Le Blog des Voyageurs

Un voyage initiatique à travers la France pour créer de la joie : LE PROJET

PARTICIPEZ, en suivant et encourageant, A UN EVENEMENT GRANDEUR « NATURE » :

« UN VOYAGE POUR SE REVEILLER »

 S’adapter avec les moyens du bord,  au cœur de la campagne Française

Faisons court, si nous vous en parlons, c’est pour une bonne raison. : Vous représentez parfaitement la France d’Aujourd’hui

avec votre capacité à rebondir et à vous débrouiller !

Notre association, la « petite ferme de Gaïa », se construit, comme tout le monde, entre crise et projets. Notre projet consiste à étudier/créer un nouveau modèle économique et social. Notre champ d’application est du domaine du Rural car il permet de subvenir aux besoins de  tous dans la tourmente. « Réveillez-vous » avait écrit un homme de bien….

 Pour ça nous allons poser le Pari suivant :

 Celui de traverser la France de haut en bas, à cheval,  sur environ 1.000 km, en prenant le temps de déposer, comme pour la flamme olympique, une pierre semi-précieuse sur chacun des sites historiques, sacrés ou culturels que nous allons traverser.

 Les jeux olympiques en France ne sont pas pour demain, ce projet Si !

  Un objectif clair : retrouver la Flamme justement….

  • Une performance sportive à la clef : Nous allons le faire à pied et à cheval.
  • Une performance psychique : avec de très petits moyens nous donnant un confort très spartiate, mais de vraies techniques de préparation sportive et mentale
  • Un évènement, sans fausse humilité, avec bénéfice commun.
  • Un résultat fameux : comprendre les règles de l’adaptation économique et sociale

 Soyez sans crainte : nous ne sommes ni Politique, ni Religieux, ni Idéologue. Nous vivons à la campagne, très simplement de surcroit. Si vous pensez que porter une touche d’espoir n’a plus aucun sens, effectivement, J’espère que, dans ce cas, vous n’avez pas d’enfant.

 Photo personnelle de l’auteur : Voyage à cheval, Tradition et souplesse de la formule, les Irish Cobs étaient les chevaux des « voyageurs »

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 Projet (en synthèse) :

 Nous allons traverser, essentiellement à cheval, la France des sites historiques sacrés à partir de Vézelay jusqu’à Rennes le Château.  Chaque site historique donnera lieu au dépôt d’une petite pierre semi-précieuse (à choisir) à la symbolique positive. Autant de petites lumières….

 Dans chaque région ou les principales communes, nous interviewerons les habitants locaux pour mieux comprendre leur situation : comment ils se sentent, ce qu’ils souhaitent. Comment ils voudraient y arriver.

 Nous chercherons à établir d’une part un parallèle avec les grandes mutations historiques, d’autre part à affiner un modèle économique ou social d’adaptation.

 Pourquoi à cheval ? Parce qu’avec peu de moyens, mais ceux que nous avons (et nous avons des chevaux, qui sont des partenaires de confiance).

 Le voyage durera entre 45 et 55 jours. Il débutera entre le 7 et le 10 Septembre de façon à bénéficier d’un climat encore correct.

 Pourquoi faire vite : eh bien parce que sinon on en finit pas de parler et de « réunionner », et on ne fait pas grand-chose. Soyons concret. Et nous ne répondez pas que ce sont les « Vacances » !!!

 

Photo personnelle de l’auteur : Voir le bout du tunnel ?

Illiade de Garrigues, les oreilles d’un cheval de pur-sang Akhal-Téké

 

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En voici les étapes prévisibles :

 

  1. Vezelay
  1. Quarré les Tombes
  1. Saint Leger Vauban
  1. Lac des Settons
  1. Bibracte
  1. Saint Leger sous Beuvray
  1. Etang sur Arroux
  1. La chapelle sous Uchon
  1. Uchon
  1. La Boulaye
  1. Ciry le Noble
  1. Chaintry, Ballores
  1. Solutré
  1. Vergisson
  1. Saint Pierre le Vieux
  1. Saint Martin de Lixy
  1. Saint Martin la Motte
  1. Terrenoire Laprugne
  1. Rongère Montagne
  1. Lezoux
  1. Gergovie Plâteau
  1. Puy de dome
  1. Phialeix (Aydat)
  1. Orcival
  1. Besse en chandesse
  1. Valbeleix
  1. Ardes sur Couze
  1. Auzon
  1. Fenerol Cistrières
  1. Allegre
  1. Puy en Velay
  1. Chazevieille
  1. Langogne
  1. Montbel village
  1. Le Mazel, Mas d'Orcières
  1. Les Bondons
  1. Florac
  1. Le veygalier
  1. Meyrueis
  1. Babieges et Lair
  1. Nant
  1. La couvertoirade
  1. Antignes
  1. Mas de Salel
  1. Cussettes
  1. Moulin Mage
  1. Lacaune
  1. Murat sur Vèbre
  1. Olargues
  1. Saint Chinian
  1. Mirepeisseit
  1. La table de Fontfroide
  1. Saint Laurent de la Cabrerisse
  1. Taurize
  1. Bugarach
  1.  

 

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Photo personnelle de l’auteur : L’image d’une équipe multi-générationnelle

 

Il en ressortira :

  • Une étude sociale grandeur nature et hors norme : ce que nous pouvons faire pour arranger les choses !
  • La preuve par A + B que l’on peut encore tout réussir en France et avec peu

 Participeront :

4 générations de cavaliers : 14/24/38/50

Toutes des femmes, question d’image…

Aidées par des hommes……Et leurs chevaux !

Le BLog des Préparatifs : Vendredi 23 Août 2013

Jour J - 15

Qu'avons nous fait :

  • La liste de nos besoins en matériel hommes et chevaux
  • La liste de nos besoins de vie : vêtements, épicerie
  • Le peaufinage du dressage ou de la préparation mentale/physique des chevaux
  • Le traçage du parcours en gros (mais pas en détail, Ouh là là, stress, comment éviter le plus possible la route ?

En théorie, tout va bien...

Sophie et Sugar (Irish Cob): en pleins préparatifs

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Qu'avons nous du acheter :

Coté matériel, je fais le point : le moindre manque va se traduire en souci, voire en souci majeur. Un petit tour à Paris au Vieux Campeur pour acheter des tentes 4 saisons et des duvets chauds ainsi que, voté à l'unanimité, des tapis de sol douillets. Le tout en version légère car c'est le cheval de bât qui porte. J'apprend avec surprise que les tentes 3 saisons ne résistent pas au gel. Nous choisissons la version 2 tentes pour 2 personnes afin que chacun bénéficie d'une certaine intimité (nécessaire pour préserver une bonne entente).

Tout coute cher ! Et même très cher....Je considère qu'il s'agit d'investissements sur le long terme.

Appareil photo fiable, léger, grand angle, netbook pour communiquer et travailler, chargeur solaire nomade, etc....

Ce voyage est sans doute pour nous la répétition ou l'entrainement d'un plus grand voyage. Plus tard.

Ajoutez  le matériel du vie quotidienne : vaisselle, lavage linge, hygiène, plaisir de vivre et livres, etc....

Tout doit rentrer dans  environ 60 kilos de bagages répartis sur le cheval de bât et les sacoches des chevaux montés.

Le moral des troupes :

Notre traditionnelle randonnée du mois d'Août, maitenant derrière nous, nous a servi à tester matériel et degré de résistance des chevaux et des cavaliers. Sur 4 partantes : Elizabeth, Pauline, Sophie et Jade, 1 défection. Ce n'est pas un crime car ici nous avons le respect de la liberté et chacun peut décider de ce qu'il va faire de sa vie. Mais pour un départ une grande joie : Jean a bien envie de tenter l'aventure du bivouac.

Reste le gros stress de la ré organisation due à notre changement de cavalier : qui fait quoi ? On y arrive car de nombreuses bonnes volontés nous apportent leur aide.

L'équipe :

 Jean : Notre Président d'association, le seul homme de l'équipe

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Sophie, l'une des mères du projet et Sugar, délicieuse Irish cob noire

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Elizabeth, seconde mère du projet et Katie, autre délicieuse Irish cob

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 Jade, notre cadette, 14 ans, en rando pour s'entrainer :

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Maggie, excellente Irish Cob, notre cheval de bât, au premier plan :

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 3 chevaux (2 montés et 1 cheval de bât), 1 cavalière à temps plein et 2 cavalières + 1 cavalier qui se relaient, Une équipe soudée

 

Jour J moins 14 à Jour J moins 1 : le blog des préparatifs

Samedi 24 Août : Dans 2 semaines, on part, la peur au ventre : est-ce qu'on va pouvoir partir ?

Je fais les courses, Sophie aussi : c'est du concret, qu'allons nous manger si nous nous trompons ?

  • Pates, riz, purée, couscous, céréales diverses et variées ne réclamant pas trop de temps de cuisson (sinon ça demande trop de gaz ou de feu)
  • Fruits secs
  • Pate d'amande
  • Soupes déshydratées
  • Sauces déshydratées
  • Légumes secs
  • Lait en poudre et lait concentré sucré
  • Kfé, chocolat, thé
  • Papier H
  • Savon de Marseille (se laver soi, le linge, la vaisselle)
  • Dentifrice et micro brosses
  • Brosse à cheveux pliable
  • Contenants étanches
  • Seaux pliables
  • Est-ce qu'on prend de la mayonnaise et du ketchup ?
  • Et le beurre ? Margarine ? Ou rien
  • Chouette je trouve de la confiture en pots en plastique
  • Chouette du miel en pots plastique
  • Petits contenants pour huile, vinaigre, sel et poivre
  • Sauce tomate en tube
  • De la lessive pour laver sans frotter à la main

Je consulte les blogs de voyageurs à cheval, qu'ont ils fait ? Quels ont été leurs problèmes ?

Les cartes au 1/100000 sont commandées....Le trajet est bouclé....Le matériel est là..... Quel bazard !!!

Je commence à trier/organiser la pharmacie....Ni trop, ni trop peu, pas simple....

 Selle chargée de sacoche + cheval de bât + route + cartes + appareil photo : si l'un de nous perd son calme, ça va être vite la katata...: Richard, Katie et Elizabeth

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Dimanche 25 Août : Bilan du matériel

Voyons voir :

  • 2 tentes 2 places et 4 saisons, qui résistent au froid
  • 2 tapis de sol auto-gonflant en partie
  • 2 duvets + draps pour résister là aussi au froid potentiel dans le larzac au mois d'Octobre
  • De quoi faire la cuisine : réchaud + gaz + vaisselle pliable + casseroles
  • 2 boussoles + GPS au cas où + cartographie française informatisée
  • Ordi portable + relai Wifi
  • Téléphone portable
  • Ficelle, couteaux, couverts, pinces à linge, fil à linge, boites  étanches....
  • Appareil photo (1 ou 2 ?)
  • Pour chaque cheval : paire de sacoches, porte duvet, fontes avant
  • Pour le cheval de bât : 2 grosses sacoches étanches + 2 sacoches en rab + de multiples courroies de secours + plein d'attaches diverses

Je dois bien en oublier.... Ce matériel est acquis pour longtemps, mais ça coute cher, il faudra en prendre soin.

 

Mardi 27 Août 2013 : Vérification des selles

Vérifier que l'on se sent bien à cheval est essentiel : Nous voilà en selle avec Sophie avec nos bébés réciproques, les étriers sont-ils parfaitement réglés ? Le tout est-il confortable ?

Un petit mot pour dire que nous nous sommes données du mal pour avoir des chevaux fiables : un dressage pointilleux, entendez plutôt une habituation ou désensibilisation pour que notre ami à 4 jambes ne considère plut comme un ennemi les tracteurs, camions et autres trucs volumineux et/ou bruyants !

Notre randonnée du mois d'Août dans le Haut-Jura nous a permis de vérifier, là aussi, bien des points de confort ou de sécurité :

  • Comment vivons nous le camping ?
  • De quoi avons nous vraiment besoin ?
  • Que veut dire le mot confort essentiel pour nous ?

Au final, nous avons pris nos décisions ensemble : la tente privée, afin de pouvoir avoir un moment de solitude chacune de notre coté, tapis de sol et bon duvet pour bien dormir et avoir chaud, nourriture abondante car nous avons faim et bon livre pour avoir un loisir transportable.

