet serait nécessaire pour construire un traité de la bonne relation et des bons soins au cheval dans le respect de ses besoins (et des notres). De nombreux éthologues ont déjà planché sur le sujet, mais il reste gros à écrire !!! Preuve en est toutes les histoires qui ressemblent à celle de Robert.

Une relation durable, nous le savons bien, n'est pas toujours identique : il y a les très bons moments, les moments où on partirait bien dans une ile déserte et les moments corrects, puis ceux qui sont médiocres. Vous devez accepter que votre histoire avec votre cheval ne soit pas une histoire linéaire, idyllique, parfaite et sans contrainte.

Comme dans un couple humain, il doit y avoir quelque proximité (ou ressemblances) pour s'entendre, mais aussi quelque complémentarité (différences) pour construire une histoire. Une relation durable, c'est une histoire de couple. Il y a bien entendu les amours de compétition, qui se terminent en fin de carrière..... Il y a les amours d'utilisation, qui se terminent à la fin du travail.... Il y a les amours de toute une vie, avec leurs lots de joies et de souffrances.... Il y a les amours sur objectifs : Clarté de départ, Contrat, Rupture de Contrat.... Je ne porte pas de jugement là-dessus, chacun son histoire, le tout est qu'elle soit claire et dans le respect de l'animal.

En toute chose, ce qui est mauvais, c'est l'excès qui conduit toujours à l'échec ou à la souffrance. Il vaut mieux un contrat de Compétition bien mené, qu'un soi-disant accueil de cheval pour la vie qui se transforme en abandon au fond d'un pré dans la solitude et l'absence de soins. Peu importe ce que vous voulez faire : choisissez de le faire Bien.

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Poésie de Vannand à l'arrivée - gagnante de grand prix - 5ième en finale des 6 ans - meilleure espoir de Bourgogne et Franche Comté à 5 ans - visiblement détendue et se jetant sur l'herbe !

 Durable, ça veut donc dire que vous allez bâtir dans le temps une relation dont vous accepterez qu'elle ne soit pas toujours parfaite ! Tout comme vous, mais plus vite que vous, votre cheval vieillit et n'est pas toujours disponible. Il vaut mieux le revendre ou le céder que le garder dans de mauvaises conditions.

Que veut dire efficace ? C'est une donnée strictement personnelle et subjective, dans l'ensemble, la définition d'efficacité veut dire que l'objet répond à un ou plusieurs critères préalablement définis... Vaste réponse...

  • Beau ? de belles allures ?
  • Gentil ? Ou bon compagnon dans mon pré ?
  • Capable de travailler à la vigne ? ou attelé en famille ?
  • Randonneur ? Cheval de compétition ?
  • Cheval de CSO ou de concours ?

Etc....

Le terme d'efficacité nous renvoit implictement à 2 choses :

1°) L'idée que nous nous faisons du cheval

2°) L'objectif que nous nous sommes fixés lors de son acquisition

La notion d'agrément en découlera, et non l'inverse (quoi que, à condition de changer son fusil d'épaule !)

Et c'est les 3/4 du temps là que les problèmes trouvent leur origine :

  • Acheteurs mal informés
  • Vendeurs mal informants
  • Objectifs non clairs ou iréalistes
  • Manque de compétences ou de moyens
  • Absence pure et simple d'un minimum de notions comportementales
  • Difficultés irésolues par manque d'accompagnement du propriétaire
  • Ambition iréaliste par rapport aux capacités du cheval ou du propriétaire

Etc...

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 My Katie Anne - Irish Cob - qualifiée sur 20 kilomètres avec Jade - 2 heureuses et fières de leur réussite !

 

Avoir son cheval à soi : Le monter ou non, comment le rendre heureux, avons nous le droit de l'utiliser et comment ? Et la compétition ?

 

Autant de questions essentielles au développement de sa relation avec un cheval : une relation que nous souhaitons souvent durable, agréable (courtoise), et même efficace (si nous avons un objectif quel qu'il soit). Mais voilà, la réalité est complexe, les objectifs différents, les vraies histoires heureuses moins courantes qu'on le voudrait, il existe donc des questions essentielles à se poser pour réaliser au mieux ce que nous avions imaginé au début, quite parfois à changer son fusil d'épaule : il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis !

 

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Soraya, notre Comtoise, une déjà très belle histoire d'amour...

 

 

 

D'abord je vais vous raconter une histoire commune, les noms et situations ont été assez modifiées pour que tout ceci reste anonyme. Cette histoire est vraie, il n'y a pas de coupable, seulement peut être des gens qui n'ont pas eu les informations suffisantes :

 

Monsieur Robert DUPONT achète en 2005 une paire de magnifiques juments comtoises d'attelage. Elles sont agées de 8 ans et 5 ans, la seconde est la fille de la première et elles sont bien dressées, sortant de chez un professionnel réputé. Robert achète également une jolie "calèche" pour emmener toute la famille en ballade aux beaux jours. Il prend quelques leçons, dispose d'un grand pré de 3 hectares avec abri et eau courante, le tout bien clôturé. Les juments arrivents en Juin et tout se passe pour le mieux. La famille est motivée et les juments sont régulièrement sorties, tout le monde est d'accord pour se lever le dimanche matin, que ce soit pour nourrir ou pour atteler !

 

L'Idylle dure environ 4 mois.

 

En Octobre, il pleuviote, il fait froid, l'attelage est rangé, les 2 comtoises sont au pré et on va vérifier l'eau et le foin 1 jour sur 2. Les rapports sont distants. L'hivers est froid, on ne se presse pas à la maison pour aller voir et mettre son imperméable ou sa doudoune.

 

AU printemps et aux premières chaleurs, Robert se dit qu'il va atteler. Sur conseil des professionnels, il prend tout de même la précaution de tourner en longe les juments avant d'atteler. Mais déjà, il aura fallu les attraper et s'y mettre à 3 : elles étaient en paix et libres et pas vraiment pressées de retrouver le chemin du travail. Néanmoins la première séance se passe à peu près bien, malgré quelques écarts et surtout un passage au galop un peu stressant.

 

En Mai, fais ce qu'il te plait : Robert organise une ballade en famille. Les rapports avec les 2 juments ne sont pas très simples : il faut être 2 pour les attraper et elles ne sont pas très dociles. Mais bon... Hélas, après 2 à 3 kilomètres, une grosse moissonneuse arrive en face, un fossé à droite, un écart et la calèche "verse". L'accident a été très rapide car les arbres cachaient la difficulté qui n'a pas pu être anticipée. Robert a 3 cotes cassées, les enfants n'ont rien, l'Epouse a eu peur et est pleine de reproches. On redresse, on rentre, on s'engueule et les juments vont au pré. Robert ayant (très) mal, il ne se passe plus rien. Les juments vivent de façon autonome. Les enfants ne vont plus les voir (ils ont leurs propres occupations), Robert est seul désormais à vérifier l'eau et le foin que l'agriculteur dépose au tracteur quand il en manque.

 

L'hivers arrive, Robert guérit, et un jour de Février, il rentre dans son pré et se fait charger par la plus agée des Comtoises. Il ressort encore plus vite qu'il n'est rentré. A partir de ce jour là, il n'a pas pu une seule fois approcher les juments. Sa dernière tentative a failli tourner au drame, la jument l'a encerclé avant de l'agresser. Robert a passé les barbelés dans l'urgence, à peine blessé, très dégouté. Il a rappelé les professionnels qui ont racheté les juments et ont traité le problème (le comment pourra faire l'objet d'un long chapitre).

 

Fin d'une histoire qui avait tout pour être belle !

 

Elle nous permet de poser les questions essentielles :

 

  1. Le cheval doit-il ou veut-il travailler ?
  2. Quel est son comportement de base dans la nature ?
  3. Quel est son comportement avec l'homme au quotidien ?
  4. Comment avoir une relation durable, agréable et efficace avec son cheval ?
  5. Comment positionner son objectif avec le respect de l'animal ?
  6. Les limites éthiques de la compétition ?
  7. Comment résoudre le problème de Robert ?

 

Cet article promet d'être long : l'écriture commence à ce jour Mercredi 8 Mai 2013, suivez le au fur et à mesure... Vos réactions sont les bienvenues

 

I Le cheval doit-il ou veut-il travailler ?

 

Cette question est prématurée car située en premier, et pourtant fondamentale car elle conditionne à elle seule nos droits et devoirs vis à vis du cheval.

 

Il y a ce que vous pensez, il y a la réalité économique, et celle du cheval, et enfin le compromis que l'on peut trouver à travers tout ça.

 

Le cheval, tout comme vous, veut être heureux : entendez le bonheur à sa façon :

 

  • Manger et Boire à satiété ce qu'il aime
  • Respirer
  • Bouger (nécessaire et vital pour son bon fonctionnement, notamment digestif)
  • Voire des amis chevaux si possible
  • Ne pas souffrir ni physiquement ni d'aucune façon
  • Ne pas être soumis à un stress qui est égal à une forme de souffrance
  • Se reproduire quand il y est poussé

 

Voilà et la liste est vraiment close dans son cerveau de mammifère. Le reste en découle. Nos grandes histoires de ferrure ou pas, de mors ou pas, sont des variables.

 

Le cheval ne doit pas travailler ! C'est un fait, il doit vivre. Certaines associations luttent pour que le cheval devienne un animal de compagnie, ce qui nous retirerait toute légitimité de le faire travailler. Mais que croyez vous qu'il va se passer sur un plan économique si on interdit aux propriétaires et éleveurs et professionnels de faire quoi que ce soit ? Le cheval va, à 90¨% disparaitre (et les emplois qui vont avec). Et pas seulement le cheval, mais tout un esprit de vie rurale et simple dans un équilibre avec la nature. Ou chacun participe, à sa façon. C'est donc plus une question d'équilibre et de respect que d'absolu strict.

 

Savez vous que les terres agricoles disparaissent ? Si le cheval n'a plus aucun intérêt économique, il ne sera plus mis au monde ni élevé.

 

Le cheval peut donc travailler ! C'est un plus pour sa survie et pour l'équilibre entre l'être humain et la terre. Un équilibre bien compromis, il faut le dire...Lidéal serait donc un cheval heureux au travail, et C'EST POSSIBLE et SOUHAITABLE ! De croire qu'un cheval qui travaille est malheureux est une idiotie sans nom quand on les connait. Et de croire qu'un cheval dans le fond du jardin tout seul à ne rien faire est heureux est tout à fait imbécile. Ce sont les CONDITIONS qui vont faire l'état de bonheur ou de malheur dudit cheval. C'est ce que nous allons étudier.

 

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Poésie de Vannand - Brillante jument de compétition - et Soraya - Adorable Comtoise d'attelage

 

Ensembles au paddock, en liberté

 

 

 

II Le comportement de base du cheval dans la nature :

 

Le cheval est un mammifère herbivore non ruminant et grégaire.

 

Entendez par là qu'il se reproduit comme l'être humain et alaite ses petits, qu'il vit au sein d'un troupeau constitué d'un groupe de juments et d'un étalon, ainsi que des petits non matures sur le plan sexuel. Il fait jusqu'à 80 kilomètres par jour pour avaler jusqu'à 60 kilos d'herbe ou de graminées diverses. Il boit de 20 à 40 litres d'eau par jour.

 

Etant une proie et non un prédateur, il reste craintif et maintient un système d'alerte assez sophistiqué avec une aptitude à la fuite rapide (et donc une capacité à prendre un galop intense le cas échéant). Devant parfois aller loin pour manger, il peut parcourir de grandes distances à des allures plus lentes (pas alterné de trot) pour trouver des territoires plus propices à sa survie.

 

A la tête du troupeau, la jument alpha sécurise le trajet et veille "au grain", une hiérarchie stricte ordonne le troupeau, mais cette hiérarchie est périodiquement remise en question. Chacun doit être certain, pour sa paix personnelle, que la jument alpha est fiable et forte. Le cheval est donc doué d'un certain sens de la compétition à rapprocher de son besoin grégaire.

 

Les éléments du troupeau ne sont sécurisés qu'au sein de celui-ci ! Isolés, ils seraient la proie des prédateurs. A leur maturité sexuelle, les petits sont chassés et vont fonder d'autres troupeaux.

 

Presque toute votre relation avec le cheval va se mettre en place  à partir de ces éléments finalement simple à comprendre ! Les grands principes de l'éthologie sont TOUS basés sur l'étude du comportement du cheval dans son milieu naturel.

 

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Jument "Alpha" et sa copine au pré

 

 

 

III Le comportement du cheval avec l'homme au quotidien

 

Ce comportement doit et fera tout pour se rapprocher du naturel !

 

Le cheval :

 

  • Doit manger et boire à sa faim, en permanence et par petites quantités. Il a peu de céréales très énergétiques dans la nature. Il consomme beaucoup de graminés.
  • Il n'est jamais seul. La solitude lui est source de stress, d'un certain malheur
  • Il a besoin d'un leader fort et affirmé pour s'en remettre à lui sur la onduite à tenir, faute d'un leader fort, il reprend lui-même le leadership.
  • Il est vite effrayé et l'homme qui le conduit doit anticiper les sources de craintes. Une frayeur se termine vite en galop rapide, parfois non contrôlé.
  • Il joue à se faire peur pour mettre à jour ses programmes de fuite face à d'éventuels prédateurs.
  • Nourri convenablement, il ne cherche pas à "faire des kilomètres" et peut devenir assez "plonplon".
  • Privé, il est capable de casser des clôtures pour s'occuper lui-même de trouver ce qui lui manque (compagnie, eau, à manger)
  • Trop nourri et supplémenté en céréales, coincé dans un espace étroit, il devient obèse. S'il est seul, il devient grincheux. Dans tous les cas, il devient insupportable, et risque de tomber malade (autre article à faire)
  • Abandonné à lui-même il est malheureux (la solitude l'effraie, ne l'oubliez pas), même si il a à boire et à manger. Dans ce cas, c'est l'homme qui devient son compagnon et DOIT lui rendre des visites suffisantes et multiplier les occasions de contact.
  • Abandonné avec un autre compagnon cheval : ils tissent un lien fort et se passent bien vite de l'homme ! C'est dans ce cas précis qu'ils vont adopter un comportement d'isolement et de fuite par rapport à l'homme si il ne conserve pas un contact fréquent et sur de lui.

 

Vous avez probablement déjà deviné une bonne partie des sources de l'accident regrettable qui est arrivé à Robert ! Il nous est facile d'établir, par simple déduction (et l'expérience) les règles de base d'une relation au moins correcte, voire agréable :

 

  • Un homme (ou une femme, bien entendu) qui est un Leader pour son cheval.
  • Comme tout leader, il veille sur son bien-être et répond à tous ses besoins vitaux, le cheval ne manque donc de rien et n'est pas soumis à la souffrance physique ou morale
  • Comme tout leader il sera remis en question de temps en temps par son cheval car celui-ci s'assure qu'il est toujours en mesure d'assurer sa sécurité. La fermeté est donc complémentaire à la bienveillance.
  • L'homme assure de la compagnie à son cheval : celle d'un autre cheval ou équidé, ou la sienne propre. En aucun cas il ne le laisse seul.
  • L'homme veille à ce que son cheval puisse bouger à sa guise aux 3 allures.
  • Un rapport courtois est basé sur une bonne santé physique et psychique de l'homme et du cheval. Fermeté n'est pas égal à violence, Nourrir n'est pas égal à gaver et la vie commune ne se transforme pas en leçon d'antropomorphisme (c'est à dire confondre ses besoins émotionnels ou physiologiques humains avec ceux de son compagnon cheval).

 

Malgré tout il existe des points communs : le cheval n'apprécie pas les intempéries, il peut prendre des coups de soleil, il doit pouvoir s'en abriter, il craint les piqures d'insectes, il lui arrive d'être gai ou triste, d'avoir envie ou pas, d'avoir mal à la tête ou au ventre.... Il a des défauts et l'homme aussi, il s'agit donc là aussi de trouver un équilibre en tolérance/capacité/opportunisme.

 

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Illiade de Garrigues - Jument Akhal Téké de Pur- Sang - Après sa première endurance de 60 kilomètres, visiblement détendue et en forme

 

IV Construire une relation durable, efficace et agréable avec son cheval

 

Nous venons de voir les bases comportementales, mais un livre (que nous allons écrire) complet serait nécessaire pour construire un traité de la bonne relation et des bons soins au cheval dans le respect de ses besoins (et des notres). De nombreux éthologues ont déjà planché sur le sujet, mais il reste gros à écrire !!! Preuve en est toutes les histoires qui ressemblent à celle de Robert.

 

Une relation durable, nous le savons bien, n'est pas toujours identique : il y a les très bons moments, les moments où on partirait bien dans une ile déserte et les moments corrects, puis ceux qui sont médiocres. Vous devez accepter que votre histoire avec votre cheval ne soit pas une histoire linéaire, idyllique, parfaite et sans contrainte.

 

Comme dans un couple humain, il doit y avoir quelque proximité (ou ressemblances) pour s'entendre, mais aussi quelque complémentarité (différences) pour construire une histoire. Une relation durable, c'est une histoire de couple. Il y a bien entendu les amours de compétition, qui se terminent en fin de carrière..... Il y a les amours d'utilisation, qui se terminent à la fin du travail.... Il y a les amours de toute une vie, avec leurs lots de joies et de souffrances.... Il y a les amours sur objectifs : Clarté de départ, Contrat, Rupture de Contrat.... Je ne porte pas de jugement là-dessus, chacun son histoire, le tout est qu'elle soit claire et dans le respect de l'animal.

 

En toute chose, ce qui est mauvais, c'est l'excès qui conduit toujours à l'échec ou à la souffrance. Il vaut mieux un contrat de Compétition bien mené, qu'un soi-disant accueil de cheval pour la vie qui se transforme en abandon au fond d'un pré dans la solitude et l'absence de soins. Peu importe ce que vous voulez faire : choisissez de le faire Bien.

 

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Poésie de Vannand à l'arrivée - gagnante de grand prix - 5ième en finale des 6 ans - meilleure espoir de Bourgogne et Franche Comté à 5 ans - visiblement détendue et se jetant sur l'herbe !

 

 Durable, ça veut donc dire que vous allez bâtir dans le temps une relation dont vous accepterez qu'elle ne soit pas toujours parfaite ! Tout comme vous, mais plus vite que vous, votre cheval vieillit et n'est pas toujours disponible. Il vaut mieux le revendre ou le céder que le garder dans de mauvaises conditions.

 

Que veut dire efficace ? C'est une donnée strictement personnelle et subjective, dans l'ensemble, la définition d'efficacité veut dire que l'objet répond à un ou plusieurs critères préalablement définis... Vaste réponse...

 

  • Beau ? de belles allures ?
  • Gentil ? Ou bon compagnon dans mon pré ?
  • Capable de travailler à la vigne ? ou attelé en famille ?
  • Randonneur ? Cheval de compétition ?
  • Cheval de CSO ou de concours ?

 

Etc....

 

Le terme d'efficacité nous renvoit implictement à 2 choses :

 

1°) L'idée que nous nous faisons du cheval

 

2°) L'objectif que nous nous sommes fixés lors de son acquisition

 

La notion d'agrément en découlera, et non l'inverse (quoi que, à condition de changer son fusil d'épaule !)

 

Et c'est les 3/4 du temps là que les problèmes trouvent leur origine :

 

  • Acheteurs mal informés
  • Vendeurs mal informants
  • Objectifs non clairs ou iréalistes
  • Manque de compétences ou de moyens
  • Absence pure et simple d'un minimum de notions comportementales
  • Difficultés irésolues par manque d'accompagnement du propriétaire
  • Ambition iréaliste par rapport aux capacités du cheval ou du propriétaire

 

Etc...

 

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 My Katie Anne - Irish Cob - qualifiée sur 20 kilomètres avec Jade - 2 heureuses et fières de leur réussite !

 

V Construire un objectif réaliste dans le respect du cheval

 

Une fois les paramètres comportementaux établis, une fois la capacité à faire les soins en place, vous pourrez parler objectif ! Mais comme l'objectif est en tête de vos préoccupation, il doit être à peu près clair avant l'acquisition d'un cheval ! Et comme l'homme varie dans le temps, il arrive que votre cheval ne convienne plus ce qui n'est pas un drame, il peut faire le bonheur de quelqu'un d'autre et il serait faux de croire que vous allez lui manquer bien longtemps. Votre cheval est surtout attaché aux conditions de son propre bonheur, dont vous faites peut être partie, mais pas uniquement.

 

 

 

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Voilà un objectif, mais ce n'est pas le seul....Une victoire ne doit ni griser, ni faire culpabiliser, il arrive mêm qu'elle soit un bon moyen de prendre de la maturité (en perdant quelques complexes)...

 

 Il vous appartient donc de fixer un objectif, (ou celui de votre enfant) en fonction de différents paramètres pour lesquels vous devrez être très claire avec le vendeur :

 

  • Le cheval doit avoir les capacités physiques et mentales nécessaires à votre besoin : par exemple un cheval de compagnie doit être calme et gentil
  • Le cheval ne doit pas demander plus de niveau de compétence que celui que vous pouvez lui offrir vous personnellement ou par personne interposée, par exemple si vous prenez une jeune jument nerveuse et à peine dressée sans habitude et sans aide, que va-t-il se passer ?
  • Le cheval doit avoir, en fonction de votre objectif, un âge, une santé, un niveau, un acquis, les preuves de tout cela, par exemple vous souhaitez faire du CSO à 1,15 mètre et progresser encore sur les 3 ans à venir ou bien seulement faire votre apprentissage sur un cheval d'expérience mais en fin de carrière.
  • Le cheval doit, de préférence, appartenir à la race disposant des moyens nécessaires à ce que vous attendez de lui, par exemple on achète pas un pur-sang arabe pour faire de l'attelage

 

Le  tout a un prix, et sauf exception, le rêve coûte assez cher. De nombreuses personnes finissent déçues pour avoir cédé à une pulsion d'achat peu réfléchie qui se termine par une expérience douteuse et souvent décevante. Attention aux fausses bonnes affaires pas chères (voir notre blog sur l'acquisition de son cheval.)

 

Il reste le gros problème de la culpabilité très à la mode actuellement : ai-je le droit de faire travailler mon cheval et d'opter pour une ambition compétitive ? Le premier point est assez facile à traiter : celui du respect des besoins de l'animal. Le second point est plus délicat car la compétition nous posera tôt ou tard la question de l'éthique et des limites.

 

Mais si votre cheval ne peut pas, votre premier devoir est de vous en apercevoir à temps pour ne pas aller au-delà de ses limites et des votres.

 

 

 

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Pourvoir aux besoins de son cheval, c'est aussi ça : des amis bricoleurs (Hubert Moreno) qui aident à bâtir des boxes douillets pour les mauvais jours !

 

VI Ethique et Compétition

 

 L'homme rêve et dans ses rêves il n'est pas une sous-merde, un con, détesté de tous, idiot et en mauvaise santé !

 

J'ai l'air d'enfoncer des portes ouvertes et pourtant nous avons une terrible tendance à oublier que l'homme se veut, se voit :

 

Gagnant, Capable, Aisé, en bonne santé, intelligent, jeune, apprécié et reconnu

 

Et celui qui me dit le contraire est un hypocrite - même l'homme qui désire une vie simple, n'a pas envie d'être détesté !

 

Ce qui nous amène le plus simplement à l'objectif profond de la compétition : GAGNER

 

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Ata Khan d'Akhal - Jeune étalon (ici dans son année de 3 ans) de pur-sang Akhal-Téké - Champion toutes catégories de sa génération, mais est-ce un futur gagnant ?

 

Oh, bien entendu on s'en défend, on y va pour s'amuser, se détendre, apprendre, se faire plaisir.... Mais dans le fond, on préfère gagner un grand prix que faire un modeste tour anonyme sans photographe ni remise de prix. Et que celui qui n'est pas heureux d'avoir son prix vienne me le dire !

 

La grande, très grande différence, entre les bons gagnants et les mauvais perdants, c'est que les premiers ont souvent beaucoup travaillé et attendu (je ne parle pas des super friqués qui y vont avec des dollars, ceux là ne sont pas concernés par le présent article), alors que les seconds sont souvent prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

 

Oh là aussi nous avons tous envie de compétition propre : je ne connais que des cavaliers jurant sur la tête de leurs gosses que jamais ils ne feraient du mal à leur cheval. Curieusement, en concours, c'est peu différent :

 

  • Hurlements par ci
  • Violence par là
  • Chevaux tristes et défaits
  • "Branlées" mémorables après la défaite
  • Traitements Curieux s'apparentant au dopage
  • Mort, fourbure aigue, souffrance, excès, cravache

 

Ce n'est pas toujours ainsi, mais je connais beaucoup de cavaliers qui n'aiment que les bons chevaux. Et les comportements délictueux cités ci-dessus font chier tout le monde et sont à la base des excès dans l'autre sens visant à transformer le cheval en toutou de compagnie (hélas le cheval pèse 500 kilos, c'est un peu lourd pour le canapé).