Nous avons décidé qu'il nous fallait, pour cette aventure et les suivantes :

  • Des chevaux fiables
  • De la sellerie fiable
  • Du matériel de bivouac fiable
  • Des personnes accompagnantes fiables

Toute cette "fiabilité" va nous permettre d'éviter, nous l'espérons, les galères traditionnelles que nous avons lu avec intérêt dans les différents blogs de voyageurs à cheval...

Dernières courses :

Il nous fallait bien regarder à la loupe les besoins des chevaux et les notres :

1 virée chez Décathlon (pas la technicité du Vieux Campeur, mais bien pour le pas cher) et quelques vêtements en plus :

  • Pantalons de pluie
  • T-Shirts à manche longue
  • Bandes fluo pour être visible
  • Pantalons de jogging à 3 sous pour monter à cheval léger, confort et sans dépenses

1 virée au Géant Cas. d'à coté pour la bouffe

  • Fruits secs, petits compléments
  • Charcuterie très sèche se conservant
  • Fromage (vache qui rigole) qui devrait se conserver aussi
  • Saucisson et jambon sec

Bref, de quoi sandwicher le midi...

Mardi 3 Septembre 2013 : plus que 3 jours pour être OK, tout mettre à jour avant de quitter nos foyers

C'est un peu la panique....Nos maris commencent à râler

  • Qui va faire les courses ?
  • Qui va s'occuper des enfants ?
  • Qui va faire le ménage ?

Bah, eux bien sur....D'habitude c'est nous, c'est bien ce que ça veut dire...Zut, ils viennent de s'apercevoir qu'on va vraiment partir. Jusqu'ici c'était à peine irréel.

On commence à bourrer les sacoches. C'est lourd. C'est pas facile de renoncer à tout emmener. On a envie d'y être pour pouvoir décompresser et se reposer à cheval.

On a prévu des petits cadeaux pour tous ceux qui auront la gentillesse de nous recevoir. Chut, il faut pas le dire....

Les ordi, tablettes et autres dominos ne fonctionnent pas encore à 100%. Ca urge...Le chargeur nomade il est pas si nomade que ça...Plus que 3 jours. Pour aussi :

  • Faire la maison propre
  • Remplir le frigo
  • Faire le repassage
  • Mettre à jour la compta familiale ou d'entreprise
  • Vérifier les draps des lits et les serviettes de bain pour toute la famille

C'est bien ce qu'on se dit avec Sophie : vivement le départ !!! 

 

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Dormir, n'importe où....

 

Le BLog des Voyageuses : du 7 Septembre au 14 : 7 jours fabuleux

Partir à l'aventure, seulement avec son cheval et ce que l'on peut emporter sur soi....

Qui n'en n'a pas rêvé un jour...

Préparation de MAGGIE  le cheval de bât :

 

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Se prendre des vaances de soucis, de ménage, de vaisselle, de paperasse....

Nous avons osé et croyez moi, il faut au choix :

  • Un entourage tolérant
  • Ou, supporter les engueulades pendant les pr éparatifs

 Bon, nous on a réussi à convaincre tout le monde que ce serait bien pour tout le monde car c'est bien le but de ce voyage initiatique, croire en nos forces à s'adapter en toutes circonstances pendant cette période difficile...

SAMEDI 7 SEPTEMBRE : Le départ, Direction Balaiseaux....

 On selle, on bâte, on charge...2 heures durant, on y connait encore pas grand chose en ficelage hautement sécurisé !

90 kilos de bagages et 3 semaines d'autonomie quasi totale

Résultat : 50 mètres et tout se casse la figure : vraiment tout.

Maggie au départ, bâtée et "chargée comme un baudet"

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Régime amaigrissant des baggages : moins 30 kilos

Nous repartons avec des stocks (voir plus loin, à écrire, l'indispensable à emmener) jugés vraiment indispensables !

On recommence : 2 heures plus tard, 12h30, on y est ! On part, on est pas rassurées...Notre retard risque de nous couter cher en stress !

Nous arrivons à 8 heures à Balaiseaux juste à la tombée de la nuit, sous la pluie, fatiguées et stressées, direct nous osons le centre équestre de Fabien CANNELLE et la ferme de SAINTE MARIE, chez Régine et Denis CANNELLE. Ouf, Régine, le coeur sur la main nous fait un lit, un repas et nous réchauffe la tête. Fabien nous donne 3 beaux boxes douillets et Denis y va à grande fourches de foin. Nous nous rassurons un peu, c'était limite notre organisation...pêché de manque d'expérience.

Le repas et la richesse des éhanges nous remet de la douceur dans le coeur et nous voilà vraiment sur le départ, il nous faudra 3 à 4 jours pour vraiment nous acclimater physiquement (et moins 3 à 4 kilos : chouette) !

 Régine et Denis devant leurs superbes dépendances pleines de chevaux magnifiques....

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DIMANCHE 8 SEPTEMBRE : Direction Commenailles

On cafouille sur la carte, c'est une carte au 1/100000, soit 4 fois moins lisible qu'une carte de randonnée, très vite nous apprenons à naviguer à la boussole avec plaisir et efficacité et ça marche très bien, la France est pleine de beaux chemins ruraux souvent superbes et entretenus par les agriculteurs qui sont d'ailleurs soigneux des terres en général.

Boussole donc....Et à vol d'oiseau ou presque ! Nous récupérons une ancienne voie ferrée et nos chevaux apprennent à trouver leur rythme et leurs habitudes : Katie en tête, suivie de Sugar et Maggie qui suit avec une incroyable bonne volonté : on dirait qu'elle a fait ça toute sa vie. Sauf qu'elle a peur des camions et des tracteurs - bon, on va 'y faire à éviter les grandes routes !

Arrivée tardive et sous la pluie à Commenallles, nous repérons un pré vide et cloturé pour chevaux (électrique et sans barbelés), premère maison qui suit je m'arrête et sollicite la permission de squatter le pré en question : chouette, ce sont les propriétaires et c'est un Oui immédiat, Un vrai Oui, suivi d'un coup de main, de l'eau, puis un café et de la gentillesse, Jade, la petite fille de la maison nous laisse un dessin qui nous rappelle notre enfance, le regard merveilleux ou émerveillé des enfants nous acoompagne sur le chemin.

 Premier Bivouac : une pluie glaciale, nous avons juste le temps de monter les tentes avant de s'en "ramasser une"

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LUNDI 9 SEPTEMBRE :  Direction Moncorny

 Nous voilà parties en direction de Louhans, sans encore trop savoir à quel rythme nous allons "rouler" ni où nous allons arriver...

Autre chose : apprendre à monter et démonter rapidement le camp de base ! A l'heure où j'écris ces lignes depuis une jolie brasserie de Cluny (la Nation, rue Lamartine), nous montons nos 2 tentes en 10 minutes et le camp est bouclé en une petite demi heure. Par contre, il nous faut toujours 2 heures pour préparer nos 3 juments, fignolage des harnachements oblige, car toute erreur risque de se transformer en blessure. Nous voyageons donc avec des protections sur tout ce qui peut blesser.

Nous sommes en BRESSE, une région assez froide, de grandes propriétés rurales, peu de chevaux. Vaches, Maïs et Poules.

Nous roulons environ 30 kilomètres avant de chercher un bout de pré. Nous ne demandons rien d'autre. Mais là, nous essuyons refus sur refus. C'est bien simple, nous tombons chez des agriculteurs qui avec 3 tracteurs dans la cours nous répondent qu'ils ne sont justement pas agriculteurs. Bref, ce n'est jamais chez eux et non, même si c'est vide, c'est virtuellement plein. Cette notion aigue de la propriété, inversement proportionnelle à la notion de coeur et d'entraide (du reste, nous ne demandons pas l'aumone car nous voulons bien payer notre "location") nous suivra hélas pendant tout notre trajet en Bresse, région visiblement peu hospitalière, quant aux peu de gens de chevaux, conformément à leur réputation individualiste, ils n'ont ni prés, ni paddocks ni boxes : Oh les pauvres....

19h00 : nous commençons à paniquer, reste le Bivouac en bord de forêt...Quand nous rencontrons un agriculteur (véritable) dans son tracteur qui, tout souriant (ce qui nous rassure), nous dit qu'il a un ami, qui a des chevaux, qui a de la place, nous voilà à l'aube de notre rencontre avec ALAIN. Nous ne vous dirons pas qui, pour d'évidentes raisons de discrétion, mais c'est une personne merveilleuse et qui nous a, ce soir là, vraiment rappelé ce qu'était la générosité : douche, streak, aide, pré, chaleur humaine, conversation, et même une petite "goutte", et Alain a veillé sur nous comme un père alors que Claudette, sa charmante voisine de 90 ans nous prêtait son petit bout de terre pour poser nos tentes.

 Alain c'est le coeur, celui qui n'a pas besoin de mots pour le dire. Alain ne nous a pas seulement accueillies, il nous a rassurées à nouveau. La France n'est pas morte !

 Jolie ferme traditionnelle Bressane : parfois de très beux hameaux où ça se vide, de nombreuses maisons en vente, les campagnes se vident...

 

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Nous avons une très jolie photo d'Alain, mais nous ne vous la présenterons pas, toujours par discrétion; Mais sahez qu'à cet endroit de Bresse, il existe une personne que nous aimons et que nous souhaitons revoir !

 MARDI 10 SEPTEMBRE : Direction Branges (à coté de Louhans)

Nous abordons la zone péri urbaine de Louhans, y passer à cheval, c'est le bazard...Nous devons passer la Rivière de la Seille et ce passage obligatoire nous coute quelques kilomètres de goudron....Maggie a toujours aussi peur des camion, je décide donc de la monter pour tenter de la familiariser, pas simple : 2 heures plus tard, la jument est encore plus tendue et nous décidons de la repositionner en cheval de bât. Et hop : Re 1 heure de perdue....

 La vraie Galère : traversée de Louhans par le centre ville et les Arcades, pas pu faire autrement, à cause de la Seille, tanpis....Mais les gens nous accueillent chaleureusement et même les gendarmes ne nous chassent pas, ce regard joyeux nous portera chance toute la journée

 Le centre ville à cheval est tout à fait possible sous 2 conditions :

  1.  Avoir des chevaux parfaitement sociabilisés
  2. Avoir soi-même une très bonne notion du contrôle de son cheval (placé des hanches et des épaules, rênes d'appui, etc....)

 Sinon, évitez ! C'est très accidentogène

Ceci dit il fait très beau.

Sortie de Louhans, re voie verte et ancienne voie de chemin de fer, mais de nombreuses barrières qui doivent laisser une petite place pour notre encombrante Maggie avec ses 2 bâts de 30 kilos chacun (eh oui...)

 Il est déjà 17 heures quand nous traversons Branges en sachant qu'il nous faut absolument trouv er un bout de pré. Par le plus grand des hasard (qui nous suivra et que nous appelons "nos bonnes fées"), nous voilà à la sortie des écoles. Les gosses sont émerveiilés, nule doute que nous allons faire des émules. Une mère de famille vient spontannément à notre rencontre et nous propose tout aussi gentiment un pré, Ouf, nous gérons encore assez mal notre fatigue et nous sommes soulagées...Mieux, elle nous guide en voiture jusqu'à cet endroit merveilleux plein d'herbe gouteuse.

Commune de Brange en bord de Seille, notre bazard par terre, un désordre apparent, mais un contenu étudié et organisé....

Ici Vieux puit et micropur oblige. Goût de vase.....

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 Pour l'eau, c'est au puit et grace à Micropur (désinfectant d'eau non potable) nous pouvons manger et boire. Mais l'eau du puit a un fort goût inqualifiable (vase et pourri); Nous ne reverrons pas notre charmante hotesse qui éleve des chevaux de couleur et des poneys, mais nous la remercions encore. Elle avait 2 enfants assez jeunes et plein, tout plein de travail, mais elle nous a offert de son temps et de son herbe.

 Venait encore une rencontre merveilleuse : une charmante dame en chapeau nous regarde depuis son jardin potager, elle compatit et nous offre un café, puis un vrai petit déjeuner, nous discutons, échangeons, son mari nous offre un pot de confiture de mures sauvages : Mmmmmmm ! Ils sont randonneurs, et ils nous font des photocopies d'une carte d'état major pour le lendemain, grace à eux nous longerons le bord de Seille au lieu de galérer sur le goudron.... Notre charmante dame est malade, mais nous lui souhaitons de toutes nos forces de guérir et que notre amitié l'accompagne; Nous reviendrons la voir, la remercier, les remercier, reprendre ses coordonnées, car son coeur est en bien meilleure santé que celui de bien des gens qui se croient sains...

 Dressage d'un camp de base en zone péri urbaine : pas très facile....

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MERCREDI 11 SEPTEMBRE : Direction Loisy, Bresse profonde, sinistre anniversaire (ça on va s'en souvenir)

Nous voilà dans le coeur sans coeur de cette Bresse profonde, verdoyante et agricole.

La journée se passe bien, nous sommes à présent bien au point et pouvons, sur les bons terrains, trotter et galoper sans difficulté et sans faire bouger ni les sacoches, ni le bât qui est pesé et équilibré à 500 grammes prêt tous les matins.

Le Bord de Seille est délicieux et nous donne l'occasion de nous payer une franche galopade qui amuse follement nos Irish Cobs. Ces chevaux d'authentiques Gitans Anglais ou Irlandais (vendus par des gitans) aiment s'amuser, mais assurent à 1000% quand il faut être sérieux. C'est une race qui bénéficie de centaines d'années de vie avec l'homme.

Passé le bord de Seille, nous voilà proches de la commune de loisy, nous nous y prenons très tôt pour chercher un pré car nous savons que le (relatif) mauvais temps ne va pas rendre les choses faciles. Mais la campagne semble morte. Les villages sont peu occupés où par des gens qui ne sont pas du tout disponibles. Nous voulons demander notre chemin au propriétaire d'une très jolie mason, mais quand il nous nous voit, il se cache (véridique) avec  tenue de jardin toute jaune. Nous lui faisons peur avec nos chevaux, sitôt reparties, il sort de son trou, comme un rat qui a peur. Le rat est caché : il va bien, il protège son fromage...

 Nous chercherons sans fin et sans aucun succès : personne ne veut nous prêter louer offrir ne serait-ce qu'une vieille étable pourrie;

18h30 : montage d'un bivouac sauvage, le flingue sous l'oreiller, les chevaux se repprochent des tentes et veillent sur nous (dumoins nous y croyons). Nous faisons chauffer notre tambouille à la dure et repartons le matin en prenant soin de ne pas laisser de trace sale de notre passage; L'expérience de la survie (enfin, relativisons) est particulièrement importante pour comprendre ce qui est essentielle ou futile. Nous en reparlerons. De même que la non générosité premet de comprendre à quel point la générosité ou la solidarité sont douces et bonnes.

Ce que nous retenons :

  •  Nous faisons des rencontres merveilleuses que nous n'aurions pas faites si nous n'avions pas eu besoin de chercher

 

Dépendre d'un bivouac sauvage : le nomadisme a ses avantages et ses inconvénients, mais il faut "caser les chevaux"

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JEUDI 12/09 : En Direction d’Ozenay

 Paysages magnifiques et chemins de la basse Bourgogne : la journée se passe bien et nos chevaux assument plein pot le passage de la ville de TOURNUS par le centre et au milieu de la circulation après le pont de la Saône !

Paysages de la basse Bourgogne sous l'objectif de Katie : des paysages merveilleux, une France si belle, même si pas toujours accueillante

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 Nous franchissons (chevaux ultra calmes nécessaires) :

  • La Saône
  • Tournus Centre
  • La A 36
  • La voie de chemin de fer par le dessous avec train qui passe (bruit)

 Les heures de marche passent, plus d’eau

 16h00, nous retrouvons après un long chemin de crête la civilisation au milieu des vignes et un vigneron du cru nous indique le village et les théoriques gites.

 Au village on nous indique celui d’à coté, nous voilà arrivés dans l’unique gite qui théoriquement aime et a des chevaux lui-même : réponse de l’interessé : Nous sommes complets – Aî A ï A ï….

 Panik :

 Epuisées (je fais de l’hypoglycémie)

  • Plus une goutte d’eau
  • Plus de stocks alimentaires
  • Sales
  • ….

 Je demande à son voisin d’en-face s’il connait un autre gite et le miracle se produit, celui de nos bonnes fées depuis le départ : Serge et son adorable épouse (la vraie gentillesse), nous voyant dans la merde, nous offrent un repas, une douche et nous emmènent en voiture pour pouvoir faire les courses. Ouf, à présent nous devons être plus prévoyantes !

 Nous verrons que nous devons nous arrêter bien plus tôt pour chercher un illusoire gite qui, le plus souvent, sera plein ou fermé.

  Gitage à Ozenay : Au sec, ça fait du bien ! Un garage à l'abri de la pluie, précieux...

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 VENDREDI 13 SEPTEMBRE : Un Vendredi 13 vers Azé (direction Cluny)

 Le temps est encore beau, mais avec des phases variables de fraicheur ou d’humidité. Nous avons le plein, mais nous commençons à manquer de linge propre et nous tenons à notre dignité !

Après de multiples pérégrinations dans les monts de la Bourgogne et les forêts serrées, nous débarquons avec difficulté sur une route hyper passante qui effraie Maggie (camions). Je demande mon chemin exact pour rejoindre au plus vite une zone habitée (elles sont rares dans le coin). Et zut, il est déjà 17 heures et nous de pouvons plus tergiverser, trop tard encore une fois pour s’en sortir. Nos bonnes fées veillent et un couple de jeunes installés depuis 1 semaine (véridique) avec boxes, chevaux, paddocks et grande gentillesse nous proposent leur hospitalité (que j’indemniserai car nous devons faire une pause de 24 heures pour laver notre linge et soigner les chevaux).

Repas et douches sont précieux…Discussions passionnantes ! C’est chouette de voir un jeune couple qui s’installe plein d’enthousiasme et avec l’aide de ses amis. Papa travaille aussi plein pot, tous d’excellents bricoleurs.

 Ce Lieu magique s’appelle « La Combe aux Oiseaux », avec un si joli nom, pas étonnant qu’on y soit bien.

Le camp de base et son fil à linge.....De vraies gitanes à la combe aux oiseaux

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La vaisselle à faire propre : nous verrons que c'est aussi une sorte de luxe'.....

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Finalement, nous disons nous, la position de la femme (lavage et nettoyage) ne change guère, même en voyage....

Le lendemain, Jean (Notre président) nous rejoint avec quelques vêtements propres et nous faisons une séance shopping et visite de l’Abbaye de Cluny car c’est la journée du patrimoine. Shopping pour les cadeaux (enfants). La visite de l’Abbaye nous sidère, comment l’être humain a pu détruire un si magnifique édifice (qui a concurrencé Rome !). Un être humain tour à tour merveilleux et barbare….

Nous terminons notre première semaine….Propres, secs, sauf notre linge qui ne voudra jamais sécher, même après 24 heures pendu sous une grange. Le temps vire à la pluie….

   Visite de Cluny : pourquoi avons-nous détruit l’Abbaye (qui a servi de carrière de pierres !) ?

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 La visite de l'Abbaye de Cluny est très riche, cette abbaye qui voulait surpasser Rome et dont les dimensions et les matériaux étaient surdimensionnés et/ou luxueux a été détruite à la révolution, servant tour à tour à passer la colère des hommes ou de carrière de pierres ! Sommes nous idiots au point de détruire les beaux témoignages de notre histoire ? Oui, sans doute, puisque toutes les révolutions de tous les pays du monde détruisent avec rage leur passé culturel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Blog des voyageuses : seconde semaine, l'initiation commence !

DIMANCHE 15 SEPTEMBRE : En Direction du Sud-Ouest, Berzé le Chatel

Sous le signe de la pluie devrions-nous dire ! Le temps s'est considérablement refroidi, il nous faudra bientôt des vêtements chauds.

Merveilleux paysages et châteaux anciens ou fiers…..

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Nous commençons à mieux cerner le terrain :

Les campagnes sont aussi belles que vides, des hameaux clos succèdent aux hameaux clos et agriculteurs ou propriétaires de chevaux sont toujours absents ou n’ont jamais de place.

L’individualisme fait rage ! La crise n’a rien d’étonnant dans ce monde là. Comment pourrions nous nous en sortir sans la moindre solidarité ?

Nous savons donc qu’il ne faut pas demander à s’abriter (ni contre indemnisation) :

  • Dans une ferme (aucun n’est agriculteur et ils ne connaissent jamais à qui appartient quelle parcelle)
  • Chez un propriétaire de chevaux (ils n’ont jamais de place, c’est la surpopulation)
  • Nulle part d’ailleurs…. (personne ne connait personne qui…..)
  • Les gites sont clos (c’est la crise, inutile d’ouvrir)

 Nous savons que de jolis bocages nous tendent les bras. Nous laissons notre campement propre et dormons sous la tente après avoir mangé, version camping gaz, des choses simples mais nourrissantes pendant que nos compagnons à 4 jambes tondent l’herbe avec une grande efficacité en restant à proximité de nos tentes !

Pour ce soir, après avoir tenté vainement de trouver un gite, nous découvrons un pré occupé partiellement par des vaches charolaises qui laissent une partie bocagée libre (que nous clôturons avec du fil électrifié !)

La compagnie des vaches charollaises : curieuses, mais potentiellement dangereuses, nous nous interdisons toute familiarité !

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Il pleut des cordes, il commence à faire froid et nous ne pouvons plus chercher car il serait dangereux de traverser une nouvelle foret à 17 heures.

 Sophie fait le petit-déjeuner, eau chaude pour café en poudre !

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LUNDI 16 SEPTEMBRE : En Route vers Matour ; arrêt sur la commune de Trambly

Nous repartons à peine glacées, notre linge n’a pas séché et nous avons du dormir habillées avec notre pantalon de cheval pour que notre température corporelle le sèche.

Mais c’est avec un bon moral que nous chevauchons dans des chemins superbes !

A 11h30 nous découvrons notre premier Bar-Epicirie de village, c’était dans le temps une tradition, elle n’existe pratiquement plus. Nous faisons une pause pour nous réchauffer : un vrai café, un vrai jambon beurre et un peu de chauffage, malheureusement plus de gaz en vente :

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A 15 heures, nous entrons dans le bois d’Ouilly : Eh bien le propriétaire/seigneur des lieux nous attend de pied ferme pour nous souhaiter la bienvenue et nous offrir un café, il nous explique ce qu’il fait, son gite équestre et ses objectifs pour accueillir ou diriger les promeneur, il est juge en compétition de TREC et mène en paire (attelage). Nous lui expliquons à notre tour que nous faisons un voyage plutôt de rencontres et d’approche culturelle et que nous sommes mouillées et  cherchons un sèche- linge et un endroit pour dormir à 16 heures. 15h30, nous repartons, visiblement nous devions avoir encore très bonne mine. Ce propriétaire terrien heureux (115 hectares, maison de pierre, chevaux, écuries et paddocks, son épouse est maire du village, étang à disposition, etc…. ) obéit à la règle habituelle de nos bonnes fées : aller voir plus loin pour sans doute mieux comprendre l’objectif de notre voyage.

Les campagnes étant toujours aussi dangereusement vides, nous commençons à chercher bocage assez tôt, mais sans succès ! Nous arrivons trempées et glacées à Trambly (à coté de Matour) où tous les gites sont clos ! Désolée, je file à la mairie pour tenter de trouver une solution. Il n’y en a pas, ni étable, ni gite, ni rien (à croire que nous sommes à Paris). Heureusement le Maire, un homme bon et disponible, a un ami qui fait chambre d’hôte à 3 kilomètres de là, nous filons derrière sa voiture, au trot, pour rejoindre ce lieu tant espéré.

Nous voilà posées chez Robert et Josiane BILLONET qui nous reçoivent avec Art et délicieuse cuisine et nous permettent de sécher (enfin) notre linge pour les jours à venir ! OUF, encore. Il nous en coute 91 euros pour dormir une nuit, manger et petit-déjeuner, ce n'est pas la faute de nos hôtes, mais l'hospitalité à la Française est devenue très chère et le remplissage des gites ou chambres d'hotes chute énormément. Qui peut en effet se payer en famille des repas à 20 euros ou des nuitées à 50 euros à partir de 2 personnes ? Nous ne pouvons nous payer ce luxe chaque jour, nous devrons donc continuer en bivouac sauvage pour un temps.

Une terre superbe qui pourrait bien nous nourrir, à condition de….