 

       Où commence le manque d'éthique ?

 

  • Lors de la préparation, quand l'énervement vous dépasse où que malgré les limites de votre cheval, vous insistez
  • Lorsque votre cheval vous montrant qu'il n'est physiquement pas prêt, vous l'engagez en compétition à son meilleur niveau

 

Lorsque pour arriver à sortir en compétition, vous vous voyez contraint d'utiliser des traitements interdits (dopage), des moyens occultes (section chirugicale de certaines terminaisons nerveuses pour éviter la douleur), et je passe d'autres moyens.... Bref, quand vous faites ce que la nature ne vous permet pas. A ne pas confondre avec la nécessité de soins (mais quand on soigne, on ne fait pas de compétition).

 

        Où commence l'éthique ?

 

L'éthique, c'est, outre la définition classique, la nécessité absolue de respecter un équilibre entre un tas de paramètres très difficile à évaluer. De nombreuses personnes bien pensantes (elles n'ont pas tout à fait tort hélas) vont dire qu'il est impossible d'aimer un cheval et d'exiger de lui des résultats en compétition. Vrai et Faux, Vrai si l'on parle d'exigeance, Faux si l'on parle vraiment de partenariat, mais comment construire un partenariat ?

 

  • Des compétences qui permettent un geste toujours juste et adapté avant, pendant et après le travail
  • Des moyens matériels qui permettent d'assurer à son partenaire une qualité de vie et à soi-même un confort qui rend patient (une très mauvaise selle fait mal au dos du cheval et à celui du cavalier qui deviennent tous 2 irascibles)
  • Une expérience suffisante pour garder cette justesse et ce recul nécessaire dans l'évolution du travail
  • Une envie de compétition toujours strictement inférieure à l'envie de voir son cheval partenaire heureux et en forme
  • Un partenaire qui corresponde à ce que vous souhaitez (voir chapitre précédent, le choix de l'objectif), sinon il faut, soit changer d'objectif, soit changer de partenaire
  • Un regard calme et plein de recul pour comprendre les difficultés, les voies de progrès, les moyens de régler les problèmes, ses propres limites, sa propre motivation
  • Un sens aigu de l'observation qui permette d'évaluer chaque jour et chaque instant ce qu'il est possible de faire ou ne pas faire, et de soigner si nécessaire, de juger de l'état de son cheval et des moyens à mettre pour qu'il soit conforme à ce qu'il doit être (par exemple, musclé et en souffle pour un cheval d'endurance, ni trop gras, ni trop sec, en super santé du coté ostéo articulaire,etc...)
  • Une réflexion jamais achevée qui veut apprendre et progresser, comprendre plutôt que maudire ce qui ne va pas
  • L'acceptation des limites de son cheval, la capacité à renoncer, à  repousser.
  • Savoir écrire le mot "Fin" sur le livre de la carrière de son cheval et pourvoir à son bonheur futur
  • Avoir du temps, de la disponibilité, sinon on finit par faire vite et mal
  • Quand on fait une erreur (énervement, violence, etc..), au lieu de culpabiliser : s'en rendre compte et tenter de comprendre où est l'erreur.

 

Liste non exhaustive, mais les bases sont déjà essentielles, car être un cavalier de compétition autonome et de bon niveau, c'est un acte responsable et mature, une volonté d'accomplissement pour soi et pour l'intérêt général, une force tranquille, un apprentissage déjà vaste mais jamais achevé, une philosophie et donc une forme de sagesse.

 

Quand au cheval athlète de bon niveau, c'est un ami fiable, un être accompli et merveilleux qui vous apprendra parfois la joie, mais aussi l'humilité et différentes voies de progrès, un tel cheval ne peut se revendre ou s'oublier.

 

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 Sophie, Jade et votre serviteur, 3 licenses, Amateur (24 ans), Club (14 ans) et Pro (50 ans), 3 parcours qui s'assemblent, débutent ou s'achèvent, un bonheur éblouissant d'un jour, un bonheur qui doit nous nourrir non pas d'ambitions supplémentaires, mais d'un plus grand amour, d'une plus grande force et d'une endurance qui devient de la  tolérance.

 

 

 

 

Acheter et accueillir son propre cheval, chez soi ou dans une pension, comment faire, et pour quel prix ?

Acheter son cheval et l'accueillir chez soi : ce qu'il faut savoir avant de se lancer !

Qui n'a pas rêvé d'avoir son propre cheval, de s'en occuper et de se lever le Dimanche matin en sachant qu'il est là, à coté de la maison, comme l'un des meilleurs amis de la famille ?

Vos enfants vous en ont peut-être parlé ? A moins que ce ne soit votre propre rêve de gosse ? Un  rêve très accessible, à condition d'en maîtriser les règles. Si la joie est au rendez-vous de ceux qui osent, nous connaissons hélas bon nombre de gens qui payent les pots cassés d'une mésaventure dans laquelle ils se sont fait rouler (l'achat), avant d'avoir été peu ou pas informés et de subir jour après jour des contraintes devenus couteuses en temps et en argent : Achat, Frais à envisager, Matériel à avoir, les risques et les avantages, les inconvénients et les contreparties agréables, tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer dans la grande aventure des chevaux !

Avoir sa propre écurie : un rêve réalisable, mais à préparer avec soin !

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Nous démarrons cet article à ce jour, Mercredi 27 Mars 2013, et nous vous invitons à le suivre à votre rythme et au fur et à mesure des informations que nous allons ajouter dans ce billet qui doit être utile à tous !

Quelles sont les questions qui doivent précéder le projet :

  1. Quelle est ma motivation pour avoir mon propre cheval et m'en occuper
  2. La question du sauvetage des chevaux de l'abattoir
  3. Combien ça coute (achat et entretien)
  4. Combien de temps ça prend
  5. Que faut-il avoir chez soi (matériel et structures) pour s'en occuper
  6. Comment faire (achat et gestion du cheval au quotidien)
  7. Quels sont les grandes joies et les gros soucis à prévoir
  8. Les erreurs à éviter

Nous vous proposons de répondre point par point à toutes ces questions, ce qui va être long, mais vous permettre, nous l'espérons, de mieux vous positionner par rapport à votre projet !

1°) Ma motivation, mon projet :

Acheter un cheval part souvent d'une très bonne intention : plus d'autonomie, avoir son compagnon à soi que personne ne vient déranger ou monter, voire sauver un animal de l'abattoir et se faire plaisir en famille font parties des principales raisons qui nous poussent à nous lancer dans la grande aventure. Entretenir soi-même son cheval est souvent perçu d'une part comme une chance, d'autre part comme une économie. Qu'en est-il exactement ?

Poésie et Soraya : 2 compagnes qui comptent autant que des enfants ou presque....

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Il est vrai que si vous avez un peu d'expérience et que vous achetez votre propre cheval, vous gagnerez immédiatement le droit absolu de vous en occuper seul (c'est à dire que personne n'y touche ou ne le monte), d'en profiter seul, et de prendre les décisions qui le concerne seul. Qui n'a pas été horriblement déçu, dans le centre équestre d'à coté, de voir partir son poney préféré, vendu, ou pour son dernier voyage ? Qui n'a pas bondi en voyant son cheval prêté en demi-pension, monté par n'importe qui d'irrespectueux ? Qui n'a pas pleuré en voyant partir d'honnêtes serviteurs à la boucherie ? Qui n'aurait pas envie de se lever le dimanche matin et d'aller soigner son compagnon ?

Si il est vrai que grâce à votre projet vous serez seul maître à bord de votre cheval, vous ne pourrez pas sauver la terre entière de l'affreuse boucherie ! Il faut aussi savoir que sauver un cheval de la boucherie est sans doute honorable, mais parfois pas toujours souhaitable.Soyons plus précis :

Décider seul veut dire aussi assumer à 100% la responsabilité de son cheval : soins, alimentation, espace vital, exercice, vétérinaire, chirurgie éventuelle, assurances, risques d'accidents, relations avec les voisins, stockage du foin, de la paille et du reste, achat du matériel nécessaire, gestion des intempéries et j'en passe. Décider seul ne veut pas dire seulement prendre des décisions, mais les assumer. Vous devez, au coeur de votre projet, intégrer la notion de temps (un cheval vit plus de 30 ans), la notion d'argent, la notion de disponibilité (votre emploi du temps, quoiqu'il se passe). Si vous vous sentez prêts, nous pouvons passer au chapître 2. Si vous n'êtes pas 100% disponible, ce n'est vraiment pas un crime, il existe des solutions adaptées à tous les cas de figure à condition de le savoir !

2°) La question des chevaux destinés à l'abattoir :

Certains chevaux terminent à l'abattoir et tant que l'être humain mangera de la viande, ça risque de durer ! Il n'est pas plus injuste de tuer un cheval qu'une vache ou un lapin : ils ont la même envie de vivre et leurs souffrances sont les mêmes. Il peut être (très) injuste de faire abattre un cheval parce qu'il est vieux et qu'il ne sert plus à rien. Il peut être affreux de voir certains profiter de leur compagnon, puis de s'en débarasser parce qu'ils ne veulent pas assumer sa "retraite".Faut-il pour autant l'assumer à leur place ? Un cheval à la retraite coute plus cher qu'on ne le croit et la prise en charge des frais vétérinaire peut être un casse-tête.

L'infirmerie : une nécessité lorsqu'on accueille des chevaux agés ou défaillants, une réflexion à mener en amont ! Un engagement.

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Si vous voulez sauver un cheval vieux, maigre, malade, réfléchissez au fait que vous encouragez le système de ceux qui se disent qu'ils trouveront toujours un "pigeon" pour entretenir un cheval dont ils ne veulent plus. En clair vous allez assumer les responsabilités de quelqu'un d'autre. Sachez aussi que le coup du "cheval qui part à la boucherie" est un grand classique des vendeurs pour vous refiler un cheval inutilisable et invendable.

Si malgré tout vous vous sentez l'âme d"'un sauveur, il existe des associations dont c'est le métier et qui ont les moyens de s'en occuper (un cheval à la retraite n'est pas toujours simple à gérer). Réfléchissez donc avant de vous engager sur cette voie difficile qui demande du temps, de l'argent et des compétences.

Quant à sauver un cheval qui part à la boucherie sans raison (jeune, en bonne santé, etc..) : sachez lire entre les lignes, aucun professionnel n'envoie sans raison un cheval à la boucherie ! Ou de façon très très rare pour une raison fort simple : c'est la plus mauvaise façon de le vendre et ça génère une perte financière (un très gros cheval n'est pas racheté plus de 700 euros par les bouchers, il vaut toujours mieux le vendre 1.000 euros comme cheval de promenade). Que se passe-t-il vraiment ? Vous allez taper dans la catégories des invendables :

  • Chevaux présentant un handicap ou un vice ou une maladie grave (par exemple emphysème pulmonaire)
  • Chevaux au comportement difficile (par exemple qui tape au boxe ou agresse tous ceux qui vont dans son pré)
  • Chevaux non montables pour raisons de caractère et/ou de difficultés physiques avérées (par exemple boiterie chronique dès qu'il travaille, ou cheval se cabrant sans raison)
  • Chevaux sans papiers et à l'origine douteuse
  • Chevaux malades et ayant tendance à la récidive (par exemple ayant une tendance aux coliques)
  • Chevaux accumulant plusieurs des difficultés citées ci-dessus

Le gentil cheval qui part à l'abattoir sans raison est vraiment très rare, réfléchissez bien. Tous ces cas de figure sont hélas très délicats à gérer, et vous allez perdre argent, énergie et bonne volonté pour sauver l'insauvable alors qu'il y a tant d'animaux non problématiques qui pourraient bénéficier d'une vie heureuse partagée. Il n'est pas interdit de sacrifier son projet sur l'autel de son amour universel des animaux, mais d'une certaine façon vous donnez raison aux irresponsables à qui vous fournissez une bonne raison de continuer ainsi.

Par expérience, je sais aussi que cette aventure se termine souvent pas très bien : les frais vétérinaires sont monstrueux et/ou le cheval en question est ingérable, les "sauveurs" y perdent argent et moral et pour finir les professionnels malhonnêtes ricanent. Faites comme vous le voulez, mais agissez en personne consciente et prévenue.

3°) Combien ça coute : l'achat et l'entretien ?

       A l'Achat

Le prix d'un cheval va de la gratuité absolue (mais attention, qu'avez vous à ce prix là ?) à des sommes exhorbitantes. Néanmoins, rien n'est gratuit et il existe une fourchette de prix raisonnables :

En prenant pour exemple les annonces qui paraissent sur "le bon coin", vous allez, en moyenne, trouver les fourchettes suivantes :

  • De 0 à 1.000 euros : chevaux âgés, en difficultés, non montables, ou au contraire, poulains et pouliches de moins de 12 mois à élever et dresser
  • De 1.000 à 2.000 euros : de tout, mais de bons chevaux de promenade, de randonnée, d'âge moyen.
  • Au delà de 2.000 euros : tous les chevaux destinés au sport et à la compétition et/ou ayant des papiers/origines laissant supposer une carrière sportive.

Bien entendu ces chiffres sont très simplifiés et seulement destinés à vous aider à lire entre les lignes. Si vous achetez par l'intermédiaire d'un professionnel (comme votre centre équestre par exemple), les références seront différentes (souvent plus chères).

Ata Khan d'Akhal, Etalon Agréé de Pur Sang Akhal Téké, Champion toutes catégories de sa génération,

le rêve a un prix non négligeable.

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Sachez donc lire entre les lignes et évitez les économies qui n'en sont pas comme l'achat très peu cher d'un vieux cheval que vous ne pourrez plus utiliser dans 2 ou 3 ans. Quoiqu'on vous dise certains paramètres vont couter cher :

  • Un cheval "entier" (c'est à dire un mâle non castré) est plus difficile à gérer, et une castration coute cher, pouvant aussi provoquer des problèmes de santé - Préférez donc un hongre ou une jument (un hongre est un cheval castré)
  • Un poulain ou une pouliche va vous couter en élevage ce qu'il ne vous coute pas à l'achat, et en plus, vous n'êtes pas du tout certain que ce sera un cheval beau et agréable une fois adulte. Vous devrez en plus vous occuper du débourrage et du dressage.
  • Un cheval est rarement utilisable au-delà de 20 ans (ou bien en se limitant beaucoup). Lorsque vous achetez un cheval de 15 ans, il vous reste statistiquement 5 ans pour en profiter pleinement.
  • La règle "A vieux cavalier jeune cheval et A jeune cavalier vieux cheval" ne doit pas être un argument de vente pour vous refiler n'importe quoi.
  • On n'achète pas un cheval boiteux ou malade ou maigre. SI le vendeur vous explique que ce n'est rien, repassez donc dans 1 semaine sans prévenir et voyez ce qu'il reste du "rien".
  • Attention à l'âge présumé des chevaux sans papiers. On peut vous refiler un cheval de 20 ans pour un cheval de 15 ans. A vous la retraite....
  • Une poulinière pleine n'est pas égale à 2 chevaux, mais à une jument qui va peut-être faire un poulain qu'il faudra soigner et élever.
  • Enfin, redoutez la soi-disant bonne affaire réservée aux initiés : le super cheval qui n'a pas eu de chance et qui est tombé chez le vilain monsieur... La plupart du temps, les bonnes affaires partent à un prix normal. Les affaires en or sont souvent assorties d'un problème à résoudre et elles sont réservées à des professionnels ayant du temps et des compétences.

Et même les professionnels y perdent souvent leur latin.... Cet article ne traite pas du prix des chevaux en général. Nous pourrons "bloguer" à ce sujet ultérieurement.

       A quoi ressemble l'annonce "normale" :

Vend cheval hongre âgé de 9 ans, monté, Selle-Français, passe partout et gentil, a fait des concours club - 2.000 euros

Ou

Vend jument de 12 ans, bonne randonneuse, 1.200 euros (avec photo)

Ou

Vend double-poney de 7 ans, ONC (origine non connue),  gentil avec les enfants, monté en promenade, 1.500 euros

      A quoi ressemble l'annonce attrape-sauveur :

Vend très gentille jument, idéale pour tenir compagnie, 500 euros (puis, plus bas en très petites lignes, 18 ans)

Prête ou Cède poney gentil mais (très) craintif qui a été battu et cherche un foyer plein d'amour

        Comment se présente l'annonce "menteuse" :

Vend cheval gentil et bon coup de saut, 8 ans, pleins papiers, 1.500 euros

Ou

Jument pur-sang arabe plein papier, 5 ans, débourrée, grand-mère par Persik, 2.000 euros

Ces chevaux seraient de vraies bonnes affaires. La plupart du temps ces annonces flatteuses et idéales nous font sauter sur notre téléphone et tomber sur une personne charmante qui nous répond qu'il ou elle est déjà vendu (forcément...), mais qu'il y en a encore 2 autres à acquérir. Et là, c'est souvent moins flatteur ou bien plus cher. Le cheval gentil de 8 ans à 1.500 euros voit son prix doublé et la jument ressemble désormais à une pouliche au même prix. Pas de chance ! A fuir aussi, toutes les annonces très flatteuses pour lesquelles le prix indiqué est "à partir de". Ce sont les annonces professionnelles qui proposent leur plus beau produit au prix du produit le meilleur marché.

En conclusion, soyez vigilant. Il n'y a rien à dire sur la façon de faire des professionnels qui font de la vente, si ce n'est qu'ils sont tenus de vous faire un contrat dans lequel l'usage du cheval ainsi ses capacités sont stipulés. Une inadéquation dans les 2 ans qui suivent peut vous autoriser à rendre le cheval, vous faire rembourser le prix du cheval ainsi que les frais engendrés. Attention donc au contrat signé qui dirait tout le contraire de ce que vous a raconté le vendeur verbalement (par exemple un contrat pour un "cheval de compagnie" alors qu'il vous a venté les qualités de celui-ci en compétition d'endurance). Il existe dans toutes les professions des gens honnêtes et d'autres qui le sont moins.

Certains "vendeurs" utilisent encore une autre technique, redoutable avec les enfants : ils laisse l'enfant s'attacher au cheval, lui faisant monter quelques fois à discrétion (c'est à dire souvent et gratuitement). Il le complimente sur sa bonne entente avec ledit cheval, n'hésitant pas à flatter son égo en lui expliquant que ce cheval n'est pourtant pas facile. Puis vient le jour de la mauvaise nouvelle : il doit le vendre, s'en séparer. Devinez ce qui risque de se passer ? C'est souvent ainsi que partent à des prix franchement haut dessus de la réalité commerciale des chevaux qui n'ont pourtant rien d'exceptionnels.

       B Le coût d'entretien

L'entretien d'un cheval peut avoir un coût très variable : qualité des installations ou du travail chez un professionnel ou dans un centre équestre (ou une pension), qualité des prestations chez un privé qui vous fait une petite place, coût des matières premières et des investissements chez vous. Les prix que nous allons vous donner sont indicatifs à l'heure d'aujourd'hui. Ils seront peut être faux demain. Dans l'attente, ils constituent une référence.

Ce sont des prix à la "campagne". Il va de soi qu'un cheval à Genève ou Paris coute plus cher qu'à Trifouillis les oies....

  • Centre équestre avec 1 leçon par semaine : 370 euros par mois environ
  • Demi-pension (votre cheval est partagé avec 1 autre cavalier) : souvent plus de 200 euros par mois
  • Cheval dit "au pair" (monté par les élèves durant les leçons ) : très variable, mais cette formule qui était gratuite ne l'est plus
  • Cheval "au travail" chez un professionnel qui va le sortir en concours : 450 euros par mois environ
  • Cheval en pension chez un privé qui dispose d'une carrière, de paddocks et d'un rond de longe : 240 à 270 euros par mois
  • Pension dite au pré : 100 euros par mois
  • Pension au paddock : 150 euros par mois

Considérez tous ces tarifs comme des moyennes provinciales. Ils n'ont rien de choquant et souvent frisent la non rentabilité car les professionnels doivent rendre la TVA, payer des charges, etc... Un particulier qui vous loue un bout de pré gagne souvent mieux sa vie qu'un pro qui vous fait une pension et doit lui-même payer ses structures.

Si vous optez pour le "tout à la maison", ce n'est pas gratuit pour autant. Si vous voulez que votre cheval soit nourri à 100% par un pré, comptez 2 Ha par cheval. En dessous, il risque de ravager la surface et vous finirez par le nourrir dans le pré avec du foin qu'il aura fallu acheter à coté. Un Ha se loue à l'amiable environ 40 euros par mois l'Ha. Sachez aussi qu'un cheval devra être complémenté au pré si il a une activité sportive.

Un cheval qui travaille va manger de 2 à 6 kilos de compléments par jour. Le prix est d'environ 12 à 14 euros le sac de 25 kilos. Si nous faisons une moyenne de ces éléments et que nous ramenons cette moyenne au mois, ça donne environ 65 euros par mois.

Si vous optez pour une formule sans surface, avec un boxe ou un paddock et du foin, un cheval consomme environ 15 kilos par jour, soit, au cours du jour, pour 45 euros de foin par mois.

Rajoutez l'eau (40 litres par jour), la paille (20 euros la botte) et les quelques bricoles qui trainent pour faire un total de coût mensuel "à la maison" oscillant entre 80 et 120 euros par mois, voire 150 pour un cheval qui fait de la compétition.

Si vous êtes "fauché" et que vous comptez loger votre cheval dans le petit bout de pré attenant à votre grange avec le foin de votre voisin agriculteur, sachez quand même que vous ne ferez pas mieux que 2 grosses bottes de foin par mois, soit 40 euros au strict minimum. Il vous restera tout le reste (maréchalerie, vétérinaire, soins courants). Pour des raisons que nous expliquerons plus tard, nous sommes très méfiants concernant la formule botte de foin dans la grange d'à coté.

Les frais annexes obligatoires :

  • Le maréchal ferrant, 4 fois par an : 4 * 50 euros au minimum, soit environ 15 euros par mois
  • Le vermifuge, 4 fois par an, 20 euros à chaque fois chez le vétérinaire, soit environ 6 à 8 euros par mois
  • Les vaccins, environ 5 euros par mois,
  • Les petits et gros soucis : pas de limite ! Une grosse colique peut couter plusieurs milliers d'euros de façon imprévisible !

Il est nécessaire de compter dans son budget une "réserve" pour les coups durs. Ce que vous n'aurez pas dépensé, vous en disposerez plus tard pour acheter du matériel qui ne manquera pas - de vous manquer -

4°) Combien de temps ça prend ?

Avoir son cheval à soi prend plus de temps que de se payer 1 à 2 leçons par semaine. Dit comme ça, c'est évident, dans la réalité, il faut ajouter le chapitre cheval à celui de la maison, des enfants, du travail, etc...

Avoir son cheval chez soi, prend encore plus de temps que d'avoir son cheval simplement à soi...

       La première formule : mon cheval chez un pro !

C'est la plus "facile", pendant mes absence, Monsieur cheval est géré à 100% et lorsque je suis là, je ne fais pas les corvées (nettoyage par exemple), en plus de tous ces avantages je ne suis pas contrainte 7 jours sur 7 de me libérer 2 ou 3 fois par jour pour vérifier qu'il a à boire et à manger ou faire un soin supplémentaire.

Vous allez me dire que rien n'est une corvée, mais ça se discute dans le temps.... Quant à la disponibilité 7 jours sur 7, croyez moi, il vaut mieux y réfléchir AVANT;

Donc il ne me reste qu'à bichonner mon cheval, ce qui est très confortable, mais néanmoins assez obligatoire vu que j'ai pris l'obligation de 'en occuper... Un cheval qui sort en compétition a besoin d'une dizaine d'heure de travail par semaine (variable bien entendu), sans compter le temps passé à soigner, panser, faire les sabots, etc.... C'est déjà un GROS temps de loisirs. Un cheval qui n'est utilisé que pour la promenade peut se contenter de 2 à 3 ballades par semaine, à condition que quelqu'un le fasse sortir chaque jour hors de son boxe.

Bien que la plus couteuse, cette formule vous permet de profiter pleinement de votre cheval sans qu'il ne devienne une contrainte absolue.

       La formule intermédiaire : mon cheval en pension chez un privé

Moins onéreuse que la première formule '(d'environ 100 euros au pré à 250 euros au boxe + paddock, mais ce n'est qu'une indication), cette formule vous permet d'échapper à la contrainte permanente (c'est à dire 365 jours sur 365). Elle ne vous dispense pas de faire l'effort de venir vous occuper de votre cheval, surtout si c'est une formule pré et que votre compagnon n'est que très peu surveillé.

        La formule la plus "intime" : mon cheval à la maison

Un mot, un seul : du temps et de la motivation - C'est tous les jours sans exception et la moindre de vos absences doit être organisée. Les vacances d'été sont un casse-tête car il vous faut trouver une personne fiable ET compétente....