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  • en se garantissant contre toute mauvaise surprise.
  • Nous gérons mieux stocks divers d’eau et d’alimentation, ainsi que notre fatigue que nous prévenons par un petit quelque chose à manger vers 16 heures.
  • Notre trajet va très bien à la boussole et à la carte au 1/100000, les hemins sont entretenus en Bourgogne et les paysages valent toujours le coup.
  • Notre choix de matériel s’avère concluant et les techniques de « survie et de bivouac aussi)
  • Pluie et froid, ou au contraire sècheresse et grande chaleur sont dangereux et doivent être pris en compte !

Nous sommes capable de faire un premier tri entre futile, utile et essentiel !

  • Les qualités de cœur sont les seules qui permettront de faire taire cette crise économique qui sévit, mais qui n’est pas qu’économique !
  • L’égoïsme se dispute à la barbarie le droit de détruire ce qui a été fait
  • Notre modernisme n’est pas à jeter aux chiens
  • C’est notre comportement individualiste et sans écoute de l’autre qui est en train de tout détruire
  • La terre est belle et devrait nous offrir de quoi vivre pleinement heureux.

MARDI 17 SEPTEMBRE : en Direction de Saint Bonnet des Bruyères, Hameau des Villards

Les journées se font désormais sous la pluie et rien d'autre. Hameaux vides aux volets clos se succèdent et il faut bien le dire, c'est à peine démoralisant.

Nos juments n'ont aucune blessures et nous non plus, nous n'avons pas d'autre problème que l'humidité et le froid, à condition de veiller sur les basiques (eau et nourriture pour tous). Mais nous montons et démontons notre camp de base en 30 minutes chrono ! Les structures de nos tentes sont détrempées, nos vêtements sentent l'humidité et le moisi, les stocks alimentaires, malgre nos bons soins souffrent.

La température de grand matin est de 5°C, 8°C à 9h00, l'accueil, globalement très restreint n'arrange rien.

Nous arrivons dans un petit hameau de 10 habitants tout au plus, mais au moins 2 paires de volets ouverts....Mauvaise pioche, nous posons la question du pré à un ancien gendarme à la retraite, et il a failli sortir le fusil. Bon, nous devons avoir l'air de brigandes..Un autre voisin, charmant, nous propose de squatter plus haut dans un bocage vide. Ce que nous allons faire, ayant bien compris que notre formule polie consistant à demander l'autorisation et/ou à indemniser l'agriculteur local fait surtout peur : il ne faut rien demander du tout (ce qui nous a été confirmé dans les différents blogs de voyageurs à cheval). Pourtant....2 femmes de 40 à 50 ans, à cheval....Nous ne pensions pas que le premier sentiment inspiré serait de l'odre du rejet ou de la peur ?

Les paysages de la basse Bourgogne continuent de nous enchanter, mais force est de constater qu'à défaut d'un minimum de structures naturelles (prés verts, clotures, eau naturelle), nous risquons de nous mettre en insécurité ! Nous décidons donc, à défaut de plus de renseignements, de repiquer vers la haute Bourgogne (via Solutré et les vignobles) pour finir le trajet du coté de la commune de la Boulaye.

Nous piquerons vers les Causses (Auvergne, direction FLorac) lorsque nous aurons résolu le problème de l'alimentation des chevaux en zone sauvage.

Un paysage merveilleux, des vaches dodues :

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MERCREDI 18 SEPTEMBRE : vers la commune de Chasselas

Les conditions deviennent vraiment difficiles, il fait froid, il pleut, non stop ! Il pleut sur la ville comme il pleure dans mon coeur, les propos de Paul Verlaine galopent dans nos têtes un peu tristes d'avoir à affronter les visages renfrognés des Français effrayés par tout ce qui ne leur ressemble pas. Nous n'avons pas le droit de céder à l'aigreur, mais les propos de Georges Brassens "Les croquantes et les croquants. Tous les gens bien intentionnés. Riaient de me voir emmené...." nous reviennent en mémoire.

Bon moral nous décidons d'avoir et sortons l'harmonica, le Tarot, le couscous (un ami fidèle car vite cuit) et la pate d'amande (notre peché mignon)

 

Les juments des voyageurs : 3 Irish Cobs formidables, plus philosophes que les Hommes

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Les journées et les juments prennent leur rythme, lent en apparent, mais efficace, à raison de 30 kilomètres par jour avec 80%, voire plus, de chemins. Les grandes routes sont toujours évitables (et à éviter) et en général nous ne faisons que traverser les départementales. Nous nous autorisons les minuscules routes goudronnées de campagne, généralement désertées par les voitures.

Le rythme s'est organisé :

  1. 7h00 : lever du jour et des cavalières, café en priorité (avec pain condionné et confiture offerte à Brange), Tente de Sophie
  2. 8h00 : rangement du camp
  3. 8h30 : préparation des chevaux
  4. 10h00 On lève le camp
  5. 15h00 : observation du paysage, Où pourrions nous dormir ?
  6. Entre 16 et 17h00 : Installation du campement, une demi heure
  7. 18h00 - 19h00 : repas de campagne sur notre camping gaz, une soupe, un sucre lent, quelques fruits secs
  8. 19h30 : Tarot, lecture (nous avons une charge de 2 kilos de livres qui accompagnent nos nuits) à la lampe frontale
  9. 20h30 - Extinction des feux en fonction de....

Désormais, nous ne demandrons plus rien à personne, ni eau (il y a l'eau courante dans les ciemetières, à défaut l'eau qui coule avec le micropur), ni pré (on squatte discrètement), ni rien. Et ça convient à tout le monde, les parents amènent les enfants pour prendre des photos et les locaux nous voient passer sans questions idiotes. 

JEUDI 19 SEPTEMBRE : La Roche Vineuse, via la Roche de Solutré, au pays de François Mitterand (sans aucune opinion politique)

 

Sophie sur Sugar et Maggie bien en main, qui suit avec un grand savoir faire

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Nous sommes sur l'une des plus célèbres régions de vignobles au monde ! Les raisins ne sont pas murs et les vendanges sont très en retard, inutile de grapiller quelque rondeur vinifère.....

Notre fonctionnement est de l'ordre de 99% à la boussole, le 1% restant, c'est la mise au point sur un gros village bien repérable sur la carte (comme Solutré) pour être sures que nous sommes bien là où nous devons être. Mais la précision d'un bon calcul boussole est vraiment fiable. Nous calculons le degré, puis nous repiquons chemin après chemin. Les agriculteurs ou les communes les entretiennent très bien pour de multiples raisons : Tourisme et accès aux prés ou aux champs (et vignes). Les zones de bocages et de vignes que nous traversons sont très faciles et hautement touristiques. L'apprentissage de la boussole est une priorité sécurité, c'est avec ce petit instrument à quelques euros et quelques grammes que nous pourrions aller partout et rentrer chez nous le cas échéant. La carte d'état major (ign au 1/25000) est pratique, mais il nous en faudrait beaucoup et ce n'est pas possible au-delà d'un rayon de 50 kilomètres. La carte au 1/100000 est tout à fait insufisante pour s'y fier en randonnée. Elle ne donne que les grands axes et les repères. C'est déjà pas mal.

Nos tentes détrempées et nos vêtements presque tous humides ne nous protègent guère. Dans quelques jours, Sophie rentre pour récupérer Famille et Maison, j'en profiterai sans doute pour faire une pause avant le changement de cavalier et récupérer des vêtements plus chauds (et secs).

Roche de Solutré et Vignes : la beauté des paysages !

 

 

JEUDI 19 SEPTEMBRE : En Direction de Chardonnay, Célèbre cépage

Le Bon vin réjouit le coeur de l'homme !

Nous voilà à proximité du bourg de Chardonnay. Par discrétion pour le bocage que nous avons squatté, au milieu de nulle part; vous ne saurez pas où exactement. Depuis que nous ne demandons ni eau, ni location de bocage, nous voilà mieux accueillies.

  • Dans les pays désertiques, l'eau est automatiquement offerte.
  • Dans les pays difficiles, l'entrée dans la maison est automatiquement offerte
  • Dans les pays nomades, l'hospitalité est une tradition

Pas en France, Beau pays, mais correspondant assez à l'image véhiculé par notre culture à l'extérieur : Béret, Baguette et Litron de Rouge, ajoutez le chien, quasi obligatoire dans certains coins où il est en plus gueulard et mauvais. Faute de sonnette à l'entrée, il est impossible de rentrer en communication avec ses habitants (qui n'écoutent pas leur chien hurler que nous sommes là, à demander notre chemin)

Le Français : une image plutôt "Bidochon" qui n'est pas vraiment fausse, malgré quelques exceptions culturelles

 

Les journées se passent bien, nous avons apprivoisé nos honorables montures qui campent autour des tentes la nuit et semblent faire attention à nous. Il n'est pas rare de les entendre galoper joyeusement et mettre un coup de frein à 1 mètre de la tente, Katie ayant même réussi à oter un piquet en pleine nuit en se frottant délicatement à la tente de Sophie....

La proximité des juments : un délice...Les voir chaque matin au réveil....

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 VENDREDI 20 SEPTEMBRE : En direction de Cormatin

Chardonnay, Cormatin...Via google Map, 17 kilomètres, dans la réalité, près du double. Si vous devez plannifier votre voyage à pieds, utilisez google map en doublant la mise. Ce sera vraiment plus prudent et réaliste.

Le Château de Cormatin, haut lieu touristique de la Saône et Loire

 

Nous posons nos chevaux dans un bocage devenu traditionnel et, pour une fois (mais pas coutume), nous trouvons l'agriculteur propriétaire que nous indemnisons pour pouvoir faire un peu de tourisme au Château. Nous nous autorisons quelques heures de pause, ce qui nous vaudra une journée réduite, mais peu importe, nous n'avons plus la montre (l'unique montre de Sophie est tombée en panne), mais nous avons le temps....

Dans notre civilisation dite évoluée, nous sommes finalement toujours en train de courir après un objectif qu'il faut satisfaire absolument :

  • Travailler
  • Pour payer une maison ou un appartement
  • Dont nous avons à peine le temps d'aménager
  • Avec de l'argent
  • Qu'il faut gagner
  • Pour se reposer et partir en vacances
  • Qui prennent fin car il faut travailler
  • Pour payer tout ça
  • Et un jour espérer une retraite
  • Qui est de plus en plus retardée

A quand, comme aux U.S., les petits vieux qui vendent du lait ou des journaux pour survivre dans des mobilhomes....C'est un constat effrayant, car nous perdons notre vie à la gagner....Et nous n'avons guère le choix, à moins de cocher la case assistanat, qui marche bien en France, mais qui ne va pas durer, vu qu'il y a de moins en moins de gens pour payer ces charges financières là ! Bref, ne désespérons pas....

Faire la route : une vie différente et le choix du nomadisme, des implications importantes

 

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SAMEDI 21 SEPTEMBRE : Départ de Cormatin, en Direction de Joncy

Le Coeur du Beaujolais, paysages sublimes, très vallonés, les maisons anciennes aux pierres parfois jaunes, qui ne voudrait pas habiter un tel site ?

Nous fêtons nos 2 semaines de bivouac et techniques de semi-survie (la recherche de l'eau ne faisant pas à priori partie des basiques Franco-Français)

Nous croisons de petits bâtiments en pierre qui ressemblent à des bergeries et qui nous font rêver d'un toit et d'un lit douillet....Mais nous savons qu'il ne nous est pas possible de demander, même moyennant finance, un toit. Le voyageur n'a pas de toit.

Faire une pause : Sophie tient les chevaux pendant que je cherche un point d'attache correct (en sécurité)

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Le nomadisme qui se cale souvent sur les saisons et les besoins en nourriture implique un renoncement à tout ou partie des structures confortables auxquelles nous souscrivons d'habitude. La liberté est le premier de nos avantages, le temps le suit de près et notre droit à la propriété est avantageusement remplacé par le droit de profiter avec nos 5 sens. Mais le reste de notre confort est remis en cause et le manque peut devenir douloureux.

Demain, Sophie rentre. J'en profiterai pour changer de vêtements, régler quelques soucis domestiques et imaginer la prochaine semaine de bivouac avec un nouveau partenaire !

Avant le récit de la prochaine semaine, un "chapitre" sur l'utile, l'indispensable et le futile, ce  à quoi on ne pense pas...

 

  

 

 

 

 

Le BLog des voyageurs : Nomadisme mode d'emploi !