Le minimum, c'est 2 fois par jour, souvent 15 à 30 minutes auxquelles il faut ajouter le temps imparti à vos ballades ou à votre entrainement. Mais la vraie contrainte n'est pas qu'une question de temps, mais aussi une question de disponibilité dans votre tête.

La chose est 100% répétitive, vous ne pouvez pas du tout y couper et vous allez en plus profiter des conditions connexes qui n'arrangent rien :

  • Les horaires hivernaux et la nuit qui se couche tôt
  • Le froid glacial et le gel, l'humidité absolue
  • La chaleur estivale et la sècheresse
  • Les autres secteurs de votre vie (travail, enfant, maison, compagnon) qui ne disparaissent pas
  • Les vêtements, qu'il faut changer (on ne va pas au travail comme on va au fond du pré...)

Hotkie, Jument de Pur Sang Anglaise, chez moi, un plaisir ET un certain travail (tous les jours)

hotkie-psa-2.jpg

 

Comme ça, ça fait un peu rabat-joie, mais croyez en notre expérience, il vaut mieux en parler avant ! Nous connaissons tous des gens qui ont craqué et quand ils ont les moyens de mettre en pension, c'est bien, mais quand ils n'ont pas les moyens, c'est plus difficile et ça se finit parfois par la revente du cheval.

5°) Quel matériel faut-il avoir et quelles structures ? Pour quel prix ?

Si vous comptez aller en "pension", il ne vous faut, au début, qu'une selle et un filet, un licol, une longe et rapidement vous vous dresserez la liste des équipements (cheval et cavalier) obligatoires (casque) ou complémentaire (grande longe, protections).

La liste des équipements est sans fin et les prix très variables. Si vous voulez une selle de qualité correcte, comptez 500 euros, voire 700 pour un cuir convenable. Les filets sont de qualité très variables et les très petits prix doivent être très entretenus pour durer un peu. Un budget total de 900 euros est vite atteint sans faire de folies. Le casque est un investissement primordial, mais un casque aux normes n'est pas automatiquement cher.

Si vous comptez vous installer chez vous, structures et matériel peuvent prendre une place fondamentale. Un professionnel a des milliers d'euros de matériel (à commencer par un très bonne selle), mais bien des équipements ne sont achetés qu'une seue fois et servent à tout le monde.

Du Matos et encore du matos : un budget et de l'entretien et il en manque toujours un peu....

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Prévoyez donc pour le petit équipement :

  • Selle et 2 tapis de selle (1 au lavage + 1 disponible)
  • Filet (mors simple brisé en général)
  • Licol (+ 1 de rechange en cas de casse)
  • Longe (idem)
  • Couverture pour temps très froid
  • protections de travail (guêtres, ou bandages de polo, cloches)
  • protections de boxe ou de voyage (bandages de repos, 4 + leurs cotons, protections de voyage (pas indispensable))
  • Grande longe (pour longer le cheval)
  • Petite pharmacie de base (désinfectant, pommade anti-allergique, compresses, 1 vermifuge en stock)

Prévoyez du petit matériel ou stock pour l'écurie :

  • Désinfectant pour les structures (de Type Crésyl)
  • Balais, fourche, raclette
  • Stock de foin, granulés, paille (ou autre substrat pour le boxe si boxe)
  • Plusieurs seaux pour l 'eau

Prévoyez enfin vos structures :

  • Un abri pour le foin, la paille
  • Un coffre étanche pour le grain (sinon les rats vont s'en charger)
  • Une arrivée d'eau à proximité et un abreuvoir assez grand pour ne pas devoir être rempli tous les jours (en paddock, une formule de plusieurs centaines de litres est nécessaire à cause du gel en hiver)
  • De la lumière pour y voir clair à la mauvaise saison
  • 2 Ha de pré par cheval si vous organisez votre formule pré
  • 1000 m² de paddock si votre cheval est alimenté à 100%
  • 1000 m² de paddock + 1 ha pour une formule intermédiaire
  • Le boxe est facultatif, mais en cas de problème on est content de l'avoir ( on peut aménager un 3 x 3 sous une grange)
  • Un rond de longe constitue une base de travail essentielle (budget 2.000 euros au minimum en kit métallique)
  • Une carrière est un gros plus (budget 15.000 euros à ce jour pour un fait soi-même de 60 x 30)
  • Un manège est un luxe apréciable (budget à discrétion)
  • Un van (de 3 à plus de 10.000 euros), pratique pour emmener Monsieur cheval, pas obligatoire
  • L'accès à des structures extérieures (chez d'autres propriétaires) est un service qui se paye en général, le prix est très variable.

Toutes ces données sont très facultatives et elles sont plutôt offertes à titre indicatif. Dans les faits nous connaissons des gens qui ont un bout de grange, un bout de terrain et un vieux cheval heureux à l'intérieur. Le tout est de s'en occuper et de répondre à ses besoins. Si vous ne montez pas, le budget selle est économisé bien entendu. Notez qu'un boxe en kit (marques très connues sur le web) n'est pas cher du tout en regard du matériel utilisé si vous deviez vous le procurer. Un boxe est soumis à autorisation de travaux et la mairie est en  général regardante sur l'implantation des boxes au coeur d'un village.

6°) Comment s'y prendre ?

Depuis l'achat jusqu'à l'arrivée et les soins quotidiens, la découverte ne manque pas de vous surprendre ! Nous n'évoquerons que très peu l'arrivée du cheval en pension (ce n'est pas vous qui le gérez), sauf pour la partie contractuelle.

L'achat :

On achète aujoud'hui un cheval pour un usage qui doit être spécifié par le professionnel qui le vend (cette règle ne vaut pas chez un particulier). Ce contrat de vente vous protège, pendant 2 ans, d'une arnaque. Le contrat stipule les éléments suivants :

  • Date
  • Acheteur et Vendeur (avec adresses)
  • Nom du cheval, âge et sexe + race éventuelle (par exemple, Tainbus, Hongre âgé de 4 ans, PSA)
  • Ses "coordonnées", c'est à dire n° SIRE, puce, origines, date de naissance.
  • Si il n'a pas d'origines connues, il doit être spécifié ONC sur le contrat de vente. Il doit néanmoins être pucé et référencé au SIRE et avoir un "document d'accompagnement" qui le suit partout dans ses déplacements.
  • Il doit être pucé et vacciné (obligatoire), ces mentions figurent sur le livret signalétique (autre nom pour document d'accompagnement)
  • Usage : Ballade, Randonnée, CSO (telle performance attendue), concours complet, dressage, etc.. (chaque discipline possible avec la performance ou niveau du cheval si il en a), reproduction, monté ou non monté
  • Déclaration éventuelle des vices rédhibitoires (emphysème pulmonaire, tic à l'air etc..) et des particularités

Si il est avéré que vous vous êtes fait "avoir", le vendeur doit vous reprendre le cheval (ou vous l'échanger), et éventuellement vous rembourser les frais engagés (cette clause n'est jamais appliquée). Ne soyez pas malhonnête et ne rendez pas un cheval qui ne vous plait plus.

La visite d'achat peut être accompagnée d'une visite vétérinaire. Mais ce n'est pas indispensable grâce à la loi des 2 ans. Par contre c'est souhaitable chez un particulier (qui n'offre pas les mêmes garanties), surtout si vous n'y connaissez rien. Les très mauvaises affaires se font surtout entre particuliers n'y connaissant rien des 2 cotés.

Photo de Quassia; proposée à la vente, une photo réaliste, ni flatteuse, ni retouchée.

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Veillez surtout à écouter votre bon-sens : le cheval doit être poli et bien élevé, se laisser emmener en main avec un simple licol et une longe, donner ses 4 pieds, son poil est raisonnablement brillant, il n'est ni maigre ni boiteux ni blessé, si il est destiné à la monte, vous devez l'essayer avant l'achat.

L'achat comprend ou non la livraison, mais ne négligez pas ce détail car si vous habitez loin, vous n'allez pas le porter sur votre dos. Peut-être avez vous un van ou un camion ? Une fourgonette ou une bétaillère ne feront pas l'affaire en général.

La signature du chèque doit donner lieu à la remise des documents officiels de vente des haras nationaux (échange de la carte de propriété). Ce transfert est gratuit sur internet, sinon il coute une dizaine d'Euros pour avoir une carte papier. Cette procédure administrative est obligatoire.

Le choix d'une pension :

Quelle que soit votre option choisie, l'important est de clarifier vos besoins, les tarifs, ce que vous avez exactement pour ce prix là.

Une pension sérieuse vous fera signer plusieurs contrats :

  • 1 contrat de pension stipulant les droits et les devoirs de chacun
  • 1 contrat autorisant le gérant des lieux à soigner votre cheval en cas d'urgence et en attendant le vétérinaire
  • 1 contrat autorisant le gérant à transporter par ses soins votre cheval

Nous vous conseillons de partir d'un constat commun de bonne santé apparente de votre cheval. En cas de problème ce constat vous permettra d'établir les responsabilités de chacun.

Vous trouverez presque dans tous les contrats des clauses qui risquent de vous surprendre comme le type  (et la quantité) d'alimentation ou de détention. Vous n'irez donc pas vous plaindre si votre cheval maigrit à l'entrainement alors que vous avez refusé de payer pour qu'il reçoive le moindre granulé.

La plupart du temps c'est une question de dialogue et d'entente. Voyez exactement ce à quoi vous avez le droit (place dans la sellerie, place en boxe ou non, installations disponibles ou non, heures d'accès autorisées, accès à la douche, etc...)

Le cas spécifique de la pension au pré :

Ce type de pension est très peu onéreux (comptez 100 euros/mois), mais il n'y a en général aucune installation sophistiquée (manège, carrière). A ce prix vous pouvez bénéficier d'une sellerie commune, d'une douche pour les chevaux et de soins si nécessaire. Certains agriculteurs proposent un simple pré pour 70,- euros par mois.

1 chose est fondamentale : l'équipement du pré et la qualité de l'herbe. L'agriculteur ou le propriétaire doit absolument vous garantir qu'il complètera au foin si l'herbe devient rare ! Le pré doit avoir une réserve d'eau disponible et propre (sans être non plus maniaque) et ses clôtures devraient ne pas comporter le moindre fil de fer barbelé !!! 1 barbelé = 1 blessure potentielle. L'usage des barbelés est interdit pas les 3/4 des compagnies d'assurance. La clôture idéale est électrique avec une double clôture de fils non barbelés ou bien mieux une haie. Fuyez comme la peste les installations trop approximatives.

En cas de différent - La Justice :

C'est d'abord très dommage d'en arriver là, ça veut dire qu'on a soi-même raté quelque chose dans l'observation et le dialogue. Sachez que la jurisprudence favorise aujourd'hui le "bon sens" en terme de pension, mais la stricte application de la loi pour le transport et les soins. La justice est plus sévère avec les professionnels (sensés connaître leur métier) qu'avec les simples associations de propriétaires ou les particuliers.

La clause la plus courante trouvée dans les contrats stipule que le gérant devra prendre soin du cheval en "bon père de famille". Avec cette formule tout est dit car il est très difficile de tout légiférer : chaque cas est particulier.

Soyez donc vigilant, c'est le premier rempart contre les ennuis. La qualité de votre choix de départ (observation, questions posées) constituera une partie du succès à l'arrivée. N'écoutez surtout pas les habituelles langues de vipères qui hantent les pensions ! Nombreux sont les propriétaires capricieux qui changent de pension tous les ans et qui, après une période "tout nouveau tout beau" trouvent finalement tout moche... N'écoutez que votre coeur et votre bon-sens.

7°) Les grandes joies et les gros soucis

Un cheval, c'est toujours une joie, c'est aussi toujours une source d'inquiétude. Le nier, c'est aller au devant de graves ennuis.

      Les joies d'abord :

  • Se lever le dimanche matin, aller en pyjama lui donner son foin et son grain potentiel, ou enfiler son jean et aller se faire une promenade avec lui dans les bois, quelle joie !
  • Tisser dans le temps un lien intime et fort, se sentir uni à son cheval, mieux qu'un ami, un membre de sa famille de coeur, être en mesure de dire qu'on le connait, ne jamais en avoir peur, savoir à la seconde près ce qu'il va faire, comment il va réagir, et l'accepter comme il est, quelle joie !
  • Le caresser au soleil en admirant son profil, en profitant de la douceur de son poil soyeux, en respirant l'air qui est le sien et en sentant sa douce odeur de cheval, quel bonheur !
  • COmpter sur lui, et partir en randonnée, à l'aventure, savoir qu'il est un partenaire fiable et attentif, comme c'est bon et rassurant !
  • Se sentir responsable et savoir qu'on sera toujours là pour lui, comme c'est motivant !
  • Gagner en compétition ou tout simplement participer à l'émulation générale, l'entrainer toute la semaine et sentir que l'on se rapproche de l'objectif, c'est tout simplement géant !
  • Soigner sa retraite et aimer son cheval comme on aime un grand-parent : c'est formidable
  • Mieux encore et le meilleur pour la fin : voir naître un petit poulain et le regarder s'éveiller, lui enfiler son premier licol et avoir envie de le serrer dans ses bras : Presque aussi bien qu'un bébé !

       Mais les peines aussi ou les contraintes :

Un cheval, ce n'est pas que joie - pas plus qu'aucune aventure humaine

  • Quand il pleut des cordes et qu'il faut quand même s'en occuper
  • Quand on a pas de sous et qu'il faut acheter à manger pour lui
  • Quand l'hiver dure depuis 5 mois et qu'on est vraiment très démotivé
  • Quand il fait des coliques et qu'on ne sait pas si on va le sauver et qu'on se paye en plus une note vétérinaire monstrueuse
  • Quand il a pris peur et qu'il a démoli les clôtures
  • Quand il s'est blessé en randonnée et que nos vacances se sont stoppées là
  • Quand le Maréchal ferrant nous dit qu'il a vraiment de mauvais pieds
  • Quand son boxe est sale et qu'il  faut tout nettoyer, mais que le voisin râle que notre tas de fumier, il sent mauvais
  • Quand on prépare une compétition et qu'il se tord le boulet 15 jours avant
  • Quand il a décidé le contraire de ce que nous avions décidé (et finalement on ne sait plus qui décide)
  • Quand il nous fait croire qu'on est devenu un très mauvais cavalier (ou le contraire, ça rend prétentieux)
  • Quand notre petite famille nous explique qu'il y en a mare d'être bloqués à cause du cheval ou de tout faire pour lui
  • Quand notre compagnon ou notre compagne nous explique que nous dépensons trop d'argent ou de temps pour lui notre cheval

Et la liste est longue.... 

8°) Les erreurs à éviter

  • Faire des économies qui n'en sont pas..., comme par exemple :
  • Le maréchal ferrant, vous allez me dire que vous ne le montez pas ou que très rarement, mais savez vous que ses pieds poussent qomme vos ongles ? Il faut donc lui faire des pieds nets au moins 4 fois par an ! Si vous ne le ferrez pas et que vous montez souvent, il va avoir mal, avant de ne plus pouvoir du tout sortir. Si vous ne vous occupez pas du tout de ses pieds, il va être handicapé, puis handicapé à vie.
  • Acheter pas cher un cheval vieux (pré-retraité) et/ou malade : comme une voiture, vous allez dépenser au garage (chez le vétérinaire) ce que vous ne dépensez pas à l'achat, le tout sans même pouvoir en profiter !!! Sachez qu'un cheval qui a une histoire de souffrance n'est pas toujours facile à vivre. L'accueillir pour le "sauver" n'est pas destiné à tout le monde. En tous cas il ne s'agit pas du tout d'une économie.
  • Lésiner sur le foin ou les aliments en général : Sur le moment, ça fait des économies. Quand votre cheval aura perdu du poid et le moral, la marche arrière sera longue ! Il arrive que les séquelles soient irréversibles. Faites donc attention aux prés qui ne sont pas toujours "gras" toute l'année.
  • Prendre un cheval qui vit dehors et le coincer dans un boxe plein de paille fraiche : il va se jeter sur ce petit menu improvisé et peut être vous faire de jolies coliques. Il peut en mourir.
  • Prendre un cheval au boxe et le mettre dans un pré bien vert du jour au lendemain : il va se jeter sur l'herbe et risque de mourir suite à une crise de fourbure majeure. Habituez le progressivement à l'herbe - 1 h/jour - 2 h/jour - 1/2 jour avant de passer à la journée complète.
  • Prendre un cheval encore peu connu et partir seul en ballade sans dire quoi à qui : et si vous tombez ?
  • Acheter un jeune cheval à peine débourré alors que c'est votre première expérience. Ca risque d'être difficile.
  • Laisser votre cheval dans un enclos plein d'objets potentiellement coupants et autres détritus, ou bien entouré de barbelés : les chevaux n'ont pas leur pareil pour "tomber" sur un truc blessant ! Faites le ménage avant d'installer votre compagnon (idem dans un grange)
  • Partir en randonnée avec des gens que vous connaissez peu à cheval : faites un essai sur une grande ballade, il est fréquent que tous n'aient pas du tout la même vision du rythme d'une randonnée, de ce qui est acceptable ou pas.
  • Attention aussi à qui vous prêtez votre cheval : est-il ou elle assez respectueux ?

La liste ne s'arrête pas là, mais nous ne voudrions pas vous décourager ! Un seul mot : Attention à lui et attentino à vous !

 

Alimenter son cheval en fonction de sa race et de son activité

Comment nourrir son cheval et en fonction de quels paramètres ?

C'est un sujet qui nécessite un livre à lui seul !

  • I Il y a les paramètres généraux, liés à l'espèce
  • II Puis ceux liés à la race (commee par exemple le cheval Comtois, ou le sous-groupe du cheval de trait)
  • III Et enfin ceux liés au travail du cheval, fait-il ou non quelque chose est comment est-il logé ?

Il nous faudra sans doute plusieurs jours pour écrire ne serait-ce que le principal et avec pour objectif de vous donner des informations utiles et utilisables concrètement par vos soins !

Suivez chaque jour cet article qui va envisager tous les élements à prendre à considération !

Poésie et Soraya : 2 juments, mais l'une est un cheval d'endurance et de demi-sang arabe, l'autre est un cheval de trait et d'attelage, soit 2 objectifs différents et quelques points communs

poesie-et-soraya-1.jpg

I Le cheval, une espèce particulière

Le cheval est un herbivore non ruminant et doté d'une impressionnante longueur d'intestins.... Avec ça, on en a dit déjà beaucoup et ces notions sont fondamentales.

Le cheval peut faire jusqu'à 80 kilomètres par jour pour trouver SA ration d'herbe, soit 60 kilos d'herbe fraîche, pleine de cellulose qu'il va transformer en énergie disponible à court, moyen et long terme.

Le cheval est une proie, dans la nature, ce qui lui donne une aptitude à fuir ou à aller vite sur une courte distance, quand il ne va pas plus doucement, mais sur une très longue distance. Endurant ou Rapide, selon ses besoins. Une bonne partie de son métabolisme dépend de ces facteurs.

Le cheval sauvage est donc un nomade qui cherche de bonnes terres en évitant de se faire croquer par des prédateurs comme les loups :

Cheval Mongol, petit et rapide, il tape facilement pour se défendre contre les loups, mais il est d'une rare rusticité ! Un cheval de travail autant que de vitesse. Il ne mange que ce qu'il trouve dans son environnement.

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Le cheval a un comportement qui va presqu'entièrement être orienté en fonction de ces éléments :

  • Fuir ou se défendre en étant ultra réceptif aux informations visuelles ou auditives
  • Manger à sa faim chaque fois qu'il en a l'opportunité

Mais son fonctionnement digestif a mis quelques millions d'années pour se constituer et le cheval n'est plus adaptable à n'importe quel régime alimentaire !

       Le système digestif du cheval

Herbivore, non ruminant (monogastrique enzymatique), avec fermentation microbienne(alcoolique) dans l’intestin (colon) et un transit très long (48 heures pour un circuit complet). Ce qui va générer :

  • Une spécificité alimentaire stricte (pas du tout omnivore)
  • Un petit estomac (env. 20 l), donc une nécessité de manger toute la journée (normal, il cherche), mais peu à la fois
  • Une incapacité physiologique à vomir !!! Donc aucune évacuation par le haut
  • Des intestins très longs (16 à 24 m pour le grêle, 3 mètres – 90 L pour le gros colon, 3 mètres – 20 L pour le colon flottant) qui génèrent une fragilité  sur de multiples points : stress phsyio. Ou factuel, torsion/météorisation, réactions de fourbure)
  • Un équilibre bactérien fragile dépendant du Ph, dépendant lui-même du type d’aliments
  • Une assimilation limitée de certains ingrédients (granulés, floconnés, foin), ou en fonction de leur compostion chimique (azote)
  • Des besoins qu’il faut mettre en face des aliments avec une relative précision, à un rythme donné et dans des  quantités peu variables….

 

Quel processus ?

Le cheval transforme l’herbe :

1)  Mastication et Salivation (50 l/jour), les aliments sont préparés à la digestion, d’où l’importance de commencer par ceux qu’il digère le plus facilement (herbe/foin)

  1. Risques de surdents (défaut de mastication au boxe), dentisterie à partir de 5 ans (jusqu’à 4 ans, les dents définitives ne sont pas en place)
  2. Risque de défaut de salivation (aliments trop éloignés des fibres)

2)  L’œsophage 

  1. Pas de digestion, mais un risque d’obstruction

3)  L’estomac : ph acide, pré-digestion des protéines, mais pas d’assimilation, de 2 à 8 heures pour une vidange complète, un strict minimum de 2 heures pour l’assimilation des premiers glucides directement assimilables

  1. Le début de la digestion microbienne sur ces glucides, mais sous condition de ph bien régulé
  2. La fragilité aux ulcères chez les chevaux de sport qui mangent des rations trop riches et/ou pas assez volumineuses (75% des chevaux de sport présenteraient des ulcères)

 4)  L’essentiel de la digestion enzymatique se fait dans l’intestin grêle, un passage rapide (encore 2 heures) et la libération de l’énergie tirée des nutriments : transformation de l’amidon, des protéines, des acides gras, minéraux et vitamines.

  1. Ce passage rapide dans un système long et tortueux est générateur de coliques endogènes
  2. Des aliments non adaptés vont créer facilement un déficit du processus

5)  Avec 60% du volume total et un temps de digestion de 24 à 48 heures, le côlon est l’acteur privilégié de la digestion. Acides gras volatils et amidon sont retraités et fournissent l’énergie, tandis que les micro-organismes peuvent dégrader les fibres, tandis que les acides aminés et matières  azotées en excès seront transformées en amoniaque :

  1. Le problème est plutôt la constipation que la torsion (lieu de la résorption d’eau)
  2. Un déséquilibre microbien stoppe la digestion (bouchon)
  3. Si l’amoniaque est en excès, il peut y avoir acidose et fourbure (mort), l’herbe fraiche de printemps e st dangereuse en excès (azote)
  4. Trop d’amidon (céréales) = risque mortel, tout excès est dangereux
  5. L’ équilibre microbien et enzymatique nécessite une adaptation alimentaire sur 7 à 10 jours, tout changement brutal est dangereux

6)  En conclusion Quelles sont les règles :

  1. Des petites rations fréquentes
  2. L’eau et le foin avant les céréales
  3. Des céréales seulement si justifié et en fonction de dosages respectés
  4. Pas d’arrêt de l’alimentation, le cheval doit grignoter
  5. Des dents surveillées, des crotins surveillés (ronds fermes, mais pas secs, sans parasite, grains digérés et foin non apparent)
  6. Pas de changement brutal
  7. Pas d’alimentation riche sans travail
  8. Pas de céréales en cas de ralentissement du transit (stress, effort)
  9. De l’eau à discrétion
  10. La surveillance du transit au moindre soupçon (regard triste, attitude stressée, cheval se regardant les flans, voire qui gratte, se couche, se roule) avec un sthétoscope (le bruit).
  11. Si pas vétérinaire, le traitement par finadyne (anti douleur) et anti spasmodique (estocelan) ou homéophathie si compétent.
  12. Des détails qui comptent : une réserve à grains fermée, car un goinfre peut se tuer dans l’excès

Le respect d’une table d’alimentation qui varie doucement avec une anticipation du travail et des conditions de vie du cheval

   

Vous l'avez compris : en résumé, le cheval mange de l'herbe, beaucoup d'herbe. Autant dire que si vous remplacez l'herbe, son alimentation de base, par quelques petits kilos de foin et des granulés, vous ne respectez guère ses besoins :

  • Un besoin de lest (soit une quantité de nourriture ingérée tout au long de la journée)
  • Un besoin qualitatif digeste équilibré à base, majoritairement, de graminées.

IIl'alimentation par sous-groupes dans l'espèce

L'espèce "cheval" se partage en sous-groupes classiquement admis :

  • Les chevaux de traits ou lourds (dont le Comtois, l'Ardennais)
  • Les demi-traits (dont l'Irish cob)
  • Les chevaux de sang (dont l'Anglo, le demi-sang Arabe, le Selle Français)
  • Les chevaux de pur-sang (dont l'Arabe, l'Akhal téké, l'Anglais)

Le groupe des chevaux lourds et même les demi-traits sont considérés comme des chevaux de travail ou de viande. On les dit rustiques, ils ont souvent, durant l'histoire, servi toutes les causes, depuis la guerre jusqu'au débardage en passant par les vignes et le transport....

Ces chevaux ont un métabolisme peu propice à l'amaigrissement et sont capables de se nourrir de beaucoup d'herbe ou de foin pendant les périodes fastes pour pouvoir tenir avec bien moins pendant les périodes difficiles où la nourriture est moindre.

La botte de foin du Jura : verte et de grande qualité nutritive, elle sent bon et est en général nourrissante :

 

       Trois choses sont bonnes à savoir : 

1°) Le cheval lourd est "gourmand" et si il a à manger à volonté, il mange tant qu'il peut. Notre Comtoise par exemple est capable de liquider 250 kilos de foin en moins de 8 jours, contre 15 jours pour un cheval de pur-sang en moyenne.

2°) Lorsque le cheval lourd travaille, il brule pas mal de calories et doit être très bien nourri

3°) Laissé assez libre et ne travaillant que très peu, le cheval de trait ou de demi-trait se maintient facilement "en état" dans un pré correct.

L'avoine en grains : un complément très traditionnel dont nous reparlerons.

Chevaux de sang et de selle font un groupe "métabolique" à eux-seuls :

1°) Ces chevaux mangent correctement et se tiennent en état à condition de recevoir une alimentation décente.

2°) Les laisser au pré sans travail provoque en général une légère fonte musculaire visible, même s'ils restent en bonne santé.

3°) Si ils travaillent, une alimentation correcte et suivie suffit rapidement à les tenir en état général

Aliment dit "floconné", une alimentation actuelle courante, fabriquée industriellement

Les chevaux de pur-sang constituent le troisième groupe métabolique :

1°) La fonte musculaire est souvent rapide et forte en cas d'arrêt du travail et d'alimentation réduite

2°) Au pré, si le pré est beau, ils restent en bel état, sinon ils se défont très vite, y compris s'ils perdent le moral

3°) Si ils travaillent, ils peuvent avoir des besoins impressionnants pour nourrir un métabolisme qualifiable de "nerveux"

Les Carottes : Une friandise très appréciée et excellente pour la santé digestive du cheval :

 

 En conclusion : Le régime alimentaire de base de votre cheval doit être consitué : 

  • D'herbe (le pré) ou de Foin (graminées séchées) non spécifique (la luzerne est une plante particulière qu'on ne peut pas considérer comme non spécifique par exemple)
  • D'un complément alimentaire énergétique adapté en cas de travail ou de gestation ou de croissance ou encore de remise "en état" (nous verrons après la mesure exacte de ces aliments qu'il faut conduire avec précaution)
  • D'une grosse part de "Lest", soit environ 10 à 15 kilos par jour pour faire fonctionner harmonieusement le système digestif, le lest est naturellement composé d'herbe ou de foin, parfois de paille aussi (Lest = Le poids de votre cheval / 10 et multiplié par 2 environ)
  • Attention au cas des chevaux sur copeaux (que nous allons étudier) qui n'ont pas de paille (donc pas de lest) et une ration trop "petite" en volume.
  • Ajoutez à ces paramètres un rapport phospho-calcique de 1,6 à 2,4 en moyenne avec un phosphore minimum à 30 gramme (ce qui fait un calcium à 60 gramme environ pour être correct) - ces chiffres sont très important dans le cadre du travail, de la croissance ou de la gestation.

Le non respect de l'une de ces règles de base aboutira tôt ou tard à une défaillance de la santé de votre compagnon. Au pire, c'est la mort, au mieux, c'est le vieillissement prématuré.

1) Chevaux dans un pré en bel état, apte à les nourrir, les barrières, au loin, sont également en bel état :

 

2) Chevaux sur de l'herbe très rase, elle ne suffira pas à les nourrir, mais ils peuvent se détendre et recevoir du foin en complément :

 

 3) Chevaux dans un espace non nourricier. Détente et Ombre assurée, mais foin indispensable

 

La suite de notre article dans le billet qui suit : Alimenter son cheval avec précision en fonction de ses besoins correctement évalués !

 

Alimenter le cheval selon ses besoins spécifiques !

Impératif : Avez vous lu la partie 1 ?

Vous savez à présent que votre cheval a des besoins d'herbivore. Ces besoins sont contraignants. Avoir un cheval, c'est s'engager à lui apporter une alimentation non pas luxueuse, mais saine.

De nombreuses petites pensions équestres et certains grands centres se permettent aujourd'hui (nous en avons la preuve) de sous-nourrir leurs pensionnaires car le foin est devenu très cher et les aliments pour chevaux aussi. Dans ces structures, on voit apparaitre de façon fréquente, des coliques, parfois mortelles ou des chevaux dans un état moyen (défaut d'énergie, "à plat").

Les problèmes financiers de notre société actuelle expliquent tout à fait ce type de dérives : pas d'argent, de nombreuses contraintes adminitratives, peu de clients disposés à payer de plus en plus cher.

Tentons d'éviter d'en arriver là.

Qu'est-ce qu'un cheval en bon état ? Hotkie, jument Pur Sang Anglais de 4 ans à l'époque

hotkie-psa-1.jpg

C'est un cheval à l'allure tonique, aux muscles dessinés mais pas desséchés, et dont l'ossature n'est jamais saillante (sauf vieillesse)

 

Qu'est-ce qu'un cheval défaillant sur le plan métabolique ? (photo saisie sur le net)

 

 C'est souvent un cheval à l'allure assez plate et triste, à peine maigre. Mais attention de ne pas confondre un cheval délaissé avec un vieux cheval dont l'allure n'est en général pas reluisante, même bien soigné :

Cheval âgé (photo prise sur le net)

 

III L'alimentation précise : race/travail/age/poids (hors compétition)

Votre cheval, en fonction de :

  • Son état général
  • Son travail
  • Sa condition
  • Son poids

Doit recevoir une alimentation répondant à des critères bien précis.

Nous avons vu qu'il devait recevoir :

1°) Une majorité de graminées non spécifiques, répondant à un rapport phospho-calcique d'environ 2

2°) Un lest qui est égal à son poids divisé par 10 et multiplié par 2, soit 14 kilos pour un cheval de 700 kilos (cheval de trait)

3°) Un complément énergétique qui est distribué de façon à équilibrer le régime d'un cheval qui est :

  • Au travail (cheval de travail ou de club ou encore de concours, voire de courses)
  • En croissance (poulain)
  • En gestation (jument) ou Reproduction (étalon)

A - La Quantité, un rapport à calculer en fonction du travail et du poids de votre cheval

Le calcul de la ration se fait en Unité Fourragères Cheval (UFC) - ce calcul permet, en référançant toute la gamme d'aliments disponibles de construire une ration équilibrée ! Cette unité, n'est qu'une base de calcul.

La formule usuelle est de 0,5 UFC pour 100 kilos de poids vif + 2 UFC pour un travail moyen (1 à 2 heures de sortie sans intensité particulière, promenade par exemple)

Soit, pour un cheval de selle de taille moyenne et de 500 kilos environ : 5 * 0,5 + 2, soit 4,5 UFC

Si le cheval travaille intensément, il faut compter, par heure de travail, 0,7 UFC en plus (par exemple, un travail préparatoire à du CSO)

Si le cheval travaille très intensément, il faut compter, par heure de travail, 1 UFC en plus (par exemple, un travail préparatoire à de l'endurance à bon niveau)

Ce calcul en UFC ne doit pas vous soustraire à l'obligation de nourrir d'abord avec du foin ou de l'herbe (jusqu'à hauteur du lest si possible), avant d'ajouter les compléments (qui, seuls, provoqueraient un défaut de lest)

Mélange complémentaire moderne et fibreux sensé faciliter la digestion (présence de fibres longues)

 

 

  • Un reproducteur (étalon) travaille très intensément en pleine saison
  • Une jument gestante doit recevoir une alimentation parfaite et également abondante
  • Un poulain ou une pouliche doit recevoir une juste alimentation (l'excès serait nuisible)

Pour boucler le sujet "quantité", ajoutons que, de façon optimale, le foin devrait être laissé "à discrétion" si possible. Ca ne l'est pas toujours. Le foin fait rarement grossir et un cheval éprouve le besoin de grignoter toute la journée, surtout s'il est seul ou dans un boxe  sans beaucoup bouger. Le foin est alors non seulement un moyen de s'alimenter, mais aussi de passer l'ennui.

SI le foin est  restreint et que le cheval est en boxe sur de la paille, il va grignoter de la paille, ce qui reviendrait, chez un être humain, à manger des nouilles toute la journée.

Si le cheval est restreint et est installé sur copeaux, il ne peut plus compenser l'ennui ou le manque et il peut se mettre à "tiquer", soit le TIc de l'Ours (balancement sur les épaules d'un coté, puis de l'autre), soit le Tic à l'appui (le cheval prend appui sur un bord dispo, comme la mangeoire, puis il avale une bouffée d'air qui va dans l'estomac et provoque des gonflements dangereux, il use ses dents en prime).

Idéalement, le cheval devrait avoir du foin à volonté et un espace vital suffisant pour se mouvoir.

B - La qualité, de nombreuses stratégies possibles

Il existe plusieurs types d'aliments, plus ou moins secs, plus ou moins gras, plus ou moins protéinés, plus ou moins fibreux, et il est difficile de s'y retrouver !

       1°) La base obligatoire : les graminées

Le marché vous propose :

  • De l'herbe (location d'un pré ou pension pré)
  • Du foin standard (avec peu de légumineuses (trèfle, luzerne)
  • De l'enrubanné ou foin pressé humide et à peine fermenté, avec également peu de légumineuses
  • De l'enrubanné industriel en sacs compressés de 20 kilos et à teneur garantie (en ray grass par exemple)
  • Des granulés de foin (préparation industrielle, parfois appellés bouchons)

L'enrubanné pèse bien plus lourd que le foin sec (21% d'humidité contre 15%), et la fermentation le rend  très nourrissant, mais votre cheval continue d'avoir envie de grignoter, vous devrez donc completer la ration d'enrubanné avec du lest (paille par exemple). L'enrubanné ne pose aucun problème de digestion (à condition de ne pas être trop riche en légumineuses) et après 3 ans d'expérimentation sur plus de 10 chevaux, nous n'avons eu aucunes "coliques". Mais comme tous les aliments très riches, il peut faire travailler le foi sur le long terme. L'enrubanné peut faire réviser à la baisse la quantité distribuée, soit moins 20% (mais pas plus)

  • Une alternance entre les différents produits du marché reste une solution correcte
  • Le foin est un aliment fondamental, à condition qu'il soit de bonne qualité, soit plutôt vert, et sentant bon l'herbe sèche
  • Toute trace de moisissure doit faire refuser la livraison
  • Une botte d'enrubannée "ouverte" (dont on a ôté le film plastique) doit être consommée sous 6 à 7 jours maximum

Le cheval au pré se "dose" tout seul, mais attention à la mise au pré en Avril/Mai/Juin, l'herbe y est très riche en Azote et peut provoquer des accidents digestifs mortels (il faut donc, soit y aller progressivement, soit réduire la taille du pré).

Les petites bottes industielles d'enrubanné (20 à 25 kilos) sont d'un usage facile et sécurisé, mais très chères. Par contre elles sont pratiques pour l'organisation de voyages ou le dépannage (on peut facilement les stocker). Les commerciaux vantent en général la faible consommation nécessaire à cause de la grande qualité nutritionnelle du produit, mais c'est sans compter avec le besoin de "volume" du cheval.

 Bottes d'enrubanné : le filmage du produit doit être irréprochable pour assurer sa conservation.

 

Petite botte industrielle d'enrubanné : un produit fiable mais cher !

 

 Foin de luzerne : il peut constituer 10% de la ration de foin, riche, mais irritant au-delà d'une certaine proportion

 

2°) Les compléments alimentaires énergétiques

Le commerce propose aujourd'hui quantité de produits destinés à complémenter l'alimentation des chevaux de sport ou de travail. Les méthodes sont très au point et il est rare d'avoir des produits inadéquats. Le plus souvent, lorsque problème il y a, c'est surtout par ignorance des conditions de distribution ou d'usage du produit.

Le commerce propose :

  • Les produits floconnés
  • Les produits enrichis en fibres
  • Les produits adaptés aux besoins spécifiques
  • Les "bouchons" de foin ou de luzerne
  • Les produits "aplatis"
  • Les masches
  • Les céréales brutes à retravailler

C'est peu dire qu'on a le choix....

Les produits spécifiques sont composés avec soin et destinés à un type de chevaux en particulier (par exemple spécial reproduction ou spécial croissance, ou encore spécial chevaux de course). Les produits enrichis en fibre sont les plus récents et comprennent un pourcentage de fibres de foin ou de luzerne (morceaux coupés plus ou moins longs) destinées à favoriser la digestion sur le plan mécanique. Les floconnés sont composés d'une partie de produits "cuits",  tel du Maïs (type Corn Flakes) qui est peu digeste à l'état brut. Les bouchons sont des graminés ou des légumineuses transformées en granulés faciles à consommer, voire appétents. Les "aplatis" sont composés de céréales qui ont été aplaties ou broyées pour être digestes et les masches sont des produits souvent floconnés mélangés à du son et destinés à être préparés avec de l'eau chaude pour un repas très digeste et très appétent. A défaut de tout cela, les céréales brutes (Avoine, Orge ou Maïs) vont très bien sous condition de préparation préalable.

Tous présentent des avantages et des inconvénients !

Si vous disposez de peu de temps, mais de moyens financiers, achetez un produit industriel propre et respectez les conseils d'utilisation. L'erreur la plus fréquente consiste à penser "mon cheval a besoin de 6 litres par jour". Alors que votre cheval a besoin de tant d'UFC, et que tous les produits ne se valent pas. Un produit en apparence cher peut être finalement plus rentable car très riche sur le plan nutritionnel. Un produit peu cher peut s'avérer être une catastrophe car il est peu digeste et vous devez régulièrement gérer des "coliques".

Il est également nécessaire de respecter l'usage prévu : si vous achetez des granulés "club" pour un cheval destiné à de la compétition à haut niveau, ça n'ira pas.

Les masches sont "goûteux", mais le rapport phospho-calcique est souvent mauvais (à cause de l'abondance de son). Distribuez le raisonnablement (2 à 4 repas par semaine).

       Le cas de la cuisine maison !

La solution la moins chère consiste à faire soi-même la "cuisine". L'avoine a un prix de revient qui n'excède pas 200 euros la tonne H.T., et même si vous l'achetez vous-même à 3 fois ce prix, c'est encore très peu cher. Idem le Maïs et l'Orge (le blé n'est pas conseillé, sauf la partie "Son").

Ces 3 céréales gagnent ou doivent absolument être broyées (Maïs) ou trempées (Orge), aplaties (Avoine) éventuellement.

A chaque fois, vous devrez calculer vous-même la charge de la ration en UFC (voir plus loin et ultérieurement les tables de calcul). Le plus est l'ennemi du bien et il ne faut pas suralimenter un cheval.

Ces rations peuvent être agrémentées de compléments qui varient comme autant de modes.

Pour vous : il est impératif d'être cohérent dans sa politique alimentaire, ne changez pas d'avis tous les 8 jours, sauf impératif dicté par les circonstances ou par la santé de votre cheval.

Grains de maïs : très durs et gros, ils doivent être broyés ou aplatis.

 

L'orge : riche, mais peu digeste, elle doit être trempée plusieurs heures

 

L'avoine : riche et digeste, elle peut être donnée "telle que", mais elle est réputée énervante.

 

 

3°) Les petits suppléments et les grosses dépenses !

L'alimentation de base n'est pas très onéreuse à la campagne. Un cheval qui ni ne travaille, ni ne reproduit, se contente d'un régime simple. Mais les modes de complémentation se succèdent et avec elles de très grosses dépenses qui profitent souvent aux laboratoires qui les produisent.

Il y a les produits qui calment, ceux qui boostent, ceux qui favorisent le fonctionnement musculaire, ceux qui préviennent les problèmes divers et variés, et aussi la célèbre "biotine" pour faire pousser crins et sabots en passant par la ration d'huile pour aider l'athlète à rester en jambes. On peut y ajouter de la vitamine C, ou B, ou de l'harpagophytum (racine du diable, excellent anti inflammatoire naturel, interdit en compétition).

On peut tout faire, et tout existe. Mais les professionnels n'utilisent que très peu de chose car "le jeu n'en vaut pas la chandelle".

En endurance par exemple, on a longtemps utilisé les réhydratants. Une seringue buccale coute 3 à 4 euros pour un usage unique. Il en faudrait parfois 2 ou 3 sur une compétition de bon niveau dixit les fabricants. Dans le faits, les réhydratants ne sont plus beaucoup utilisés (leur usage est très délicat si le cheval ne boit pas assez, ce qui est souvent le cas quand il se déshydrate).

Eh puis ça coute vraiment très très cher. On est vite à 2 euros par jour, soit 60 euros par mois, soit plus de 700 euros par an, alors sur toute une équipe.... Surtout que si on met ci, pourquoi n'ajouterait on pas ça, puis encore ce truc là qui est pas mal.. Et là on explose les budgets. Tout de même, il faut le dire qu'on a pas tant de moyens que ça.

L'ultime question est celle de l'efficacité... Beaucoup de ces produits ne sont pas miraculeux et ne tiennent pas leurs promesses. quoique certains.... Mais permettez moi de garder mes secrets....

Une publicité pour des compléments connus : un très beau packaging et une communication soignée.

Bienvenue chez Horsissimo

       Que faut-il vraiment ajouter ?

  • L'huile : une tasse par jour, mais de façon très régulière (sinon le métabolisme ne s'y adapte pas), excellent complément alimentaire
  • La vitamine C : excellent anti-oxydant et anti-stress chez le cheval
  • Le bicarbonate de soude : il prévient l'ulcère d'estomac
  • La "biotine", à condition de trouver un produit bien dosé (mais ils sont chers) et en cas de problèmes de corne ou sur des ferrures fréquentes

Le reste est une affaire de feeling.

4°) Comment alimenter : ordre et rations classiques

Votre cheval a, le plus souvent, des besoins traditionnels. Souvenez vous que vos erreurs ou vos excès peuvent lui être fatals.

Les carottes : bonnes et non dangereuses, ils en rafolent !

Son système digestif a besoin que vous procédiez comme suit ;

  1. Donner d'abord à boire
  2. Puis le Foin sous quelque forme que ce soit
  3. Et enfin les céréales en quantité juste nécessaire

Et répartissez la ration quotidienne en 2 à 3 repas si possible.

Les erreurs fatales :

Il serait trop long de faire le point sur le pourquoi du comment, mais voilà à peu près où sont situés les risques :

  • Trop nourrir, surtout sur la partie céréales (danger de mort)
  • Nourrir irrégulièrement (le métabolisme ne peut pas se régler)
  • Trop nourrir durant un jour de repos (danger de mort)
  • Mettre brutalement un cheval au pré d'Avril à Mai (danger de mort)
  • Mettre une super ration la veille ou le jour de l'effort : c'est inutile pour des raisons métaboliques
  • Nourrir un cheval stressé ou déshydraté (risque de coliques)
  • Ne pas donner de lest à un cheval qui est nourri avec des granulés

La liste est encore plus longue.....Mais tout changement doit être progressif et on dit qu'il faut 10 à 15 jours à un cheval pour s'adapter à son régime alimentaire.

Les petites gâteries :

Bonbons, pommes et carottes constituent la réserve traditionnelle de friandises volontiers distribuées !

  • Les bonbons sont appétents et sans danger, à condition d'en distribuer modérément.
  • Les pommes sont adorées des chevaux, mais doivent être coupées en morceaux pour ne pas risquer d'étouffement mortel.
  • Les carottes sont également adorées des chevaux, et doivent être également coupées.
  • Les sucres sont souvent appréciés, là aussi il faut modérer la distribution
  • Le pain sec est bon pour le moral, mais il ne doit pas être humide, mou ou moisi.
  • Une poignée d'herbe fraichement coupée distribuée au boxe fera toujours plaisir, mais ne la laisser pas fermenter
  • Une poignée de céréales digestes ne présente en général pas de risque et fait office de récompense

On a du en oublier....

Attention :

L'habitude, pour le cheval, de recevoir un petit plus va rapidement le conditionner à réclamer son du, y compris par la manière forte. Certains tapent dans le boxe à l'heure du repas ou mordent quiconque approche, d'autres vous font les poches avant de vous grimper sur les pieds...

N'oubliez jamais que le cheval est grand et gros, et qu'une habitude prise est difficile à défaire.

Il existe d'autres moyens de se faire apprécier de son cheval qu'en le bourrant de récompenses alimentaires :

  • Respecter ses limites
  • Le nourrir convenablement
  • Lui offrir une vie sociale
  • Ne pas le surtravailler
  • Avoir des gestes calmes et gentils
  • Lui parler
  • Etc..

 

Nourrir n'est pas la seule façon d'aimer ! Même si c'est absolument vital.

 

Alimenter un cheval de compétition, et le cas de l'allergie (partie 3)

Avez vous lu les parties 1 et 2 (nos billets précédents) ? Sinon, il est vraiment utile de commencer par là !

Nourrir un cheval qui travaille ou qui sort en compétition n'est pas très différent.

  • Principalement il reçoit plus, car il travaille plus
  • Il reçoit une ration plus énergétique, car son métabolisme est différent
  • Il faut parfois gérer sur le plan alimentaire les difficultés crées par une condition qui n'est plus naturelle
  • Le stress déclanche parfois une allergie (pollens, graminées, poussières)

plus de 70% des chevaux de course souffriraient d'ulcères à l'estomac. De nombreux chevaux athlètes sont stressés et nerveux. L'alimentation très énergétique n'est pas l'alimentation naturelle du cheval. En mettant bout à bout ces données, l'impératif crève l'écran : un cheval athlète devrait pouvoir retrouver son régime naturel plusieurs mois par an, à défaut de quoi, sa durée de vie sportive sera raccourcie, et parfois hélas sa durée de vie tout court.

"Avant le départ" Une jument ronde et vive, la peau est fine et parcourue de vaisseaux sanguins visibles, le poil est brillant...

avant-le-depart.jpg

Nous excluons, dans ce billet, le régime des chevaux de course. Ils sont à part et leur durée de vie sportive est très courte.

I Calculer une ration

Faire à la fois du quantitatif et du qualitatif tout en restant dans les besoins stricts de l'espèce relève du calcul de maths

web-table-alimentaire-01.xls web-table-alimentaire-01.xls

Cette petite table alimentaire réalisée sous excel permet de mettre tous les paramètres (depuis le poids du cheval jusqu'au type de travail).

Reste que si vous ne disposez pas des outils vous permettant de la mettre en oeuvre, faites simple :

Un cheval de compétition ayant naturellement tendance au stress, vous devez compenser sa fragilité (qui est de notre fait) par la possibilité pour lui de grignoter toute la journée.

  • Foin à volonté donc. Pour beaucoup de chevaux, ça se traduit par des rations de 10 à 15 kilos par jour en 2 repas
  • L'eau doit être propre et disponible, attention aux abreuvoirs automatiques qui se bloquent.

Sauf capacité à faire vous-même une "tambouille" très équilibrée, achetez des aliments industriels. Les sacs comprennent en général de nombreuses données, telles que la valeur UFC. Si vous nourrissez vous-même avec par exemple de l'avoine ou de l'orge, sachez que :

  • 1 Kg d'orge = 1 UFC
  • 1 Kg d'avoine = 0,85 UFC

Completez donc votre ration de foin avec ces ingrédients à hauteur du nombre d'UFC nécessaires.

Attention : lorsque votre cheval commence à travailler, vous ne pouvez pas modifier son régime alimentaire du jour au lendemain. Le régime "competition" devra être mis en place sur plusieurs jours et à condition que ça se passe bien (pas de coliques, pas de diarrhées). N'oubliez pas que votre cheval est fragile sur le plan digestif.

Enfin, vous ne pouvez pas nourrir " un jour beaucoup et le lendemain plus rien ". Votre alimentation doit peu varier. Dernier critère, il faut "écouter" votre cheval : a-t-il l'air paisible ? A-t-il le poil brillant ? Est-il ni trop gros, et ni trop maigre ? A-t-il la frite quand vous le montez ? Est-il nerveux ?

Un bon cheval de compétition a un bon mental : froid, mais disponible et volontaire.