A moins d'y être confronté, nous n'avons pas idée de nos propres besoins...

  • Dormir au chaud : pas si évident si nous n'avons pas de "'grotte", l'homme des cavernes savait ce qu'il faisait
  • Manger à sa faim : une évidence, pour qui vit en Occident et bénéficie des dernieres progrès, mais pas pour le nomade
  • La santé : une absolue nécessité, la moindre difficulté peut causer d'intolérables souffrances ou dysfonctionnements
  • L'eau potable courante n'est pas gagnée automatiquement, c'est presque un incontournable
  • Le Froid et la Pluie sont des difficultés majeures

 

Le chemin des moines, de Tournus à Cluny : eux aussi avaient la nécessité de voyager et communiquer

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D'autres soucis viennent rapidement s'additionner :

  • Faire la vaisselle (c'est à dire manger dans du propre) n'est pas acquis à défaut d'eau
  • Faire pipi, fastoche, mais plus peut devenir un problème (d'hygiène dumoins), et nous sommes habituées au papier....
  • Se laver et se laver les cheveux n'est pas facile en bivouac et passé la bonne saison, l'eau de la rivière n'est pas accessible
  • L'hospitalité n'existe pas sauf exception
  • Les chevaux sont un plus pour voyager, mais une grosse contrainte si nous voulons garantir leur confort

 

Ce qui est utile et important pour rester "heureux" et "civilisé" :

  • Disposer d'intimité
  • Communiquer
  • Comprendre et apprendre
  • L'art
  • Un peu de confort basique (lit, douche, vêtements chauds et secs, alimentation et boisson)
  • La juste mesure de chaque chose
  • L'amour et l'amitié

Ce qui est peut être futile :

  • L'excès
  • Le luxe
  • Le  trop

Notions qui sont difficiles à "doser" car elles sont relatives, notre bien-être occidental peut paraître futile à d'autres traditions moins chanceuses que nous.

S'accrocher à ses valeurs, à son éthique (ou sa morale), sans vouloir les imposer à autrui...

Nous dédions cette page à Alain, nous gardons pour nous sa photo, son sourire au grand coeur. Sans doute nous a-t-il justement permis de ne pas nous perdre.

 

Le BLog des Voyageurs : Troisième semaine

Une courte pause pour permettre à Sophie de reprendre le cours de sa vie familiale et de se ré acclimater à un bon lit et une bonne douche, une courte pause pour me permettre de stocker des vêtements et de passer par chez moi pour caresser tous mes enfants à plumes et à poils qui m'attendent de pied ferme ! En théorie, nous devions descendre vers le Sud, mais le mauvais temps et l'absolue nécessité de se débrouiller sans la moindre aide (même pas pour l'eau potable) nous fait réviser nos objectifs : il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis...

 

Katie avant le départ numéro 2, habillée d'un tas de sacoches assez lourdes, notre rythme est lent !

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Nous profitons de la pause pour aller remercier nos quelques hotes gracieux, ceux dont le coeur est vaste et verdoyant comme un bocage bourguignon ! Pour d'évidentes raisons de discrétion, nous gardons les photos (et noms) pour nous. Mais ils nous ont donné raison de nous accrocher à nos valeurs et nous sommes bien décidées à accueillir les cavaliers randonneurs en détresse dès notre retour (ça arrive plus souvent qu'on le croit car les chevaux sont difficiles à loger).

Qu'avons nous emmené d'important dans nos baggages :

Fontes avant (posées sur le pommeau de la selle) :

  • Flasque d'alcool en cas d'hypoglycémie et/ou de refroidissement
  • Appareil photo (sensible à la pluie, donc rangé quand il pleut)
  • Lampe frontale (ultra nécessaire et devant rester accessible)
  • Couteau
  • Ficelle
  • Pantalon de pluie (le haut est noué autour de la taille)
  • Médicaments d'urgence anti douleurs
  • Le flingue....Et une bombe lacrymogène
  • Quelques fruits secs (hypoglycémie)

Autour de la taille :

  • L'argent (150 euros en espèces), 2 cartes bleues et 4 formules de chèques
  • La carte d'identité
  • Encore une lampe frontale et un couteau
  • Encore quelques médicaments, dont ceux pour les urgences allergie et les maux d'estomac + le fameux micropur
  • Les photos de notre famille adorée
  • Le téléphone portable et son cable pour la recharge

Les sacoches arrières :

  • Nos vêtements (tout doit tenir), limités à 7 slips et paires de chaussettes + 3 pulls + 5 t-shirts
  • Une gourde de 1 litre, avec 2 gourdes d'eau potable, nous tenons 1 journée complète, café inclu
  • Les lingettes de  type pampers pour se laver sans eau (attention elles décapent trop)

Le boudin arrière :

  • Notre duvet et notre oreiller pliable ou gonflable

Les bâts :

  • De quoi monter une petite clôture électrique, y compris une batterie portable
  • De quoi faire une ligne d'attache
  • Un peu de maréchalerie (pince, clous, marteau qui sert aussi pour la tente) et chaussures de secours pour les chevaux, 1 par taille
  • Pharmacie chevaux
  • Pharmacie humaine et de quoi faire une suture (hommes et bêtes)
  • 1 semaine d'alimentation
  • 2 kilos pour nos loisirs perso : livres, musique, harmonica
  • Informatique : net book + domino Wifi + tablette + chargeur solaire nomade
  • 2 tentes, 2 matelas de sol auto gonflables
  • La vaisselle : 2 assiettes, 2 casserole de voyage (dont l'une sert de couvercle à l'autre), 4 mugs de voyage pliables et 4 tasses à café de voyage pliables
  • Divers important : fil à linge et ses pinces, lessive sans frotter à la main, savon de marseille, éponge
  • Trousse de toilette (Lotion douche + shampoing, shampoing sec, brosse à dent, dentifrice, de quoi se couper, nettoyer les ongles, brosse pliable)
  • Serviette en micro-fibre : 1 grande par personne + 1 petite qui sera transformée en protection pour les chevaux dès le second jour
  • Des petites pierres semi-précieuses que nous avions achetées pour les offrir à qui nous offrirait une douche, un repas, un lit....

En tout, 2 fois 28 kilos environ.

LUNDI 23 SEPTEMBRE : en direction des Maillys, direction générale de la Boulaye, dans le Morvan

Le Morvan est une terre authentique, alors que la Bourgogne du Sud est une grande habituée du tourisme, le Morvan est réputé bien plus sauvage si l'on excepte les sites connus comme le lac des Settons ou Bibracte. Je pars seule, mais pour 1 semaine. A l'issue, nous verrons ce qu'il en est de cette expérience autarcique sur mode nomade.

 Faire le point sur la carte, ça rassure le cavalier nomade !

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Une journée en solitaire appelle à l'introspection, privée de l'agréable compagnie de Sophie, tout me parait plus difficile : monter le camp, faire ma tambouille, me réchauffer...J'ai pris quelques nouveaux livres et un petit lecteur MP3 pour agrémenter les soirées. Ce soir, Mon bien-aimé Jean me rejoindra car je suis encore à portée de voiture.

Cette seconde partie sera vécue sur un mode le plus proche possible des techniques dites de survie :

  • Aucune demande d'eau potable (mais de quoi la désinfecter)
  • Aucune aide alimentaire (mais un stock raisonnable)
  • Aucun gite (donc pas de douche chaude)
  • Aucune demande d'aide pour le logement des chevaux
  • Des vêtements suffisants pour assumer le froid et la pluie

Un arrêt prêt d'un bourg ou d'un village me permettra peut-être d'interviewer 2 ou 3 personnes ciblées pour recueillir leurs impressions sur quelques points sociologiques importants.

Se connecter à internet via un "domino" est hasardeux, je ferai donc comme possible.....et rechargerai les batteries via le chargeur nomade solaire.

Par sécurité, les lieux d'arrêts ne seront jamais cités (ou après coup)

Si quelqu'un me propose spontannément quelque chose, j'accepterai ! Voilà....

Premier soir :

  • Aucune proposition de rien du tout
  • Pré bocager correct pour les filles, je les ai fait boire3 fois dans la journée (flaques, ruisseaux, etc...)
  • Eau potable via un cimetière (tous équipés)
  • Menu du soir : coucous, fruits secs, saucisson
  • Loisir du jour : Harmonica et lecture (les manuscrits de Nag Hammadi)
  • Dodo à 21h00 - Lever à 7h00

La tente du voyageur : on a vite fait de reconstituer son petit univers bien à soi et c'est grâce à lui qu'on se sent rassuré

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MARDI 24 SEPTEMBRE : Petite étape, je dépasse à peine Saint Jean de Losne

Il fait beau la journée, froid la nuit, humide le matin ! J'avance doucement car monter et démonter quotidiennement le camp c'est assez fatiguant.

Des paysages assez sauvages et un soleil blanc avec un ciel variable, parfois menaçant.

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En échangeant avec d'autres voyageurs rencontrés par hasard (mais à pieds), nous tombons d'accord :

  • Idéalement, un point de chute confortable de temps en temps permet de se redonner des forces
  • Un camp 100% itinérant est fatigant
  • La France n'est pas du tout ouverte au nomadisme, les Pelerins de Compostelle sont à peine tolérés

Soirée commune, mais pas de feu de bois car le bois est tout mouillé...

Précieux cours d'eau : réalisons nous notre chance que d'en disposer ainsi ?

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Points positifs en France :

  • Une relative sécurité
  • La grande beauté des sites
  • De l'eau en abondance
  • La possibilité de s'approvisionner

Points améliorables en France :

  • La grande méfiance des habitants
  • La non hospitalité, la non solidarité, l'individualisme
  • Les structures d'accueil très couteuses (auberges de jeunesse ou centres pas si nombreux)

Demain, faut absolument que je rattrape mon retard....

       Journée de Mardi :

Tout s'est bien passé, rythme trankilou, soit au pas car un cheval de bât ne permet pas de faire de la vitesse...Je saisis maintenant tout le confort d'une roulotte gitane : chaud, à l'abri de la pluie, un lit douillet le soir. Ma solitude me rend susceptible de discuter avec d'autres voyageurs, mais globalement les campagnes sont vides et les touristes sans doute ailleurs....

Voyager sur les bords de la Saône : apaisant et à l'abri de la circulation routière

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Comme sur les bords de la Seille, la Saône offre le charme d'une végétation riche mais bien conduite, les chemins sont entretenus et quelques rares bâteaux de plaisance brisent le rythme presque langoureux de l'été indien. Promenade à l'intérieur de soi-même. Je parle peu....Pensée pour ma cousine, presque ma soeur jumelle (nous sommes nées  à peu de temps d'interval et nous nous ressemblons en tous points) qui gère mes amis à plume et à poil à la petite ferme ! Merci Marie !

MERCREDI 25 SEPTEMBRE : en direction de Meursanges 

2 heures pour plier le camp ce matin

30 minutes pour monter 2 tentes (j'ai une invitée ce soir)

Le camp itinérant reste "crevant".....

Je suis devenue silencieuse, peu de mots, inutile de demander chemin, eau ou permission de squatter une vieille grange, inutile donc de parler pour ne rien dire. Je me rappelle un vieil ami, Serge qui était assez sobre de mots et qui me disait que le silence était d'or. Bisous à Serge s'il existe encore. Après les bords de Saône, la riche campagne environnante offre une jolie palette de couleurs. La saison touristique est terminée. Mon invitée de ce soir joue le jeu du duvet et des moyens rustiques du bord. Pour plus de solitude, ce qui constitue une partie intéressante de notre expérience, je suis partie sans tambour ni trompettes (mais avec plus de pulls).

Katie qui dort ou broute à coté des tentes : c'est devenu très habituel que de l'entendre la nuit brouter en paix à quelques mètres de mon duvet

 

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Etats d'âme : mise à part mon passage chez moi le temps de changer de vêtements et de régler quelques soucis domestiques, je suis désormais en marge de la société, inconsciente de ce qu'il s'y passe. J'ai bien entendu une petite radio pour les nouvelles, mais je ne l'écoute pas. Mes journées sont animées par le pas de Katie : régulier, lent, mais fiable, sans jamais une hésitation. Le vide me gagne....Un vide qu'il faut apprivoiser. J'admire les navigateurs solitaires et autres aventuriers qui traversent seuls ou derrières leurs chiens d'immenses pays vraiment hostiles ou le manque signifie la mort. Le nomadisme a un tout autre sens puisqu'il consiste au contraire à naviguer pour trouver des ressources. Mon trajet est plutôt initiatique, un voyage au coeur de la France, de la Crise, de la Survie économique.....