Il doit être :

  • Calme au boxe ou au paddock
  • Gai avec des copains
  • D'allure saine (poil brillant, muscles ronds, abdominos tendus)
  • Agréable quand il est monté (enfin, si il a une nature agréable)

Si tous ces paramètres ne sont pas au "vert", il faut améliorer son régime alimentaire et probablement modifier son travail.

La nature du travail et l'alimentation deviennent un tout indissociable qu'il faut équilibrer jusqu'à obtenir un cheval HEUREUX et en FORME.

Soraya des forts (anglo arabe, jument)- Meilleur temp des 4 ans à Uzes (endurance), 5 kilos de compléments floconnés par jour....

meilleur-temps-et-premiere-des-4-ans-en-france.jpg

  

Les quantités (de compléments) distribuées varient beaucoup selon les disciplines et les modes, voici quelques exemples (qui ne sont pas les notres) :

  • Un cheval de course à Chantilly consomme le plus souvent entre 10 et 14 litres d'avoine par jour (1 kg = 2 litres), pour parfois seulement 5 à 7 kilos de foin. Il sort en moyenne 1 heure et demi/jour (chevaux de 450 à 500 kilos en moyenne)
  • Un cheval d'endurance dans un centre d'entrainement classique consomme du foin à volonté, mais seulement 4 à 6 litres/jour d'aliments énergétiques. Le cheval d'endurance sort souvent plus de 2 heures par jour (chevaux de 400 à 500 kilos en moyenne)
  • Un cheval de randonnée n'a parfois que du foin, même s'il fait 30 Km/jour (poids très variable, chevaux parfois lourds)
  • De nombreux chevaux de loisirs n'ont que l'herbe du pré. Leurs sorties sont parfois très irrégulières. (poids et travail en général peu pris en compte)
  • Les chevaux de CSO ou de complet sont souvent en pension dans de grands centres équestres. Leur alimentation n'est pas toujours à la carte. La plupart du temps il sont "sur paille" avec 5 kilos environ de foin par jour et 4 à 8 litres/jour de granulés à la richesse très variable.
  • Un agriculteur/éleveur de chevaux de trait les complémente en général avec ses propres produits (avoine/orge), le foin y étant distribué quasiment à discrétion. Evitant le gachis, les chevaux n'ont de ration qu'en fonction de la nécessité. Mais il est rare qu'il dépasse les 3 à 4 kilos (6 à 8 litres) par jour. (poids des chevaux variables, distribution de la ration en fonction de la culture et de l'expérience)

Comme vous pouvez le constater, les facteurs "expérience", "culture" et "économie" sont très présents.

II Concrètement, comment faire ?

Voici ce que nous pratiquons à la petite ferme :

  • Pour tous les chevaux : Foin à volonté, sauf cheval trop gras et gourmand
  • Pour les chevaux qui ne travaillent pas : aucun complément énergétique (nous n'avons jamais de coliques)
  • Pour les chevaux qui ne travaillent pas, mais qui sont en croissance ou qui manquent d'état : respect des tables de calcul
  • Pour les chevaux qui  travaillent : entre 4 et 10 litres par jour de mélange floconné/fibres (quantité en fonction de l'intensité du travail)

       Le cas des chevaux qui travaillent très intensément

Chevaux d'international, chevaux de haut niveau, et même chevaux de grande randonnée

Ces chevaux sont de gros consommateurs d'énergie, en général vif et généreux. Ils "brulent" leurs calories ! Ils ont donc tout ce qui est nécessaire pour garder la forme (soit jusqu'à 12 litres/jour en plus du foin à volonté). Mais :

  • Pour prévenir l'ulcère ils ont une cuillère à soupe/jour de bicarbonate de soude
  • Pour prévenir les problèmes de foi, de santé et de tout le reste, ils ont 4 à 6 mois de repos par an (dont au moins 2 mois de pré vert)
  • Pour prévenir toute carence en lipides et optimiser la disponibilité du glycogène (carburant musculaire), ils reçoivent 1 tasse à café d'huile de pépin de raisin ou de foie de morue (en alternance)
  • Pour prévenir toute carence, ils ont en général un complément de vitamines et minéraux + oligo-éléments
  • Si les pieds doivent être ferrés souvent, ils reçoivent de la biotine fabriquée par nos soins (bien dosée)
  • Ils reçoivent (hors compétition) des cures régulières d'harpagophytum
  • Ils reçoivent également de la vitamine C au printemps et à l'automne
  • Ils sont vermifugés 4 fois/an

Bon, c'est un budget, si on ne peut pas soigner un cheval de compétition, ne vaut-il pas mieux revoir ses objectifs à la baisse ? Autant faire bien ce que l'on a à faire.

Attention : votre conduite alimentaire doit ressembler à une courbe douce : vous montez doucement vos rations en fonctino du travail et vous les modifiez doucement, un changement brutal est source de soucis graves.

 

III Les chevaux allergiques

 

La Toux est sans doute l'une des pathologies les plus liées à l'alimentation à cause du problème des poussières de foin et des graminées. L'allergie respiratoire est de plus en plus courante et se termine immanquablement en emphysème si elle n'est pas gérée. Chronique, elle est ingérable, tournant à l'asthme et invalidante pour le pauvre cheval. Bien que sèche et d'origine allergique, elle peut se surinfecter et devenir un problème de santé grave.

 

Quoi Faire ? La toux sèche vous demandera l'aide de votre vétérinaire. Il administrera sans doute un cocktail d'antibiotiques (si infection) et de corticoïdes (allergie) avec un expectorant (elimination des écoulements nasaux et autres glaires bronchiques). Mais si tôt le traitement fini, si vous n'avez pas supprimé l'origine du problème, il recommencera.

 

       Plan d'attaque d'alimentation du cheval allergique

 

1°) Supprimez le foin poussiéreux

 

2°) Remplacez

 

  • Soit par de l'enrubanné (humide, donc non poussiéreux)
  • Soit par du foin mouillé (trempé dans une poubelle pendant plusieurs heures avant d'être distribué)

 

3°) SI votre cheval est au boxe sur paille, remplacez la paille par des copeaux dépoussiérés ou du chanvre

 

4°) Si votre cheval est dans un paddock ou pré à coté de Colza, tentez de le changer de place

 

5°) Si votre cheval a une ration de granulés à base de céréales broyées, humidifiez la ration pour éviter la poussière

 

6°) Traitez tout de même l'allergie et ses conséquences

 

7°) Si vous partez en compétition, prévoyez tous ces ingrédients.

 

       Et si on est pas sur ?

 

Le problème étant grave, on fait comme si... et on regarde si ça marche. Si ça ne marche pas, c'est que le problème n'est pas d'origine allergique.

 

IV Les conséquences d'une alimentation mal gérée

 

Nous ne pouvons pas tout dire à ce sujet : trop long, trop complexe. Une armée de vétérinaires n'y suffirait pas. Mais il faut savoir que l'alimentation mal gérée peut aboutir à :

 

  • De l'obésité
  • De la maigreur
  • Une méforme
  • Des coliques (mortelles) - assez fréquent
  • De la fourbure (mortelle) - encore assez fréquent
  • De la faiblesse, puis un état morbide
  • Un raccourcissement de la durée de vie

 

Faire bien, c'est souvent faire simple, avec du bon sens.

 

Cheval très maigre, état grave et difficile à récupérer.

 

 

 

 

Poney trop rond, chez les poneys, les fourbures dues à la suralimentation sont fréquentes.

 

 

 

 

Photo d'un poney souffrant de fourbure aigue : l'attitude typique est causée par d'énormes souffrances.

 

 

 

 

Soyez attentif et il ne vous arrivera rien car vous chercherez à comprendre à temps !

 

Cheval mon ami : Ethologie, Sécurité et Dressage, les premières notions essentielles

Voilà un sujet brulant....Un brulot même ! Les puristes vous parlent de haute école, de cabrer, de roulades pendant que les amis des bêtes se refusent à monter dessus ! Mais chacun de penser qu'il a raison et que l'autre a tort. Les rapports sont souvent houleux entre l'homme et le cheval, et les "éthologues" tirent les marrons du feu ! Ce n'est pas simple.

Un cheval qui n'est pas toujours d'accord.....

Et qui sait le faire savoir......

Mais qui pèse souvent plus de 400 kilos et risque fort d'avoir raison à vos dépens !

Le sujet du partenariat avec son cheval est bien plus délicat qu'un simple débat de tort ou raison, nous touchons à l'éthique, mais aussi aux rapports physiques et psychiques entre les hommes et les animaux, avant de plonger au coeur d'un système souvent mal apréhendé :le mental du cheval et son rapport à la notion de domesticité.

Je suis souvent frappée de voir que de gentils amateurs qui, il y a 2 ans à peine, ne connaissaient rien du cheval, vous expliquent sereinement que leur cheval se cabre mal cette semaine, qu'il faudrait peut-être le montrer à l'ostéopathe....Puis, 10 minutes plus tard, ils vous expliquent à nouveau que lors de la dernière promenade qu'ils ont faite entre amis, Robert s'est fait vidé, Karine s'est "emballée" et que, pour cet été, ils se demandent s'ils vont faire le défilé du 14 Juillet dans le village  d'à coté ou bien monter un spectacle avec fusils et drapeaux.

N'y voyez pas de critique de notre part. Simplement un étonnement de voir à quel point la plupart des gens qui aiment le contact avec les chevaux demeurent dans une très grande ignorance des dangers encourrus sur certaines pratiques, ainsi que des précautions à prendre pour que ça se passe bien.

Dans l'association, nous avons environ 30 ans de recul adulte sur les chevaux. 30 ans d'un regard souvent émerveillé, mais parfois si désolé d'avoir du assister à des accidents gravissimes ou, plus prosaïquement, à un été gâché par un pied écrasé....Alors Cheval mon ami, certes, mais un ami qu'il convient de connaître et de maîtriser. Ci-dessous un extrait tiré du Web :

 

Equitation: de plus en plus d'accidents graves

Par L'Express, publié le

La vogue de l'équitation entraîne une hausse des accidents graves. Les problèmes les plus graves sont dus aux poneys plutôt qu'aux chevaux.  

EQUITATION - Le service de chirurgie infantile de l'hôpital de Besançon a analysé 303 accidents survenus ces dernières années.

REUTERS/Yves Herman

L'équitation a la cote: en dix ans, le nombre de licenciés a augmenté de 73% chez les enfants de moins de 15 ans. Avec, en parallèle, une hausse continue du nombre de chutes.  

Le service de chirurgie infantile de l'hôpital de Besançon a analysé 303 accidents survenus ces dernières années. Conclusion: une fracture dans 49% des cas, mais aussi des plaies (36%), des luxations (7%) et même des contusions profondes. Les problèmes les plus graves sont dus aux poneys plutôt qu'aux chevaux, et peuvent aller jusqu'à des lésions thoraciques et pulmonaires (www.sciencedirect.com).

 

La pratique médicale de notre (bien-aimé) président le confirme : les centres équestres locaux ont leur compte d'accidentés, et pourtant, nous, à la maison, cela fait 2 ans que nous n'avons pas eu une chute ? Alors que se passe-t-il et surtout comment éviter que ce partenaire royal ne se transforme en caractériel ingérable ?

Comme d'hab. un sujet qui pourrait faire un livre ! On va tenter de faire court et de rester ouvert à toutes vos remarques !

I Cheval qui es tu ?

Le cheval est un herbivore qui vit en troupeaux "nomades" à la recherche de conditions de vie optimales : végétation, eau, sécurité. Le troupeau est dirigé par la jument dominante (ou jument alpha) et un seul mâle reproducteur. Les "petits" poulains ou pouliches restent dans le troupeau jusqu'à maturité sexuelle (soit 2 ans maxi), puis sont "virés" et rejoindront ou composeront un autre troupeau, à moins qu'un jeune mâle ne mette l'ancien en concurrence. La jument alpha joue le rôle de boussole, mais veille aussi sur la sécurité des siens. Elle a en général un fort caractère et une certaine expérience. En vieillissant, elle sera remise en cause par une jument plus jeune et donc forte.

Ce système évite la consanguinité et traduit une sorte de sélection. Les individus fragiles sont souvent naturellement exclus ou victimes des prédations.

Les chevaux  (Equus Caballus) ont un historique de plus du million d'années et probablement bien plus si l'on remonte aux origines. Inutile de le dire et répéter : vous n'allez pas changer une programmation génétique vieille de 1 million d'année en 1 génération, ni même en 10.

Situé au bas de l'échelle alimentaire, le cheval est un herbivore qui est la proie des carnivores. Sa tendance est donc à la méfiance et à la fuite. Il doit son salut à une très forte réactivité et à sa rapidité à fuir très vite (au galop).

Dans le troupeau, il règne une hiérarchie claire. Elle se règle à coups de pieds et de morsures. Les mâles se cabrent dans un face à face majestueux et peuvent lutter un certain  temps avant de "clarifier" leurs rapports. Les femelles peuvent signer un véritable pacte d'amitié ou, au contraire, se déchirer avec une grande jalousie entre elles.

Tous les actes de la vie courante, manger, boire, occuper la bonne place, bénéficier des meilleurs avantages, sont gérés selon ce mode de vie systémique bien programmé.

Ajoutez à ce "portrait de troupeau" un détail de taille : un cheval pèse en moyenne environ 4 à 500 kilos.

Le cheval n'est donc pas une image d'épinal. C'est une bête de taille imposante qui a du caractère et défend avant tout sa survie. Il obéit à des programmations anciennes qui sont de l'ordre du réflexe plus que de la réflexion.

II Comprendre et utiliser l'éthologie

L'éthologie ou étude du comportement du cheval dans son milieu d'origine a fait l'objet de nombreuses spéculations.

A la base, quelques "cow-boys" très rudes et habitués à l'école sauvage du far-west. Ils sont devenus de fins observateurs de la vie des troupeaux et se rendent compte qu'en reproduisant les "codes de communication" des chevaux, ils obtiennent des résultats rapident et très performant dans le dressage de leurs animaux de travail (soit du débourrage à l'usage au travail).

Les quelques grands maîtres, appelés des chuchoteurs, font "école" et vendent leur stratégie à autant de futurs formateurs qui lancent la machine parfois emballée commercialement.

Les arrières petits enfants des chuchoteurs s'appellent "plaisir", "confiance", "facilité", etc...C'est vrai et c'est faux. Leur débourrage en 1 heure ? Vrais d'une certaine façon, faux d'une autre.

       Qu'est-ce qui est vrai ?

Les fameux "codes" de communication sont exacts, les savoir faire aussi. L'ensemble des procédures qui ont été établies par ces professionnels ne sont en général pas à remettre en cause et si vous payez l'un d'entre eux il y a de très grandes chances pour qu'il fasse un bon travail.

       Qu'est-ce qui est faux ?

La relation à un cheval n'est pas l'affaire d'un dressage et puis s'en va ! C'est quelque "chose" de quotidien et ancré dans le temps. Le meilleur des chevaux ou le plus dressé des partenaires ne le restera pas si votre comportement à vous, propriétaire ou utilisateur au quotidien, n'est pas conforme à l'esprit dans lequel ce même cheval a été "domestiqué".

 Ca a l'air facile n'est-ce pas ? 3 chevaux groupés dans un tunnel noir ? Eh bien non car c'est tout à fait contraire à l'instinct du cheval !

Illiade de Garrigues (Pur-Sang Akhal Téké), My Katie Anne et Richard (Irish cobs) en vadrouille dans le Haut-Jura

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Il y a donc 2 chapitres au sujet "éthologie/dressage/sécurité" :

  1. Comment donner de "bonnes manières" à mon cheval qui vient d'arriver
  2. Comment les conserver

Mais nous commenceront par parler de l'éthique avant que les puristes ne se fachent et répondre à la question de base :

       Faut-il dresser le cheval ? (à la question faut-il le faire travailler, voir notre autre billet dans le blog) :

Un cheval non dressé, ça veut dire quoi ? Pas nécessairement qu'on ne lui a pas appris à sortir du chapeau comme un lapin ! On entend généralement par "cheval non dressé", un animal qui n'a pas reçu les bases d'une éducation lui permettant d'être monté ou manipulé en toute sécurité.

Un cheval non dressé, mais non sauvage, c'est un animal qui ne sait pas vous suivre en longe ou donner ses pieds ou encore rentrer dans un boxe ou marcher derrière vous ou se laisser attraper par l'homme dans son pré.

Un cheval non dressé ne souhaite pas avoir des rapports avec l'homme. Il n'a pas votre système d'émotions et ne raisonne pas. Un cheval non dressé n'est pas un partenaire. Vous ne pourrez pas garantir votre sécurité ou celles de vos enfants avec un cheval non dressé qui veille essentiellement sur - lui-même - Un jour peut-être, il estimera que vous le mettez en danger et pourra vous chasser de son pré, vous attaquer, vous mordre. De façon générale il pèse très lourd et est très fort. Plus fort que vous ! Vous ne pourrez pas exiger quoi que ce soit de lui.

Si vous souhaitez offrir une vie heureuse à un cheval, vous devez le faire dans un cadre clair et défini. Le cheval en question, convenablement "éduqué" y gagnera car il aura confiance en vous et se sentira serein.

Dresser un cheval ne consiste pas à en faire un "esclave", mais à cadrer une relation qui pourrait bien vite devenir tumultueuse !

 

III Donner de bonnes manières à un cheval : les bases du dressage

 

Ne commettez pas l'erreur d'acquérir, en tant que non professionnel, une soi-disant pauvre bête qu'il faut sauver car son précédent (et méchant) patron a été brutal avec lui (ou ne l'a pas soigné, etc...). Récupérer un chien qui a souffert, ce n'est pas simple, mais alors un cheval !!! N'oubliez pas : il pèse 500 kilos ! Une quelconque maltraitance a certainement fini par provoquer des troubles comportementaux. Un non pro ne pourra pas en venir à bout.

 

Randonnée en toute confiance : sieste à proximité du cheval attaché et en paix

 

Votre serviteur qui roupille en paix après une journée de crapahutage en compagnie de Richard, cheval de bât Irish Cob

 

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1°) Prenez donc un animal réputé sociabilisé :

 

  • Il a un licol
  • Il sait marcher en longe et rester derrière vous au pas
  • Il donne ses pieds
  • Il se laisse attraper dans son pré, mieux encore, il vient vers vous
  • Il est calme et agréable au boxe
  • Vous pouvez l'attacher sans qu'il ne casse tout (tirer au renard)
  • Vous pouvez le panser (nettoyer) avec plaisir
  • Il ne couche pas sévèrement les oreilles quand vous passer à coté de lui en vous montrant ostensiblement son derrière comme si il allait taper
  • Bref : il sait se tenir

 

Si, ces quelques basiques sont acquis, le reste viendra.

 

2°) Vous devez le manipuler souvent :

 

Un oubli dans le fond d'un pré n'a jamais fait un bon partenaire. Si vous voulez avoir un ami, il vous faut vous en occuper souvent. Tout est bon pour tisser un rapport d'habitude entre vous.

 

3°) Vous devez légitimer votre position d'ami :

 

Pour votre cheval, un ami est un tiers habituel, sécurisant, qui lui apporte du confort notamment sur le plan alimentaire et des soins. Si vous ne venez qu'une fois de temps en temps pour grimper sur son dos et faire 1000 km, ça ne marchera pas.

 

4°) Vous devez user d'autorité :

 

Le peu que vous demandez doit être obtenu. Prenons un exemple : si vous souhaitez l'attraper dans son pré et qu'au bout d'une demi heure vous renoncez puis repartez les mains vides, votre cheval aura surtout compris qu'il a gagné sa paix et s'est débarrassé de vous. Soyez donc certain que ce que vous demandez est légitime et positionnez vous en exigeance.

 

Il vaut mieux demander peu et exiger absolument ce petit peu là !

 

Certains symboles d'autorité sont fondamentaux (nous nous en expliquerons plus tard) : par exemple, ne tolérez jamais que votre cheval vous marche sur les talons et vous dépasse. Dans le troupeau, c'est un signe de manque de respect du dominant.

 

Pour autant n'exigez pas de pouvoir lui  taper sur les fesses sans qu'il réagisse : son instinct lui dictera presque toujours une certaine méfiance qui lui a souvé la vie pendant des centaines de milliers d'années.

 

5°) Chaque nouvelle chose fera l'objet d'une introduction progressive qui s'appelle dressage et qui est de l'apprentissage :

 

La nouveauté pour le cheval est souvent génératrice d'anxiété. Si vous souhaitez que votre cheval apprenne quelque chose (comme d'être fiable en promenade par exemple et de savoir passer les gués), vous devrez lui apprendre à vaincre sa méfiance. Puis dans un second temps à le faire avec panache ! Tous les chevaux qu'ils soient de sport, de trait ou de loisirs, suivent cette forme d'école naturelle et progressive.

 

6°) Chassez de votre tête tout antropomorphisme inadéquat :

 

L'antropomorphisme, c'est la faculté qu'a l'homme à coller aux animaux les émotions qu'il ressent ! J'entend souvent de gentils naïfs dire "oh non, mon rintintin ne ferait pas une chose pareille à son papa (ou sa maman)" en parlant de son chien...Le même qui se fait mordre la semaine d'après. La logique animale n'est pas la votre.

 

Par exemple, sur la photo ci-dessus, Richard est attaché pendant que je dors. Si, un instant je m'imagine que Richard m'aime au point de rester immobile pendant que je dors, je risque fort de le retrouver bien plus loin, là où il aura dégoté une herbe bien verte qui lui aura plu.

 

       Votre cheval n'est pas :

 

  • Un gardien de votre sécurité ou un protecteur
  • Un ami humain
  • Un nounours tendre avide de calins
  • Une créature spirituellement évoluée sans pulsions et maîtrisant ses instincts venue sur terre pour votre bonheur (on voit ça aussi)
  • Un animal mythique ayant rangé ses ailes

 

Votre cheval est un cheval. Si vous le rentrez dans votre salon, il fera des crotins partout et il mangera vos plantes vertes.

 

Cartographie, appareil photo, et cheval de bât : 3 mains....Non surement pas, mais un gros travail en amont : le rêve s'appuie souvent sur un dressage sérieux ! (My Katie Anne et Richard)

 

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Aimer son cheval c'est aimer ce qu'il est vraiment et pas ce que nous voudrions qu'il soit.

 

Voilà la base bien entendue d'une relation cadrée.

 

A venir sur notre prochaine "ligne" : Partie II :

 

  • Les codes de communication du cheval
  • Construire une relation fiabilisée : le cheval d'extérieur
  • Le secret d'un débourrage réussi : comprendre, même si on ne fait pas soi-même et assurer la suite

 

Cheval mon ami : les bases du dressage, Communiquer, Débourrer et Fiabiliser

Le cheval communique, reçoit des information, en donne, en échange avec ses congénères et également avec vous. Les comprendre fait partie de vos devoirs si vous êtes passionné, ou propriétaire heureux d'un équidé !

Photo saisie sur le Web (à cheval.net) : un cheval dans une attitude de fuite brutale face à quelque chose de déplaisant et/ou dangereux

Tous les animaux communiquent et si certaines personnes se sont hélas faites griffées, tapées, ou mordre, c'est sans doute qu'elles n'ont pas pu percevoir à temps le message qui a été envoyé à leur attention.

I Les principaux codes de communication : recevoir ou émettre

A - Les principales attitudes :

       Le cheval disponible : il vient vers vous, les oreilles en avant, en vous regardant avec intérêt. Son allure reste calme, même s'il fait quelques foulées de galop.

Cheval très à l'écoute avec une grande mobilité des oreilles à l'attention de ce qui se passe en ce moment :

     Le cheval indisponible : A votre approche il s'en va, d'abord au pas, puis plus rapidement si vous insistez, ses oreillles mobiles restent orientées dans votre direction car il surveille votre approche. De façon générale les oreilles expriment l'attention et suivent le centre d'intérêt du cheval.

       Le cheval pas content : les oreilles couchées en arrière et témoignant d'une certaine hostilité en vous regardant, pire encore il tourne les fesses vers vous comme s'il allait taper, ce qu'il fera peut-être si vous approchez plus prêt.

 

Cheval paisiblement installé dans un non travail (photo saisie sur le web)

       Le cheval non concerné : les oreilles sont immobiles (peu d'attention) et l'allure générale non tonique. Ce cheval là n'a pas envie de travailler ou dort en paix.

       Le cheval dangereux : les oreilles couchées, le regard furieux, il charge au galop vers vous dans son pré : "allez vous en" dit il. Surtout si c'est une jument suitée de son poulain.

       Le cheval attentif au travail : les oreilles sont très mobiles, ce qui exprime une grande qualité d'écoute, la tête garde une attitude tonique et le regard est vif, une certaine tension nerveuse reste normale (il est apte à se mettre en mouvement à n'importe quel instant).

       Le cheval au pré dans une attitude normale : il mange ou dort, mais reste très attentif à cause des prédateurs potentiels (il n'y a plus de loup, mais il ne le sait pas), ses oreilles suivent les bruits et au moindre signal il est debout et prêt à déguerpir. S'il vous voit et qu'il vous apprécie (nous verrons ce que cela veut dire en langage cheval), ses oreilles sont dressées dans votre direction, l'encolure tonique, le regard franc. Eventuellement il vient vers vous s'il a l'habitude de recevoir une friandise.

       Le cheval malade : les oreilles raplapla, le regard morne, l'encolure basse et l'attitude très immobile, il ne bouge pas, même sur sollicitation ou bruit (ce qui est contraire au comportement d'une proie). Pour distinguer le cheval qui roupille du cheval malade, frappez dans vos mains et observez sa réaction, s'il ne faisait que dormir, il va réagir très vite et se tonifier.

       Le cheval qui vous reconnait comme Leader (c'est à dire vous apprécie et vous fait confiance) : il attend vos instructions et se rapproche de vous pour solliciter votre protection (règle de troupeau), ses oreilles sont mobiles et écoutent vos instructions verbales, ses yeux vous suivent.

       Le cheval qui reste méfiant ou distant : il reste éloigné de vous et vous regarde et écoute mais dans une attitude qui est soit indifférente (c'est à dire que vos instructions ne génèrent rien, car vous êtes non dangereux à ses yeux), soit méfiante (il pense dans son mental de cheval que vous présentez un risque). En cas de méfiance, il reste distant, souvent de coté (pouvant fuir ou taper rapidement).

B - Le principe

En tant que proie potentielle, le cheval ne trouve une relative sécurité qu'au sein du troupeau. Dans ce troupeau il fait confiance à un leader, la jument alpha. A défaut de Leader fiable, il reprend le leadership et fait ce qu'il veut tout simplement pour assurer sa sécurité.

Dans sa vie quotidienne avec vous, le cheval peut vous considérer comme un Leader ou non, et dans ce cas il restera peu obéissant en cas de nouveauté. Chez le cheval, la confiance est 100% reliée au leadership, c'est à dire à l'estimation qu'il a faite de votre fiabilité à son égard.

Les oreilles expriment la qualité d'écoute, le regard exprime l'attention, mais l'ensemble permet aussi de déterminer la qualité de la relation ou de l'humeur et la disponibilité. Reste un paramètre moins connu qui est l'expression de la bouche : contractée elle exprime un certain stress ou non disponibilité, souple, elle parle d'un cheval prêt à discuter, totalement détendue elle parle d'un cheval qui se repose.

Tout est question de contexte : un cheval qui présente une attitude de repos total alors que vous lui demandez quelque chose n'a clairement pas décidé de tenir compte de votre message ou ne le comprend pas (les termes de bons, mauvais ou obéissants sont très inadaptés). Mais un cheval préalablement nerveux qui présente ce type d'attitude est clairement en progrès.

Une communication réussie c'est une attitude adéquate par rapport au message que vous passez :

 cheval réservant un mauvais accueil très clairement exprimé

C - Vos codes de communication à vous

En tant qu'homme, vous pouvez être tout à tour :

  • Un agresseur, qu'il faut chasser, impressionner
  • Un leader, qu'il faut respecter et suivre
  • Un rien du tout, que l'on peut ingorer

Ce sont vos propres mouvements ainsi que votre attitude générale qui va permettre au cheval de faire ce diagnostic.

L'agresseur a des mouvements brusques, mains et bras levés, voix forte et aigue, stress ou énervement inclu. Le leader reste posé, sa voix est claire et forte, ses propos restent calmes, mais il corrige vite l'indélicat, comme le ferait la jument alpha, en repoussant (dans le rond de longe par exemple) le sujet de son  troupeau. Le leader est capable de pousser fortement le cheval, physiquement ou par la gestuelle ou encore avec une chambrière. N'allez pas croire qu'il s'agisse de violence, les chevaux sont bien pire entre eux dans le  troupeau. Il ne s'agit pas de taper, mais de faire comme si....(mouvement de chambrière, bruit du fouet). Le leader est debout, il se tient droit, tonique et en forme. Il sait qu'il est le leader. Le leader soigne, nourrit, exprime des ordres justes et compréhensibles et ne demande pas l'impossible.

Puis il y a le rien du tout : celui qui n'est ni effrayant, ni embêtant. son attitude est réservée, il a encore peu confiance en lui et le cheval le sent car tout exprime, dans son attitude, son incompétence nonchalente. Ce n'est pas un défaut, mais une attitude. Cette personne là est un peu comme un membre du troupeau, ni on la suit, ni on l'agresse. Mais attention, très vite le cheval peut décider qu'il va considérer cette personne comme un gêneur. 

La plupart d'entre nous avons des attitudes variables en fonction du jour et de l'humeur....Mais le cheval sait vite à quoi s'en tenir et peut bien vous jouer des tours à sa façon ! La plupart du temps ça se transforme en refus d'exécuter une instruction (refus de se pousser par exemple ou refus de travailler correctement). En corrigeant notre attitude nous obtenons en général immédiatement une modification de l'attitude du cheval.

D - Le bon comportement

L'homme de cheval doit se comporter en jument alpha ou chef de troupeau, leader naturel. C'est la base de l'é"thologie et ne requiert aucune violence, même si nous utilisons la gestuelle sans les coups.

Il ne nous est pas possible (ni n'avons les compétences) de donner un cours d'éthologie, mais retenez les principes généraux :

  • Demandez peu, mais positionnez vous en exigeance et ne lachez pas prise
  • Obligez votre cheval à garder ses distances avec vous (distances physiques, il ne doit pas vous marcher sur les pieds)
  • Caressez le partout (progressivement) de façon à l'habituer à une grande proximité non dangereuse et que vous décidez
  • Habituez le systématiquement à toute nouvelle chose, évènement, bruit ou sensation, cela s'appelle la désensibilisation : on répète la chose de façon à ce qu'elle devienne habituelle (mais on commence petit).
  • Ne tolérez pas de sa part un comportement dominant : coups de dents, attitude revêche, cul tourné dans votre direction, etc...
  • Prenez l'habitude régulière de "bouger" votre cheval, ce n'est pas vous qui devez bouger ! Exigez son mouvement et non le votre

E - Tout est communication

Il n'est pas possible de ne pas communiquer. il en va de même avec votre cheval. Ce que vous pensez, votre humeur, votre autorité naturelle (ou non), la moindre de vos inquiétudes ou au contraire vos forces cachées : tout est perceptible. Non votre cheval ne l'analyse pas ainsi, mais il ressent un climat général et se positionne par rapport à son environnement.

Veillez donc à contrôler votre propre comportement

Et ecoutez ce que vous dit votre cheval, et il en dit beaucoup :

  • Commissure des lèvres
  • Regard
  • Mobilité et position des oreilles
  • Position dui corps
  • Attitude générale (fuite, rapprochement, cul tourné, etc..)
  • Réaction à la brosse, au contact, à la sangle....

Mais ne devenez pas non plus obsessionnel. Sachez détecter et analyser à temps une indisponibilité qui doit vous faire revoir vos objectifs à la baisse.

Cheval aux oreilles mobiles, le port de tête reste haut et les lèvres légèrement contractées : écoute ou méfiance ? Très attentif en tous cas, mais gardant probablement son leadership personnel....

 

 

II Débourrer

 

Je vois trop souvent des cavaliers qui ont passé le galop 7 et se permettent, pour gagner 3 sous, de proposer de prendre des chevaux au débourrage ou mieux encore de reprendre des chevaux difficiles. Peut-être certains en ont effectivement les compétences. Mais la plupart du temps, ils sont seulement encore non conscients de leurs limites. Bref, ils sont prétentieux, et tanpis si j'en vexe certains.

 

Débourrer correctement, puis fiabiliser un cheval dans son rapport en tant qu'animal domestique à l'homme, est un acte sérieux, un travail lent, une intervention fine et exigeante basée sur une très bonne connaissance de son comportement (à la fois individuel, et collectif) et une grande expérience personnelle. Beaucoup d'appelés, peu d'élus.

 

De nombreux chevaux restent, de ce fait, des montures approximatives...

 

Le travail de sociabilisation commence tôt :

 

 

 

 

Ne soyez donc pas orgueilleux et n'hésitez pas à continuer de vous former, à chercher à apprendre, à vous remettre en question ou à vous faire aider. Il n'y a pas de honte à ça, au contraire. Les imbus d'eux mêmes qui maîtrisent sont souvent à l'origine de beaux accidents et de chevaux revendus alors que ça aurait pu bien se passer.

 

Un débourrage ne devrait pas se faire seul, à cause du risque évident d'accident, et aussi pour être plus libre dans sa tête

 

 

 

 

Un cheval qui se braque est plus fort que vous, toute mésentente qui aboutit à une lutte est d'abord une grosse perte de temps et même une potentielle future difficulté durable. Prenez le temps et donnez vous des moyens pour faire bien et sans risque :

 

 

 

 

Nous n'avons pas la prétention de vous apprendre à débourrer. Mais nous avons envie de vous donner envie de tout faire pour que votre cheval devienne votre meilleur ami à 4 jambes ! La plupart du temps vous allez acquérir un cheval débourré que vous devrez fiabiliser ou encore avec qui vous devrez reprendre une communication et passer des accords réciproques.

 

       Les différentes étapes du débourrage :

 

Même si votre cheval ne va pas être monté, le débourrage est un acte de sociabilisation entre le cheval et l'homme. L'homme est un super prédateur et le cheval une proie. N'allez donc pas croire que ces bons rapports vont de soi.

 

1°) Sociabilisation du poulain :

 

  • Tolérer le licol
  • Se laisser attraper
  • Marcher en main au licol et derrière le Leader
  • Se laisser prendre et parer les pieds
  • Tolérer le pansage sur toutes les parties du corps
  • Tolérer un minimum de bruits/mouvements imprévus

 

SI ces basiques ne sont pas acquis, il faut d'abord tous les remettre au gout du jour avec : patience, répétition, exigeance sur de petits progrès, leadership clair et désensibilisation sur tout le sensitif.

 

2°) Débourrage :

 

  • Le jeune cheval doit d'abord apprendre à tourner en longe en liberté, puis au licol et à la longe
  • Supporter un bridon
  • Supporter une selle et une sangle, ainsi que tous les mouvements parasites qui entourent ce rituel
  • Etre à l'aise et aux ordres aux 3 allures en longe, sellé et sanglé (la longe n'est pas passée dans le mors, mais sur le licol en dessous, car la bouche n'est pas faite)
  • Parfaitement calme et désensibilisé, il peut tolérer un poids dans l'étrier, puis le poids du cavalier en "sac à patate" sur son dos, et faire quelques pas ainsi. Ces sensations peuvent le surprendre.
  • Enfin, le cavalier passe à califourchon, puis fait quelques pas en parlant et caressant sans monture, mais sans aides (il n'a pas de rênes, ni ne met de jambes au début)
  • Si le cheval est calme, le trot est envisageable pour quelques foulées en fin de travail, le but étant de ne pas générer de défenses
  • Lors de la séance suivante, le galop pourra être envisagé, toujours en longe
  • Enfin le cavalier est lâché avec des rênes, dans un endroit sécurisé (rond de longe), l'aide reste à terre et disponible
  • Ce travail aux 3 allures et monté devra être continué sur plusieurs séances.
  • A l'issue, le cheval débourré doit être calme au montoir, disponible aux 3 allures, contrôlable de façon basique (frein, direction)

 

Le cheval juste débourré n'est pas à mettre entre  toutes les mains. Il garde encore une certaine inexpérience et ne peut pas être fiable en extérieur par exemple.

 

III La fiabilisation, réellement transformatrice :

 

Fiabiliser un cheval est le premier acte de dressage fondamental. De sa réussite va dépendre en grande partie la qualité de ce partenariat et même la performance sportive ou encore votre sécurité en extérieur. Je vois encore trop souvent des chevaux qui répondent à peine aux aides et à qui on apprend le cabré.....

 

Le cheval qui se retourne : un grave danger de chute mortelle ou se finissant sur une chaise roulante.

 

 

 

 

Qu'est ce que la fiabilisation ? C'est le fait de rendre habituel et facile le contrôle de votre cheval dans la pluspart pour ne pas dire toutes les situations. Un tel cheval n'a en fait pas de prix. Il faut souvent du temps et de la patience pour bénéficier d'une telle qualité d'échanges :

 

  • Votre cheval suit vos instructions simples (freiner, accélerer, changer d'allure, tourner, souplesse de la bouche, rapidité de la réponse, réactivité si nécessaire, écoute de vos instructions, , absence complète de réactions violentes à votre égard)
  • Votre cheval apprécie votre contact et vient spontanément à votre rencontre
  • Votre cheval connait l'extérieur et s'y comporte bien (autonomie dans l'abord des terrains, sauter les menus obstacles naturels, rester stoïque face à la surprise (l'écureuil), aborder toutes les difficultés classiques telles que tracteurs, bruits, autororoutes, voies SNCF, ponts dessus et dessous, lieux inconnus, gués, rivières, ponts sur rivières, routes fréquentées, vaches, etc....)
  • Votre cheval est capable de passer devant un groupe ou de sortir seul, il est autonome
  • Quand vous préparez votre cheval, vous n'avez aucune apréhension

 

Si vous en êtes là, c'est que votre cheval est fiable !

 

       Comment fiabiliser un cheval ?

 

Ce travail est souvent long, au moins plusieurs mois, avant de considérer qu'il est réel et acquis définitivement. Là aussi, nous n'avons pas de prétention de "grand dresseur", mais nous avons la prétention de ne pas avoir peur de nos compagnons à 4 jambes.

 

Dans un premier temps qui suit le débourrage, nous vous conseillons 2 choses :

 

  1. Contnuez le travail en manège ou carrière si possible afin de donner de la finesse aux aides à voter compagnon
  2. Sortez en extérieur derrière un cheval d'âge sympa et montrant le bon exemple

 

Gardez ce rythme tant que votre jeune cheval ne vous semble pas avoir acquis une certaine routine.

 

Jeunes chevaux ou cavaliers moins expérimentés doivent rester en seconde ou troisième position : ici Richard, 5 ans et Jade, 14 ans sont en avant dernière position ce qui permet de toujours avoir l'oeil en cas de difficulté.

 

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La deuxième étape va être de présenter à votre jeune cheval des difficultés (ou imprévus) croissantes :

 

  • Perfectionnement des aides, départ au galop par déséquilibre, rênes d'appui, arrêts rapides et propres, mobilisation des hanches et des épaules, équilibre au galop, trot cadencé
  • Bruit
  • Mouvements brusques
  • Aides maladroites (et resanglage en selle)
  • Gués
  • Routes
  • Obstacles
  • Villages

 

Le travail en extérieur devrait toujours se faire en compagnie d'autres compagnons. Beaucoup de cavaliers restent en manège ou carrière. Certes, mais quand ils sortent, c'est souvent un peu speed.... A ce niveau, faut-il travailler la mise en place du jeune cheval ? Il y a plusieurs écoles. Nous restons sur les basiques, parfois durant 1 à 2 ans sur certains chevaux tardifs dont l'émotivité ou le manque de maturité nous demande du temps.

 

Si votre cheval ne comprend pas, c'est qu'il existe une raison (qui peut aller de son immaturité à votre incompétence ou passer par un jour "sans"). Ne soyez pas psychorigide. Sachez renoncer. Faites vous aider par une personne de confiance (et d'expérience).

 

La dernière étape est celle de l'autonomie.

 

  1. Elle s'adresse donc à un cheval adulte.
  2. Faites travailler votre cheval seul en manège ou carrière
  3. Puis sortez sur un tour déjà connu
  4. Si votre tour habituel se passe bien, faites un détour pour voir comment il réagit.
  5. Sortez sur un tour inhabituel, mais sans difficulté, et remerciez le
  6. Après quelques temps, affrontez volontairement les éléments perturbateurs accessibles (pas tout de suite la traversée de la grande rivière)
  7. Puis variez les allures sur les terrains divers.

 

Si votre cheval fait tout ça "bien", ce doit être un plaisir. Vous avez un authentique cheval de loisirs (monte-t-il dans un van ?). Même si vous destinez votre cheval au CSO par exemple, ce travail est à considérer comme une préparation mentale et physique. Il aura moins peur des obstacles voyants et du bruit sur le terrain, il sera musclé et en souffle avant d'avoir sauté ses premières barres.

 

De petites sorties réussies de 15 à 30 minutes sont bien suffisantes au départ.

 

       Autorité ou Non ?

 

Comment ne jamais s'enerver ? Ceux qui disent qu'il n'y a que les cons qui s'énervent ont sans doute oublié de monter sur un cheval. Ca ne peut pas toujours bien se passer.

 

S'énerver n'est pas un acte d'autorité, mais le fruit de notre mauvaise humeur. Ca arrive, mais ça veut dire qu'il est temps que nous allions faire la sieste par exemple.

 

Etre autoritaire, c'est assumer pleinement son leadership. C'est parfois nécessaire. Le cheval n'est pas vous. Vous n'êtes pas lui ! Vous avez donc parfois des désaccords. Pour éviter de vous voir remis en cause, demandez ce que vous êtes à peu près sur d'obtenir, soit peu. Si c'est la fâcherie, n'en faites pas une jaunisse. si  tout s'est bien passé, revenez à la réussite précedente, et restez sur du positif avant d'arrêter. Pour éviter ces regrettables petits incidents (inévitables), faites des séances courtes.

 

Il y a un peu de travail avant de se faire le fameux "galop sur la plage"

 

 

Le Renoncement :

 

1°) Le petit renoncement, que nous venons de décrire.

 

2°) Le grand renoncement : on réalise que le cheval ne sera jamais : un cheval de CSO, endurance, dressage de haute école, etc.....

 

3°) Le très grand renoncement : ce cheval n'est pas fait pour nous. Il vaut mieux s'en séparer et lui trouver un propriétaire à sa mesure.

 

 

 

Photo d'un cheval présenté pour la vente : il a des points forts et des défauts, il faut lui trouver qu'lqu'un à qui ils conviennent.

 

 

 Il existe de très nombreuses méthodes pour arriver à un bon résultat. Nous vous avons écrit ce que nous connaissions et avions expérimentés depuis de très longues années, mais il n'existe aucune vérité absolue. Restez à l'écoute des professionnels qui vous guident.

 

Prochaine ligne : principes de dressage avance

 

 

Cheval mon ami : Le dressage, les bases de la pédagogie

Nous abordons à présent l'étape de dressage à proprement parler du cheval de selle. Surtout, lisez la partie 1 et 2 de cette (longue) histoire avant d'aborder le dressage qui doit s'inscrire dans une logique et non pas dans une entreprise surprenante et / ou hasardeuse !

La plupart des gens achètent des chevaux qui ont été, normalement, diabilisés, sociabilisés, débourrés. Mais relisez tout de même, comme un pense-bête, nos billets : votre cheval est-il prêt à devenir votre meilleur ami ?

1 : la question primordiale avant d'envisager quoi que ce soit : qui est mon cheval ?

De nombreux éleveurs ou commerçants sont tout à fait honnêtes et proposent des animaux fiables. Mais quelques achats réservent de bien mauvaises surprises et font 2 malheureux : le nouveau propriétaire qui essuie les pots cassés, et le cheval qui ne comprend guère ce qui lui arrive.

Qui est mon cheval ?

Faites donc, avant de vouloir progresser et faire progresser votre cheval, un petit test pour savoir où vous en êtes : vous et lui !

  1. Est-il facile à attraper dans son pré/paddock/boxe ?
  2. Se laisse-t-il facilement passer un licol/Filet/Bridon ?
  3. Marche-t-il calmement en main en respectant votre position (devant lui) ?
  4. Se laisse-t-il manipuler et panser ?
  5. Pouvez vous lui prendre les 4 jambes et curer les pieds ?
  6. Est-il monté ? Si Oui est-il calme au montoir ?
  7. Est-il monté en extérieur ? Si Oui, est-il calme en extérieur ?
  8. Passe-t-il partout ?
  9. Est-il réceptif à vos aides ?
  10. Est-il peureux ou calme ?
  11. Est-il calme et sec au travail ?
  12. Monte-t-il calmement dans un van ?

Si ce cheval a été vendu comme cheval de ballade ou de loisirs par exemple, vous devez pouvoir répondre Oui à toutes ces questions !

Si ce cheval vous a été vendu comme poulain sociabilisé, vous devez pouvoir répondre oui aux questions 1 à 5

Si ce cheval vous a été vendu comme jeune cheval débourré, vous devez pouvoir répondre Oui à toutes les questions sauf les questions numéro 7, 8 et 9

Parmi les qualités exigibles et faisant la valeur d'un bon cheval de loisirs notez les points suivants :

  • Outre la bonne santé
  • Il ses laisse attraper, même au pré en compagnie d'autres compagnons
  • Il donne ses pieds facilement et volontiers
  • Il est agréable à manipuler et marche en main sans turbulences
  • Facile à seller, il reste immobile au montoir et ne tire pas au renard quand il est attaché et que "ça bouge" autour de lui
  • Peu émotif, il passe à coté des voitures, vélos, tracteurs sans bouger
  • Il peut passer sur ou sous un pont, au dessus ou au dessous d'une autoroute, voie SNCF
  • Il peut franchir une nationale ou une route fréquentée
  • Il peut aller partout en forêt, passer des petits fossés et des gués raisonnables
  • Il monte et descend du van sans histoires

 

Le Frison : une image d'Epinal, beau et gentil, quoique peu apprécié par les sportifs la plupart du temps !

 

Si il fait tout ça, qu'il a moins de 8 ans et qu'il n'a pas de défaut majeur, même sans papiers officiels, il peut valoir plus de 3.500 euros. Le même cheval âgé de 15 ans n'a pas du tout la même valeur car vous n'en profiterez que quelques années avant de lui "offrir sa retraite". Le même cheval âgé de 20 ans et plus n'a plus aucune valeur marchande.

Les aptitudes sportives ou compétitives peuvent considérablement modifier le prix d'acquisition et/ou la tolérance de certains défauts (par exemple, un champion de CSO peut se permettre d'avoir mauvais caractère ou de ne pas aimer les tracteurs), mais pour commencer, l'exigeance doit se faire en terme d'agrément : un cheval grincheux, mal sociabilisé ou qui a peur de tout, peut largement vous pourrir la vie.

 

La très jolie image du cheval sur la plage ou dans l'eau est loin d'être acquise sans habituation préalable....

2 : Mon cheval est perfectible, je commence son dressage

Les Parties 1 et 2 traitent du débourrage et de la fiabilisation qui doit suivre, nous allons à présent envisager les bases du dressage d'un cheval de loisirs : il doit aller où vous le souhaitez, à l'allure que vous souhaitez, sans vous mettre en péril et sans vous fatiguer que ce soit à cause d'une certaine molesse, ou au contraire d'une trop grande nervosité ou encore parce qu'il ne répondrait pas aux aides. Et croyez moi : tous les chevaux n'en sont pas là !!! Loin s'en faut !

Nous entendons, à la petite ferme, bien trop d'histoires de chevaux désagréables qui le restent par leurs propriétaires ont la gentillesse de tolérer leur piètre disponibilité. Hélas parfois, ils sont source d'accidents....

       A) Tisser de bons rapports avec lui 

Créer un rapport de confiance (réciproque) est la base absolue du dressage - rien ne saurait se faire avant !

Voilà ce que vous devriez pouvoir faire chaque jour jusqu'à fluidité parfaite avant de passer à autre chose :

  1. L'attraper où qu'il soit et passer sans stress un licol
  2. Le ramener à l'écurie et l'attacher en obtenant le calme aux différents bruits et mouvements autour de lui
  3. Le brosser avec plaisir
  4. Prendre les 4 pieds et pouvoir les tenir de longues secondes sans défense de sa part
  5. Le seller et sangler dans le calme

Si ce n'est pas le cas, il ne vous faut pas plus (sur un cheval normal) d' une à deux semaines de contacts et de travail quotidien pour parvenir à ce résultat. Si vous n'y arrivez pas (nervosité particulière, défenses, etc.), c'est que ce cheval qui vous a été vendu ou confié, n'a pas été correctement fiabilisé.

               1 Préparer le cheval à communiquer avec vous

Isolez le cheval loin de ses camarades et ne laissez pas au pré un animal indisposé à votre égard : il a toutes les raisons de rester indépendant et ce ne sont pas quelques bouts de pain ou de sucre qui vont changer l'histoire (certes il viendra les chercher, mais il ne sera pas votre ami pour autant). Un petit paddock isolé ou un boxe (ça n'a jamais tué personne) feront l'affaire. Attendez 48 heures avant de faire quoi que ce soit, mais venez le nourrir et vérifier son abreuvoir vous-même, et profitez en pour lui parler et le carresser. Certes il ne comprend peut-être pas vos mots, mais il comprend que vous êtes bien intentionné à son égard

               2 Apprenez lui à vivre dans votre monde

Passez lui, doucement et en le rassurant, un licol, attachez la longe sans geste brusque et invitez le à vous suivre en marchant à coté (et non pas devant), votre main à hauteur de son nez environ. Vos gestes mesurés sont rassurants. Votre calme assurera le sien. Il doit respecter votre pas et rester derrière votre main, quite à ce que vous lui rappeliez cette règle par un petit mouvement de longe et quelques mots plus fermes.