Petit Pont Bourguignon large de environ 80 cm, doit se passer à pieds vu les dalles glissantes...Une erreur et c'est l'accident grave, bien des accidents sont dus non pas à un manque de savoir faire, mais à un excès de confiance...Prudence est mère de Sureté....

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Nous avons pris la décision familiale de ne pas emmener Jade, 14 ans, trop dur pour elle que de s'apercevoir qu'on va lui refuser un verre d'eau. Je l'emmenerai faire un bivouac en toute sécurité. L'initiation a ses limites. Je tiens une infection urinaire due au fait que je ne bois pas assez (je me limite à 2 litres/jour cuisine comprise). C'est de ma faute, je pourrais faire mieux - bon, j'ai des antibios....Papa DOcteur n'est pas loin !

JEUDI 26 SEPTEMBRE : En direction de Couches

J'y suis presque, je remplis le journal de bord en retard (vendredi matin, 9h00) car pas de connection avant ce gros village et je suis obligée de m'éloigner de quelques kilomètres pour arriver à Couches et faire une pause café : le village est magnifique.....Bien que très calme, je reste à peine à l'écart pour trouver de quoi nous mettre en sécurité Katie, Maggie et moi ! Technique habituelle, je ne demande rien à personne...

Jolie vue et joli "cul de sac", ça arrive quand on se ballade à la boussole, mais la perte de temps est en générale moindre que l'avantage à éviter les routes !

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Sophie et moi avançons, via notre téléphone et le plaisir de la voir hier en amicale et véhiculée visite, sur notre projet de livre :

"Nomadisme, survie et crise dans les régions de France" seront, en gros, les thèmes de notre ouvrage qui sera bref, mais espérons percutant. Nous ne macherons pas nos mots, tant sur la générosité et son importance fondamentale que sur la peur et l'individualisme qui risquent de ronger notre culture - par trop personnelle !!! Et croyez moi, question techniques de survie, mise à part la chasse au Dahu, nous avons du expérimenter un certain nombre de trucs. J'ai encore bien avancé sur le sujet, hélas. La solitude étant encore un domaine à part.

Si un éditeur lit ce pavé et que ça l'intéresse : qu'il me contact via ma boite mail : siglecomm@wanadoo.fr, mes mots de passe me permettent de me connecter les mêmes jours que ceux dédiés à la prose du blog !

Couches, ce sont des Vignobles bien sur, mais aussi un village d'allure médiévale et les fameux Menhirs d'Epoigny qui valent le détour ! Nos anciens pratiquaient l'acupuncture de la terre et les emplacements de ces grosses pierres à certains endroits ne sont sans doute pas dus au hasard. Encore un domaine de compétence à étudier ! Vous aurez les photos à la prochaine connection, aujourd'hui - ballade (à pieds) !

Les menhirs d'Epoigny

Mon objectif sera d'être à la Boulaye Dimanche soir ! Et d'y dormir avant de rentrer Lundi....dans mon, petit lit douillet.....

VENDREDI 27 SEPTEMBRE : en direction du Creusot (mais stoppée bien avant)

Pas moyen de se connecter ce jour là, donc je m'y colle ce matin (samedi) , après avoir un peu navigué (petite étape pour les besoins du bord : j'ai pu rien à bouffer, donc il me faut profiter de la proximité du Creusot) - plus de batterie non plus, la civilisation devient indispensable..

 Le partage : pas seulement une idée, un bon moment...

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Soyons clair : le Creusot, ça ne me botte pas, un détour via le Nord s'impose, sur la ligne Saint Firmin/Montcenis, bien assez chargée de routes.....Mais au Creusot, des cafés connectés, des épiceries....Question linge, plus que 2 jours, je vais faire avec ! Question paysage, bof, c'est pas ce qui me plait le plus, pas assez sauvage pour Katie.

SAMEDI 28 SEPTEMBRE : immobilité relative sur la ligne Saint Firmin - Montcenis

Quand les besoins d'intendance se font sentir, tout nomade sait ça, il s'agit d'une priorité des priorités ! Je vais donc devoir faire une petite pause et trouver un endroit fiable pour abandonner Katie aux bons soins d'un coin paisible....Katie + mes affaires....Ce qui représente une prise de risque. Il me faut aussi recharger toutes les batteries, même le chargeur nomade est à l'arrache....Donc ma petite famille a du se passer de news et pire, j'ai du me passer de leur voix rassurante et bienveillante....

Le mieux que je puisse faire est de trouver un agriculteur local ou des gens du cru qui acceptent (et qui ont une tête à être honnête) de garder ma chérie et ma tente en contrepartie d'une indemnisation qui convienne à tous ! Si je peux négocier une prise de courant en plus...

Des compagnes fort curieuses que je suis très contente de voir derrière leur clôture....

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Bien entendu, si je vous en parle, c'est que c'est chose faite, vu que je n'avais plus de jus....Ouf ! Pour les habituelles raisons de discrétion, chut sur l'accueil....

Voyons voir les impératifs :

  • La charge des batteries
  • Les provision d'eau (pour moi 2 litres par jour)
  • coucous 500 grammes (sucres lents)
  • 1  saucisson (remplace la viande et fait plaisir)
  • 1 paquet de raisins sec (fringales)
  • 1 paquet de pain de mie (petit-dej)
  • 1 petit pot de nutella (petit-dej)
  • 1 tube de sauce tomate (sauce pour le couscous)
  • Du café en poudre (panne sèche = danger)
  • 1 paquet de pate d'amande (gourmandise)
  • Compotes en pots à sucer (dessert)

Avec ça je peux tenir très largement 2 jours, tant pour les batteries que pour les repas. 100% autonome, à bientôt pour la prochaine connection possible....Surement pas demain....

SAMEDI 28 SEPTEMBRE : en direction de la Tagnière, direction commune de La Boulaye

Suis fatiguée, de la pluie et du reste....Ce temps, lourd, humide, quasi tropical, n'est pas très agréable et me contraint de monter et démonter un campement mouillé. Bientôt la quille...Et même si j'ai voulu, souhaité de toutes mes forces cet instructif voyage, je serai contente de retrouver mon lit, ma douche et ma petite grotte perso....Car l'homme n'est pas fait pour l'extérieur, fondamentalement il a besoin de se protéger !

 Katie dans les vignes....

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C'est sans doute l'une des grandes instuctions de ce voyage qui a mis l'accent sur une France décapitée (pas totalement) de sa générosité, individualiste, dont les campagnes généreuses sont devenues le territoire d'une agro-industrie galopante. Jolie France, réveilles toi ! Gentils Français sortez de votre tannière justement (puisque j'y arrive à La Tagnière). L'homme est un mammifère fragile dont le corps a besoin d'une température stable créée par un environnement sécurisé. L'homme des cavernes vivait dans les cavernes qui lui permettaient de trouver un refuge à l'abri des animaux sauvages comme du froid, et des intempéries. Et les nomades ne voyagent pas pour le voyage, mais pour trouver de quoi boire ou manger pour eux-mêmes ou pour leur bétail. Le reste est illusion. Survivre, tel Rambo, dans la forêt, n'est pas possible. Tous les spécialistes de la survie vous le diront.

Car il faut Manger, régulièrement, Boire propre, Dormir en sécurité, s'Abriter des prédateurs et/ou de la douleurs, se Chauffer etc...

Vous pensez faire un feu de bois et rotir votre lapin de garenne ? Eh bien il faut chasser le lapin, mais mettons....S'il pleut, vous allez le faire comment votre feu ? Sans abri et sans bois sec ? Certes il existe des solutions, mais elles sont de l'ordre d'une survie physique qui demande des qualités mentales extraordinaires....Ce qui risque de manque en ces temps de crise aussi galopante que le complexe militaro-agro-industriel....

Ce soir encore et demain soir, dormir sous la tente. Ma cousine Marie veille sur la petite ferme et gère le site dans le global, fait les courses de la maison, etc...Pauline s'occupe des animaux et Sophie veille, entre boulot et famille, sur les animaux au pré ! Je dors en paix, mais pas très bien.

DIMANCHE 29 SEPTEMBRE : de La Tagnière à la Boulaye

Il me reste assez peu de kilomètres à faire.....Les mauvaises langues pourront dire que je ne suis pas descendue dans le sud, mais peu importe. L'apprentissage n'en dépend pas et, pour remettre "ça", il nous faudra une préparation plus importante comme, par exemple, avoir des chevaux dressés à l'attache au sol (certaines zones de la campagne Française n'ont pas de clôtures) ou à l'entrave (comme les chevaux mongols).

Le Morvan : une Bourgogne encore sauvage entre vigne et vaches charollaises....

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Quant aux blogs de voyageurs qui vous expliquent qu'ils ont fait le tour de France avec 2 bouts de ficelle, permettez moi de douter.....Ou bien des chevaux sur une ligne d'attache la nuit : mais comment les font-ils manger ?

Car nos chevaux sont en parfait état : pas une blessure, pas une glonfle, pas d'amagrissement ! Notre priorité a été de subvenir à LEURS bsoins, bien avant les notres : Herbe grasse et boisson ou foin (les très très rares fois où ils ont été accueillis, soit 3 nuits sur 22).

 Katie et Maggie au pré le soir venu : l'herbe grasse des bocages du Morvan

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Il parait que la dernière ligne droite est toujours la plus difficile. C'est vrai ! Je touche du doigt l'arrivée et c'est pourtant difficile, sans doute la solitude. J'ai une profonde admiration pour ces cavaliers solitaires ou ces aventuriers qui naviguent seuls en se contentant des échanges locaux connexes à leur parcours !

En plus, si les opérateurs téléphoniques promettent 99% de la population en France, ces 99% ne couvrent pas 99% du territoire ! Je ne compte pas les zones sans connection : il n'y a que ça en rase campagne ! Donc, pas de connexion = pas de discussion avec mes proches, dur dur.....Pas besoin d'aller au bout du monde pour tater de l'aventure : la France offre tout le panel des sensations croyez moi  :

  • Peu de communication hors des sentiers battus
  • Peu d'entraide, voire aucune hors assistanat organisé étatiquement
  • Peu de structures en rase campagne
  • Peu d'ouverture d'esprit hors mis aux idées promues par le journal de 20 heures
  • Peu d'intérêt pour autrui, un égocentrisme sordide

Mais alors, les points positifs ?

  • Des paysages somptueux
  • Une terre encore très nourricière (ailleurs, il faut parfois 100 hectares pour nourrir 1 cheval)
  • Un climat très correct (par rapport à d'autres pays)
  • Un potentiel humain encore fort
  • Une terre non surpeuplée (ça devient rare)
  • Une large culture disponible pour tous les gouts
  • Une pauvreté qui s'accroit, mais encore bien des gens mangent à leur faim
  • Quelques bonnes âmes pour faire oublier le reste

LUNDI 30 SEPTEMBRE 2013 : L'arrivée à la Boulaye

La Boulaye a toujours constitué l'un des objectifs quasi touristiques de notre voyage. A cause du très fameux "temple des mille Bouddhas".

Le temple des mille Bouddhas : une pure merveille sur le plan artistique (photo personnelle)

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J'avais pris le pari, intialement, de me pointer avec mes 2 chevaux et de m'installer sur leur gazon. Je leur ai écrit pour demander le refuge de nuit, mais je n'ai reçu aucune réponse (refuge = possibilité de planter mes piquets de tente et ma clôture électrique pour les chevaux). Je ne saurais jamais quelle est leur spirituelle générosité car je ne suis pas rentrée avec les chevaux et à défaut de réponse, je ne peux pas leur faire de procès d'intention. Donc, visite du temple pour la modique somme de 4 euros....Les chevaux étant déjà dans le van par sécurité et Jean m'accompagnant pour la touristique visite. Ceci dit, ça vaut le coup d'oeil ! Peintures et sculptures forment une véritable débauche de détails tous plus exceptionnels les uns que les autres dans un tableau d'ensemble coloré et vivant !

Comment se passe la fin d'un voyage ? On a envie d'inscrire le mot fin, de l'immortaliser, alors la dernière photo sera celle du dernier sentier G.R. rencontré ce jour là...