Attachez le (à une ficelle éventuellement s'il tire au renard) et veillez à ce qu'il ne puisse pas s'accidenter (fourches, chaises, enfants), puis faites durer cette situation afin qu'il se désensibiliser aux bruits et aux mouvements de l'écurie. Ce temps là n'est pas perdu.

Profitez en pour le brosser (mais doucement) en vous rappelant que sa peau sensible apprécie les caresses et pas les rudoiements brutaux.

Si tout est fait dans le calme, donnez lui une petite récompense (pomme, pain sec) avant de le ramener dans son enclos avec en mémoire le fait que "ça s'est bien passé", ce qui est une règle ESSENTIELLE du dressage !

               3 Soyez répétitif

Si ça ne se passe pas bien, ce n'est pas grave, répétez la même opération autant de fois qu'il faut jusqu'à obtention du calme et de la compréhension. La répétition de petites choses faciles est la seconde règle esentielle du dressage. Certains chevaux ont besoin de passer du  temps sur d'autres qui sont faciles sur leurs voisins.

Chaque "opération" doit être acquise avant de passer à la suivante.

               4 Enfin, occupez vous des pieds

Si c'est non dangereux (ça s'est vu), voyons les pieds, de devant, pour commencer (les antérieurs). Votre cheval doit être calme, à l'écoute et vous l'avez déjà brossé sans vive réaction de sa part. Ne prenez pas le cure pied pour la première fois. Descendez le long de son épaule avec votre main gauche (épaule gauche), puis le long de la jambe en  testant ses réactions avant d'arriver au boulet. S'il est poilu (fanons), c'est tant mieux ! Prenez les poils sous le boulet à l'arrière de celui-ci et tirer par petits coups pour lui demander le pied, éventuellement en poussant l'épaule avec la votre pour soulager le poids dans ce membre ou en exerçant une pression derrière le genoux pour l'aider à comprendre qu'il faut plier. Ne soyez pas "lourd", il doit comprendre plutôt que s'exécuter !!! Précautions : ne mettez pas votre visage à proiximité des postérieurs.

S'il comprend, même 2 secondes, c'est bien, très bien, félicitez et recommencez, puis surtout n'insistez pas : passez à l'autre antérieur. Idem

Enfin, attaquez les postérieurs, vous devez pouvoir le caresser jusqu'au jarret sans réaction de sa part (oreilles, regard, gestuelle). Si il est prêt et calme, utilisez la même technique en pensant à votre sécurité (certains chevaux, au départ, balancent des coups de pieds qui ne veulent pas nuire, mais peuvent créer des accidents). Si votre cheval tape, l'aide d'un professionnel vous sera nécessaire (avec plus de patience et l'aide d'une longe, voire d'un poil de fermeté).

Cet exercice doit être exécuté parfaitement pendant plusieurs jours d'affilée avant que l'apprentissage soit acquis.

               5 Sellez le

Votre cheval est débourré, et sociable : donc vous devez pouvoir le seller sans craindre de réaction emportée. Répétez les opérations précédentes, puis présentez, de façon visible, un tapis de selle ! Il le voit, peut le sentir, Vous allez d'abord lui toucher l'épaule et même le caresser sur tout le corps avec ce tapis afin qu'il apprenne à ne pas le craindre. Terminez en positionnant le tapis et en félicitant votre élève pour sa patience.

Amenez la selle de façon calme et visible et posez la sur le tapis en faisant attention à ne pas avoit de sangle balladeuse qui vienne cogner les membres (ça fait mal). Prenez le temps de positionner votre selle, dégarotter avec une finesse relative afin de voir si Oui ou Non il est encore sensible à ce genre de mouvements !

Passez calmement de l'autre coté pour attacher votre sangle (prévue à sa taille). S'il bouge prévoyez une aide qui empêchera la selle de tomber pendant le sanglage (dans les meilleures écuries on selle souvent à 2 avant une compétition pour empêcher la selle de prendre une mauvaise position).

Revenez coté gauche et prenez la sangle dans le calme en surveillant toujours la réactionde votre cheval. Sanglez sans forcer (n'étranglez pas le noeud de cravate de votre pauvre cheval) et vérifiez qu'il n'y a pas de pli de peau coincé sous la sangle (1 pli = 1 future blessure). Reprenez  1 trou (à condition de ne pas forcer). Attendez 1 minute, détachez votre cheval en longe, faites lui faire quelques mètres, rattachez le et reprenez éventuellement 1 trou (il s'est certainement "dégonflé"). Voilà, il est sanglé et normalemetn sans s'être contracté (comme ça aurait pu être le cas s'il avait été sanglé fort immédiatement).

Si votre cheval réagi fort à la sangle, ce même  travail devra être refait en sécurité dans un rond de longe, c'est un défaut de débourrage.

       B) Je construis une relation zen avec mon cheval monté

Quelle que soient vos objectifs, certains basiques doivent être acquis pour tout le monde : la maîtrise de la direction et des allures, ainsi que du cheval face aux éléments extérieurs. Si ces basiques ne sont pas acquis, c'est votre sécurité qui est en jeu.

Cheval emballé avec un Sulky attelé : un très gros risque d'accident grave.

 

Hors nous connaissons pas mal de cavaliers qui admettent ne pas toujours gérer vitesse et direction et trouvent ça acceptable.

               1 - La maîtrise - qu'est-ce ?

Un cheval, non pas de compétition, mais un ami qui se promène avec nous, doit être maîtrisé ou maîtrisable. A défaut de quoi, sa très grande force physique créera un jour des soucis. Cette maîtrise passe par ce que nous appelons "les aides", soient nos mains et bras, jambes et pieds, poids et équilibre de notre corps. En apprend ça durant les premières heures de cours en centre é questre. Puis on oublie à quel point ces fondamentaux sont vraiment indispensables.

La Maîtrise revient donc à avoir un cheval qui "réponde aux aides" et un cavalier qui connaisse "l'usage des aides". 

Le second point de maîtrise réside dans votre équilibre et confort aux 3 allures et en toutes circonstances, car si vous êtes déstabilisé, vos aides seront innefficaces et vous finirez "au tapis".

Si ces 2 points ne sont pas acquis, ne songez pas à dresser votre cheval, mais faites vous aider et/ou prenez quelques leçons.

La maîtrise de son cheval, dans l'armée, était vitale : toute défaillance technique du cheval ou du cavalier présentait un danger mortel. Beaucoup de compétitions sont nées naturellement au sein de l'armée où elles étaient le moyen de se faire la preuve de son degré de compétence ou de la fiabilité de son cheval !

 

2 - Avoir un cheval qui répond aux aides, la maîtrise de la vitesse et de la Direction

Un cheval qui répond "aux jambes", et "aux aides" n'est pas un acquis naturel, mais le fruit d''une habituation appellée dressage.

 

Chaque étape sera séparée des autres étapes. Aucune nouvelle étape n'est eenvisagée sans que l'étape précédente soit assimilée. Le travail sera toujours bref et devra être facile. Il vaut mieux un travail court quotidien que long et distancé des autres séances. Le stress et l'énervement sont vos pires ennemis.

 

Vous allez travailler :

 

  • La réponse au travail des jambes
  • La réponse aux sollicitations de vos mains (bras et avant bras)
  • L'impact du poids de votre corps

 

Ce travail peut êter fait idéalement en manège ou carrière, mais à défaut en extérieur dans un endroit calme.

 

              3 - Mon diagnostic de départ

 

Avant toute chose, évaluez les points acquis et les manques

 

  • Comment le cheval répond il à vos demandes en situation calme chez lui ?
  • Comment le cheval répond il à vos demandes en situation précaire (face à une crainte par exemple) ?
  • Avez vous déjà été "emballé" ?
  • Quel est son âge ? Et son passé ? Quelle est son expérience ?
  • De quelle race est-il ?
  • QUel est votre niveau par rapport à ce diagnostic ?

 

Si votre cheval n'a pas été fiabilisé au débourrage, vous devrez avoir un très bon niveau pour envisager de faire ça en solo et en extérieur. Un très bon niveau et un grand calme.

 

Voilà la liste des cas où vous devres envisager de vous faire aider :

 

  • Un cheval débourré depuis de longues années et qui ne répond à rien quand ça l'arrange (mais à tout quand il veut)
  • Un cheval ayant déjà un historique de difficultés récurrentes
  • Un cheval dont la race est réputée pour ses difficultés ou pour sa nervosité potientielle  (Pur-Sang Anglais par exemple)
  • Un cheval à peine débourré pour un très jeune cavalier
  • Un cheval maladivement craintif

 

 

 

Visiblement pas d'accord : Est-il possible de trouver un compromis ? Pas toujours !

 

 

Et voici la liste des chevaux qui peuvent être améliorés par tout cavalier ayant du temps et de la patience

 

  • Un jeune cheval au comportement en général bon
  • Un cheval peu expérimenté, mais en général assez calme/gentil
  • Un cheval n'ayant pas reçu d'instruction, mais visiblement attentif
  • Un cheval de race prédisposée au dressage (Comme les Ibériques par exemple)

 

 Mais parfois les 2 listes s'inversent...Histoire de nous faire passer pour des idiots....

 

       C) Je prend la décision d'optimiser le dressage de mon cheval

 

Vous avez à présent identifié les manques comportementaux de votre cheval et estimé ses besoins (ainsi que vos capacités). Et surtout vous savez sur quels points :

 

  1. Vous poser en exigeance, avec tact et précision
  2. Vous accorder du temps et de la progressivité dans le travail
  3. Vous donner les moyens d'y parvenir (répétitivité du travail, lieu de travail, aide potentlelle)

 

Votre cheval est déjà débourré et fiabilisé de sorte que cet apprentissage est faisable.

 

              1 - Réponse aux aides, le travail à pieds, en liberté

 

Connaître ressources et limites de son cheval est bien plus simple à pieds, l'apréhension est moindre pour le cheval autant que pour son guide et les progrès souvent spectaculaires.

 

Il vous faut :

 

  • Le cheval
  • Un filet ou Bridon
  • Une longe
  • Une chanvrière
  • Un rond de longe ou tout endroit équivalent
  • Une carrière ou manège ou tout endroit équivalent

 

Commencez par préparer entièrement votre cheval et conservez le licol sous le bridon (à moins d'avoir un bridon/licol de type endurance par exemple), ôtez vos rennes et installez la longe sur l'anneau du licol (c'est suffisant pour ce qu'il y a à faire). Si votre cheval sort du boxe, vous devrez le marcher en main 10 minutes. S'il sort du paddock, RdV au rond de longe, ôtez votre longe, resanglez et lâchez votre cheval en liberté, puis prenez votre chanvrière en main. Laissez le se détendre quelques instants sans donner d'instructions, à condition qu'il ne vous bouscule pas.

 

S'il vous bouscule, repoussez le avec une très grande fermeté.

 

Après la détente, installez votre cheval sur la piste, à une main et exigez qu'il se porte de l'avant (au pas ou au trot s'il est trop vif). Il ne doit s'arrêter ou changer de main que sur votre demande et non pas sur son choix personnel. Dans le troupeau, le cheval qui bouscule, dépasse un autre élément du troupeau ou fait ce qu'il veut est tout simplement en train de reprendre le leadership.

 

Le travail en liberté constitue la base de l'échange.

 

 

Si votre cheval prend des initiatives, obligez le à se remettre sur la bonne piste à la bonne allure. Il peut s'avérer nécessaire de le faire accélerer et de le pousser pendant quelques minutes pour lui faire comprendre qu'il n'a pas le droit de décider à votre place qui fait quoi.

 

Une fois qu'il va régulièrement et vous donne le sentiment de vous écouter, demandez un changement de main en vous positionnant avec la chanvrière (l'angle que vous faites avec votre corps et la chanvrière permet au cheval de se repositionner). Exécutez 2 ou 3 fois cet exercice en y additionnant Le même ordre vocal (par exemple : "changez de main"). Cette répétition simple facilite l'assimilation. En 1 à 2 leçons, votre cheval va dérouler l'exercice avec des ordres de plus en plus discrets.

 

La Direction étant admise, passez à la maîtrise de l'allure. Pas, Trot et Galop doivent pouvoir être pris sur simple ordre vocal de votre part et en liberté dans le rond de longe. Un encouragement avec la chanvrière (bruit + mouvement et non pas coup) peut aider. Là aussi une répétition simple, mais exigeante va vous permettre d'installer en 1 à 2 leçons le respect des allures sur simple ordre vocal.

 

En quelques jours, votre cheval, par des exercices simples et non dangereux, doit respecter votre choix de l'allure et de la Direction. Le rond de longe, afin d'éviter tout accident, est parfaitement clos.

 

              2 - Réponse aux aides, le travail à pieds, en main

 

La longe, l'ors du premier exercice, permet surtout d'emmener calmement le cheval sur son lieu de travail, lors de cette seconde partie, la longe peut toujours servir à ça, mais nous rétablissons les rennes.

 

C'est un cheval calme et bien disposé que vous amenez avec vous. Ni frais, ni fatigué.

 

Marchez à coté de votre cheval en longe. Respecte-t-il le fait de ne pas vous doubler ? Si Oui, tout va bien. Si non, passez à un ordre vocal sec et ferme de type "derrière" ou "en arrière", en imprimant un petit coup dans la longe vers le bas afin de lui demander de ralentir. Respecter votre mesure, c'est respecter votre leadership. S'il vous fait bouger, c'est lui le patron, c'est la loi du troupeau !

 

Cette simple présentation prouve que ce cheval est respectueux et disponible

 

 

 

 

Passez à l'étape suivante, au milieu du rond de longe, ôtez votre longe et passez vos rennez sur l'encolure. Marchez à coté de votre cheval en lui répétant "au pas" ou "marchez" par exemple, puis après un ordre vocal simple (de type Ooh ou stop), imprimez une pression dans vos rennes de façon à lui demander de s'arrêter à coté de vous. Recommencez, "au pas", "stop" et ainsi de suite....En quelques exercices, il doit avoir saisi votre demande.

 

N'oubliez pas : contentez vous d'une réussite par jour...

 

Alternez, pendant quelques séances, un travail de choix des allures en liberté, de changement de main à la demande et puis de marche en ordre à vos cotés avec maîtrise de l'arrêt.Ceci fait, le jour suivant, vous allez démarrez le travail qui consiste à doter votre cheval d'une bonne "Direction" :

 

L'équitation dite éthologique n'est souvent rien d'autre que l'assocation du tact, de la patience à la connaissance des règles de vie du cheval.

 

 

Après avoir détendu votre cheval, marchez le et arrêtez le, puis, les 4 jambes immobiles, amenez le à tourner l'encolure vers vous à main gauche en vous servant de votre renne directe et en exerçant de petites tractions vers l'épaule, tout en encourageant à la voix. Le travail doit être assez progressif pour que le cheval laisse son encolure se plier sans bouger son corps. Une trop grande vivacité le poussera à bouger le corps sans plier son encolure. Répétez l'exercice à l'autre main, toujours dans le calme et la lenteur - Félicitez entre 2, puis reprenez la marche en main et les arrêts (pas plus de quelques instants : pensez à l'effet desastreux de la lassitude).

 

Que maîtrisez vous à présent :

 

  • Votre cheval est calme dans toutes les actions de la vie quotidienne
  • Vous pouvez le seller et le marcher sans risque, il respecte vos allures
  • Il obéit à vos injonctions dans le rond de longe et peut travailler aux 3 allures et 2 mains
  • En main, il plie facilement ("donne") son encolure et s'arrête facilement à la voix
  • Vos ordres vocaux sont discrets, mais fermes et efficaces

 

Vous ne tolérez pas de manquements, mais vous savez éviter de poser des demandes idiotes (comme de lui demander de se concentrer alors qu'à 2 pas un paquet de copains chevaux font les idiots sous son nez)...

 

D'une certaine façon, vous commencez à maîtriser Allure et Direction. Vous aussi avez sans doute progressé dans la connaissance de votre cheval.

 

Un détail : en échangeant aevc d'autres amis des chevaux, vous trouverez, sur le travail à pieds, des méthodes similaires ou complémentaires pour "mobiliser les hanches" ou "obtenir des incurvations", etc..., ne brulez pas les étapes....Passons, dans le prochain billet, au travail à cheval !

 

 

 

Cheval mon ami, Le dressage en extérieur et les p remières notions de la gestion des défenses ou comment avoir une relation heureuse !

Vous vous demandez peut-être pourquoi, depuis le début, nous avons finalement très peu parlé de dressage...?

Ou bien qui je suis pour oser vous dire quoi faire....?

Réponse aux 2 questions :

J'ai été professionnelle durant 10 ans, ayant rendu ma carte de pro pour vivre d'autres choses...J'ai eu le plaisir et l'honneur de monter des chevaux de courses qui valaient, à l'époque (j'avais 20 ans de moins) des millions de dollars. J'ai eu le plaisir de monter en courses hippiques et le plaisir de vivre en leur compagnie. Plus de plaisir parfois qu'à vivre au mileu du genre humain. Depuis, si j'ai raccroché mes bottes de pro, j'ai repris celles du bonheur de vivre avec mes amis à 4 jambes et de randonner, puis de faire un peu d'endurance pour avoir un objectif qui me donne le courage de travailler les jours où il faut mauvais temps !

Professionnel, ça veut dire quoi ? Ca veut dire modestement qu'on doit en vivre et payer ses charges sociales. Ca veut dire aussi que l'on doit en supporter tous les aspects, depuis les plus plaisants jusqu'aux plus contraignants.

Aujourd'hui je ne suis plus professionnelle, ce qui veut dire que les chevaux ne me rapportent pas "un kopek", mais beaucoup de bonheur en contrepartie. Il y a toujours des contraintes et le monde des animaux est contraignant par définition. 365 jours sur 365, il faut être disponible pour eux.

SI je vous parle de dressage, c'est que nous autres, les pros ou anciens pros, nous déplorons les trop nombreux accidents qui esquintent les grands évènements comme "la route du sel". Si les  précautions d'usage étaient respectées, si les chevaux et les cavaliers étaient préparés, il y aurait bien plus de joies et bien moins de désespoirs.

La préparation d'une randonnée : pas mal de détails que nous vérifions avec soin...

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Hors les quelques règles à respecter sont simples et ne demandent pas tant de compétences que ça.

Voilà pourquoi j'en cause !!!

Si vous abordez cette quatrième et dernière partie, c'est parce que vous avez d'une part lu les parties 1, 2 et 3, et, d'autre part, que votre cheval est sociabilisé et fiable dans sa relation avec vous "à pieds" !

Notre objectif n'est pas de vous donner des leçons de dressage, mais simplement de vous aider à dégager une méthode simple pour avoir, avec votre cheval, une relation la plus harmonieuse possible en extérieur.

Revoyons les basiques :

  • Le cheval est une proie, ce qui le rend craintif
  • Il joue à fuir, même en l'absence de cause sérieuse, simplement pour s'entrainer à rester réactif
  • Il voit la moindre chose inhabituelle, il doit donc toujours être désensibilisé à la nouveauté
  • Ses 5 sens sont très aiguisés
  • Vivant au coeur d'un troupeau, il a besoin d'un Leader en qui il a confiance : vous si possible. Sinon il reprendra le leadership
  • Il peut apprendre vite, mais à condition de lui enseigner de petites choses faciles au fur et à mesure, les travaux devant rester brefs (20 minutes environ, à peine plus pour un cheval expérimenté)
  • Le manège ou la carrière sont des milieux sécurisés, ce qu'il y apprend sera remis en cause à l'extérieur avec les nombreux stimulis qu'il va y rencontrer
  • A l'inverse, ce qu'il a appris à l'extérieur pourra facilement être répété dans un manège ou une carrière.
  • La finesse des aides s'acquière avec le temps et la répétition - ce n'est pas naturel
  • Un cheval d'extérieur doit apprendre à passer dans l'eau, sur les ponts, sous les ponts, au-dessus ou au-dessous des autoroutes ou des voies de chemins de fer, à coté des trains ou des camions, face aux engins de chantier, etc...
  • Un cheval de randonnée doit pouvoir rester serein à l'attache et même en toutes circonstances
  • Un cheval ami vous emmène au bout du monde et tolère tout ou presque avec un calme olympien, c'est parfois lui qui vous rassure....

 Katie, une jument, mais aussi une amie, sereine en toutes circonstances, curieuse même de la nouveauté...

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I Le travail au montoir, une nécessité absolue

Quand monter sur son cheval devient un souci de ministre, c'est qu'on a raté un truc.

Avoir un cheval immobile au montoir, et qui attend sagement que vous ayez trouvé l'énergie suffisante pour vous hisser sur son dos, est un plus. Surtout quand on vieillit !

  1. Au début faites vous aider.
  2. Votre aide se place devant le cheval, tenant les rènes, mais en les laissant coulisser de façon à seulement "assurer" tout en vous en laissant le contrôle. D'un coté votre petit tabouret (qui évite d'avoir à tirer sur le garrot et la selle), de l'autre, éventuellement une barrière ou un muret pour caler le cheval et lui éviter de se déplacer.
  3. Exigez que le cheval reste immobile, ce pendant toute la procédure. Si il bouge, recommencez et n'oubliez pas de féliciter à chaque progression du calme
  4. Prenez vos 2 rènes tendues dans la main gauche et une poignée de crins qui assurent l'immobilité de la main. Attendez un instant pour que le cheval se déleste éventuellement de l'habitude de réagir quand il vous sent arriver...Prenez votre étrier dans la main droite pour y installer votre pied gauche (ne l'engagez pas trop pour pouvoir le retirer rapidement). Il est crucial que votre cheval garde l'arrêt.
  5. Si le cheval bouge, retirez le pied, attendez l'immobilité, et recommencez. Soyez volontairement grossier dans votre approche afin de le désensibiliser à ces mouvements parasites du montoir. Faites donc bouger l'étrier, l'étrivière. Touchez le flan avec votre bout de pied, etc...
  6. Il doit tolérer l'ensemble de tous ces mouvements sans la moindre réaction. Vous allez peut-être devoir vous y reprendre à plusieurs fois, mais ne montez pas sans que cette partie soit acquise
  7. ENfin, une fois le calme aquis (plusieurs séances ?), vous avez vos rènes dans la main droite, votre pied gauche dans l'étrier gauche et vous pouvez prendre le trousquin de la selle dans votre main droite afin de vous hisser rapidement sur le dos du cheval en passant la jambe droite par dessus.

 

 

Ce travail va certainement devoir être répété un certain nombre de fois avant qu'il soit acquis.

II Maîtriser la direction et la vitesse

Comme ça, ça semble évident....Mais si vous saviez le nombre de cavaliers qui vont à l'allure que leur cheval a décidé de prendre...Ce qui cause un nombre invraisemblable d'accidents....

       1) Maîtriser la direction

Autrement dit, aller là où vous avez décidé d'aller. Il existe tout de même un certain nombre de chevaux qui vont là où bon leur semble. Ils s'arrêtent manger au bord du chemin et quand ils sont fatigués, ils embarquent leur cavalier en direction de l'écurie...Bah voyons, c'est normal....

  1. Pour tourner, 2 solutions : une rène directe ou une rène contraire, en vous servant ou non d'une jambe isolée pour appuyer votre instruction. (hélas nous ne pouvons pas entrer dans les détails, mais si ce vocabulaire vous est étranger, hâtez vous de retourner un petit peu en centre équestre). EN bref, vous devez vous servir de l'ensemble de votre corps pour "aider" votre cheval à prendre le virage. Vos yeux doivent naturellement regarder là où vous souhaitez vous rendre.
  2. Mais surtout, soyez clair, franc et massif. Les aides ne doivent pas être "fines" au départ, mais au contraire bien "grossières" pour que le cheval sans expérience comprenne clairement l'objectif.
  3. Si il refuse d'obtempérer, soyez encore plus clair.
  4. Si il refuse encore, soyez patient, mais NE CEDEZ PAS. C'est votre leadership qui en dépend. Mais à condition de ne pas lui demander l'impossible. La situation d'apprentissage ne doit pas additionner 2 types de nouveautés : à la fois le dressage et la désensibilisation à une nouveauté par exemple. Donc, n'emmenez pas sur un gué un jeune cheval à peine dressé à comprendre vos demandes.
  5. Si il refuse (cheval bloqué, ça arrive) alors qu'il n'y a aucune difficulté, posez vous tout de même quelque question : ce cheval est-il trop inexpérimenté pour sortir seul ? Les chevaux très jeunes ou à peine débourrés doivent souvent sortir accompagnés d'un vieux cheval expérimenté qui les rassure.
  6. Un petit tour dans les chemins en empruntant de multiples tournants va permettre à votre cheval de se familiariser avec cete simple opération qui est de comprendre où vous voulez aller et de vous y emmener. Simple, basique, pas toujours acquis. Pour toutes ces opérations, restez d'abord au pas.
  7. La finesse de compréhension va rapidement s'installer et vous aller maîtriser la direction du bout des doigts...Presque sans vous en rendre compte.
  8. C'est le moment d'aller à peine plus vite, au trot.
  9. Mais surtout, c'est le moment de faire une leçon de sous-bois....Quittez les sentiers battus pour prendre le maquis...Enfoncez vous dans les feuilles mortes et suivez le vent..Privé de chemin, votre cheval va devoir s'en remettre à vous. Tournez à droite, puis à gauche. Puis visez une grosse branche au sol. Montrez lui la dite branche avant de lui proposer de passer au pas par dessus.
  10. Enchaînez les branches et les virages jusqu'à fluidité. Recommencez l'opération à plusieurs reprises. Les mouvements doivent être fluides et exécutés sans crainte...