Le dernier panneau G.R., la fameuse et rassurante petite pancarte jaune sur son piquet de bois

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Après viendra la réflexion, et après la réflexion la sagesse peut-être...Mais prochainement : le budget et le bilan, qui figureront sur cette même page en toute transparence ! Et pour les futurs voyageurs un forum voyages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le blog des voyageurs : Le budget ! Et le bilan !

  • Voyager à cheval est un luxe de préparations....
  • Il y a ce que ça a couté pendant le trajet : presque rien
  • Il y a ce que ça a couté avant le trajet : plutôt assez cher
  • Il y a ce que ça implique en terme de connaissances, d'expériences et de maturité : hors de prix
  • Il y a ce que ça nous a apporté à nous : un véritable trésor
  • Il y a ces merveilleuses personnes que nous avons rencontrées : autant de diamants

 

Un Hôte délicieux de gentillesse qui nous cuisina un steak fameux à une heure avancée, Toute notre amitié à Alain dont nous avons respecté l'anonymat ! Je retournerai le voir, je l'inviterai à la maison, nous lui cuisinerons un merveilleux poulet aux morilles....

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Voyons à présent le détail :

1°) Les cadeaux de la vie Nomade

Commençons par le meilleur, ce qui nous a été offert avec le coeur ! Rappelons que nous n'avons jamais demandé l'aumone et que cette expérience nous a seulement permis de comprendre certains mécanismes humains dans notre société d'aujourd'hui.

"Accueil Paysan", chez Régine et Denis Cannelle, Un lit, un repas, une douche, un boxe chez Fabien, un petit-déjeuner : même si je les connais, je sais qu'ils l'auraient fait pour toute personne se présentant dans le besoin d'un refuge !

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  • Nous a été offert 1 fois : un bon lit...., pour 22 nuits
  • Nous avons bénéficié d'une douche : 4 fois pour 22 jours
  • Nous avons été reçu à dîner : 4 fois pour 22 soirs
  • Nous avons bénéficié d'un bon café et/ou d'un petit-déjeuner : 4 fois pour 22 levés de soleil
  • Nos chevaux ont reçu un boxe douillet : 1 fois pour 22 bivouacs
  • Nos chevaux ont bénéficié d'un amical pré ou paddock : 2 fois, idem
  • Nous avons été amicalement véhiculé pour faire nos courses : 2 fois pour 4 ou 5 nécessaires
  • Nous avons bénéficié d'une prise pour charger nos ordi et autres modernités nomades : 3 fois pour 4 ou 5 nécessaires

2°) Les cruelles déceptions de la vie Nomade

  • Nous n'avons pas comptabilisé les refus..Ca fait trop mal, car nous avons toujours proposé d'indemniser nos hôtes potentiels
  • Nous avons manqué d'eau (et aussi de café), eh oui, refus d'eau potable....
  • Nous avons manqué de propreté
  • Nous avons eu parfois froid, au coeur aussi d'ailleurs

Nous avons rencontré un nombre incroyable de gens dans leur pré qui ne savaient pas à qui était le pré et qui ne pouvaient donc pas nous autoriser à nous poser et un nombre non moins surprenant d'agents secrets qui avec 3 ou 4 gros tracteurs nous avouaient qu'ils n'étaient pas agriculteurs et donc n'avaient aucune structure d'accueil de bétail  (pré, vieille grange, stabulation inoccupée): ils étaient en mission secrète pour autre chose.....

Nous avons rencontré d'étranges créatures qui se cachaient à notre arrivée dans le village pour ne pas que nous remarquions qu'ils étaient extra terrestres avec leur drôle de tenue de jardinage qui tentait de masquer l'absence de coeur (oui juste un corps physique qui cache une créature d'outre espace)

Nous nous sommes aperçues que les propriétaires de chevaux avaient très peur de la maladie, il faut dire que la peste équine nomade est gravement répandue en France, et qu'il vallait mieux passer notre chemin, dans la plupart des cas, pour ne pas contaminer leur troupeau.

Enfin, suite à l'invasion des Martiens, de nombreux gites, enfin presque tous, sont fermés en Septembre en Bourgogne, région touristiquement désertée. Et, terrorisés par cette invasion non maitrisée, on nous a même parfois répondu que le gite (devant lequel nous étions "garés" dans un parking absolument vide) était complet....

C'est que la terre n'est plus ce qu'elle était depuis l'arrivée des T.E.I. (Taxes Européennes Invasives) qui ont chamboulé les habitudes des croquants et des croquantes comme disait Georges Brassens : le peu qu'il restait à donner est parti dans les impôts parait il.

Nous avons parfois bien ri ! Si ce n'était la pluie !

3°) Le prix des repas

En fait, assez peu, quelques euros par jour à 2, environ 5 euros par jour tout compris, depuis le café du matin jusqu"au luxe d'un morceau de pâte d'amandes :

  • Café, Tartines, confitures
  • Rien le midi
  • Vers 15 heures, suite à l'hypoglycémie, 2 gâteaux secs et quelques fruits secs, des dates en général
  • Le soir : une soupe, un sucre lent (couscous, pâtes, riz à la sauce tomate), des fruits secs (raisins, noix de coco) et de la pâte d'amandes, et aussi du saucisson ou de la viande séchée

4°) Le prix d'un gite

Nous avons du nous offrir une fois un gite, car nous étions trempées depuis plusieurs jours et nous n'avions plus rien de sec.

Les gites ou chambres d'hôtes sont devenus hors de prix.

Ca nous a couté 91 euros pour une chambrette avec douche et WC indépendants, dont 40 euros pour le repas à 2 (soit 20 euros par personne). Si nos hôtes nous ont aimablement confié que la fréquentation avait diminué de moitié, ça ne nous a pas vraiment étonné, comment voulez vous qu'une famille se paye une telle prestation à l'heure ou un restau routier vous sert un repas divin pour moins de 12 euros tout compris ?

Une chambrette proprette, 30 euros + 19 euros par personne supplémentaire avec douche et WC, petit-déjeuner inclu, le tourisme Français n'est pas le meilleur marché !

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       Notre menu gite pour 20 euros :

  • Pommes de terre vapeur et saucisse type montbeliard coupée en tranche
  • Salade verte en entrée
  • Fromage
  • Compote de pomme maison

Il va de soi que notre hôtesse savait vraiment présenter une jolie table et que nos hôtes ont mis à disposition une très grande qualité d'accueil avec des chaussons nous permettant de sécher nos pieds sans salir ainsi qu'un radiateur efficace pour nos vêtements mouillés avec, le prêt gracieux d'une machine pour les rincer et les essorer. Nous sommes ressorties de là sèches et essorées. Ca va de soi

Nous avons longuement réfléchi à la motivation d'un tel coût, mais un peu partout dans le Haut-Jura, les responsables des gites ont largement évoqué le coût onéreux d'une législation surdéveloppée et de normes invasives....Recevoir n'a plus de prix.

5°) Le prix des chevaux et du matériel

Ouh là là, le sujet qui fache.

       Le prix d'un cheval

Un bon cheval coute assez cher à moins de l'élever et/ou le dresser soi-même. COmptez 1.500 à 2.000 euros pour un animal d'un bon potentiel que vous devrez encore dresser et préparer. COmptez 4.000 euros en France pour un cheval de la qualité de nos chères juments (qui ne sont pas du tout à vendre).

Katie : une Irish cob de 7 ans, parfaite ou presque, une star dans mon coeur

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Elles ont 6 ou 7 ans, n'ont peur de rien, passent partout, bon pied et bon oeil, rustiques et en parfaite santé, d'une gentillesse sans égale et savant tout faire, y compris lire la carte et la météo ou suivre u G.R. à la boussole.... En plus elles sont belles à croquer....

Reste qu'en voyage, il faut un cheval de bât pour 2 personnes....

       Le prix du bât

  • Un bât pro pour un voyage au long cours coûte environ 3.000 euros tout compris, je sais, c'est cher ! Très cher !
  • UN bât pour âne ne convient absolument pas
  • Un bât de récupération de l'armée est souvent très lourd et inadapté

Maggie bâtée : le reglage des sangles, la répartition des tensions et des charges sont fondamentales pour que ça tienne à toutes les allures et que Maggie ne blesse pas. La préparation du bât, c'est tous les jours une demi heure au minimum.

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Un bât, comme le notre, version toile imperméable et structures souples, coûte 1.500 euros à la taille de notre Maggie. Il est suffisant sur quelques semaines, mais pas sur plusieurs mois. Car la toile finirait par être blessée par les chocs et certaines attaches de sangles seraient probablement insuffisament solides. J'ai vu, sur le net, de nombreux bricolages pour pouvoir faire tenir un bât de fortune avec de la récupération. Bricole et Avaloir peuvent être "bricolés", c'est le cas de le dire, mais solidité et innocuité ne sont pas aisées à garantir, surtout quand on charge les kilos et les kilomètres. Attention donc à tout projet long.

       Le prix de la sellerie

La sellerie de voyage doit être correcte pour 2 raisons fondamentales :

  • L'état de vos fesses et de votre dos
  • L'évitement des blessures à votre cheval

Sugar équipée : environ 800 euros de matériel entre selle, filet/licol, sacoches et tapis + fontes avant

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Elle doit être spécifique à la nature même du voyage car des sacoches lourdes doivent pouvoir y être arrimées en toute sécurité.

Il est impensable de partir avec une selle anglaise. Mais il existe des selles qui y ressemble et qui sont adaptées au voyage. Elles sont souvent assez chères si neuves.

Personnellement nous sommes parties avec des selles d'occasion à 450 euros pièce, de très bonne qualité (neuves à environ 2.000 euros) et dont nous avions fait vérifier les sangles par notre sellier préféré à Pierre de Bresse (Monsieur Audry).

Nous sommes parties avec une vingtaine de petites sangles et autres lanières de cuir en "rab" et ça nous a été précieux. Vous n'imaginez pas le nombre d'attaches qu'il faut sécuriser pour que rien ne bouge aux 3 allures sur tous terrains et dénivelés.

Ajoutez des sacoches et fontes avant en cuir si vous voulez qu'elles soient à la fois imperméables, solides et tout de même assez volumineuses.

N'oubliez pas les tapis, une peau de mouton convient merveilleusement au bât pour éviter toute blessure !

       Le petit matériel

Prévoyez, mais nous n'avons pas fait les comptes totaux, et pourtant ça coute, une pharmacie humaine + chevaux, quelques outils de maréchalerie, une batterie clôture portable (140 euros à la Sanglière) et des isolateurs mobiles (une dizaine d'euros pour les besoins) avec du fil (35 euros la bobine de 200 mètres).....Et autres bricoles en fonction de votre sensibilité (seaux portables pliables, petites longes, mousquetons re rechange, etc...)

       Le matériel de camping

Ouh ça douille !!!!

Pour 2 personnes indépendantes (jusqu'à 2 fois 2 personnes par couple, ajouter 2 duvets) :

  • 2 tentes 4 saisons (les seules qui résistent à la pluie et au froid)
  • 2 duvets garantis 0°C
  • 2 draps qui ajoutent 15°C potentiels
  • 2 tapis de sol auto-glonflants de bonne qualité
  • 1 camping gaz
  • De la vaisselle pliable de qualité
  • 1 popotte (ensemble de 2 casseroles qui font un peu tout, poële, couvercle, etc...)
  • Des lampes diverses et variées

Vaisselle pliable de voyage : une centaine d'euros pour une vaisselle légère et solide, ne prenant que très peu de place, facile à entretenir. Utile pour le long cours, on peut faire moins cher pour du court terme. Visez toujours le faible volume et le faible poids avec un cheval de bât.

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En tout : 1.700 euros....Matériel qui peut être conservé de nombreuses années si on en prend soin. Matériel qui permet d'aller dans des pays froids et de tenir contre vents et marées. Il existe du matériel moins cher (le même pour 25% du prix), mais avec un usage réduit à des températures tempérées et de bonnes conditions sur une durée courte. Une tente qui est montée et démontée chaque jour s'use très vite si elle n'est pas solide. Enfin n'oubliez pas qu'à cheval il faut du matériel léger et peu volumineux.