Sophie sur Sugar Cube avec Maggie en cheval de bât (cachée derrière): le niveau galop 7 d'exterieur avec 2 mains prises par 2 chevaux dont il faut penser chaque mouvement en harmonie avec les contraintes extérieures (circulation, peurs, animaux sauvages, etc..) ou gérer les allures sans que l'un ne s'éloigne de l'autre (au galop par exemple)

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 2) Maîtriser la vitesse

  1. Votre cheval doit pouvoir respecter votre choix, galoper à votre rythme et rester au pas si bon vous semble. C'est un basique de la sécurité ! Là aussi, tout peut être travaillé en extérieur, le résultat sera d'autant plus fiable que l'extérieur apporte son lot d'évènements inconnus et de stimulations variables. Un cheval maîtrisé en manège ne le sera pas forcément dehors, alors que l'inverse est en général vrai.
  2. Partez sur un territoire connu où vous pouvez à peu près prévoir les évènements (vaches qui déboulent, bucherons au travail, circulation, etc...)
  3. Trvaillez au pas et la Direction tout le temps nécessaire pour que votre cheval soit calme et froid. S'il est trop frais, prenez le temps de le longer avant de le sortir.
  4. Lorsque votre cheval semble calme, choisissez un chemin long, mais tortueux si possible pour demander le trot par une impulsion dans les jambes, précédée d'une reprise de rênes qui annonce à votre cheval que vous allez travailler.
  5. Refusez toute prise de galop intempestive ou toute accélération que vous n'avez pas demandée. Cherchez à obtenir la régularité, la recette est souvent là. Ne  trottez pas 25 ou 50 mètres, mais plutôt 10 fois plus longtemps, c'est dans le temps que votre cheval se décontracte et se rode. Vos rênes doivent être ajustées (ni trop courtes ou tendues, ni relachées ou trop longues). Le regard de votre cheval se porte souvent au loin et le votre doit aller dans le sens de votre direction (comme au volant d'une voiture).
  6. Une fois obtenue régularité et décontraction, ralentissez en ajoutant toujours un ordre verbal à l'ordre des aides, par la suite, votre cheval se contentera à 95% de l'ordre verbal, y compris dans l'urgence.
  7. Reprenez une fois, voire 2 cet exercice de calme et de régularité.
  8. Si c'est acquis, préparez vous à galoper, si votre cheval est vif, choisissez un chemin sécurisé (et pas un bord de route). Pour obtenir un galop calme, partez du trot via le déséquilibre et non pas avec une forte impulsion depuis le pas. Vous travaillerez ça une fois votre cheval rodé en extérieur.
  9. Là aussi, une reprise de rênes s'impose. Le galop est une allure à 3 temps "dans le déséquilibre", donc il faut parfois aller à peine plus vite pour l'équilibrer avant de revenir à un train plus lent. D'où l'emballement de certains....Si vraiment vous n'arrivez pas à obtenir un galop raisonnable, le retour en manège ou carrière s'impose ! Ne choisissez pas un chemin en direction de la maison, mais dans le sens contraire : il sera moins allant
  10. Sollicitez le verbalement par un mot clair, comme 'galop" par exemple. Ajoutez vos aides (rappelons qu'elles doivent contribuer à déséquilibrer le cheval, donc jambe isolée, poids du corps et rêne d'appui) et veillez ensuite à maintenir à la fois l'allure et sa vitesse contrôlée.
  11. Il se peut que vous n'arriviez pas à maintenir l'impulsion bien longtemps, mais félécitez et recommencez 2 à ou 3 fois, pas plus (c'est un exercice vite énervant) avant de féliciter, puis revenir à un pas tranquile pour rentrer à la maison les rênes plus longues.
  12. Quand l'exercice est acquis, tâchez de travailler là aussi sur des périodes plus longues de façon à habituer votre cheval à maintenir l'effort en se contrôlant.
  13. Si votre cheval "tire" et accélère malgré vos demandes contraires, tirez vous aussi sur la bouche et stoppez le de force. Il n'est pas question de tolérer que votre cheval vous emmène selon ses choix. Associez à vos freinages une demande verbale (Ohhhh, par exemple). Le poids du corps, pendant le freinage, doit se porter en arrière.
  14. Lorsqu'il vous semble que "ça va", enchaînez les exercices d'allure (pas, trot, galop, trot, pas, etc..) jusqu'à obtenir la sensation que vous maîtrisez vraiment, à 10 mètres près, l'allure choisie.
  15. Travaillez plutôt seule (sauf peur de l'insécurité) ou accompagnée d'un autre cavalier sur une monture calme, mais surtout pas avec un ami qui, lui non plus, ne maîtrise pas....Refusez les propos de type "c'est untel, avec ce cheval, c'est comme ça, on ne peut rien faire", les chevaux qui font ce qu'ils veulent finissent toujours par accidenter quelqu'un.
  16. Ne surnourrissez pas votre cheval (Avoine, orge, céréales floconnées, granulés) pendant les périodes où il doit apprendre. Donnez lui, en contrepartie, plus de foin

 

 

 

Sugar Cube : une nature à "emballer" lorsqu'elle est arrivée, très calme aujorud'hui après un réajustement en exterieur...

 

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 III Evitez les accidents grâce à des mesures simples

 

Bien des accidents se produisent par excès de confiance ou de tolérance ou même bonne volonté à vouloir donner des droits ou du confort à son cheval : manger un peu, boire, etc.. ou choisir lorsqu'il veut ralentir....! Evitez la réaction antropomorphique qui consiste à croire que vous allez rendre votre cheval heureux en le laissant faire ce type de choix. Votre cheval est grégaire et il a besoin d'un leader ferme qui lui donne des instructions claires. Si c'est le cas, il est rassuré et c'est la meilleure des formules. S'il ressent une certaine indécision de votre part, il reprendra son leadership et risque fort de prendre lui-même de mauvaises décisions....

 

Très jolie photo d'une ruade saisie sur le net (site Irish cob passion forum actif)

 

 

Cela se traduit, au mieux, par un cheval qui s'arrête manger tous les 200 mètres au bord du chemin, au pire par un cheval qui vous ramène à l'écurie au grand galop et en passant entre les arbres ou sous les branches basses, dans l'intermédiaire par un cheval qui prend les allures qu'il souhaite ou par un cheval craintif (normal puisqu'il n'a pas de leader) qui sursaute à la moindre vache....

 

1°) Soyez donc ferme ! Et n'allez pas croire que c'est lui manquer de respect.

 

Posez peu d'exigences, mais soyez certain que vous pouvez exigez le respect de vos demandes

 

Et si vous avez le moindre doute sur la notion de leadership, observez un troupeau et regardez le comportement des chevaux entre eux : ils se font bien plus de mal que vous ne pourrez jamais lui en faire !

 

La vraie cruauté n'est pas dans l'exigence, mais dans le manque d'à propos, l'énervement, les coups inutiles, le travail excessif (les dizaines de sauts par exemple d'affilée), les galops trop longs et trop rapides, le manque de nourriture ou de boisson, les endurances excessives, les efforts à la cravache, etc....

 

2°) Exigez l'allure que vous souhaitez, et la durée exacte que vous souhaitez. Tout ralentissement ou toute accelération non demandée doit être suivi par une réaction de reprise de votre part, quite à lui redonner après ce qu'il demande (ralentir par exemple s'il en a besoin ou accélerer s'il demande à s'amuser un peu). C'est seulement lorsque vous et lui serez de vieux partenaires que vous pourrez lui redonner cette initiative qu'il n'interprêtera pas comme un abandon de votre leadership.

 

Trop d'accidents sont dus à une non maîtrise que l'on appelle "emballement" (ce qui est rarissime et correspond en fait à un affolement vraiment dangereux), l'emballement menant tout droit à la case déraillement et chute à bonne vitesse ou choc....

 

La traversée d'un grand pont par Illiade (Akhal Téké de pur-sang) et Pauline, le manque de calme ou de dressage pourrait très vite provoquer un accident grave bien qu'en apparence tout soit si facile....

 

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3°) Exigez la maniabilité, un cheval qui a des hanches et des épaules mobiles, répondant à vos aides (jambes, mains et poid du corps), se laissant mener avec "docilité", même si il a un caractère nerveux, ce qui ne doit rien ôter à sa sensibilité à vos demandes. Le manque de maniabilité, c'est un cheval qui tourne ses hanches pour en  taper un autre, un cheval qui passe sous une branche basse (et blessante) alors que vous avez demandé un contournement ou un cheval qui tourne en direction de la maison car c'est bien plus plaisant....

 

4°) Apprenez à prévoir et gérer les "défenses" de votre monture (fraîcheur ou nouveauté) - Article en cours

 

Nos bien-aimés chevaux ont parfois le goût de la plaisanterie :

 

  • Demi-tours à 360
  • Coups de culs
  • Sauts de moutons
  • Cabrettes ou croupades
  • Refus d'obtempérer

 

Constituent leurs plus grossières défenses (les plus fines feront l'objet d'un autre billet). Certains cavaliers ont fini par renoncer à sortir en extérieur, puis parfois même à monter ces amis loyaux qui ont bien saisi leur intérêt dans cette histoire. Un cheval fiable a le droit de s'amuser de temps en temps, mais sans mauvaise intention (vous déposer au coin du bois joli) et sans exagération (3 fois la demi heure). Prenez également conscience du réel risque d'accident, et même très dangereux pour le cas d'un cheval qui se cabre et ne maîtrise pas son équilibre (il retombe en arrière et peut vous casser la colonne vertébrale, déjà vu de mes yeux hélas). DOnc, sauf coup de cul joyeux et raisonnable un frais matin d'hiver, évitons....Qu'il est doux de monter sur son dos et de partir dans la nature (ou même en manège) l'esprit détendu.

 

       Les 2 "types" de "traitements" !

 

Il existe, contre les systèmes défensifs de nos amis à 4 jambes, 2 façons de voir les choses :

 

Le traitement immédiat, à court terme (que nous verrons ci-après, par type de défense) et le traitement à moyen ou long terme, ayant pour objectif de parvenir à résoudre la cause initiale du mode de défense. Après quoi nous pourrons aborder dans un autre billet à la suite de celui-ci, les défenses subtiles...

 

       A - Les demi-tours

 

C'est souvent une réaction de crainte, mais par rapport à un "truc" qui vous semblera mineur : une souche, une feuille qui vole, un écureuil. Ce qui fait que vous ne l'aurez pas anticipé. A l'attelage, cette défense est proscrite pour des raisons que je vous laisse imaginer.

 

Empêcher un cheval d'exprimer ses craintes, réels ou simulées, quand on est pas prévenu, est très difficile.

 

Cela veut dire :

 

  • Soyez TRES vigilant (vous allez vite repérer sa marotte et y prendre gare)
  • Conservez des rênes ajustées
  • Conservez un équilibre légèrement en arrière, même en suspension, afin de mieux amortir un demi-tour très violent ou très ample

 

Si votre cheval vous sent plus attentif, puis franchement mécontent (vous avez 3 secondes pour sanctionner raisonnablement par une engueulade appuyée d'un léger coup de cravache sur l'épaule ou, à défaut, d'une grossière pression des jambes), il fera à peine plus attention et le défaut s'atténuera dans le temps.

 

       B - Coups de cul et Sauts de moutons

 

Un grand classique du vieux cheval malin qui a très envie de vous déposer ou du poulain pas encore très fiable, et même de l'enfoiré de service qui maîtrise le geste et le joint à l'intention !

 

Cela veut dire :

 

  • Défraichissez votre cheval en rond de longe avant de le monter
  • Cnservez des rênes ajustées et marchez le longtemps avant d'aller plus vite
  • N'abordez pas le galop lorsque vous le sentez d'humeur badine...
  • Lorsqu'il commence à arrondir son dos, relevez brutalement l'encolure via la bouche de façon à l'obliger à creuser son dos et mettez des jambes pour le porter de l'avant
  • Baissez l'alimentation s'il y a lieu (peu de travail et grosse ration)

 

Même démarche que pour la défense précédente : vous ne devez pas laisser faire et si vous-même supportez très bien ce petit jeu, pensez à celle ou celui qui éventuellement empruntera votre monture sans avoir votre niveau.

 

       C - le Cabrer

 

Le cheval se met debout, soit dans l'objet d'une défense stricte (refus d'obtempérer), soit parce qu'il est "chaud" (mâle ou hongre castré tardivement), soit parce que c'est sa nature. Le cabrer est potentiellement dangereux, surtout chez une jument qui assuerera moins bien son équilibre qu'un Mâle (dont c'est l'une des fonctions via la reproduction).

 

Je ne garde personnellement pas une jument qui se cabre par défense. J'estime que cela fait partout d'un "tout" comprtemental non admissible, mais cette vision des choses est personnelle : j'ai vu un jeune apprenti terminer tétraplégique.

 

Quoi faire :

 

  • Disposer d'un cheval "en avant", ce point pouvant se travailler en rond de longe, car le cabrer est typiquement la défense des "rétifs" qui ne se portent pas en avant
  • Ne pas suralimenter ou baisser la ration de céréales
  • Maintenir le mouvement grâce à un contact attentif des jambes
  • Face à une difficulté, favoriser plutôt le mouvement, même de coté (voir la fuite en avant), que l'arrêt (qui précède le cabré)
  • Ne pas hésiter à donner une tapette sur le haut de la tête (entre les 2 oreilles) lorsque le cheval commence à lever les antérieurs
  • Ne surtout pas s'accrocher à la bouche pendant le cabré (ce qui peut déséquilibrer le cheval)

 

Il s'agit d'une défense particulière qui dénote souvent un mental particulier, sauf dressage (certains chevaux sont dressés pour produire un cabré, on peut difficilement leur reprocher). Face à cette difficulté récurrente, l'avis d'un professionnel est peut-être requis.

 

 Cabré accidentel avec déséquilibre (photo prise sur le net)

 

 

Cabré de dressage : le poney est équilibré, l'appui des postérieurs nettement plus en arrière (comparez l'angle au sol)

 

 

 

 

       D - Le refus d'obtempérer

 

Vous partez en Forêt, et là, il ou elle s'arrête tout net, refusant de passer au choix : un chemin, une souche, une route, ou de prendre un tournant qui l'éloigne de la maison. Buté comme un âne...Redoutable....Vous partez avec votre cheval et il s'arrête au premier truc déplaisant, vous apportant une fin de non recevoir très butée (et durable). Accepter de genre de situation ne va faire que l'empirer, votre compagnon favori n'étant pas idiot au point de ne pas comprendre qu'il fait ce qu'il veut.

 

Les raisons peuvent être multpiles : jeune cheval inexpérimenté qui apréhende son environnement, vieux cheval peu motivé, cheval anxieux....

 

Quoi faire :

 

  • Ne pas céder, ni à la panique, ni à votre cheval, stopper net toute tentative de marche arrière avec demi-tour, prise de galop....Obtenir l'arrêt dans un premier temps, et l'arrêt dans le sens de la marche !
  • Prendre le temps qu'il faut pour ne faire ne serait-ce que 25 mètres dans la direction voulue avant de demander soi-même un autre choix (mais au moins l'ordre vient de vous) - et le temps qu'il faut peut être à priori long (quelques minutes)
  • Avoir des aides actives (soit fortes) : jambes très au contact, mains ouvertes et rênes très ajustées de façon à empêcher tout demi-tour et pouvoir demander la marche avant
  • Disposer d'une cravache, faut-il le répéter, ne pas prendre le leadership vous conduira tôt ou tard à une prise de risque. Un refus d'obtempérer doit vous conduire à une sollicitation ferme (ce qui ne veut pas dire violente)
  • Et si vraiment le déblocage semble impossible : repartir, mais prendre un autre chemin et prolonger volontairement la promenade. Et si vraiment la situation est ingérable (défenses multiples, etc...) - Rentrer sagement et repartir sur un travail de fond en manège ou en longe, voire se faire aider par un pro

 

Cette défense peut être typique chez les jeunes chevaux qui n'ont pas la maturité pour "aller devant" seuls. Il ne faut donc pas la dramatiser. Elle devient suspect chez un cheval expérimenté à l'extérieur qui manifeste alors de la lassitude (pourquoi ?) ou de la mauvaise volonté (Pourquoi ? Caractère ? Motivation ?)

 

       Les bonnes questions à se poser

 

Vous l'avez vu, il y a défense et défense, il y a le geste de gaité, ou d'inexpérience et celui du ras le bol. Apprendre à les distinguer n'est pas toujours simple. Le ras le bol lui-même peut signifier que nous (l'homme) avons abusé de lui, mais aussi qu'il ne souhaite pas collaborer (et donc qu'il ne fera peut-être pas un bon compagnon pour moi).

 

Se faire aider ? Oui, c'est une bonne solution, quand elle est possible.

 

Aujourd'hui, il existe nombre de gens qui proposent leurs services pour "reprendre les chevaux difficiles". Au risque d'être méchante, je vous livre clairement mon sentiment : la grande majorité sont des charlots qui tentent de gagner 3 sous dans des secteurs de niche. Les professionnels le font sans en parler. IL n'est pas nécessaire de se faire de la publicité sur une évidence : un pro doi venir à bout de ses principales difficultés, faute de quoi il est très vite dépassé.

 

Donc, bien que n'étant pas/plus pro, j'aurais tendance à vous dire que si vous devez vous faire aider, allez voir quelqu'un dont c'est le métier et non pas une tierce personne qui a galop 7 et 15 jours de stage d'éthologie, proposant ses services sur le bon coin (notez bien qu'il y en a de très biens). Evitez aussi les pièges commerciaux outranciers (6 mois dans un célèbre centre d'éthologie qui vous coute un bras et ne changera pas votre crapaud en prince charmant), fuyez les discours manquant de modestie...

 

Renoncer ? Et revendre, parfois Oui

 

Il arrive de se tromper et d'acquérir un cheval avec qui ça ne se passe pas bien, et ce durablement, malgré un tas de mesures. Renoncer, c'est parfois faire preuve de sagesse. Et il vaut mieux changer de monture et offrir à un autre partenaire la chance de vivre à vos cotés de façon heureuse si le choix initial s'avère médiocre. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas se remettre en cause. Sachez aussi reconnaître vos limites (humilité) : il arrive qu'un cheval médiocre chez vous fasse le bonheur d'un cavalier différent ou plus expérimenté.

 

Un cheval qui n'a "pas envie" peut être remarquablement "lourd"

 

 

Se remettre en cause ! Toujours, ou presque

 

Mis à part les gens dont c'est le métier et qui ne peuvent pas systématiquement se rendre fous au moindre souci répétitif, il est toujours important de se poser la question suivante : en quoi suis-je responsable ?

 

Le traitement "de fond"

 

Si une défense perdure ou semble installée ou encore prend des allures de camp retranché, une simple gestion symptomatique ne suffira pas. Il faudra envisager une reprise en main plus complète, là où s'est arrêté le progrès, là où a commencé la "défense".

 

Pour commencer, rendez immédiatement un cheval qui arrive chez vous et fait tout de suite preuve d'un comportement de chiotte, ça risque de ne pas s'arranger. Ou plutôt essayez le avant de l'acheter...Ne croyez pas que vous allez faire des miracles, là où d'autres ont échoué, ce manque d'humilité arrangeant vraiment le commerce des gens malhonnêtes.

 

Et oubliez la légende d'Alexandre le Grand qui dompta un cheval fou en un éclair de génie.

 

La plupart du temps, le miracle s'appelle "travail", soigneux et durable :

 

  1. Repartir d'un travail simple sur des bases déjà acquises pour que se réinstalle la confiance
  2. Puis, quand tout va bien, redemander des petites choses faciles, mais en se posant dans l'exigeance
  3. Enfin recommencer, sans fraîcheur, les sorties sur des bases acquises
  4. Avant de repartir sur les parcours qui ont généré les refus, un jour où vous êtes en forme et votre cheval bien dans sa tête
  5. Alterner les travaux innovants avec des classiques sans difficulté, pas plus de 20 minutes de travail concentré à la fois

 

IV EN CONCLUSION SUR LES BASES DU DRESSAGE

 

Ces quelques articles ne peuvent constituer de base de travail sans formation préalable. Nous enfonçons un peu les portes ouvertes, car ce sont souvent les évidences assez simples qui manquent. Les cavaliers oublient souvent que le dressage est là pour nous permettre de rendre les chevaux  utilisables et non pour répondre à de simples exigences dogmatiques. Tout ce que vous apprenez en centre équestre : rêne d'ouverture, incurvations, poids du corps, action des jambes, jambe isolée, rêne d'appui etc... : tout a un sens et une vraie valeur bien au-delà du passage des examens fédéraux !

 

Ce sont des outils qui vous permettent de rendre votre cheval maniable, fiable, respectueux. C'est à cette condition et elle-seule que votre sécurité ou celle de vos proches sera assurée. Si vous ne voulez pas exercer la moindre contrainte sur un animal qui pèse entre 400 et 650 kilos : c'est simple, regardez le chez les autres, car même au quotidien et sans monter dessus, vous devrez conserver une relation ferme et structurée. Elle n'empêche en rien l'amour ou le respect (et si possible les 2)

 

Lorsque nous sommes bien fatiguées en fin de journée : nous sommes tellement contentes d'avoir de gentilles montures parfaitement immobiles  au montoir pendant que nous escaladons un petit muret pour grimper sur leur dos sans tirer sur le garrot ni lever la jambe plus haut que notre épaule !!!

 

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Commentaires (4)

1. janine (site web) 19/09/2017

REMERCIEMENT A MAITRE SODJI

Bonjour
Les amis si je ne fais pas ce témoignage sur ce Maître SODJI c’est un crime contre Humanité!!
Je suis Française de nom Janine j’aimerais vous parler de histoire de Marion . J’avais
séparer avec lui il y a de cela 4 moi depuis que j’étais au Canada mais je l’aime.De mon retour en France le 19 Juin passé j’ai décris le fait à une cousine qui s’appelle Pervenche elle m’a promis de me trouver une solution pour
m’aider; mais à chaque fois je là dérange car tout le temps j’ai des larme au yeux car mon es me manque. Alors le lundi 03 octobre passé il m’a donnée l’adresse d’un monsieur de nom MAITRE SODJI de lui expliquer la situation.quand j’ai expliqué mon problème à ce Maître il ma promis m’aider en me faisant des rituels.
trois (03) jours après les rituels mon Marion ma appeler au
téléphone dans l’après midi pour me présenter ces excuse et me supplié
vraiment c’est un miracle pour moi car actuellement je vis avec lui au Québec une ville de Canada alors pour tous vos petit problème de rupture amoureuses ou de divorce ,maladie
,la chance , les problèmes liés a votre personnes d’une manière,, problème
d’enfants, problème de blocage, attirance clientèle, problème du travail ou
d’une autres.
voici ces coordonnées:
email: sokposalivaudou@outlook.fr
tel:+22998201725
site web: http://sokposalivaudou.wixsite.com/retour-affectif

2. de Noblens 13/07/2015

BRAVO, BRAVO pour ces articles !!!!
Si tout le monde avait lu ça avant d'acheter un cheval ...
Réaliste et expérimenté ce site !.
Merci encore pour ce que vous faites pour les chevaux .!

3. catherine 01/08/2014

Bonjour ;
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4. Patrick 14/05/2014

Bonjour,

Je vous remercie pour cet excellent article. Il va m'a apporté quelques bonnes idées pour la reconversion d'un jeune pur sang anglais ayant couru en plat et en steeple, à une équitation de loisir en extérieur. Il a 6 ans, il est à la maison depuis un mois, où il trouvé deux copines (ma vieille trotteuse et la petite shet qui était à ma fille). N'étant plus monté depuis une dizaines d'années, (mes jujues vieillissantes vivent une retraite bien mérité), vos conseils vont me guider dans la progressivité du travail avec Sagrado.
Avec toute ma reconnaissance.

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