       La cartographie

Vaste sujet....Sur du long cours, les cartes ign au 1/25000 (anciennes cartes dites d'état major) sont impossibles à stocker ou à acheter, il en faudrait une par jour. Il faut donc se replier sur les cartes au 1/100000 qui sont très peu détaillées et doivent être completées par une bonne habitude de la boussole. Une carte au 1/100000 coute environ 8 euros. Une boussole coute quelques euros, un modèle luxueux est non utile sauf voyage proche des zones ou le Nord magnétique varie vraiment du Nord géographique (comme le Canada par exemple ou le Nord de la Russie).

La plupart des trajets peuvent être imprimés, y compris de façon assez détaillés sur certains sites comme "openrunner". Mais au moindre souci, seule une bonne boussole vous permettra de vous "récupérer" d'une forêt complexe en montagne par exemple.

Reste le GPS et ses cartographies, environ 500 euros de budget pour la France, soumis à usage de piles (un jeu de pile par jour d'usage, même rechargeables, ça fait cher) et soumis à la contrainte de disponibilité satellitaire. Là aussi, gare aux forêts....Du reste, pour l'avoir essayé, le GPS n'est pas du tout convivial sur un usage de randonnée à cheval car vous ne savez finalement pas où vous êtes et vous perdez toute notion de contrôle de votre voyage.

La boussole permet de cibler un objectif avec précision et la carte de contrôler où l'on arrive en calculant sa direction en degrés précis à la boussole. La boussole permet aussi d'éviter les routes en ciblant les chemins souvent très bien orientés en France.

Grâce à ce système, nous avons navigué à 95% sur des chemins.

6°) Les coûts pendant le trajet et les plaisirs annexes

Pendant le trajet, nos dépenses se sont chiffrées à presque rien (voir alimentation et 1 gite).

Reste le budget "loisirs" qui reste une afffaire personnelle, nous nous sommes tapées une bonne pizza à CLuny et ça nous a fait du bien au moral et nous avons souhaité indemniser d'adorables jeunes éleveurs de chevaux qui nous ont reçu (à la combe aux oiseaux, près de CLuny) car ils étaient adorables et généreux, mais nous n'avions pas envie de leur couter de l'argent et d'abuser de leur générosité justement !

Nos loisirs, pour 21 jours, ça été moins de 100 euros à 2.

Personnellement j'ai emmené 2 livres (budget quasi nul) et il appartient à chacun de décider de ce qui va lui apporter bon moral et qui est important !

7°) Hors de prix ou coût acceptable ?

Bon nombre d'entre vous êtes peut-être en train de vous dire que Voyager est un luxe..Et vous n'avez pas tort. La plupart des voyages de ce type se font avec sponsors. Mais la plus grosse partie des frais peut être considérée comme un investissement sportif à long terme car tout ou presque va durer très très longtemps...Reste à faire des économies pendant quelques années (ou pomper grand Maman) pour passer à la caisse sans aller à la casse.... Nous n'avons pas fait tous ces investissements pour cette unique "fois", mais parce que nous préparons plus long et plus durable (Paris-Pékin, dans 6 ans, en passant par un tour de France dans 4 ans) et que ça nous demande une véritable démarche d'expérimentation de nous-même, des chevaux, du matériel et des cultures locales....

 

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8°) Quelles compétences, quelle expérience ?

Entre Emile Brager, le célèbre cavalier au long cours et le quidam qui part quelques jours en France, il existe une vraie différence à la fois d'objectifs, de moyens et de compétences différentes :

  1. Il n'est pas nécessaire de faire 12.000 km aux Amériques pour être un pro, mais, à contrario, je connais des voyageurs qui ont aligné des milliers de km en prenant des risques insensés.
  2. Ma longueur du voyage n'en fait donc pas la valeur, ni pour le cavalier, ni pour ce qu'il reflète.

Mais, après coup, et en relisant les différentst blogs des aventuriers de quelques semaines à quelques mois, il s'avère que l'information est pour le moins très insuffisante ou tronquée et que les récits les plus honnêtes (et complets) que j'ai lus sont ceux d'Emile Brager pour ce qui est du voyage à cheval, d'autres récits à pieds, en stop ou en moto, m'ayant très largement informée sur bien d'autres points.

La vie en communauté, sous la tente, H24, comme disent les filles, ce n'est pas drole du tout si les intempéries s'en mêlent...Faites donc à peu de frais une tentative automnale dans le jardin d'un ami et dites nous ce que vous en pensez pour 1 ou plusieurs nuits à 1 ou plusieurs personnes.

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Si j'ai un conseil à vous donner : ne vous fiez pas aux informations par trop faciles que vous trouvez sur le web : vous risquez de vous trouver confronté à des difficultés inattendues. Soyez donc prudent dans votre démarche, si ça vous botte de partir sur les traces d'un nomade....

Les vignes d'Arbois sous le soleil de la journée la plus chaude de l'année : une épreuve difficile qui souligne bien et à peu de frais la dangerosité de certains climats arides avant de choisir de les affronter....

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       Quel niveau à cheval ?

J'ai lu des récits qui tentent à prouver qu'un très petit niveau est requis à condition de tenir 6 heures par jour les fesses sur sa selle.

Il me semble qu'un niveau galop 4 d'extérieur doublé d'une expérience en randonnée est indispensable pour éviter d'inutiles souffrances

Un cavalier expérimenté sur le lot (si plusieurs), capable de choisir un rythme, un  trajet, une cartographie, autant que de faire des soins ou de comprendre une difficulté sur les chevaux

       Quelles compétences en tant que randonneur ?

Là aussi, je vois des récits qui intègrent des gens sans la moindre expérience et qui s'en sortent en France et à l'arrache.

Mais quoi  vous dire ? Il me semble que vous devriez être en mesure, avant de tenter le voyage, d'organiser seul une randonnée de quelques jours dans votre région. Si vous êtes à l'aise dans la "discipline", prenez le large plus longtemps....Peut-être suis-je trop prudente ?

L'aventure téméraire et parfaitement réussie de Lulu converset, prêtre, 75 ans, parti seul à Jerusalem, prouve qu'avec la maturité et la Foi, on arrive à des choses merveilleuses.

Lulu Converset : Honneur lui soit rendu pour son courage, sa tenacité, sa capacité à s'adapter, sa Foi

Un minimum de solidité mentale enversion bivouac sauvage

       Quelle formation pour les chevaux ou soi-même ?

Un cheval fiable en extérieur (voir notre blog, billets sur le dressage et la fiabilisation du cheval, parties 1 jusqu'à 5) suffit

Et si Emile Brager vous convie à une couteuse (mais alors très couteuse) formation à ses cotés, celle-ci me semble non indispensable pour un simple voyage de quelques semaines sur le continent (je vous conseille son livre : super complet)

Emile Brager : ses récits et ses photos nous font rêver, son livre est une véritable bible d'enseignements pratiques, mais  tout le monde n'a pas un tempérament d'Indiana Jones !

Toutefois les erreurs coutent vite très cher : accidents redoutables, chevaux blessés ou qui se sauvent, cavaliers ereintés, accidents parfois gravissimes ou mortels (voir route du sel). Les accidents sont rarement le fruit du hasard et l'étude des circonstances fait souvent apparaitre une fragilité, soit dans la préparation, soit dans l'organisation, soit dans le choix des participants.

       En conclusion

Expérience et COmpétences sont source de sérénité..Mëme si d'invraisemblables coïncidences et sources de problèmes ne sont pas évitables à 100%

Voyager à cheval : quelle suite à donner ?

1°) Voyager à cheval ne s'improvise pas, c'est sans doute l'évidence de cette première expérience !

2°) Le cheval porte vos bagages, mais en échange il faut veiller sur lui.

3°) L'infrastructure nomade, l'esprit nomade, le goût du voyage et le renoncement à un certain nombre de points de confort sont autant de points délicats qui font la différence entre un vacancier qui part en rando et un voyageur qui vit sur les chemins grâce à de modestes ressources

4°) Enfin, si le nomadisme est mort en France, il en va de même pour l'esprit du sponsoring. Rares sont les projets qui intéressent les mécènes potentiels. 

Une fois ces brèves conclusions rédigées, non pas pour la postérité, mais pour le devenir de nos projets (ou des votres si vous souhaitez tenter l'expérience), nous avons envie de nous projeter dans l'avenir, autant pour notre petite ferme que pour nos futures expériences...Alors même que notre monde, notre culture et tout ce que nous connaissons semble remis en cause.

Sophie tient tout le monde pendant que je suis partie, pour un besoin pressant......

voyage-76-3.jpg

I Quels sont nos projets :

Dans l'ordre :

       Tour de France

  • durée de 4 mois
  • Dans un délai de 4 ans

      Voyage Paris/Lhassa

  • Durée de 2 ans aller et retour
  • Dans un délai de 6 ans

II Quels sont nos moyens

  • Nous avons des chevaux qui seront aptes dans les 4 à 6 années qui viennent
  • Notre matériel sera complet, sauf à prévoir un matériel de bât pro en double exemplaire
  • Nous réaliserons ce voyage à 4 personnes + 2 chevaux de bât
  • Domicile, Ferme et autres formalités devront être entièrement gérées par des personnes de confiance sur place

III Quels seraient nos objectifs

  • Un objectif matériel : ramener de petits chevaux mongols si c'est légalement possible
  • Voir du pays.....Découvrir plus avant une culture, des cultures différentes.

IV Quelle est notre probabilité d'y arriver

Nous n'en n'avons pas la moindre idée....

ET MAINTENANT :

Sophie et moi sommes à l'ouvrage - Un livre, petit, complet, sur l'art de la survie nomade en France ainsi que du voyage en autonomie.....

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Commentaires (8)

1. emayaux (site web) 16/11/2013

Hello,
Réponse tardive, mais comme la vie m'a fait un joli cadeau, je le partage par tous les moyens à ma disposition : Notre bonne et adorable vache Flower vient de nous faire une jolie fille ! Maintenant je suis une vraie cow girl avec 2 vaches à veiller !!! Amitiés Elizabeth

2. Laurence Bougault (site web) 19/10/2013

Paris Lahssa aller retour en deux ans = utopie!! Idem pour "ramener de petits chevaux mongols 1° y en a pas à Lahssa, 2° pas d'accords douaniers avec l'E.U. 3° avant, un petit conseil : vu les difficultés que vous avez rencontré en France, faites déjà un tour en vraie montagne... Parce que là-bas, c'est pas de la montagne à vaches... Il serait bon quand même de lire d'autres récits de cavaliers voyageurs... Brajet d'ailleurs a fait surtout un manuel, pas un récit de voyage... Il y a quand même une collec complète chez Belin et un site dédié avec beaucoup de récits en français!!! Pour le bât nan pas besoin de 3000 euros. Mais besoin en revange de comptéences pour éviter toutes les plaies de harnachement... Pour le reste, c'est en voyageant qu'on devient voyageron

3. emayaux 04/10/2013

Merci à tous,

Les encouragements sont les fleurs de l'effort ! Je vous embrasse tous et je passe au secours pop dès que j'ai remis de l'ordre dans la maison (c'est le bazard : forcément, femme absente....

4. Jacquot daniel 28/09/2013

Suis bénévole au Secours populaire et Josiane m'a parlé de votre équipée.Ayant fait Compostel l'an passé à pied en solo depuis Le Puy en Velay,je me réjouis de pouvoir vous "tracer" jour après jour.
J'espère que votre chemin vous apportera autant de joies et d'émerveillements que le mien,la difficulté en ajoute encore!
Bravos à vous et bon courage.

5. Bruno & Virginie 26/09/2013

Bonjour lonesome cowgirl ! Émouvant de te lire, émouvant la projection d'AVANT le voyage et le vécu du PENDANT... Vieux souvenirs de Compostelle en Espagne...
Pour l'infection urinaire, parmi les minéraux que tu as emmenés avec toi, si tu as Pyrite sur chakra gonades (n°2), devant la vessie et Héliotrope sur chakra base (n°1). Nous sommes (confortablement) avec toi depuis le Jura !
Mille bises chaleureuses... Bruno & Virginie

6. bony 17/09/2013

bien reçu ta carte,pourvu que le temps se maintienne bises pa er ma

7. TATA Nicole 16/09/2013

Bravo c'est courageux ce que vous faites!!!!pour Sophie ,les loulous vont bien!!!je viens de leur montrer le blog comme ca ils te voient un peu.bonne route et Bisous a toute l'équipe et aux chevaux bien sur!!!

8. bonnes 04/09/2013

un ptit coucou du secours pop......je viendrais régulièrement suivre votre grande aventure ..............pleins de bisous ... et bon vent ......

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